À L'ÉTRANGER

ITW KEVIN CHAM, DE VERSAILLES AU MEILLEUR LYCÉE AMÉRICAIN

ITW Kevin Cham, ce Français triple champion des Etats-Unis
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Trois titres de champion des États-Unis.

Quand on sait combien d'équipes de lycée existent aux États-Unis, pays de plus de 320 millions d'habitant, c'est impressionnant. La Montverde Academy l'a fait en remportant son troisième titre le week-end dernier. Avec dans son effectif un Français, Kevin Cham, un petit gars de région parisienne. Cet arrière nous explique comment il a atterri là-bas, quel est son quotidien et quels sont ses objectifs pour la suite.

Vous venez de gagner le titre national pour la troisième fois consécutive. Comment s'est passé le tournoi final à New York ?

C'était très difficile au niveau physique, beaucoup de défense, des petits scores, des matchs à prolongation... Et c'est justement toutes ces petites choses qui font que ce troisieme titre est le meilleur des trois.

Cela fait trois ans que vous jouez à Montverde et trois titres. Qu'est ce qui fait de ce programme une telle machine à succès ? Comment travaillez vous au quotidien ? Qui affrontez vous dans la saison ? Racontez-nous un peu le quotidien que vous avez sur place.

Montverde Academy est une machine à succes grâce à plein d'élements. Tout d'abord coach Kevin Boyle, un des meilleurs coachs de tous les temps au niveau lycée. Il a été cinq fois coach de l'année, il a formé plein de professionnels comm Kyrie Irving, Michael Kidd-Gilchrist et Al Harrington. Et aussi grâce à Rae Miller qui est le directeur des opérations basket qui recrute toujours les meilleurs joueurs des États-Unis et à travers le Monde. Sans oublier tous les représentants de Montverde Academy.

En présaison, la charge de travail est lourde et intense. Réveil à 5 heures du matin, muscu à 5h30, classe de 8h à 12h, shooting de midi a 13h, classe de 13h30 à 15h puis entraînement collectif de 15h30 à 18h. En saison, la charge de travail est moins lourde car on joue beaucoup, environ deux/trois matchs par semaine sans compter les déplacements en avion qui nous fatiguent pas mal. Voici une des autres raisons de notre succès car nous affrontons neuf des vingt-cinq meilleures équipes de tout le pays.

Comment avez vous été recruté dans cette académie ?

J'ai été recruté à la Montverde Academy grâce à mon coach personnel, Sébastien Sako, qui connaît très bien le coaching staff de l'école et qui m'a mis en relation avec eux. Ils m'ont vu et m'ont pris.

De nombreux joueurs de renom nationaux sont passés par Montverde ? Russell, Bibbs, Simmons... Qui étaient les plus impressionnants ?

Quand je suis arrivé pour ma première année à Montverde, tout le monde m'impressionnait. Kasey Hill (University of Florida) grâce à ses qualités athlétiques, Dakari Johnson (University of Kentucky) grâce à son poids et à sa mobilité, Devin Williams (West Virginia University), c'etait un monstre physique, D'Angelo Russell (Ohio State University) grâce à sa fluidite dans le jeu, Justin Bibbs (Virginia Tech) grâce a ses bon choix, Jalyn Patterson (Louisiana State University) grâce a sa game face - il ne montre aucune emotion -, et enfin Ben Simmons (futur joueur de Louisiana State University) grâce à son QI basket, ses qualités athlétiques et sa vision de jeu.

Simmons a été élu meilleur joueur du pays, qu'a-t-il de plus que les autres ?

Il a déjà un physique prêt pour la NBA, ajouté à une connaissance élevée du basket.

Lui aussi n'est pas Américain - il est Australien - vous entendez vous bien ?

Oui, absolument, c'est l'un de mes meilleurs amis.

"Je ne manquerai pour rien au monde l'équipe de France"

Vous avez un lien de parenté avec l'ancien international Patrick Cham, quelle est sa place dans votre parcours ?

Mon père est René Cham (ancien joueur de Rueil en Nationale 2) et Patrick est son cousin. Et d'ailleurs c'est mon père qui a mis Patrick au basketball. Comme chaque membre de ma famille, Patrick me soutient dans mon parcours.

Quel était votre parcours avant d'aller en Floride ?

Avant je faisais du basket et du tennis. À l'âge de 10 ans mes parents m'ont dit de faire un choix et j'ai donc choisi le basket. J'ai commencé au Chesnay Versailles, ensuite j'étais poussin surclassé en benjamin puis benjamin surclassé en minimes France à la JSF Nanterre. Puis, lors de ma première année minimes j'étais au pôle Île de France.

Comptez-vous faire votre saison finale en lycée à Montverde ? Pensez vous avoir un rôle plus important ?

Oui, je compte faire ma dernière année a Montverde et j'aurai un rôle plus important car je suis le plus ancien de l'équipe.

Après ça, vous comptez jouer en NCAA ? Quelles universités vous ont démarché ?

Oui, pourquoi pas jouer en NCAA ou rentrer en France ou en Europe pour devenir professionnel. Pour le moment Penn, Brown University, Columbia University, UCF, Washington, Cal Poly, UAB, Jacksonville University m'ont contacté.

Parlez nous du Jordan Brand Classic. Vous étiez déjà à Montverde mais vous êtes allé à Barcelone pour faire le camp européen puis l'international à Brooklyn avec Frank Ntilikina. Comment cela s'est-il passé ?

C'était une expérience extraordinaire car très peu de joueurs ont cette opportunite. Cet évènement m'a permis de rencontrer des joueurs et d'apprendre de chaque origine et horizons différents. Ça m'a beaucoup ouvert l'esprit. Et grâce au JBC, j'ai eu l'honneur de parler et d'échanger avec Michael Jordan qui m'a beaucoup conseillé sur la façon dont je dois aborder les matchs et me comporter pour être un leader et un champion.

Vous avez fait l'équipe de France U16 en 2013 avec un an d'avance. Mais, comme Renathan Ona Embo, vous n'étiez pas là l'été dernier pour le titre. Était-ce un choix ? Souhaitez-vous jouer en équipe de France U18 ou vous privilégiez la saison estivale (AAU) aux États-Unis ?

Oui, j'étais avec les U16 en 2013. Concernant les U16 de 2014, j'étais dans les sélections mais mon calendrier scolaire suivi d'une blessure à l'épaule m'ont empêché de représenter mon pays. Donc cela n'était pas du tout un choix de ma part. Les tournois AAU sont très importants dans le processus de recrutement américain mais je ne raterai pour rien au monde les U18 et l'occasion de représenter à nouveau mon pays si cette chance m'est offerte. Allez es Bleus !

La génération 98 française a l'air taillé pour tout écraser dans les années à venir, Frank Ntilikina a joué avec la SIG en Pro A samedi dernier à 16 ans par exemple. Ne pensez-vous pas qu'il y a une histoire exceptionnelle à écrire comme les 82 de Parker ou les 88 de Batum ?

Absolument, nous avons de très bons joueurs dans cette génération et j'espère d'ailleurs tous les retrouver pour l'équipe de France U18 afin de montrer la suprématie française !

08 avril 2015 à 20:29
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GABRIEL PANTEL-JOUVE
Tout ça pour mettre une balle dans un cercle.
Gabriel Pantel-jouve
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