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DENAIN - ANTIBES, RETOUR (SURPRISE) VERS LE FUTUR

Denain - Antibes, retour (surprise) vers le futur
Crédit photo : Pascal Thurotte

A partir de 15h15, Denain (4e de Pro B) et Antibes (6e) se disputeront une place en Pro A au meilleur des trois manches.

Présentation de cette finale surprise. Qui rejoindra l'AS Monaco dans l'élite du basket français ?

Par Alexandre Lacoste, avec l'aide de Corentin Santer

Les inattendus

En septembre dernier, qui aurait misé un peu d'argent sur une finale de Pro B entre Denain et Antibes ? Et si cette personne existe, elle a de quoi passer ses vacances d'été dans une destination de rêve. Monaco (finalement champion), Boulazac, Le Portel, Poitiers ou Saint-Quentin étaient attendus. Certainement pas les Dragons et les Sharks...

Piqûre de rappel... « Je vous informe que le tribunal examinera la liquidation judiciaire de l'association Denain Voltaire à son audience du 9 janvier 2013, à 9 h. Je vous remercie de bien vouloir y être présent. Cordialement. » Il y a deux ans de cela, Denain a frôlé la mort... Déficit de l'ordre de 200 000 euros, salaires non versés, joueurs étrangers en grève, Voltaire a enchaîné les galères jusqu'au retour du président Alain Place. Mais depuis que le tribunal de Valenciennes l'a autorisé à poursuivre son activité, le club nordiste a retrouvé le sourire et la santé.

Les problèmes d'Antibes ont certes été moins extrêmes. Mais après une saison très décevante en Pro A l'an dernier, ponctuée d'un retour immédiat dans l'antichambre, les Sharks traînent un important déficit et ont été sommé par la DNCCG d'éponger sa dette. Ce qui a de fait limité très fortement leur masse salariale, située au quinzième rang de la hiérarchie de Pro B (Denain est neuvième). De fait, c'est un véritable tour de force que de retrouver l'équipe azuréenne en finale.

Au bonheur des anciens

Denain contre Antibes, voilà qui a de quoi rappeler quelques souvenirs aux historiques du basket français. Deux clubs unis au sommet du basket français dans les années 60 et 70, respectivement sacrés en 1965 (Denain) et 1970 (Antibes). Des joueurs d'exception : Jean Degros et Jean-Pierre Staelens d'un côté, Jean-Claude Bonato et Jacques Cachemire de l'autre.

Une légende unit les deux villes : Hervé Dubuisson, l'attaquant fantastique qui a démarré sa carrière à Denain à l'âge de 15 ans (de 1973 à 1975) avant de défendre les couleurs antiboises entre 1980 et 1982, d'en devenir l'entraîneur entre 1997 et 1999 et désormais conseiller sportif des Sharks.


Une finale de coeur pour Hervé Dubuisson (photo : Sharks Antibes)

Denain, la surprise du chef

On parle souvent de la jeunesse de l'équipe de Denain. Mais ce n'est pas le plus remarquable. Entraîneur rookie, Jean-Christophe Prat est arrivé avec une nouvelle philosophie, inspirée de ses expériences à Orléans et au Besiktas : un roster sans star, mais un groupe de onze professionnels. Surtout, l'ancien assistant de l'ASVEL a réussi à construire une équipe complète et complémentaire, un savant mélange de jeunes pousses (Kahudi, Hollins, Ouattara, Howard, Fofana, Boutsiele) et de vieux briscards (Ivey, Giffa, Bing). La gestion des temps de jeu est un modèle du genre puisque tous sont répartis entre 15 minutes (Jerry Boutsiele) et 25 minutes (Jeb Ivey).

Quatrième de Pro B, Denain brille par son collectif, probablement le mieux huilé de Pro B. Un vrai partage du ballon, une défense féroce et une multitude de leaders offensifs. En saison régulière, le meilleur marqueur denaisien (Yakuba Ouattara) pointait à seulement 9,2 points, ce qui faisait de lui le plus "faible" - et de loin ! - meilleur scoreur parmi toutes les équipes de l'antichambre (12,4 pour Richie Gordon avec Angers). Mais, à Voltaire, peu importe les statistiques ! Et la méthode a porté ses fruits. La preuve... Cet après-midi, Denain aura l'avantage du terrain en finale des playoffs pendant que toutes les autres équipes sont en vacances.

Le joueur à suivre : A Denain, la star, c'est l'équipe ! Impossible de sortir un joueur du lot tant tous sont d'égale importance. N'importe qui peut être le MVP d'un soir et c'est ce qui fait la force des Dragons. En témoigne la formidable demi-finale de Jerry Boutsiele, pourtant le plus faible temps de jeu nordiste en saison régulière. Le leadership et le sang froid de Jeb Ivey, le shoot de Benoit Gillet, l'énergie de Ouattara, le jeu au sol de Jérome Cazenobe, l'expérience et le vice de Sacha Giffa et Erroyl Bing, etc. Un mot également pour Austin Hollins, le fils de l'entraîneur des Brooklyn Nets, longtemps à la dérive (4,7 d'évaluation après 23 journées) et désormais parfaitement au niveau, capable de grosses séquences offensives et défensives des deux côtés du terrain. Qui tirera son épingle du jeu en finale ? Nul ne peut le prédire.


Denain tire la quintessence de son collectif (photo : Sébastien Grasset)

Antibes, cap sur le doublé ?

Dans l'ombre envahissant de son voisin monégasque, Antibes réalise un exerice 2014/15 de toute beauté. Déjà vainqueur de l'honorifique Leaders Cup de Pro B, le club azuréen s'est hissé pour la deuxième fois consécutive jusqu'en finale des playoffs de Pro B. Relativement anonymes en saison régulière (sixièmes avec 19 victoires et 15 défaites), les Sharks savent se réserver pour les moments chauds. Ce qu'ils ont prouvé à Disneyland puis tout au long de ces playoffs en remportant deux belles d'affilée contre Nantes et Antibes.

A l'inverse de Denain, une grande partie du jeu antibois repose sur les épaules d'un duo. Celles de deux joueurs hors normes pour la division : Will Solomon, le meneur à l'imposant palmarès (voir ci-dessous) et Tim Blue, qui aimerait bien ajouter un trophée de MVP de la finale de Pro B à celui déjà obtenu en 2013. Secondé par Mamoutou Diarra, Sime Spralja ou encore Junior Mbida en saison régulière, ils ont trouvé un soutien inattendu en playoffs. Un troisième homme de choix, Timothé Luwawu-Cabarrot. Né en mai 1995, celui qui a passé 29 d'évaluation à la défense nantaise lors du Match 2 des quarts de finale ou inscrit 13 points contre Le Portel lors de la manche retour des demi-finales aura à coeur de continuer à prouver aux scouts NBA qu'il sait gérer la pression des matchs couperets.

Menés de main de maître par leur jeune - mais talentueux - technicien, Julien Espinosa, les Sharks ne seront pas effrayés. Les vieux briscards que sont Solomon, Diarra, Spralja, Blue ou Atamna en ont vu d'autres et même les moins âgés ont connu ce genre de moment, que ce soit Bourdillon (finale de l'EuroBasket juniors 2009, vainqueur du Final Four de NM1 2012), Aboudou (champion d'Europe espoirs en 2010) ou Mbida (deux finales du Trophée du Futur, champion de France Pro B 2014). Une expérience qui peut compter. D'autant plus qu'Antibes partira avec un avantage psychologique sur Denain. Les deux équipes ont déjà disputé une série au meilleur des trois manches cette saison - en demi-finale de la Leaders Cup - et les Sharks s'étaient imposés 2-0. De quoi démarrer cette finale avec une petite dose de confiance supplémentaire.

Le joueur à suivre : Will Solomon, l'homme qui ne perd plus les finales. Depuis sa première tentative avortée le 6 avril 2003 en Coupe de Grèce avec l'Aris Salonique (perdue contre le Panathinaikos), l'homme aux 115 matchs NBA rafle tous les titres à sa portée. De Sopot (FIBA Europe League 2003) jusqu'à Souffelweyersheim en février dernier à Disneyland, il a gagné toutes ses finales, que ce soit l'ULEB Cup 2004 contre le Real Madrid, le championnat et la Coupe d'Israël 2006, la Supercoupe de Turquie 2007 ou les championnats de Turquie 2005, 2007 et 2008 contre le Besiktas ou l'Efes Pilsen.

Alors, du haut de ses 36 ans, ce n'est pas le feu collectif des Dragons qui doit lui faire peur. Epanoui sur les bords de la Méditérannée, le natif du Connecticut apporte tout son vécu aux Sharks dans les moments chauds, à l'image de son 30 d'évaluation lors du match d'appui des quarts de finale à Nantes. Denain a également subi les foudres du plus gros CV de Pro B (23 points) en novembre dernier. Ce qui n'avait pas empêché les hommes de Prat de s'imposer. Comme quoi un homme ne peut pas battre tout seul une équipe bien rôdée. Ça tombe bien, lui qui est entouré de joueurs de très haut niveau, Solomon ne sera pas seul. Mais il aura les commandes du navire antibois.


Will Solomon, un vrai patron pour Antibes (photo : Sébastien Grasset)

Les confrontations

  1. Antibes - Denain : 86-96, le 21 novembre 2014 (8e journée de Pro B).
  2. Antibes - Denain : 73-70, le 13 janvier 2015 (demi-finale aller de la Leaders Cup).
  3. Denain - Antibes : 75-79, le 16 janvier 2015 (demi-finale retour de la Leaders Cup).
  4. Denain - Antibes : 70-60, le 5 mai 2015 (31e journée de Pro B).

Le pronostic de BeBasket

Denain 45% - 55% Antibes. Bonne finale à tous !


Le duel promet d'être intense (photo : Pascal Thurotte)
13 juin 2015 à 10:30
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