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ITW ÉMILIEN BARBRY, 100 % CH'TIMI

ITW Émilien Barbry, 100  Ch'timi
Crédit photo : Christophe Delrue

De nos jours où la vie d'un sportif rime avec exil et déplacement au fil des contrats et des opportunités, est-il encore possible d’être joueur professionnel de basket et d'effectuer l'intégralité de sa carrière dans un périmètre d'une centaine de kilomètres autour de son lieu de naissance ? Oui répond Émilien Barbry (1,88 m, 31 ans)

De nos jours où la vie d'un sportif rime avec exil et déplacement au fil des contrats et des opportunités, est-il encore possible d’être joueur professionnel de basket et d'effectuer l'intégralité de sa carrière dans un périmètre d'une centaine de kilomètres autour de son lieu de naissance ? Oui répond Émilien Barbry (1,88 m, 31 ans). Né à Lomme, ce Nordiste pur jus n'a jamais quitté sa région de cœur et a vécu ses plus belles émotions au milieu des siens. Pour nous, il revient sur son parcours atypique dans une Ch'tite interview.

Bonjour Émilien, pouvez-vous brièvement vous présenter ?

Bonjour à tous. Je m'appelle Émilien Barbry, j'ai 32 ans et je suis natif du Nord (La chapelle d'Armentieres), né à Lomme. Je joue meneur de jeu à Lille en Pro B et je suis joueur professionnel depuis 14 ans.

Quel est votre parcours ?

J'ai effectué mes débuts dans le club du papa à l'OSM Chapelle d'Armentieres où j'ai joué dans les équipes de jeunes. J'ai intégré un centre de formation (CREPS Wattignies), il fallait jouer en minimes France donc je suis parti à la Melantoise Basket (ex LMB). J'ai joué dans toutes les catégories minimes France, cadets France, séniors Nationale 3 (montée et champion de France), Nationale 2 (montée et champion de France), Nationale 1. Je suis parti au BC Orchies, j'y suis resté six ans en Nationale 3 (montée et champion de France), Nationale 2 (montée et Final Four), Nationale 1 (montée et champion de France). Et là je suis de retour au LMB depuis deux ans.

C'est votre deuxième saison en Pro B, que pensez-vous de cette division et quelles sont vos impressions par rapport à l'année dernière ?

Il est un peu compliqué de répondre à cette question pour moi ayant été absent pendant cinq mois (blessure à la voûte plantaire), je n'ai pas encore eu la possibilité de jouer contre toutes les équipes. Mais je pense que l'année passée la division était plus forte, ou en tout cas les équipes de haut de tableau avaient un effectif plus étoffé (Boulogne, Bourg, Chalons Reims, Poitiers...). La conjoncture est là et les dirigeants doivent faire des choix.

Leaders Cup, poules géographiques, nouvelles règles concernant les changements de joueurs dans une même division, que pensez-vous des dernières innovations mises en place en Pro B ?

Concernant ce sujet, nous avons tous notre avis mais tous les ans les choses changent. Nous ne sommes que joueurs et nous devons respecter les règles mises en place chaque année par la ligue que ça nous plaise ou non.

Comment analysez-vous vos premier pas cette saison après avoir été longuement blessé ? (il a joué son premier match officiel le 9 décembre pour la dixième journée du championnat)

Le jour de la "rentrée" on m'annonce cinq mois d'arrêt pour une double rupture partielle de l'aponévrose plantaire, alors que tout l'été tu le passes à te préparer pour faire mieux que la saison précédente. C'était un moment très difficile physiquement mais surtout mentalement.

Je suis revenu un mois avant ma date de reprise afin d'aider l'équipe suite à de nombreuses blessures sur le mois de décembre (Bryan Pamba et Ivan Almeida) en sachant que je n'étais pas tout à fait prêt. Mes sensations sont meilleures, je progresse chaque jour sur ma qualité d'appuis même si je sais que je vais mettre un peu de temps afin de retrouver ma forme de l'an passé. Mais j'apprends à jouer autrement et le plaisir revient de plus en plus. (En 14 matchs, Émilien tourne à 2,1 points à 34,6%, 3 rebonds et 3,9 passes décisives pour 6,7 d'évaluation en 23 minutes).

Que peut-on espérer de cette fin de championnat du coté de Lille ? Ne pas accrocher les playoffs serait un échec ?

Nous espérons progresser dans le jeu, de gagner match après match et faire les comptes à la fin de saison. Saison ratée si nous n'allons pas en playoffs, je ne sais pas et c'est une question à poser aux dirigeants. Mais je répondrais que nous n'avons jamais connu de moments stables dans la saison (effectif pas au complet dès la préparation avec beaucoup de blessures, changement de joueurs, intégration des nouveaux, nouveau coach, nouvelle philosophie). Nous ferons les comptes à la fin de l'année.

Comment définiriez-vous le public lillois ?

Tout le monde sait que Lille est une ville d'art, le sport n'est pas une passion pour les Lillois. Je définirais le public de spectateurs étant plus en réaction qu'en action. Nous avons de plus en plus de monde dans notre salle et les gens nous portent dans les moments d'euphorie. Mais quand nous ne sommes pas dans le match ou en difficulté, le soutien est moins fort. À Lille, nous savons que nous devons être dans le match et mettre l'intensité pour que le public nous suive. Donc à nous de tout donner pour que Saint Sauveur soit chaud comme sur les derniers matchs.

Serez-vous toujours au LMB la saison prochaine ? 

D'une part, c'est une décision à plusieurs têtes car ça ne dépend pas que de la volonté du joueur et, d'autre part, mon objectif n'est pas fixé sur cela pour le moment. Il est plus dans le fait de retrouver la forme, d'être performant, de prendre du plaisir sur et en dehors du terrain avec les coéquipiers et surtout de gagner des matchs pour finir le plus haut possible. Ce qui permettrait effectivement de faciliter certaines choses cet été à Lille ou ailleurs. Mais, bien sûr que le projet de Lille est un projet que je connais très bien et que j'aimerais aider à faire grandir.

Vous êtes né et avez fait toute votre carrière dans le Nord. Est-ce un choix ? Avez-vous eu des propositions dans le passé pour quitter la région ?

Oui, j'ai eu la chance de toujours trouver un projet qui me correspondait dans le Nord. C'est un choix oui et non. Comme je viens de vous le dire, j'ai eu la chance que des clubs du nord me proposent des projets intéressants ce qui me permettait d'allier mon métier, ma famille et mes amis. Oui, j'ai des propositions tous les ans de clubs hors Nord mais, pour le moment, j'ai toujours trouvé "basket à mon pied" ici.

Le Nord est une région folle de basket, quelle place occupe Lille au milieu de ces nombreux clubs ?

Lille occupe une place importante dans le basket nordiste car, après Gravelines, Lille est le deuxième club à s'être hissé jusqu'en LNB (Pro B), ce qui a permis et permet au club d'attirer toujours autant de regards sur lui malgré l'arrivée d'autres clubs. Le LMB est dans sa sixième année consécutive en Pro B.

Vous avez longtemps joué à Orchies avec qui vous avez été champion de France NM1 en 2013, que retenez-vous de cette expérience ?

C'est une expérience inoubliable car beaucoup de choses très positives et constructives se sont passées là-bas. Vous me parlez du titre de Champion NM1 et de la montée en Pro B, mais il y a six années avant tout cela que je garde en mémoire : de la première réunion où les dirigeants me parle de Pro B alors qu'on n'était qu'en Nationale 3, des choses négatives entendues car je partais en NM3, aux titres de champions de France, aux nombreux coéquipiers, aux salles Léo Lagrange (1 000 personnes) et Pubeco Pevele Arena (5 000 places), aux supporters, à la "standing ovation" lors de mon dernier match... Tout cela est en moi et reste un souvenir indélébile.

Vous avez 32 ans, combien de temps pensez-vous encore pouvoir jouer ?

Je suis dans la fin de ma 31e année, pas encore 32 (rires). Plus sérieusement, on gagne en maturité dan le jeu et, malgré les années, l'expérience me permet de mieux connaître mon corps et d'être préventif dans les soins, dans les prépa, etc. Mais je me sens de mieux en mieux et pas encore fatigué physiquement ou mentalement par le basketball de haut niveau donc j'espère être présent à ce niveau encore trois/quatre ans et après on verra.

L'après basket vous y avez pensé ? Vers quoi vous orienterez-vous ?

Oui, j'y pense et je sais déjà où je veux aller. Pour le moment, je m'oriente dans le milieu du basket - vers le coaching précisément - car c'est ce que je connais le mieux. Mais je ne ferme aucune porte et j'ai beaucoup de choses en tête.

En dehors du basket avez-vous des passions ?

Le football, le bricolage, l'immobilier, le cinéma, la musique... Elles sont vraiment différentes, elles me servent aussi d'exutoire pour garder un équilibre quand ça ne va pas pendant la saison.

Avez vous quelque chose à ajouter ?

Je vous remercie pour cette interview en espérant qu'elle nous porte chance et surtout que j'évite la malédiction de l'article BeBasket ; à chaque fois qu'on parle d'un joueur, le match d'après il fait une performance moyenne, voire catastrophique (rires).

06 mars 2015 à 14:11
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Barbu et tatoué, BeBasket a aussi son "Birdman". Spécialiste du tir à 3 points avec la planche.
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