ÉQUIPE DE FRANCE

[INTERVIEW] KILLIAN TILLIE : "PROUVER QUE JE SUIS EN BONNE SANTÉ ET FAIRE UNE BONNE SAISON"

Killian Tillie
Crédit photo : Sporting news

De passage en France, Killian Tillie est revenu sur la déception de sa saison 2018/19. Un exercice compliqué durant lequel il n'a pas été épargné par les blessures mettant à mal son objectif d'intégrer la NBA. Une bonne saison 2019/20 pourrait tout de même lui permettre d'être drafté... à condition qu'il ne se blesse pas. Entretien.

Leader de la génération 98 double championne d'Europe (U16 et U18), Killian Tillie (2,08 m, 21 ans) a décidé à sa sortie de l'INSEP de traverser l'Atlantique comme son frère, Kim, l'a fait auparavant pour rejoindre un programme universitaire. Et pas n'importe lequel : les Gonzaga Bulldogs, l'un des plus réputés du pays où la culture du travail y est particulièrement importante. Celui-ci a fait ses preuves : depuis 1960 (avec un certain Jean-Claude Lefebvre), Spokane (la ville abritant le programme universitaire) a vu 31 joueurs draftés en NBA dont l'international français Ronny Turiaf (en 2005 par les Los Angeles Lakers). Plus récemment, fin juin, deux de ses coéquipiers : Brandon Clarke et Rui Hachimua ont été draftés.

Junior (troisième année universitaire) en 2018/19, l'Azuréen espérait confirmer sa saison sophomore (substantif anglais désignant un étudiant en deuxième année) où sa production individuelle s'est accrue (12,9 points à 58% de réussite aux tirs et 5,9 rebonds en 26 minutes, MVP du tournoi final en WCC) par rapport à sa saison de freshman (première année). Mais voilà que les blessures qui l'avaient globalement épargné lors de son cursus américain sont ré-apparues faisant resurgir les vieux démons du Centre Fédéral où il avait été longtemps éloigné des parquets entre 2014 et 2016. Avant même les douze coups de minuit marquant le début de la saison, K3 a été victime d'une fracture de fatigue de la cheville lui faisant manquer tous les matchs hors conférence de Gonzaga fin 2018. S'il est revenu à temps pour le début de la saison de WCC début janvier, sa montée en puissance a brutalement été stoppée mi-février par une déchirure du fascia plantaire. Bis repetita lors d'un workout à Atlanta avant même le Draft Combine le contraignant à retirer son nom pour la Draft 2019.

Killian Tillie a décidé suite à cette saison tragique de finir son cursus universitaire à Gonzaga et d'attendre la Draft 2020 (il sera automatiquement éligible), sa dernière chance d'être appelé en juin prochain. Outre son objectif de NBA qu'il souhaite atteindre quelle que soit l'issue de la Draft 2020, le benjamin de la famille Tillie a aussi l'équipe de France A dans un coin de sa tête.

Commençons par l’actualité, deux de tes coéquipiers (le Canadien Brandon Clarke et le Japonais Rui Hachimua) ont été draftés. Tu es content pour eux, j’imagine ?

Oui, c’est sûr. Ça fait plaisir de les voir comme ça à la Draft. Voir Rui (Hacimua) avec qui je suis depuis trois ans se faire drafter (par les Wizards de Washington en 9e position, ndlr), ça fait vraiment plaisir. Même pour Brandon (Clarke, drafté en 21e position par les Grizzlies de Memphis, ndlr), c’est cool. Après, ça fout les boules parce que tu sais que ça aurait pu être toi.

Cette saison, tu as inscrit ton nom à la Draft NBA avant de le retirer à cause d’une blessure à la cheville avant le Draft Combine.

C’est très frustrant. J’ai eu une année frustrante. J’était prêt mais malheureusement, je me suis blessé lors d’un workout avec Atlanta. Suite à cela, je n’étais pas au top, je ne pouvais pas faire les autres workout ou le (Draft) Combine à 100%. J’aurais pu avoir des chances d’être drafté mais je préfère attendre une année et prouver aux gens que je peux rester en bonne santé et faire une saison pour essayer d’être encore plus haut.

killian-tillie1562245886.jpegLa jeune carrière de Tillie a trop souvent été freinée par des blessures l'empêchant d'enchaîner des saisons pleines (photo : Gonzaga Men's Basketball)

En 2018/19, tu as encore malheureusement été gêné par des blessures avec une fracture de fatigue à la cheville puis une blessure à la voûte plantaire. Comment as-tu vécu ces moments durant lesquels tu as encore été éloignés des terrains ?

C’était dur. Dans ma tête, se devait être ma dernière année universitaire puisque je visais la Draft. J’étais donc prêt à faire une superbe saison. C’est dur de se blesser mais bon, on apprend de cette expérience.

Outre les blessures, quel regard portes-tu sur la saison passée tant individuellement que collectivement ?

Je suis arrivé en milieu de saison quand l’équipe était en place : mon rôle était donc vraiment très restreint. Autrement dit, je devais jouer pour l’équipe cette année. J’ai essayé de me trouver une petite place dans une équipe qui était déjà très forte ; on était déjà numéro 1 du pays. C’était un peu dur de rentrer dans une équipe comme ça mais je pense que j’ai fait mon taff. J’ai fait ce qu’il fallait faire, on a fait une bonne saison.

Malgré tout, tes stats ont tout de même été divisées par deux... [En 2017/18, il était leader à l'évaluation de son équipe (14,2) avec 12,9 points à 62,4% de réussite aux tirs, 5,9 rebonds, 1,7 passe décisive et 1 contre en 26 minutes alors qu'en 2018/19, il n'a disputé que 15 matchs où il tournait à 6,2 points à 55,3% de réussite aux tirs, 3,9 rebonds et 1,5 passe décisive en 16 minutes pour 6,6 d'évaluation]

Oui, c’est vrai que mes stats ont été divisées par deux mais mes minutes aussi mais bon, je pense que sur le terrain, j’ai fait ce qu’il fallait. J’ai été un leader sur le terrain cette année. J’espère tout de même que mes stats vont être multipliées par deux l’année prochaine.

Suite à ton retrait de la Draft 2019, tu as décidé de retourner à Gonzaga pour une quatrième et dernière saison universitaire. Qu’apprécies-tu là-bas ? Quels sont tes objectifs ?

Je suis très content de finir ma dernière année car je vais sortir avec un diplôme, c’est un plus. Sur le plan basket, je vais être un leader de l’équipe, je vais être un des seuls qui reste de cette année. Mon rôle sera d’intégrer les jeunes car on a de très bons jeunes qui arrivent, ça va être important de former l’équipe pour faire une vraie bonne saison et d’aller au Final Four. On est toujours une équipe qui essaye d’aller au bout : le but sera d’aller au Final Four et de gagner le titre.  

killian-tillie1562246266.jpegSi les blessures le laissent tranquille, Killian Tillie pourrait être facilement drafté au premier tour en 2020 (photo : The Spokesman Review)

Ton historique médical joue contre toi mais une saison sans blessure dans une équipe universitaire qui joue les premiers rôles pourrait être de bons augures pour la Draft NBA 2020.

Oui tout à fait, c’est pour cela que je reste un an de plus : prouver que je suis en bonne santé et après faire une bonne saison. L’important est d’être sur le terrain (sourire). 

As-tu mis des choses particulières en place pour éviter les blessures ?

Oui, j’en ai beaucoup, je travaille en ce moment avec Christophe Kener à Antibes (interview réalisée le mercredi 26 juin, ndlr). Il m’avait déjà aidé il y a quelques années quand je m’étais blessé et cela m’avait vraiment aidé à me remettre en forme. C’est vraiment un plus pour moi. Je travaille sur tout : les chevilles, les pieds, les genoux. C’est important, il faut renforcer les jambes. Je travaille aussi sur des détails car chaque détail est important.

Si tu n’es pas drafté l’an prochain, quels sont tes objectifs ?

Vraiment, je n’y ai pas pensé encore mais c’est vrai que même si je ne suis pas drafté, l’objectif reste la NBA car beaucoup de joueurs non draftés ont fini en NBA. [...] J’ai aussi l’équipe de France en tête, cela serait sympa de représenter mon pays, surtout si je fais une bonne saison en NCAA.

killian-tillie1562246056.jpegComme Kévin (son frère) et Laurent (son père) au volleyball et Kim (son autre frère) au basketball, Killian espère représenter la France chez les A (photo : FIBA) 

04 juillet 2019 à 17:03
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