PRO B

OMAR KRAYEM, LA PALESTINE AU CŒUR : LE BASKET POUR OUBLIER LA GUERRE

Crédit photo : François Pietrzak

S'il n'est pas le joueur le plus notable de cette saison 2017/18 de Pro B, le meneur palestinien de Vichy-Clermont, Omar Krayem, est pourtant l'un de ceux qui possèdent le parcours le plus marquant. À ses côtés, plongée dans la Palestine du basket, là où le sport remplit une fonction sociale particulièrement importante.

Des kilomètres, beaucoup de fatigue, peu de confort et parfois le moral en berne suite à une défaite... Après un match, les retours nocturnes en bus sont souvent extrêmement pénibles pour les joueurs. Sauf lorsqu'on possède dans ses rangs un homme capable de captiver son audience avec des histoires hors du commun. C'était le cas d'Omar Krayem (1,83 m, 31 ans) au Havre en première partie de saison. "C'était bien", sourit son ancien coéquipier Samir Mekdad, qui évoque de "longs monologues au fond du bus." Plus proche ami de Krayem lors de son époque normande, Sade Aded Hussein n'est pas resté insensible à ses récits : "On parlait souvent de la situation là-bas. J'ai un ami, Frédéric Bourdillon, qui joue en Israël donc il est intéressant d'avoir les deux points de vues. Une des histoires qui m'a le plus marquée, c'est comment il est difficile d'entrer sur le territoire palestinien alors même que tu joues pour l'équipe nationale, le fait de rester bloqué à l'aéroport, de devoir traverser des check-points israéliens dans l'angoisse pour pouvoir te rendre ne serait-ce qu'à la plage." Car vous l'aurez compris, pour être en mesure de raconter de telles histoires, le nouveau meneur de Vichy-Clermont a dû vivre des choses terribles. Le lot, malheureusement, de tous les enfants palestiniens.

"J'ai vu des choses que des enfants ne devraient jamais voir"

Originaire de Nablus, Omar Krayem a grandi en Cisjordanie jusqu'à ses sept ans. Une enfance où il se rappelle avoir "vécu normalement". Cela dit, il faut bien avouer qu'il s'agit d'un concept particulièrement relatif de la normalité. "Avec tous les problèmes inhérents à la situation du pays, c'était certes difficile. J'ai vu des choses que l'on ne devrait jamais voir à cet âge là : j'ai vu des enfants se faire assassiner, j'ai vu des tanks entrer en ville, j'ai vu l'occupation israélienne." Alors, afin de pleinement vivre une vie "normale", ses parents décident de fuir la guerre, direction les États-Unis, où son père devient propriétaire d'une boulangerie - pâtisserie en Californie.

Loin des bombes et du marasme palestinien, le petit Omar s'épanouit d'abord dans le football avant de se tourner vers le basket à l'âge de douze ans. Une révélation. "Dès que j'ai commencé, j'ai su que je voulais devenir professionnel", sourit-il. "Avoir joué au foot m'a bien aidé, j'étais naturellement prêt pour le basket car j'avais les bons appuis d'emblée." Il suit le cursus classique du jeune qui progresse vite : les après-midi passées sur les playgrounds, les soirées devant les matchs de Michael Jordan ou de Kobe Bryant, des années productives au lycée avant d'aboutir un premier Graal, l'obtention d'une bourse universitaire. Un cursus NCAA qui sera quelque peu mouvementé, d'abord à Eastern Washington, une fac située à Spokane, à l'extrême nord-ouest du pays, avant de se terminer, pour des raisons familiales, à Riverside, dans la banlieue de Los Angeles, en deuxième division avec California Baptist University.

De la folie philippine à l'échec havrais

Mouvementé certes, mais suffisamment productif pour que l'ancien footballeur de Cisjordanie puisse embrasser une carrière de basketteur professionnel. Ou plutôt un parcours de globe-trotter puisqu'au cours des huit dernières années, Omar Krayem a successivement évolué en Suède, en Hongrie, en Palestine, en Finlande, au Mexique, aux Philippines, en Indonésie, en Turquie, en Slovaquie et en France. Des changements permanents, mais avec le championnat suédois en fil rouge. "Après l'université, je suis allé en Suède car la moitié de la famille de mon père y vit, soit tous ceux qui ne sont pas allés en Californie", raconte celui qui a fini par obtenir un passeport suédois "J'ai six tantes là-bas. Grâce à cela, je me suis toujours senti comme à la maison en Suède. C'est un super pays, je me suis bien intégré à la communauté et à la culture." Et cela se vérifie par ses performances sportives : quatre saisons en BasketLigan au-dessus des 16,5 points de moyenne, un exercice de MVP en 2014/15 (20,4 points à 45%, 4,9 rebonds et 7,3 passes décisives) avec le statut de meilleur marqueur et meilleur passeur, le trophée de meilleur scoreur de la première édition de la FIBA Europe Cup en 2015/16 avec Borås Basket (20,4 points). "J'étais à l'aise en Suède, j'étais jeune et j'avais faim. J'ai toujours bien joué là-bas, cela m'a donné plein d'opportunités pour aller évoluer ailleurs après." Et parmi elles, la plus belle d'entre toutes, partir aux Philippines, où les basketteur sont considérés comme des superstars nationales. Une ferveur immense, une salle de 17 000 places pleine à craquer, un salaire mensuel de 25 000 dollars... Omar Krayem en garde un souvenir ému : "C'était génial, c'est à cela que ressemble le rêve d'une carrière professionnelle. J'avais un chef cuisinier et un chauffeur à ma disposition. Lors de mon départ, il y avait des centaines de personnes à l'aéroport pour dire au revoir et prendre des photos." Après cela, difficile de retrouver l'anonymat des championnats européens de seconde zone, dans la petite salle de son ancien club slovaque du BC Prievidza ou au cœur des travées clairsemées des Docks Océane au Havre ? Pas forcément, le style de jeu compense : "J'aime la compétitivité et l'intensité en Europe", clame-t-il. "En Asie, c'est tout pour le un contre un, tout pour le spectacle. Ici, c'est plus tactique, plus cérébral." Et aussi un peu plus confortable au niveau gastronomique, lui qui, avant de se réfugier dans les céréales, s'était rendu compte en Indonésie que de la viande de chat figurait un peu trop souvent au menu.

Performant un peu partout où il est passé en Europe, Omar Krayem ne réussit pourtant pas à reproduire le même schéma en Pro B depuis son arrivée dans le championnat l'été dernier. Avant d'être libéré mi-février par Le Havre, son passage en Normandie ressembla à un long chemin de croix : blessure au dos, mésentente avec Jean-Manuel Sousa, performances individuelles (9,3 points à 33% et 5,2 passes décisives pour 8,3 d'évaluation en 13 matchs) et collectives en berne. Il y a vécu le moment le plus délicat de sa carrière professionnelle. "Le Havre n'était pas la bonne situation pour moi", plaide-t-il. "Le club n'était pas stable. En plus, je me suis blessé à cause de la surcharge. On s'entraînait deux fois par jour, on faisait les voyages en bus, je jouais énormément en match. Même en présaison, je passais pratiquement 40 minutes sur le parquet." Déjà revenu aux Docks Océane sous le maillot de Vichy-Clermont le 20 mars, l'Américano-Suédo-Palestinien fut hué, sifflé, à chaque prise de balle par son ancien public. "Cela m'a énervé. J'ai donné 110% à ce club et ce fut un commun accord que de prendre des directions différentes." S'il n'a pas laissé une empreinte indélébile dans la sphère du STB, ses anciens partenaires conservent pourtant un bon souvenir de lui. "Omar est un très bon mec", affirme Samir Mekdad. "Il parle beaucoup, il aime diriger mais il a un grand cœur. Cela n'a pas collé à cause des exigences de Sousa, sa blessure au dos et peut-être, aussi, ma montée en puissance."

Depuis, il a donc trouvé refuge à Vichy-Clermont où il était depuis quelques temps dans les petits papiers de l'entraîneur auvergnat, Guillaume Vizade. "Je l'avais déjà vu jouer auparavant, notamment en FIBA Europe Cup. J'avais trouvé qu'il avait du leadership et des qualités, notamment en terme de pick'n roll ou dans sa capacité à prendre des décisions et des responsabilités dans les moments chauds. J'avais à l'esprit qu'il n'était peut-être pas en pleine confiance au Havre et qu'il pourrait remplir ce rôle chez nous." Le seul hic, c'est que le joueur découvre un nouveau rôle, totalement inédit pour lui, celui de second meneur. De fait, ses statistiques sont encore plus en retrait qu'avec le STB (5,3 points à 33% et 2,4 passes décisives pour 3,7 d'évaluation en 16 minutes) mais il participe à la bonne forme actuelle de la JAVCM, sur une série de six victoires en sept rencontres avec sa nouvelle recrue. "C'est la première fois de ma carrière que je sors du banc et que je n'ai pas énormément de minutes", confirme Krayem, avant de positiver. "Mais j'aide l'équipe à gagner, on a une bonne alchimie collective, un bon groupe. Il a fallu s'adapter mais c'est un ajustement qui va dans la bonne direction. Être dans une équipe qui gagne aide." Guillaume Vizade va dans le sens de son protégé en soulignant son importance dans la belle dynamique métropolitaine. "Tout s'est très bien passé dans son intégration. En tant que personne, il a amené pas mal de choses positives. C'est un garçon plein d'entrain, très volontaire. Il a amené une saine concurrence avec Mitchell et Denave. Après Le Havre, il voulait d'abord retrouver la victoire. Au moment où il nous a rejoint, on n'était pas dans une situation évidente. Nous sommes revenus à 50% de victoire depuis et il fait partie des raisons de la relance de l'équipe car il a apporté un peu de profondeur de banc, de la sérénité. Il joue sous contrôle, il sent le jeu, il a une bonne base technique, il offre pas mal de solutions." Arrivé avec le statut de pigiste médical de T.J. Sapp, l'ancien Havrais est sous contrat jusqu'à la mi-avril avec la JAVCM. Les deux parties ont convenu de discuter prochainement d'une éventuelle prolongation jusqu'à la fin de la saison.

"C'est plus que du basket" : 
un échappatoire pour la jeunesse palestinienne

En attendant, entre deux victoires de Vichy-Clermont, Omar Krayem continue de porter un œil attentif à l'actualité de son pays qui, pas plus tard que vendredi dernier, a encore malheureusement fait les gros titres de la presse mondiale avec 16 morts et 1400 blessés suite à des tirs de l'armée israélienne sur une foule de dizaines de milliers de personnes qui convergeait le long de la barrière qui sépare la bande de Gaza d'Israël. "La situation empire", regrette-t-il. "Nous avons moins de terres qu'il y a trente ans. J'espère simplement que l'occupation va s'arrêter, que les deux pays pourront faire la paix. Si l'on veut que les choses changent, il faut déjà commencer par nous. Il faut que l'on change de comportement, que l'on diffuse de l'amour, que l'on se soucie des autres. Israéliens, Palestiniens, Français, Américains, peu importe, nous sommes tous des êtres humains. Le changement commence par moi, par vous, et cela va jusqu'en haut de l'échelle, jusqu'aux politiciens qui prennent les décisions."

Celle prise par Israël et l'Égypte, en 2007, d'imposer un strict blocus sur la bande de Gaza a mis tout un territoire au bord de l'asphyxie, soumet deux millions d'êtres humains à des privations extrêmes et désillusionne des milliers de jeunes, qui ne s'imaginent plus aucun avenir. Dans ce contexte d'épouvantable chaos, certes un peu moins extrême au sein des autres territoires palestiniens, la balle orange peut servir d'échappatoire pour les locaux. "Après le football, le basket est le deuxième sport favori en Palestine", pose Nimer Ayoub, un ancien joueur reconverti dans le journalisme. "Au cours de l'année écoulée, la communauté de fans de basket a incroyablement grandi. Il y a même des groupes d'ultras qui se sont créés pour supporter quelques équipes. Et honnêtement, ce fut la meilleure saison des vingt dernières années." Avec un vrai moment fort lors du Final Four : le buzzer beater de Ahmad Alomari qui a permis, dans l'hystérie générale, à Kalendia, quatrième de la saison régulière et futur champion, d'empocher la première manche de la demi-finale contre le vainqueur de la saison régulière, le Sareyyet Ramallah.

Président de la fédération palestinienne de basket (PBF), Khader Saba confirme les dires de son compatriote : "La saison fut incroyable, avec un Final Four génial. Le basket a attiré des milliers de spectateurs, les salles étaient surpeuplées. À tel point qu'on a vu des gens se mettre en danger en grimpant sur les structures en acier afin d'assister aux matchs importants. Même si les matchs étaient diffusés à la télévision, il a fallu faire appel à des forces de sécurité afin de bloquer l'accès aux salles car elles ne pouvaient plus accueillir une seule personne de plus."


Une salle archi-comble pour le dénouement de la saison 2017/18 entre Kalendia et l'Orthodoxi Bethléem
(photo : Palestinian Basketball)

Un engouement qui n'est pas étranger à l'investissement d'Omar Krayem et de ses collègues ces dernières années. La sélection palestinienne, dont il était un membre régulier au début de la décennie, s'est attachée à rendre le basket synonyme d'espérance pour la jeunesse locale. "On va dans les quartiers, on va à Gaza pour apprendre le basket ou donner à manger et des vêtements aux gens", témoigne-t-il. "On organise des camps, on distribue des chaussures. C'est plus que simplement du basket, l'important est de donner aux autres. Le basket peut être un refuge pour eux. On essaye de donner de l'espoir à la jeunesse et de leur montrer qu'ils peuvent devenir quelqu'un, pourquoi pas à travers le basket. À notre échelle, on fait beaucoup de choses sympas pour la communauté. Par chance, on a de bons joueurs partout dans le monde qui reviennent pour prendre part à cela. Cela a vraiment aidé à populariser le basket en Palestine." Ces actions s'inscrivent dans le cadre d'une stratégie globale de la fédération palestinienne. "Le basket est un vecteur essentiel pour fortifier des valeurs constructives comme la coopération, l'optimisme et l'éthique, particulièrement dans le secteur de la jeunesse", témoigne Khader Saba, avec un lexique beaucoup plus politique. "Nous voulons nous adresser aux enfants et aux adolescents afin d'en pousser de plus en plus à adopter notre sport, qui s'avère être un outil déterminant de développement pour influencer leur mentalité."

Un développement global du basket :
l'ambitieux plan d'action de la fédération palestinienne

Intercalée à la 93e place du classement FIBA, entre la République démocratique du Congo et le Nicaragua, la sélection palestinienne sort pourtant de ses plus belles heures de gloire. Longtemps rattachée à la FIBA Afrique, médaillée de bronze lors de l'AfroBasket 1964, elle s'est qualifiée pour son premier championnat d'Asie, en 2015, grâce à l'impact de ses joueurs majeurs, Jamal Abu-Shamala et surtout Sani Sakakini, l'icône nationale, auteur d'une grande saison en Chine (21,2 points à 48% et 11,7 rebonds, sans oublier une sortie à 18 points en amical contre les Washington Wizards), avec Guangzhou. Surtout, la Palestine y avait fait bonne figure, terminant à la 10e place avec quatre succès au compteur (dont un exploit majeur contre les Philippines d'Andray Blatche). Ce parcours honorable aurait encore pu être embelli si Omar Krayem avait fait partie de l'équipe. "S'il était en sélection, nous aurions des résultats encore plus intéressants", avance le journaliste Nimer Ayoub. "Il est le meilleur meneur palestinien, nous souhaiterions tous qu'il fasse partie de l'équipe de Palestine." Mais il y a un gros point de blocage : la fédération palestinienne n'a jamais réussi à qualifier Krayem pour les compétitions FIBA, la faute à un véritable embrouillamini administratif sur ses origines. "Nous l'avions sélectionné en 2012 pour participer au championnat WABA (West Asian Basketball Championship, qualificatif pour le championnat d'Asie, ndr)", explique Khader Saba. "Malheureusement, s'il est bel et bien Palestinien, il n'a pas pu jouer car il dispose de deux certificats de naissance différents : l'un disant qu'il est né au Liban, l'autre aux États-Unis. Cette confusion l'a empêché de rejoindre l'équipe nationale." Désireux de quand même se produire devant son public en compétition officielle, Omar Krayem a évolué avec le Sareyyet Ramallah en 2013, remportant au passage le titre de champion de Palestine. "Ce n'est pas un championnat très structuré mais c'est excitant d'y jouer", apprécie-t-il. "Il y a énormément de fans et beaucoup de passion autour."


"Palestinians Champions" dit son t-shirt : un retour doré à la maison pour Krayem

Si la fédération palestinienne planche de nouveau sur le dossier Krayem afin de le rendre éligible pour les prochaines compétitions, sa sélection nationale est retombée dans le creux de la vague. Incapable de gagner un match en Jordanie lors du WABA de février 2017, elle fut la seule équipe de la compétition à ne pas composter son billet pour le dernier championnat d'Asie. Par conséquent, la PBF tente actuellement d'enclencher une nouvelle dynamique. Cette année, elle s'est notamment faite remarquer pour avoir tenté d'organiser le Mondial U19 2019, sans succès toutefois. C'est tout un travail à double dimension, structurelle et sportive, qui attend Khader Saba et les siens. "Nous avons lancé le processus de reconstruction de notre équipe nationale", nous dit-il. "Nous voulons constituer un groupe de joueurs d'élite à même de préserver la place de la Palestine sur la scène asiatique, et plus largement." Si les résultats de l'équipe masculine A constituent la partie immergée de l'iceberg, et une vraie source de fierté pour les Palestiniens qui se plaisent à rappeler qu'ils ont terminé invaincus le premier tour du championnat d'Asie 2015, le chantier est beaucoup plus large que cela. Afin de pouvoir prospérer dans les années à venir, ce sont les fondations qu'il convient de consolider. "Notre plus grand challenge est l'absence de salles adaptées à la pratique du basket de haut niveau et à l'accueil d'un grand nombre de supporters", poursuit Khader Saba. "C'est notamment ce qui a conduit la FIBA à rejeter notre candidature pour le Mondial U19. À Gaza ou en Cisjordanie, notre priorité est de construire de nouveaux équipements standardisés. Nous cherchons également à institutionnaliser la fédération en mettant l'accent sur les cadres qualifiés - les arbitres, les entraîneurs, les joueurs... - et en générant des statuts et des règlements pour tous les aspects du jeu. D'un point de vue sportif, nous avons une stratégie ambitieuse qui vise à bâtir un basket compétent à tous les échelons, du niveau local jusqu'à la scène mondiale. Cette saison, nous avons organisé un championnat masculin senior, un championnat U18, un championnat féminin et nous mettons actuellement en place une seconde division masculine. Mais pour mettre tout cela sur pied, nous avons besoin de sponsors. On se tourne beaucoup vers le secteur privé afin d'essayer d'encourager les entreprises à devenir de vrais partenaires du basket."

Voyager, l'éternel problème en Palestine... même pour l'équipe nationale !

Des ambitions plus que méritoires dans un contexte géopolitique extrêmement tumultueux. Et les rêves de grandeur finissent malheureusement bien souvent par se fracasser sur la froide réalité de la guerre. "Les joueurs et les coachs ne peuvent voyager suite à une décision israélienne", se lamente Omar Krayem. "Du coup, on ne peut pas vraiment avoir de sélection, il est vraiment compliqué de se regrouper et de se déplacer en tant qu'équipe. Toutes ces règles sont injustes. Le problème est de quitter le pays et d'y revenir. Quand tu es en Palestine et que tu essayes de sortir du territoire, il faut passer par des check-points, obtenir un visa, payer une amende... Il y a tellement de procédures à passer outre que c'est incroyablement difficile de pouvoir aller jouer un tournoi à l'étranger. C'est frustrant d'essayer d'organiser quelque chose. Cela a cassé la dynamique mais on essaye de rester positif." Car oui, ce n'est pas pour autant que Krayem, Sakakini, Abu-Shamala et les autres arrêteront de revenir au pays. "Si l'on va en sélection, c'est pour les Palestiniens. Ce n'est pas très professionnel, on n'a pas les ressources pour cela. On veut simplement rendre à la nation et la représenter. C'est une grande fierté. La Palestine est dans une situation difficile donc pour moi, être en mesure de revenir à la maison et de pouvoir mettre un sourire sur le visage de quelques enfants, c'est gratifiant. Je sais que beaucoup me suivent, qu'ils regardent mes matchs, qu'ils sont fiers de moi. J'essaye de les représenter du mieux possible." Ce n'est qu'à ce prix-là que le basket pourra continuer à remplir sa fonction de créateur d'espoir en Palestine. Ce n'est qu'à ce prix-là qu'Omar Krayem et ses collègues prouveront à la jeunesse locale qu'ils peuvent devenir quelqu'un à travers la balle orange et se dessiner un avenir plus désirable au fil de ses rebonds. Bien plus précieux que n'importe quelle victoire en Pro B. Bien plus précieux qu'une 10e place au championnat d'Asie. Finalement le trophée avec le plus de valeur pour n'importe quel basketteur palestinien.

 
Omar Krayem (n°12), ici en 2013, à l'occasion d'un match avec l'équipe de Palestine à Amman, en Jordanie
(photo : PBF) 

05 avril 2018 à 17:00
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