PRO B
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DES CIMES AUX ABÎMES, LE PARCOURS ESCARPÉ DE THÉO LEON

Crédit photo : ALM Evreux

Ancien Espoir de l'ASVEL, Théo Leon a vécu un début de carrière assez mouvementé. Désireux de se lancer un nouveau challenge l'été dernier, toujours en Pro B, le Savoyard s'épanouit aujourd'hui à Évreux. Portrait d'un homme attaché aux valeurs humaines et qui retrouve le plaisir de jouer comme lors de ses jeunes années.

Un air montagnard flotte en Normandie, plus précisément du côté d’Évreux. À l’image d’une montagne qu’il faut gravir puis ensuite redescendre, la carrière de Théo Leon a été faite de hauts et de bas jusque-là. À seulement 25 ans, le natif de Chambéry (Savoie) a déjà connu beaucoup d'étapes dans son parcours, de sa formation à l’ASVEL, génération dorée à son apogée avec qui il a remporté deux Trophées du futur, en passant par le chômage. Sans oublier l’épanouissement à Évreux où son entraîneur lui donne beaucoup de responsabilités dont le statut de capitaine de l’équipe. Derrière le basketteur se cache une personne entière, généreuse, où le partage est une notion bien ancrée. Que ce soit avec sa famille et ses proches, dont le soutien est indéfectible, ou bien sur un terrain. Théo Leon est un joueur qui compte en Pro B. Au-delà de ses statistiques personnelles (5,1 points à 40% aux tirs, 2,4 rebonds et 4,7 passes pour 7,7 d’évaluation en 24 minutes), le meneur, très attaché aux valeurs humaines, ne rechigne jamais à l’effort en apportant énormément aussi bien en défense que dans la création.

Une balle orange au pays du ski

« Ah la Savoie c’est le plus beau département ! » avoue en toute... modestie, Théo Leon, lui le pur Savoyard, né dans la cité des Ducs. Avec ses montagnes, ses nombreux lacs, son parc national et ses deux parcs régionaux, difficile de lui donner tort. C’est donc entre sommets mythiques et sites d’exception que Théo Leon a grandi dans une famille de sportifs, mais surtout de basketteurs. Tous, sans exception, sa mère Isabelle, son père Jean, son grand frère Mathieu et sa grande sœur Mélissa ont joué au basket, à des niveaux différents. Ses parents ont d’ailleurs créé, avec d’autres personnes, le Basket Club de Novalaise en 1995, là où tout a commencé pour Théo. Dès le plus jeune âge, à 3 ans, il signe sa première licence et pratique le baby basket. « J’étais dans les salles de basket très jeune, j’étais trimballé de salle en salle », se remémore-t-il, sourire aux lèvres, autour d’un café, dans son appartement ébroïcien. Le petit Théo arpente les bords des parquets de la Savoie où il suit sa famille chaque week-end et ne lâche plus son ballon de basket. La flamme est déjà là et va s’accentuer au fur et à mesure, voyant ses parents, frère et sœur, passionnés par la balle orange. Le virus est transmis. Même s’il pratique par loisir un peu de football, de natation et de tennis, le basket est une évidence.


Le n°9 est là en 2003/04 avec le BC Novalaise, la coupe de cheveux... un peu moins
(photo : collection personnelle)

C’est à 20 minutes de Chambéry, à Marcieux, que Théo grandit avec sa famille. La nature, les animaux et les grands espaces sont rois. « J’ai eu une enfance extraordinaire, dit-il avec beaucoup de nostalgie. Je ne pouvais pas demander mieux. J’ai pu m’épanouir, grandir à mon rythme, faire ce que j’aime. » Comme du ski, des balades en montagne ou bien encore des activités au bord du lac d’Aiguebelette, sans oublier le basket bien entendu. D’ailleurs avec son frère et sa sœur, il regardait des dizaines et des dizaines de fois les cassettes de Magic Johnson et de Michael Jordan achetées par ses parents et allait aussitôt dehors avec eux, reproduire les gestes, une fois la cassette finie. Théo quitte le club de Novalaise et s’engage, à 13 ans, avec La Ravoire-Challes en 1ère année minime France. Pourtant, ce n’est pas ici que le meneur de jeu devait jouer au départ. Son père souhaitait qu’il aille à l’ASVEL, mais les tests n’ont pas été concluants. Pour des raisons que bon nombre de sportifs ont déjà entendu dans leur jeunesse, à savoir « trop petit ou bien ils avaient déjà leur équipe » regrette celui qui est toujours le plus petit de son équipe, à Évreux, du haut de son mètre 80. Mais ce n’est pas ça qui le freine, au contraire même. Coéquipier de Gaetan Clerc (SLUC Nancy) à cette époque, il réalise une belle saison, marquée notamment par deux victoires face à… l’ASVEL et finit par taper dans l’œil du club rhodanien. L’année suivante, à 14 ans, celui qui a toujours été un scoreur, rejoint le club le plus titré de France pour sa 2e année minime France, par le biais de Pierre Grall. Parallèlement, Théo intègre le Creps de Voiron (Isère). Au Pôle Espoirs des Alpes, il mène un triple projet - sportif, éducatif et personnel - dans des conditions optimales. Une année qui lui a été bénéfique.

Le "back-to-back" et les Bleuets

La défaite en finale du championnat minime France 2e année contre Charenton, où évoluait Evan Fournier, a été le déclic chez le jeune basketteur. Il veut devenir professionnel et va se donner les moyens de faire de ce rêve, une réalité. « La défaite m’a fait prendre conscience que c’est justement pour ces moments là que je voulais vivre ces matchs là, cette sensation de gagner, de perdre, de partage ». Changement de décor à l’ASVEL, donc. La grande ville, les infrastructures, l’encadrement, le niveau de jeu. D’ailleurs, dès que l’occasion se présente, Théo et sa famille se rendent à l’Astroballe, l’antre de Lyon-Villeurbanne pour prendre conscience de l’atmosphère du haut niveau et admirer les exploits de Delaney Rudd. Un meneur lui aussi de petite taille qui a inspiré Théo, au point de vouloir, à chaque fois, porter le numéro 4 comme le joueur américain. « Il m’a vraiment marqué. Sur le terrain c’était un joueur exceptionnel et en dehors c’était quelqu’un de super gentil, attentionné, généreux ». A 15 ans, le Savoyard grimpe encore. Il intègre cette fois les Espoirs de l’ASVEL et fait une rencontre qu’il n’est pas prêt d’oublier, celle avec Paul Lacombe, joueur de Monaco aujourd’hui. « Je ne sais pas comment l’expliquer mais il est tellement gentil, tellement avenant que cela s’est fait naturellement » se rappelle Théo qui aujourd’hui ne loupe pas un match de Paul Lacombe et avec qui il discute tous les jours. L’ASVEL est une entité forte du basket français, le terme « victoire » fait partie du quotidien de ce club. L’ancien meneur de La Ravoire-Challes, n’a pas attendu d’arriver à Villeurbanne pour avoir cet esprit de compétiteur, il l’avait déjà. Avec les Espoirs, il remporte le trophée du futur deux fois de suite, en 2009 et 2010, « on l’appelle le back-to-back » en sourit encore aujourd’hui l’intéressé. Un souvenir qui reste gravé en lui. À côté du basket, il décroche son bac STG. Les bonnes nouvelles s’enchaînent.


La génération dorée de l'ASVEL...

Entre la saison 2009/10 et 2010/11, son rôle change. Le cycle tourne, Paul Lacombe, Bangaly Fofana intègrent à part entière le groupe professionnel. Fabrice Serrano, son entraîneur chez les Espoirs, lui donne alors plus de responsabilités que Théo assume pleinement. Il se mue en leader et passe de 6,5 à 16,8 points. Une explosion qui ne surprend pas Fabrice Serrano, joint par téléphone : « Il avait une vraie envie de progresser par le fait qu’il travaillait beaucoup, énormément même. Et en plus de ça c’est quelqu’un de très bien, qui a souvent la banane, qui fait ce qu’on lui demande de faire, qui n’a jamais posé le moindre souci. Tout ça, c’est important aussi ». Des statistiques et une progression qui ne passent pas inaperçue puisqu’il est sélectionné en Équipe de France U19 et U20. Le début d’un accomplissement. « C’était une fierté pour moi, et je le voyais dans les yeux de mes parents, de mes proches ». Avec cette dernière, il décroche la médaille de bronze au championnat d’Europe 2011 à Bilbao (Espagne). Une génération composée de Rudy Gobert, Evan Fournier ou encore Léo Westermann… Petit à petit, Théo commence à intégrer le groupe professionnel, en participant aux séances d’entraînements et joue de moins en moins avec les Espoirs pour commencer à prendre l’habitude de jouer avec des adultes. D’ailleurs en 2011, le lock-out en NBA provoque l’arrivée de Tony Parker au club. « C’était magique, se remémore Théo, avant d’enrailler, ce sont les mois où j’ai peut-être le plus appris du métier de meneur en regardant Tony Parker faire. Il était d’une facilité… ». Juste après, Edwin Jackson le prend sous son aile et lui apprend le monde professionnel, tel un grand frère. Jusqu’à la saison 2012/13, où il signe son premier contrat professionnel.


Beaucoup de visages connues pour une belle médaille internationale

Entre Villeurbanne et Fos-sur-Mer,
une entrée délicate sur la grande scène

Dès la première journée de Pro A, Pierre Vincent, entraineur de l’ASVEL à l’époque, fait appel à lui le temps de une minute de jeu sur le parquet de Chalon/Saône, suffisant pour qu’il inscrive ses deux premiers points en carrière professionnelle. Sa famille le suit, se rend tout le temps à l’Astroballe pour suivre ses performances. Utilisé par parcimonie par Pierre Vincent et barré à la mène par Juice Thompson et Paccelis Morlende, celui qui fait la fierté du Basket Club de Novalaise et de tout un département, ne joue que très peu, moins de cinq minutes de jeu en moyenne. Il inscrira ses deux autres points contre Limoges, à la fin du mois de décembre, devant ses proches. A ce moment là, et il ne le sait pas encore, Théo venait de faire sa dernière apparition sous le maillot villeurbannais. « C’était un des choix les plus durs de ma carrière » lance le néo-Normand. En effet, Rémi Giuitta, entraîneur de Fos-sur-Mer en Pro B, contacte le club et souhaite enrôler le Marciolan. Edouard Choquet, le meneur titulaire du FOPB, est blessé pour le reste de la saison en raison d’une rupture du ligament croisé, Théo est mis devant un choix difficile « mais [il fait] le bon ». Car si tout se passe bien à Lyon-Villeurbanne, il lui manque une chose, le temps de jeu. Ce que lui offrait Rémi Giuitta. Janvier 2013, direction le Sud de la France jusqu’à la fin de la saison.


C'est notamment grâce à ses qualités défensives que Leon a glané ses premières minutes en pro
(photo : Sébastien Grasset)

La saison tourne court malheureusement. Première vraie chance en professionnel, et première blessure importante, au bout du deuxième match contre Nantes. Bilan : fracture du scaphoïde. « Là, je me dis que j’ai la poisse ». Une blessure qui l’éloigne, au départ, pour quelques semaines, avant de voir sa saison définitivement stoppée. L’os ne se reconstruit pas et Théo passe par la case opération pour mettre une vis. Malgré cette blessure, le poste 1 a la totale confiance de Rémi Giuitta, et signe à la fin de la saison un contrat d’un an. « Cela m’a permis de prendre du temps pour moi de bien me rétablir et d’être prêt pour la saison d’après ». Pas question d’aller voir ailleurs. Loyal, le discours, ainsi que le feeling, passent très bien avec l’entraîneur marseillais qui le laisse jouer son jeu. Avec Fos, le pur produit de l’ASVEL réalise une belle saison 2013/14 aussi bien collectivement (7e de la saison régulière et élimination en 1/4 de finale contre Poitiers) et individuellement (7,8 d’évaluation en 23 minutes). Il forme un joli duo de meneur de jeu avec Édouard Choquet, qui lui a prodigué de nombreux conseils et avec qui il est resté très proche. Ce que confirme l’actuel meneur fosséen : « J’ai découvert ses qualités de défense d’abord mais aussi son sens du jeu rapide. Hors basket on a tout de suite accroché, on se voyait souvent en dehors, je me rappelle même que mon fils a fait des premiers châteaux de sable avec lui ! ». Théo quitte le club provençal en très bon terme, avec qui il entretient toujours des liens forts, aussi bien avec les dirigeants, que l’entraîneur mais aussi avec la ville.

Le retour au pays

L’opportunité de jouer à Aix-Maurienne, chez lui, dans sa Savoie natale, se présente très tôt, aussitôt la saison 2013/14 terminée. Damien Leyrolles, assistant-coach à Fos signe en tant qu’entraîneur principal d’Aix-Maurienne et fait part au natif de Chambéry son envie de lui donner les clés de l’équipe. Jouer devant sa famille, ses proches, ses amis était évident, malgré l’intérêt porté par l'A.S. Monaco, mais avec un autre rôle. « Damien me donne la possibilité d’avoir des responsabilités en tant que meneur titulaire alors que je suis jeune. En plus de ça, je rentre au pays, s’enthousiasme le savoyard. Pour avoir les rênes de l’équipe, il fallait que je sois bien entouré et rentrer auprès de mes proches, c’était l’endroit où je devais être ». Toutefois, la saison ne se passe pas comme prévue. L’inquiétude prend le pas sur la joie. La première partie de saison de championnat est catastrophique, AMSB ne remporte que 4 matchs, les blessures rythment les semaines du club qui ne s’entraînent jamais au complet et qui par conséquent disputent les matchs diminués. Théo rejoint lui aussi l’infirmerie pour quelques semaines. Une nouvelle fois, il se fracture le scaphoïde, cette fois-ci à l’autre main. Les premiers mois sont difficiles moralement pour lui et ses coéquipiers.


30 kms séparent la Halle Marlioz de Marcieux : à Aix-Maurienne, Théo Leon jouait vraiment à la maison
(photo : François Pietrzak)

Mais à l’image de sa personnalité, toute son équipe ne va rien lâcher et va se battre jusqu’au bout, jusqu’à la dernière journée. Malgré l’éviction en cours de saison de Damien Leyrolles, en raison du manque de résultats, et remplacé par François Sence, Aix-Maurienne trouve un second souffle durant la seconde partie de saison et remporte 9 matchs, dont 8 à domicile. L’arrivée de Mohamed Koné (à Vichy-Clermont aujourd’hui) est une vraie plus-value et rééquilibre l’effectif. La Halle Marlioz devient une véritable forteresse, sous les yeux de sa famille qui soutient à fond Théo. Auteur du tir de la gagne contre Fos (photo ci-dessus), son ancienne équipe, le 24 avril 2015, le meneur se souvient de cette soirée comme si c’était hier. Voir l’exultation de tout un public, de ses proches, les larmes de son président, sont des moments très forts en émotion. Au delà de son buzzer, il retient surtout le dépassement de soi, la générosité, la solidarité de son équipe qui sort à ce moment là, la tête de l’eau. Des valeurs illustrant parfaitement l’homme qu’il est. Le meneur y est pour beaucoup dans le redressement du club qui se sauve de la relégation... sportivement. « Mais on a perdu 2 victoires parce que le club avait eu des problèmes avec la comptabilité », constate amèrement le Chambérien. Dur à encaisser surtout après tant d’efforts déployés sur le parquet pour maintenir le club en Pro B. Aix-Maurienne est relégué administrativement en Nationale 1 et il n’est pas envisageable pour lui de jouer au troisième échelon national. Sa place est en Pro B. Il en est convaincu et ses statistiques le montrent (7,8 points, 2,3 rebonds et 3,8 passes pour 8,2 d’évaluation en 26 minutes). Si cette saison lui laisse des regrets de part la relégation du club et sa blessure au poignet, individuellement, le joueur réalise une belle saison, à 23 ans, et l’opportunité d’avoir joué devant son entourage a été une formidable occasion. Ce qui ne semble pourtant pas énormément attirer le regard des autres clubs…

La parenthèse noire du chômage

« J’ai passé un très mauvais été, le plus dur jusque là ». Été 2015. Voilà une période que l’ancien espoir de l’ASVEL n’est pas prêt d’oublier. Malgré quelques propositions émanant de clubs de Pro B, certaines négociations traînent, durent même tout un été comme avec Poitiers, et le meneur français se retrouve sans club. Les autres équipes optent pour un meneur étranger. Le moral est touché. Difficile de s’imaginer au chômage à cet âge là et encore plus au sortir d’une belle saison individuelle. « Sans mes amis et mes proches, j’aurais été en dépression. Ne rien faire de ta journée, à attendre un coup de fil qui va jamais arriver, tu deviens vite parano » avoue-t-il. Sommeil agité, cogitation, remise en question, le meneur de jeu s’entraîne avec Aix, en attendant un appel téléphonique. Jouer en Nationale 1, une possibilité qui commence à lui passer par l’esprit ? Non, son avis n’a pas changé. « Je souffre de l’intérieur mais je ne veux pas le montrer » renchérit l’intéressé. Car le grand public ne soupçonne pas cette partie non immergée de l’iceberg… ou de la montagne, à savoir le mental. Il faut être fort, être très patient, ne pas perdre espoir.

Novembre 2015, Roanne le contacte. Un soulagement pour le joueur, mais aussi pour tout ceux qui le soutiennent. Mais pas de sentiment de fierté, d’accomplissement. En vrai compétiteur, Théo ne peut se réjouir totalement de cette signature mais fonce sans se poser de question, car il a faim de compétition. « J’étais le plan B car je remplaçais un meneur américain (Gary Ervin, ndlr) qui n’avait pas fait l’affaire ». Arrivé dans un club en cours de saison n’est déjà pas évident, mais cela l’est encore moins dans une équipe en difficulté. La Chorale, si prometteuse et talentueuse sur le papier, sombre et se sauve in extremis en Pro B, en terminant à la 16e place. Une saison catastrophique tout bonnement dûe à l’absence de collectif, et à trop de talents individuels. A l’image de l’équipe, Théo n’y arrive pas (3,5 points, 1,8 rebond et 2,7 passes pour 4,8 d’évaluation en 19 minutes). A trop cogiter et se remettre en question pendant tout un été, il a fini par s’oublier, au point de se demander quel joueur il voulait être. Il ne pensait qu’à l’équipe et déjà à la saison d’après. « En prenant du recul, je me dis que Roanne était vraiment un bon endroit, mais pas à ce moment-là, vu ce que j’avais vécu, pour être performant » déclare en toute honnêteté le Chambérien. Laurent Pluvy débarque à l’issue de la saison et a déjà sa future équipe en tête. Ce sera sans Théo, pourtant encore titulaire d'une année de contrat. La séparation entre les deux parties met beaucoup de temps à intervenir, et ne sera finalisée qu'au milieu du mois de septembre, alors que le marché des transferts a déjà pratiquement rendu tous ses verdicts. La sonnerie du téléphone est bien silencieuse. Il reste encore sur le carreau mais l’état d’esprit est tout autre, la confiance revient, l’optimisme refait surface et il prend conscience qu’il n’y a pas que le basket dans la vie. Il  va s’ouvrir à des activités qu’il ne faisait pas ou qu’il ne pensait pas faire jusque là.


Si elle eût le mérite de le remettre en selle, l'expérience roannaise ne fut pas concluante
(photo : Olivier Fusy)

« Avant je ne lisais jamais et je me suis mis à la lecture, je suis allé à des concerts, au théâtre. Quand je galérais il n’y avait que le basket ». Entre les romans policiers d’Harlan Coben, les autobiographies de Michael Jordan, d’Allen Iverson « il est formidable ce livre », de Nelson Mandela ou encore des livres de coachs sportifs comme Fabrice Pellerin, la lecture devient un vrai passe-temps et aujourd’hui encore. « Mais le livre que j’ai adoré est « l’Alchimiste » de Paulo Coelho ». Théo s’ouvre aux séries comme Game of Thrones, Power, à la nature également. Dans un monde trop connecté, se recentrer sur les choses simples de la vie, lui font beaucoup de bien. Sans oublier bien sûr de profiter de sa famille, chez lui, à Marcieux. En Novembre 2016, il plie bagage, fait ses cartons. Son agent, Guillaume Althoffer, lui trouve un club…. Fos-Provence ! Théo revient dans un club qu’il connaît parfaitement pour sa plus grande joie, en tant que pigiste. Il reste jusqu’au mois de mars pour pallier les blessures successives de Xavier Gaillou et Jean-Baptiste Maille. L’intégration est immédiate, l’ambiance est excellente, les systèmes de jeu de Rémi Giuitta sont toujours bien en tête. Après deux saisons collectives frustrantes à Aix-Maurienne et Roanne, c’est l’opposé avec le FOPB. Le club est leader à son arrivée, termine à la 2e place du championnat, mais est malheureusement éliminé en 1/2 finale contre Nantes, futur finaliste des playoffs. « J’étais vraiment attristé de ne pas les voir réussir parce qu’ils avaient l’équipe pour le faire, les joueurs, l’encadrement, l’état d’esprit » regrette Théo qui avait suivi de loin le reste de la saison.

"C'est l'année où je prends le plus de plaisir"

« Je me rappelle l’été dernier avoir discuté avec lui de son avenir et il avait 2 options : une sécurisante et une autre qui était un challenge de se relancer en Pro B et tenter d’évoluer au plus haut niveau possible ! Il a choisi celle la et cette saison lui donne raison puisqu’il fait une grosse saison ! » raconte Édouard Choquet. Pour Théo, l’été 2017 aura été beaucoup moins éprouvant moralement que les précédents. Au début de la période estivale, il s’engage pour une saison avec l’ALM Évreux, alors que le projet de Saint-Vallier en Nationale 1 était aussi sur la table. « Pour le coup, il y a de la fierté. J’ai galéré mais j’ai toujours cru en moi, mes proches aussi. Je suis sortie de cette spirale négative, ça ne peut qu’aller mieux ». Comme avec Rémi Giuitta, le feeling, le discours et la vision à moyen/long terme de Fabrice Lefrançois à son sujet lui plaisent totalement, les ambitions du club aussi, à savoir les playoffs. Autre argument de séduction de l’entraineur ébroicien, les valeurs humaines. « Il n’y a pas beaucoup de coachs qui prennent des joueurs qui n’ont pas de grosses statistiques comme moi, qui prennent des joueurs pour des valeurs humaines avant les valeurs sportives. Il avait vu mon potentiel, vu mes valeurs humaines. Il me donne des responsabilités, du temps de jeu tout en restant moi-même. Je ne pouvais pas rêver mieux ».


Adversaires en début de saison, Jerrold Brooks et Théo Leon unissent désormais leurs forces
(photo : ALM Évreux)

Capitaine de l’équipe, à sa surprise, mais un rôle qu’il remplit très bien depuis le début de la saison, il s’épanouit dans le collectif de la Madeleine, l’ambiance au sein de l’équipe est excellente, la passion pour le basket s’intensifie. « Je peux dire que c’est cette année où je prends le plus de plaisir de toutes mes années pros », assure-t-il. 11e de la Pro B, Évreux se bat pour une place en playoffs. Théo et ses coéquipiers vont batailler jusqu’à la fin de la saison afin de décrocher un ticket pour la seconde phase du championnat après avoir vécu un début de saison compliqué. « Aujourd’hui, on a vraiment une équipe du top 5. Si on avait eu cet équilibre dès le début de l’année, on ne serait pas en train de se poser la question si on va jouer les playoffs ou pas, car on serait sûr d’y être ». Théo progresse en tant que joueur et qu’homme. Un constat partagé par Fabrice Serrano, son entraîneur chez les Espoirs à l’ASVEL. « Il réalise une bonne saison à Evreux donc c’est quelque chose de positif. Il s’améliore d’année en année. Il est toujours aussi fort défenseur ce qui lui permet de donner du rythme dans un match. Il est devenu meilleur passeur, meilleur gestionnaire. Il a progressé mentalement dans son leadership, dans la tenue de l’équipe ». Aujourd’hui, le meneur de jeu ne se projette plus comme il le faisait avant et vit l’instant présent. Seule petite exception à la règle, son avenir professionnel. Car une fois sa carrière terminée, Théo souhaite devenir coach sportif afin d’aider les personnes à se sentir mieux dans leur corps et commence à regarder des formations. Un métier en adéquation avec son esprit de partage, de générosité, des valeurs humaines qui lui sont chers. Sans oublier de profiter des plaisir de la vie, comme les marches dans la montagne, le ski ou encore les activités au bord du lac d’Aiguebelette pour se ressourcer.

A seulement 25 ans, Théo Leon a connu beaucoup d’étapes dans sa jeune carrière, la formation dans un club historique du basket français, l’équipe de France chez les jeunes, le chômage, les piges, les playoffs aussi. Il n’a jamais grillé les étapes et a toujours laissé d’excellents souvenirs par tout il est passé. « Si on parle de Théo, il faut parler de persévérance » conclut Edouard Choquet. Parfaitement entouré de sa famille, qui est son premier soutien depuis ses débuts, et de ses amis, il n’en oublie pas son agent, Guillaume Althoffer, essentiel à ses prises de décisions et à son évolution en tant qu’homme et joueur. Confiant et ambitieux, Théo Léon est aujourd’hui un homme heureux. 

13 avril 2018 à 10:20
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Résultats
Classement
34ème journée
15 mai
Monaco
83
-
77
Bourg-en-Bresse
Boulazac
96
-
86
Chalon-sur-Saône
Châlons-Reims
102
-
94
Pau-Lacq-Orthez
Cholet
81
-
80
Le Mans
Gravelines-Dunkerque
79
-
63
Hyères-Toulon
Le Portel
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