instagram
PRO B


MOINS DE 23 ANS : Y A-T-IL DE L'ESPOIR ?

Moins de 23 ans ProB : y'a-t-il de l'Espoir
Crédit photo : Sébastien Grasset

La Pro B est pour beaucoup censée servir de marchepied aux jeunes des centres de formation trop "courts" pour envisager immédiatement d'entrer en Pro A.

Mais la deuxième division professionnelle joue-t-elle vraiment ce rôle ? Et évolue-t-elle au fil des ans ?

Le gap entre les centres de formation des clubs professionnels et la Pro A est souvent trop important pour que les jeunes sortant de ces structures puissent instantanément s'imposer dans l'élite du basket français. D'où l'idée que la Pro B pourrait servir de "rite de passage", permettant aux joueurs de s'aguerrir avant d'envisager une carrière à l'étage supérieur. Des exemples comme ceux d'Evan Fournier, Adrien Moerman, Edwin Jackson ou Mam' Jaiteh sont souvent cités à ce sujet.

Mais, en dehors de ces quelques joueurs de très haut niveau (internationaux, joueurs ou prospects NBA), qu'en est-il pour les joueurs de moindre calibre, ceux qui seront amenés à endosser l'habit du "bon joueur de ProA" (voire mieux pour ceux qui exploseraient sur le tard) ? La Pro B tient-elle vraiment ce rôle ?

Pour le déterminer, nous avons compilé les données disponibles (via le site de la LNB) sur les joueurs de moins de 23 ans (U23) de Pro B et comparé celles-ci avec les mêmes chiffres rassemblés l'an dernier à peu près au même stade de la saison (23e journée 2013-2014, 15e journée 2014-2015). À évaluer les deux années, le premier élément qui ressort est que, en un an, on est passé de 34 U23 à 39. Et que les principaux indicateurs (temps de jeu moyen, points, évaluation) sont "au vert". Les U23 ont gagné un peu plus d'une minute de jeu (15,3 contre 14), marquant 1,1 point de plus par match (5,3 en 2014-15) et ayant une évaluation qui progresse dans les mêmes proportions (5,8 d'évaluation cette année). Preuve d'une évolution plutôt positive.

En reprenant les données de 2013-14, on s'aperçoit que deux joueurs sont passés en ProA, Nianta Diarra (Le Havre) et Valentin Bigote (Nancy) alors qu'ils ne figuraient pas parmi les tous meilleurs U23 de cette saison-là. Des deux, c'est pour le moment Bigote qui tire le mieux son épingle du jeu avec le Sluc, Diarra jouant peu de minutes. Parallèlement, six joueurs (Vincent Fandelet, Laurian Tarris, Dzenan Kurtic, Johan Péricard, Yann Siegwarth et Gide Noel) n'évoluent plus en LNB.

En approfondissant la comparaison, on s'aperçoit que le "haut du panier" des U23 de Pro B s'est densifié : on est ainsi passé de 10 à 18 joueurs marquant au moins 5 pts/match et de 9 à 19 jeunes affichant une évaluation de 5 ou plus.

2014-15 : une bonne cuvée

Ces évolutions positives rendent la cuvée 2014-15 tout à fait satisfaisante. Ils sont un certain nombre de joueurs à s'y distinguer. On dénombre ainsi huit joueurs passant 20 minutes et plus sur le terrain par match, avec Axel Julien et ses quasi 30 mn en tête de liste (ce qui était déjà le cas la saison précédente) devant Théo Léon (28,3 mn/match en 7 matchs joués avant sa blessure) et Kévin Dinal (26,3 mn). Et ils sont en tout 22 à jouer au moins 15 mn/match.

En ce qui concerne les points, c'est la surprise Kévin Dinal qui mène le bal, seul U23 cette année à passer la barre des 10 pts/match (10,3 pts). Il devance Axel Julien, Gaylor Curier et Sadio Doucouré, soient une valeur confirmée et deux bonnes surprises.

À l'évaluation, Dinal devance une nouvelle fois Julien. Ils sont suivis, autre très bonne surprise, par Vincent Pourchot, qui se paye le luxe de faire mieux que Moustapha Fall et Sadio Doucouré.

Peu de très jeunes

Si l'on s'intéresse à l'année de naissance de ces U23, on s'aperçoit qu'ils sont en grande majorité nés en 1992 et 1993 (18 et 10 joueurs respectivement), pour 5 en 1994, autant en 1995 et un en 1996. Mais les plus jeunes ne sont pas forcément les moins intéressants, avec le benjamin Isaia Cordinier (1996), qui vaut 5,8 d'éval en 13 mn/m à même pas 19 ans, Guerschon Yabusele en tête d'affiche de la classe 1995, Kévin Harley pour celle de 1994 et Dinal comme leader des 93. Mais il s'avère quand même que, globalement, ce sont surtout des joueurs de 21-22 ans qu'on retrouve sur le terrain. La précocité est un phénomène rare.

De belles évolutions

Il est également intéressant de constater qu'une belle proportion des joueurs qui s'affirment en Pro B y vivent leur deuxième saison ou plus, seuls trois des membres du Top 10 à l'évaluation échappant à ce profil : Dinal (qui évoluait en N1 à Blois), Yabusele (Espoirs de Roanne et quelques apparitions en ProA) et William Howard (Espoirs de Gravelines).

Et ce constat est tout aussi valable pour les joueurs affichant les plus belles progressions. En dehors une nouvelle fois de Dinal, Curier et Timothé Luwawu-Cabarrot, les Thalien, Pourchot, Fall, Harley, Doucouré, Vafessa Fofana, Jerry Boutsiele, Mathieu Wojciechowski en sont au moins à leur deuxième saison en ProB. Preuve d'une part qu'il faut un temps d'adaptation à la ProB pour s'y installer, et d'autre part que, pour ces joueurs, la ProB joue bien son rôle formateur, leur permettant de progresser.

Réguliers, irréguliers

Souvent, les jeunes joueurs font preuve d'irrégularité, alternant coups d'éclat et contre-performances. Pourtant, certains font déjà preuve d'une très belle constance, comme Dinal (toujours lui !) qui a enregistré 13 fois sur 15 une éval' d'au moins 10 contre une seule en-dessous de 3. On notera aussi un Pourchot ou un Julien dix fois à au moins 10 d'éval ou un Doucouré jamais descendu en-dessous des 3 d'éval. Des joueurs sûrs, donc.

À l'autre extrémité de l'échelle, certains joueurs capables de coups d'éclat passent aussi assez fréquemment au travers, comme Isaia Cordinier ou Timothé Luwawu-Cabarrot, deux des plus jeunes joueurs de ProB. De même, Curier, Yabusele ou Wojciechowski (ils ne sont pas seuls !) se trouent parfois, tout en montrant une belle consistance par ailleurs. La maturité ne s'acquiert pas en quelques semaines…

Des clubs qui jouent le jeu

Seuls deux clubs (Boulazac et Orchies) ne font pas jouer de U23 au moins 5 mn/match (et au moins 5 matchs sur 15). Quant à ceux qui font le plus appel à leurs services, ce sont Charleville-Mézières, Denain et Hyères-Toulon (quatre U23 chaque) devant Le Portel, Poitiers et Roanne (trois chaque). À eux six, ces clubs représentent plus de la moitié du contingent U23 de ProB. Et cela leur réussit plutôt : le HTV, Roanne et Denain figurent dans le Top 4 du classement, Le Portel est 7e. Quant à Charleville, repêché de dernière minute en ProB, sa position en bas de tableau se comprend, seul Poitiers décevant pour le moment. Par ailleurs, hormis à Poitiers (où seul Harley a un rôle majeur), ces jeunes jouent beaucoup (48 minutes pour les trois roannais, 64 pour les quatre hyérois, 72 minutes (!) pour les denaisiens) et sont rentables : 32,8 d'évaluation pour les quatre denaisiens, 25,9 pour les hyérois, 22,9 pour les carolomacériens, 21,9 pour les roannais, 17,9 pour les U23 du Portel. Comme quoi faire confiance à des jeunes (s'ils sont bons, bien sûr) vaut le coup !

Les cinq majeur

À partir de toutes ces données, on peut définir les deux premiers cinq majeurs de ProB (qui appeleront à débat, comme de coutume).

Dans le premier, nous avons sélectionné :

1 : Axel Julien (HTV, 1992, 9,8 pts, 12,1 d'éval)

2 : Kévin Harley (Poitiers, 1994, 8,7 pts, 9,2 d'éval)

3 : Sadio Doucouré (Roanne, 1992, 9,5 pts, 10,3 d'éval)

4 (et MVP à mi-parcours) : Kévin Dinal (Souffelweyersheim, 1993, 10,3 pts, 13,9 d'éval)

5 : Moustapha Fall (Monaco, 1992, 6,9 pts, 11,1 d'éval)

Le deuxième cinq :

1 : Kévin Thalien (Charleville-Mézières, 1992, 6,7 pts, 7,9 d'éval)

2 : Yakuba Ouattara (Denain, 1992, 9,0 pts, 7,2 d'éval)

3 : Vafessa Fofana (Denain, 1992, 8,0 pts, 9,7 d'éval)

4 : Guerschon Yabusele (Roanne, 1995, 8,3 pts, 9,9 d'éval)

5 : Vincent Pourchot (Charleville-Mézières, 1992, 7,8 pts, 11,3 d'éval)

On donnera des mentions à : Mathieu Wojciechowski (Le Portel), William Howard (Denain), Vincent Poirier (Hyères-Toulon), Gaylor Curier (Angers), Isaia Cordinier (Evreux), Timothé Luwawu-Cabarrot (Antibes).

Tremplin ou non ?

Alors, que conclure de tout cela ? Que, même s'il reste encore des progrès à faire, la ProB commence effectivement à bien jouer son rôle de "pouponnière". Cela étant, il faudra voir dans les années à venir combien de ces joueurs (et notamment parmi les 16 mentionnés ci-dessus) arriveront à s'imposer en ProA ou plus haut. Aujourd'hui, Julien et Fall auraient sans doute toute leur place dans une équipe du plus haut niveau. Mais les autres ont encore tout à y prouver. À eux de jouer !

Pour ceux que cela intéresse, la feuille Excel recensant les statistiques des U23 de ProB est disponible via ce lien jusqu'au 3 février : http://we.tl/HUpBrcpKTj

29 janvier 2015 à 12:55
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
BRUNO FERRET
Bruno Ferret
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
PROGRAMME TV
NBA
10 décembre - 02h00
Oklahoma City Thunder
Houston Rockets
NBA
10 décembre - 09h30
Milwaukee Bucks
Atlanta Hawks
NBA
10 décembre - 11h00
Oklahoma City Thunder
Houston Rockets
NBA
10 décembre - 12h45
NBA Extra
PRO A
10 décembre - 18h45
Chalon-sur-Saône
Lyon-Villeurbanne