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VINCENT POURCHOT REVIT À CHARLEVILLE-MÉZIÈRES

Vincent Pourchot revit à Charleville-Mézières
Crédit photo : Sébastien Grasset

Par Corentin Fouchard.

De la fac du basketball en août à une première titularisation en Pro B le 12 décembre à Antibes (victoire 75-74), Vincent Pourchot (2,22m, 22 ans) revient de loin. Après une première saison professionnelle très compliquée à Lille où il a rarement foulé le parquet, sa carrière a pris un bon tournant depuis qu’il a rejoint l’Etoile de Charleville-Mézières.

Le jour et la nuit. C’est l’image pour illustrer le passage de Vincent Pourchot du championnat Espoir au monde professionnel. Un championnat Espoir qu’il a dominé de la tête et des épaules durant deux ans, tournant à plus de 28 d’évaluation par match, avant d’arriver chez les pros.

A l'été 2013, il quitte Nancy, direction Lille où le coach Abdou N’Diaye l’a fait signer, avec une seule idée en tête : « me faire décoller en Pro B ». La volonté est là mais le scénario ne s’y prête pas, et c’est finalement une saison « très dure mentalement » que va vivre le Mosellan. Et pourtant, tout avait bien commencé. « Le coach Abdou me faisait confiance. J’avais fait toute la préparation physique avec eux, tout s’était très bien passé. Pendant les matchs amicaux, le coach me faisait jouer à peu près 10 / 12 minutes, un temps de jeu assez conséquent pour un jeune de 21 ans qui sort du championnat Espoir. »

Encourageant, jusqu’à cet imprévu le jour du premier match de championnat. On dit que le nombre 13 est sûrement le plus significatif d’un point de vue superstitieux, ce premier match avait lieu le 13 septembre 2013 contre Evreux... « J’étais chez moi et j’ai senti un truc craquer dans ma cheville que je ne sentais pas d’habitude. » Le soir même dès l’échauffement, il sait qu’il ne pourra tenir sa place. Une échographie révèle alors un petit bout d’os qui se promène dans l’articulation du géant. S’en suit une arthroscopie qui lui coûtera un mois d’arrêt, la saison de Vincent Pourchot ne démarrera pas.

Seulement huit matchs à Lille

Pendant qu’il fait sa rééducation, son équipe commence le championnat d’une série de six revers consécutifs. Un début catastrophique qui engendrera l’éviction du coach N’Diaye et la nomination de son assistant Cédric Binauld à la tête de l’équipe pour la fin de saison. Un changement qui n’a pas lieu d’inquiéter Vincent, dans un premier temps : « Je me suis dit que le coach et l’assistant avaient dû parler ensemble, qu’ils étaient dans la même optique de travail et donc que ça allait le faire… ». Il n’en fut rien. Binauld, qui s’est fait remplacer par Neno Asceric récemment, « estime qu’un mec de 2,22 m ne peut pas jouer en Pro B » et ne lui donne pas sa chance. Même s’il en fait « des tonnes et des tonnes » à l’entrainement, Pourchot ne joue pas. Il rentre en jeu seulement à huit reprises sur toute sa saison lilloise. « 8 matchs sur 44, ça fait long ! », s’exclame l’ancien espoir du SLUC, qui retiendra peu de chose d’un point de vue basket d’une saison soldée par des moyennes peu parlantes : 2 points à 58,3% de réussite aux tirs, 1 rebond, 1,8 d’évaluation en 4 minutes. « Heureusement, j’ai eu la chance d’avoir ma copine qui était là pour me soutenir. La chose que je veux surtout retenir aussi, c’est que j’ai rencontré des gars-là bas qui m’ont soutenu énormément. » Le gaillard ne se laisse pas abattre pour autant, ce n’est pas dans sa mentalité. Se servir de cette expérience pour s’aguerrir et rebondir, telle est l’idée à garder. C’est donc dans l’anonymat qu’il quitte le nord, avec une certaine intuition : « Au fond de moi, il y avait un petit truc qui me disait que mon heure allait venir ».

Un été stressant puis une opportunité

Après trois semaines de préparation physique avec un coach personnel du côté de Bourg-en-Bresse, il intègre la fac du basketball à Limoges le 10 août. Entre autres, Benoit Gillet, Negueba Samake, Cédric Gomez, eux aussi au chômage à ce moment-là, sont ses partenaires d’entrainement. Il s’entraîne trois à quatre fois par jour sans savoir de quoi sera fait son avenir.

Pour l’heure, aucune opportunité ne se présente à lui. Il était prévu qu’il fasse les deux sessions d’entrainement, jusqu’à ce coup de téléphone de Cédric Heitz, l’ancien assistant de Jean-Luc Monschau à Nancy. L'entraîneur de Charleville-Mézières veut le voir et le prend à l’essai. Deux matchs amicaux réussis plus tard, le président Luc Torres le fait signer un an. « J’ai dû jouer 10 minutes en moyenne sur ces deux matchs. Mais quand tu joues jamais t’as l’impression que 10 minutes c’est une éternité », constate le médaillé d’argent à l’Euro U20 en 2012.

Depuis son arrivée dans les Ardennes, il prend de plus en plus d’importance au sein de l’effectif et prouve que les dirigeants de l’Etoile ont eu raison de lui faire confiance. « J’ai de la chance d’avoir un coach qui gère bien mon grand gabarit et qui a pris le temps d’adapter les choses par rapport à moi car ça ne s’est pas fait du jour au lendemain ». Quand il est sur le terrain, c’est toute l’équipe qui s’adapte à lui. Meilleur joueur à l’évaluation à la minute (0,82), Vincent Pourchot semble avoir trouvé la sérénité pour s’épanouir en Pro B et ses statistiques s’en ressentent (7,8 points à 63,9%, 3,9 rebonds, 1,1 passe pour 11,3 d’évaluation en 14 minutes après 15 matchs).

Une grosse prestation contre... Lille

Forcément, le regard des gens a changé. « Quand j’étais à Lille, on me regardait, comme d’habitude, parce que j’étais grand. Maintenant, on voit que je sais jouer au basket. » Lors de la sixième journée, il signe 23 d’évaluation contre Saint-Quentin. « Un bon souvenir car c’est mon premier double-double en pro », néanmoins gâché par une défaite 86-87 ce soir-là. Mais un match, lui tenait particulièrement à cœur cette saison. Celui contre Lille bien sûr, lors de la treizième journée. « Toute la semaine, j’étais intenable. J’attendais qu’une chose c’était ce match-là ! » Une victoire 81-77 en plus de ses 14 points et 17 d’évaluation en 18 minutes furent la meilleure des réponses qu’il puisse apporter à son ancien coach. « Quand on a gagné à la fin j’ai craqué. J’ai eu deux, trois larmes. C’est de l’émotion, de la haine, de la rage, trop de trucs qui sont ressortis en même temps », se souvient le garçon, content de retrouver ses anciens coéquipiers qui l’avaient tant soutenu la saison précédente.

Grand artisan de la fin d’année canon de son club (quatre victoires en cinq matchs), il a tourné à 12,2 points et 16,8 d’évaluation en 18 minutes lors des cinq dernières rencontres, permettant à l’Etoile de sortir de la zone rouge. « J’essaie de faire mon maximum pour être efficace. Maintenant, j’ai encore un gros boulot à faire au niveau de la défense. C’est la chose dont je parle le plus avec mon coach. » Malgré cette belle progression, le garçon reste humble. « Je ne m’enflamme pas parce qu’il reste encore une grosse partie de saison. On pourra faire le point une fois que l’objectif du club sera rempli », à savoir le maintien. Sur sa lancée, tout laisse à penser que 2015 va encore le voir progresser.

Cédric Heitz, son entraîneur à Charleville-Mézières (photo : Sébastien Grasset)

19 janvier 2015 à 17:23
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QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
GABRIEL PANTEL-JOUVE
Tout ça pour mettre une balle dans un cercle.
Gabriel Pantel-jouve
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