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ITW JEAN-VICTOR TRAORÉ, L'EXPLOSION LILLOISE

ITW Jean-Victor Traoré, l'explosion lilloise
Crédit photo : Sébastien Grasset

245 kilomètres entre Evreux et Lille, voici la distance parcourue par Jean-Victor Traoré (2,04 m, 29 ans) cet été en passant de l'Eure au département du Nord.

C'est aussi le chemin qui permis à l'ailier-fort de passer de la 61e évaluation française (6,69) l'année dernière à la première cette saison (15,27). Un pas de géant que le natif de Dakar a fait en passant d'un statut de joueur de banc à celui d'un titulaire indiscutable. 

Comment un joueur qui a fait toute sa carrière en Nationale 1 et qui a découvert la Pro B la saison dernière a t-il pu se hisser en tête de l'antichambre de la Pro A en si peu de temps ? Capable de claquer 20 points, 10 rebonds pour 33 d'évaluation le jour de notre interview (vendredi 12 décembre) et ainsi faire son meilleur match de sa carrière. Rencontre avec un personnage sympathique qui nous dit tout sur son parcours et sa progression flamboyante.

Jean-Victor, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez vous vous présenter ?

J'ai vécu mon enfance derrière un ballon, celui du football ! Une obligation avec un père mordu de ballon rond. Quand j'y repense, pauvre maman qui a dû nous supporter tous les trois vec mon frère, ce ne devait pas étre facile tous les jours pour elle ! Le basket, j'ai découvert ce sport en mettant mes premiers paniers au Burkina Faso avec les amis du quartier et j'ai commencé à prendre goût quand mon cousin Cheikh m'a donné une technique pour améliorer mon timing de saut ! j'ai pu toucher la planche pour la première fois assez jeune et ensuite, c'était devenu un défi personnel d'aller toujours plus haut. Ensuite, j'ai réellement commencé le basket à mon arrivée en France pour mes études à 16 ans avec le club a Massy en cadet département, puis le groupe cadets France, la Nationale 3 pendant deux ans, toujours avec Massy (2003/05), et enfin les espoirs de Chalon-sur-Saône en 2005/06.

Vous avez fait l'essentiel de votre carrière en NM1 entre 2006 et 2013 (Longwy et Angers) avant de découvrir la Pro B avec Evreux la saison dernière (6 points et 3,6 rebonds pour 6,7 d'évaluation en 16 minutes sur 35 matchs). Pourquoi avoir choisi de rejoindre Lille à l'intersaison ?

J'ai choisi Lille car le projet m'a vraiment attiré. C'était un vrai défi d'une part d'un point de vue personnel en devenant un titulaire mais également vis à vis du club et de la confiance des dirigeants nordistes en m’accordant un rôle majeur alors qu'a Evreux, je serais resté un joueur de banc. Ayant signé assez tôt après les playoffs 2014, j'ai pu profiter d'une intersaison assez agréable en partant en vacances l'esprit tranquille.

Le LMB est actuellement treizième de la division avec un bilan de 4 victoires et 7 défaites, comment analysez-vous ce début de championnat ?

Notre début de saison est malheureusement trop inconstant mais je préfère voir le positif et me dire que inconstant implique forcément du bon voire très bon. Cela donne donc forcément de l'espoir pour la suite. 

A titre individuel vous explosez cette saison (10,6 points à 48,4%, 6,6 rebonds, 1,7 contre et 1,9 passe décisive pour 15,3 d'évaluation en 29 minutes sur 11 matchs de championnat). Comment vivez vous cela et à quoi est dûe cette progression ?

J'en suis content mais je pense pouvoir mieux faire avec un peu plus de constance. Je l'explique aussi par mon temps de jeu plus conséquent similaire a celui que j'ai eu en playoffs la saison dernière où j'ai eu des statistiques équivalentes.

Quels sont vos objectifs pour le reste de la saison ?

Tout simplement m'imposer en Pro B, aussi bien individuellement que collectivement. La suite se fera en fonction. 

Vous avez porté le maillot national du Burkina Faso en 2012. Deux ans et demi après, où en êtes-vous vis à vis de la sélection maintenant ?

J'en suis resté à la grande fête au pays lors de la qualification pour l'AfroBasket, une première pour le pays. Malheureusement je n'ai pas pu les accompagner pour la suite. J'espère un jour avoir de nouveau une chance d'y participer mais les dates de qualification cette année sont compliquées car elles risquent de tomber pendant la saison en cours. 

"Sois fier, tout le monde ne peut pas dire qu'il est champion de France"

L'après basket, vous y pensez ?

Je suis un peu "geek" dans l'âme, d'ailleurs ceux qui me connaissent en auront le sourire. Mes études d'informatiques aussi en sont la preuve donc l'après basket sera surement dans ce domaine mais rien de défini pour l'instant. Je tâte également d'autres terrains en ce moment, histoire de me donner plusieurs chances.  

Cela va faire 10 ans que vous avez quitté les Espoirs Chalonnais pour vivre du basket. Quelles sont pour l'instant vos meilleurs moments de votre carrière et inversement le moins bon ?

Il y en a plusieurs des beaux moments mais je n'oublie pas cette année champion de France UNSS cadets avec le lycée de Vilgenis a Massy car elle représente tout ce que l'on oublie souvent: le plaisir de jouer, la cohésion avec une bande de potes qui construit son équipe et s'en va battre des centres de formations pour finir champion. Le jour de la finale, le coach adverse m'a dit : "sois fier car tout le monde ne peut pas dire qu'il a été champion de France, peu importe la compétition". Combinée avec une excellente saison en NM3 avec Massy Palaiseau, un groupe qui m'a fait bien bosser et permis d'aller en espoir l'année d'après... C'était une très belle année.  Merci à Vincent et Ludo pour les heures de travail individuel ! 

Le pire moment, c'est mon début de saison lors de mon arrivée à Angers en 2009 quand un médecin m'a dit que je devrais sûrement arrêter le basket suite à une douleur au dos! Les heures et jours qui ont suivi ont été difficiles mais... heureusement, il avait complètement tort. 

Comment se passe la vie à Lille ? De toutes les villes où vous avez habité quels sont les endroits que vous avez apprécié le plus ?

J'ai fait quelques villes qui font flipper quand on en parle comme Longwy (Meurthe-et-Moselle) par exemple (rires) ! Mais c'était assez sympa par sa proximité avec le Luxembourg et la Belgique.  Mes quatre ans en région parisienne étaient assez difficiles, je ne suis pas trop pour les grandes villes, même si Lille est assez grand. Après, je me suis particulièrement bien senti a Angers où j'ai passé quatre saisons. C'est une ville très agréable pour y vivre.

Vous avez parcouru les salles de Nationale 1, de Pro B. Quelles sont celles qui vous ont le plus marqué ?

 J'ai bien aimé la nouvelle salle de Bourg-en-Bresse qui est récente et fonctionnelle. Mais pour son public, je garde celle d'Evreux en tête, même si c'est mieux de les avoir derrière que contre soi (rires) !

Que faites vous en dehors du basket ?

Je passe beaucoup de temps en communication avec mes proches entre le Burkina, la France et les USA. Mine de rien, ça prend du temps et donne l'image d'être tout le temps sur mon téléphone. Sinon, je suis aussi sur ma console ou depuis peu dans les bouquins. 

2015 arrive à grands pas, que peut-on vous souhaiter pour la nouvelle année ? 

Une année encore meilleure que la précédente, celle-ci devrait être extra du coup (rires) ! Et surtout pouvoir voir ma maman Christiane, mon papa Édouard, the $am et toute la "mifa" !

14 décembre 2014 à 18:23
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Barbu et tatoué, BeBasket a aussi son "Birdman". Spécialiste du tir à 3 points avec la planche.
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