ÉQUIPE DE FRANCE

[HUMEUR] DEUX MÉDAILLES D'ARGENT MONDIALES : MAIS IL RESTE TANT À FAIRE !

Coupe du Monde U17M 2018
Crédit photo : FIBA

La génération 2001 a, comme prévu, atteint la finale du Mondial U17, en garçons comme en filles. Mais on peut faire mieux encore !

Le basketball français a vécu un été historique. Deux de ses sélections ont atteint la finale d'un championnat du monde majeur. Début juillet, les U17 garçons, champions d'Europe U16 en titre, ont connu un parcours relativement facile jusqu'à la finale, avant d'être nettement dominés en finale par les Etats-Unis (95-52). Trois semaines plus tard, les U17 filles ont fait de même : invaincues jusqu'en finale, les joueuses d'Arnaud Guppillotte ont pris une rouste pour le dernier match face à Team USA (92-40). On a l'habitude de dire que la différence entre le basketball américain et le basketball du reste du monde est encore plus grande chez les filles, on en a eu la confirmation.

Dureté, intensité, transition, rebond offensif : il n'en faut pas plus

En garçons comme en filles, le basketball français a confirmé sa place de n°1 d'Europe sur la génération 2001. Il faut dire que cette génération a tous les éléments du basket moderne : de la vitesse, de la verticalité, de l'impact physique, de la créativité... Mais face aux Etats-Unis, tout cela n'a pas suffit. Des kilos, centimètres et/ou de l'exploisivité en moins, de l'inconfort sur un côté faible, des lacunes aux lancers francs etc., les manques étaient trop grands.

Depuis la prise de pouvoir du basketball AAU aux Etats-Unis, le basket est devenu plus spectaculaire mais surtout plus efficace que jamais. Comment les joueurs partent-ils en contre-attaque ? Par quel couloir ? En se tournant de quelle manière ? Peu importe, dès lors que le ballon est en l'air, au sol, il est conquis et les autres joueuses se jettent en contre-attaque. Et si le tir est loupé, soyez assurés qu'un autre joueur a suivi l'action, pour prendre le rebond offensif et ajouter 2 points faciles. En finale dimanche contre la France, les U17 américaines ont raté 33 tirs. Et elles ont pris 19 rebonds ! De l'autre côté du parquet, les Françaises n'ont pas pu réciter leurs systèmes de jeu. Trop en difficulté face à la dureté et intensité adverse, elles n'ont pas su s'adapter. Résultat, l'équipe a du laisser Marine Fauthoux et Zoé Wadoux se débrouiller sur des séquences d'isolation pour un total de 30 points à elles deux sur les 42 de leur équipe.

Des résultats logiques plus que des "exploits"

Sans faire injure aux résultats - on vous connaît, vous allez nous taxer "d'aigris de Français" -, nous n'avons pas eu le sentiment que ces deux finales accrochées ont été un exploit pour les deux sélections U17 françaises. Moins d'un an après leur titre en Europe, elles n'ont fait que confirmer sans avoir eu besoin de briller, surtout qu'elles se sont renforcées entre temps (Malcolm Cazalon chez les garçons et Yohana Ewodo chez les filles étaient blessés en 2017). Portée par le trio Hayes - Maledon - Cazalon, l'équipe de France U17 masculine a quelque peu élevé son niveau de jeu en quart de finale contre la Turquie avant de faire le job face à Porto-Rico en demi-finale. Quant aux filles, elles ont poussé l'accélérateur pour faire le nécessaire quand c'était difficile (avant la finale) : dans le dernier quart-temps du match d'ouverture contre le Japon puis en deuxième mi-temps de la demi-finale face à l'Australie. Autrement, on ne peut pas dire qu'elles ont affiché un niveau très satisfaisant étant donné les attentes placées en elles.

Un besoin ? Un meilleur accès à des conditions d'entraînement de haut-niveau

On le répète encore : si on est exigeant avec ces équipes de France, c'est qu'elles ont du talent, beaucoup de talent. Il est possible de viser plus haut, comme en club où les clubs français acceptent trop facilement leur sort sur la scène européenne. "On n'a pas assez de budget, trop de charges, pas assez de diffusion télé, de ferveur...". Quant à l'excuse du nombre, oui il existe : les Etats-Unis comptent 326 millions d'habitant, la France 5 fois moins (67 millions). Mais cela n'explique pas tout, loin de là. La Croatie, avant la Coupe du Monde de football masculine, s'est-elle laissée abattre parce qu'elle ne compte que 4 millions d'habitants ? Non.

Aux Etats-Unis, le sport est culturel et les structures permettent de s'épanouir sur un terrain. Les jeunes sont habitués à voir et faire du sport tous les jours, à l'école et en dehors (avec les "travel team"). En 2016/17, on comptait ainsi 430 000 joueuses en High School (U18), soit 1 personne sur 1 000 aux Etats-Unis. Ces joueuses s'entraînent tous les jours, après leur journée d'école se terminant en milieu d'après-midi. En France, ces emplois du temps ne sont réservés qu'à une élite, choisie par la Fédération (dans les pôles Espoirs) puis par les centres de formation. Il y a ainsi seulement 48 équipes "U18 ELITE" qui s'entraînent au quotidien, ce qui limite à 600/700 le nombre de joueuses U18 s'entraînant  tous les jours, soit 1 personne sur 100 000. Forcément, la base étant restreinte, le niveau de la sélection en sera moins fort. On se demande même si les Etats-Unis n'auraient pas gagné les trois médailles si elles avaient pu aligner trois sélections.

Comment faire alors pour augmenter le volume d'entraînement et baisser les contraintes (journées longues avec l'école + sport de 8h à 19h/20h, déplacements constants entre l'école, la domicile et la salle de basket) des jeunes joueuses de façon à avoir des sélections plus fortes par la suite ? Votre serviteur s'y est essayé avec une génération prometteuse : c'est quasiment impossible car ce n'est pas lié à une structure de haut-niveau. On parle là de la création d'une petite section basket (un entraînement collectif par semaine à la sortie du collège à 16h en plus des entraînements clubs) et non pas d'une section "Sports Etudes". Malgré la demande de 15 familles (pour 20 filles et garçons entrant en sixième), les relances répétées, le succès du basketball dans la petite ville locale ainsi que dans le collège en UNSS, il s'est heurté au refus... d'un simple rendez-vous, et ce à 10 mois de la rentrée scolaire 2018 ! La France dit viser les 80 médailles aux Jeux olympiques de 2024. Ce n'est pas avec ce genre de mise en place qu'elle le fera, le délai étant trop court (5 ans). Mais si elle veut pérenniser de tels résultats, il faudra un jour que le sport de compétition (puisque les Jeux olympiques sont une compétition) entre dans le milieu scolaire...

Se rapprocher nous fera encore beaucoup gagner

"Le football est un sport qui se joue à 11 contre 11 et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne". Cette phrase mythique de Gary Lineker n'est pas vraie : le football est de qualité PARTOUT sur le globe, encore plus aujourd'hui qu'hier. Le basketball est derrière le foot le deuxième sport collectif international mais par contre oui, à la fin ce sont les Etats-Unis qui gagnent, et ce pour encore un moment. Mais on peut s'en inspirer pour continuer à progresser et ne pas se contenter d'une finale à l'avenir. Ce qui nous permettra d'engranger les médailles sur la scène continentale.

31 juillet 2018 à 07:30
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