PRO B
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CHARLES ABOUO : LE VOYAGEUR AMBITIEUX

Charles Abouo Denain Fos
Crédit photo : Pascal Thurotte

De sa Côte d’Ivoire natale aux États-Unis où il a fait toute sa formation en passant par l’Espagne, l’Égypte et le Qatar, Charles Abouo a déjà beaucoup voyagé. Portrait de cet homme attachant et de ce joueur ambitieux.

« Depuis que je suis professionnel, je n’ai pas encore gagné de titre. C’est quelque chose que j’aimerais réaliser cette année avec Fos. » Avec son accent américain, Charles Abouo (1,96 m, 26 ans) dévoile ses objectifs pour l’exercice 2017/18 de Pro B. Ambitieux, il reste néanmoins prudent avec le championnat de Pro B. « Il y a de très bonnes équipes dans ce championnat. Certes, on aimerait remporter le championnat. Mais des formations comme Nancy, Orléans ou encore Nantes en ont les moyens. Tout le monde peut battre tout le monde, c’est compliqué à prédire. » La trajectoire de cet arrière-ailier était également loin d’être écrite à l’avance. Né à Cocody (Côte d’Ivoire), Charles est arrivé à l’âge de 6 ans à Milwaukee (Wisconsin). « En Côte d’Ivoire, je jouais beaucoup au football. Mais aux États-Unis, dans cette grande ville, tout le monde respirait le basket. Dès qu’on avait du temps libre, les élèves jouaient au basket. C’est ancré dans la culture américaine. C’est un sport beaucoup plus populaire, donc j’ai suivi mes camarades et j’ai commencé à jouer. »

« Je n’avais pas le niveau pour aller en NBA en sortant de l’université »

Américano-Ivoirien, Charles déménage dans l'Utah (Utah) à 12 ans. Il reste au collège de Brigham Young pour ensuite intégrer l’université du même nom, évoluant ainsi en NCAA I (de 2008 à 2012). Malgré une saison senior plus que correcte en 2011/12 (11 points, 6,2 rebonds et 2,6 passes décisives), il n’est pas drafté. « J’avais fait une dernière saison acceptable, mais rien de spectaculaire. Pour être drafté, il faut beaucoup de talent et de travail. La Draft, ça se mérite. Je n’avais pas encore le niveau en sortant de l’université », explique avec sérénité et calme le joueur des BYers. Au final, le poste 3 aura effectué toute sa formation au pays de l’oncle Sam. « Je suis allé au lycée, à l’université, j’ai eu un cursus normal. J’aime ce pays, je suis un Américain. Je ne peux pas comparer ma formation aux autres pays. En tout cas, je n’ai aucun regret.» De ses années américaines, il garde un contact et un lien d’amitié fort avec des joueurs internationaux. « Oui, Jimmer Fredette, c’est vraiment un pote à moi. On a vécu ensemble trois ans à l’université. C’est un véritable ami. On est souvent en contact, mais on ne parle pas souvent du basket (…) Jaycee Carroll, c’est vrai qu’il a vécu dans la ville où j’ai fait mon université. Je l’estimais beaucoup en étant plus jeune. Je prenais un peu exemple sur lui. » Avec deux frères et deux sœurs, Charles garde la tête sur les épaules. Et n’oublie surtout pas sa famille. « Dans la vie, ma maman est un peu mon modèle. Elle est gentille, souriante, généreuse et elle travaille beaucoup. J’aime beaucoup ce genre de personnes avec des valeurs comme la curiosité, l’honnêteté, la bienveillance. »

« J’ai peut-être fait une erreur »

Comme beaucoup de joueurs, Charles décide ensuite de traverser l’Atlantique pour rejoindre la LEB Oro, en Espagne, pendant deux ans. Les clubs de Huesca puis de Palencia l’accueillent en deuxième division espagnole. « C’est vrai que j’avais eu des contacts en France à ma sortie de l’université, mais j’ai décidé d’aller en Espagne. J’ai découvert le monde professionnel là-bas et tout était assez différent du modèle américain. C’est vraiment là que j’ai vu que j’avais certes des qualités, mais encore beaucoup à apprendre. Ici, beaucoup de détails sont valorisés comme la pose des écrans. C’est un jeu patient, efficace. » L’international ivoirien, athlétique et fort défenseur, qui a participé à l’AfroBasket 2009 et 2013 rencontre ensuite des difficultés pour trouver un contrat et une « opportunité attirante » après l’Espagne. « Il y a le sportif et l’économie à prendre en compte dans une carrière. C’est vrai que j’ai refusé des offres à l’époque et j’ai fait une erreur. Avec du recul, c’est très important de jouer. Je n’aurais pas dû attendre que les opportunités arrivent. » Le swingman signe finalement en Égypte en 2014/15, au Gezira SC, mais Charles se blesse lors du dernier match de la saison là-bas. « J’ai donc de nouveau attendu, attendu, attendu… Pour trouver un contrat en Europe, j’ai de nouveau galéré. » Et, après l’Égypte, c’est une nouvelle destination exotique où Charles pose ses valises : le Qatar avec Al-Khor en 2015/16. « Depuis le début de la carrière, je n’avais pas eu de contrat énorme. Là, c’était une bonne opportunité pour jouer et c’est vrai que la question financière est rentrée en compte. Ça m’a permis d’économiser de l’argent. Il y avait des bons joueurs comme Mo Koné ou encore Mohamed Hachad, mais pas de bonnes équipes. » Cette saison lui permet de soigner ses statistiques (25,8 points à 42% de réussite aux tirs, 12,2 rebonds, 4,6 passes et 3,7 interceptions). Tout ceci lui permet de signer à Denain sous la houlette de Jean-Christophe Prat pour l’année 2016/17.

« C’était le bon moment de signer en France »

Avec l’aide d’un agent français, l’ancien coach de Denain voit des vidéos de l’Ivoirien. L’entraîneur nordiste le contacte et c’est en toute logique que Charles Abouo pose ses valises dans le nord. « Avec l’équipe nationale de Côte d’Ivoire, je côtoyais beaucoup de joueurs qui évoluaient en France. Il y avait Pape-Philippe Amagou, Solo Diabaté… Bien sûr, je voulais jouer en NBA, mais j’avais beaucoup entendu parler de la LNB. Et à l’époque, j’avais déjà décliné des propositions françaises pour signer en Espagne. Là, c’était le bon moment. » Sa première année en France est une réussite : 9,4 points (43,8% dont 37,8% à 3-points), 3,8 rebonds, 1,3 passe décisive et 1,5 balle perdue pour 9 d’évaluation en 21 minutes et 34 rencontres disputées. Et face à son futur club, il cartonne en cumulant 22 d'évaluation en 29 minutes à l'aller et 21 d'évaluation en 28 minutes au retour.

« Je dois travailler pour accéder à la Pro A »

« Bien sûr que ça aide de faire des bons matchs face à son futur club. Mais le coach de Fos, Rémi Giuitta, a fait son travail ensuite. Il a vu des vidéos, il a contacté d’autres coachs et il m’a ensuite appelé. Et j’ai signé pour le beau projet. Mon objectif personnel est de m’améliorer dans mon jeu. J’ai des paliers à franchir. Je dois travailler et mériter pour potentiellement accéder à la Pro A. » En passant de Denain à Fos Provence Basket, Charles Abouo a rejoint une formation ambitieuse avec des joueurs expérimentés comme Édouard Choquet, Abdoulaye M’Baye et Tariq Kirksay. De là à ajouter de la pression ? « Non, je ne sais pas s’il y a de la pression. Pour moi, tu as tout à gagner, rien à perdre. Il ne faut pas y penser. Si on se met de la pression, on va louper des choses. » Pour l’instant, avec la Leaders Cup Pro B, le club fosséen cumule 2 victoires pour 1 défaite et Charles Abouo tourne à 8,7 points (34,6% aux tirs et 18,2% à 3-points), 6 rebonds, 1,7 passe décisive, 1,3 balle perdue pour 10,3 d’évaluation en 25 minutes en moyenne.

C’est ce qu’on appelle un transfert réussi.

10 octobre 2017 à 10:20
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