ÉQUIPE DE FRANCE

ITW MATHIS DOSSOU-YOVO : "ON A FAIT QUELQUE CHOSE DE BIEN"

Mathis DossouYovo France
Crédit photo : FIBA

Éblouissant au dernier championnat d'Europe U18 où il a décroché une médaille de bronze avec l'équipe de France, Mathis Dossou-Yovo (2,02m, 18 ans en novembre) a réussi à mener les siens vers une première breloque européenne. Il a accepté 3 jours après la compétition, de se confier à BeBasket après une journée de déménagement en Saône-et-Loire.

Primordial dans la conquête du bronze européen de l'équipe de France U18 à l'Euro (16,4 points à 52% aux tirs et 8,1 rebonds en moyenne par match), Mathis Dossou-Yovo est revenu pour nous sur cette compétition qui a permis à la génération 2000 de remporter une première médaille et sur sa saison à venir à Chalon.

Mathis, l’équipe de France U18 dont tu fais partie vient de remporter une médaille de bronze à l’Euro. Est-ce un aboutissement pour toi après un echec en quart de finale U16, d’autant plus que c’est la première pour la génération 2000 ?

Oui clairement, décrocher cette médaille de bronze est un aboutissement, j'espère que c'est la première et pas la dernière. Cette médaille intervient au bon moment puisqu'on s'est ainsi qualifié par la même occasion pour le Mondial U19. On a réussi à la décrocher parce qu'on a su faire preuve d'un réel mental par rapport à ce que les gens attendaient de nous. On a fait quelque chose de bien. On avait un fort mental dans le mesure où on ne lâchait rien même si on était derrière au score et c'est ça qui nous a permis d'être dans le Top 3 européeen.

Revenons sur la compétition, en l’absence de Sekou Doumbouya notamment, l’équipe n’était pas forcément constituée des meilleurs talents individuels mais il s’est dégagé une forte envie collective de se dépasser. Est-ce justement cette force collective qui vous a permis d’obtenir cette médaille ?

Oui, la force collective du groupe nous a permis d'aller aussi loin et notamment de battre le Monténégro en quart qui venait de sortir l'Espagne (génération titrée en U16 mais qui évoluait sans le MVP, Usman Garuba, ndlr). Quand on regarde le match pour la médaille à la mi-temps, on est mené de 12 points. Dans ces moments-là, c'est toujours difficile car il restait 20 minutes et soit ça passait soit ça cassait. On s'est parlé dans le vestiaire, on avait la rage. Et c'est vraiment le match référence qui témoigne de notre état d'esprit. On s'est dit que l'on ne pouvait pas se permettre, après tout ce que l'on avait fait, de lâcher à ce moment-là. On pouvait se faire un réel cadeau que de gagner cette première médaille après tout ce que les gens disaient sur nous, sur notre génération avec les joueurs blessés (Doumbouya et l'arrière de l'Élan Chalon Babacar Niasse, ndlr). On s'est dit que c'était impensable d'abandonner comme ça et on savait qu'on valait mieux que ça. On ne pouvait que gagner ce match.

-itw---mathis-dossou-yovo1533797462.jpegLa France était tombé dès les quarts de finale en U16 contre la Croatie. © - FIBA.

Vous avez eu beaucoup de mal à afficher un bon visage tout au long du tournoi mais au final vous avez su être présents sur les matchs couperets, contrairement en U16. Comment avez-vous abordé ces moments-là? Que vous êtes-vous dit ?

On s'est constamment remis en question et on savait que les trois matchs de poule n'étaient pas réellement importants et que c'était les matchs couperets qui comptaient. C'est lors de ces rencontres qu'il fallait être bons et oublier les défaites. Et j'avais un peu ce rôle-là en tant que capitaine : parler à ceux qui avaient un peu moins d'expérience en leur expliquant que les matchs allaient être de plus en plus durs et que si on baissait la tête maintenant on allait finir dixième ou onzième. Je pense qu'on a tous des ambitions, on est des sportifs, on veut gagner. C'était important de se parler entre nous et on l'a beaucoup fait. Je prenais la parole, avant les matchs, pendant les matchs et après chaque match.

 

"Les trois coachs savaient de quoi ils parlaient car ils ont du métier et quand on travaille avec eux, on est obligé de les écouter."

 

Comme en attestent les 16,4 passes décisives de moyenne par match, cette médaille a été obtenue collectivement, du 12e au 1er joueur. Était-ce votre marque de fabrique ?

Ça montre bien qu'on avait envie de jouer ensemble et de se partager la balle et quand on le faisait, on produisait du beau basket, ce qui nous a permis de gagner des matchs.

Le staff tricolore a aussi eu un rôle important avec à sa tête Frédéric Crapez, en quoi vous ont-ils guidés ?

Je pense qu'ils ont su tout d'abord trouver les bons mots quoiqu'il se passait. Notre coach nous a toujours dit qu'on devait savourer les victoires et se remettre en question, cogiter lors des défaites. Ils ont toujours réussi ce qu'il fallait nous dire que ce soit à la mi-temps où après un quart-temps, qu'on soit derrière ou devant au score afin de nous maintenir dans notre objectif. Les trois coachs (Frédéric Crapez, Mehdy Mary et Romain Chenaud) savaient de quoi ils parlaient car ils ont du métier et quand on travaille avec eux, on est obligé de les écouter.

Au-delà du collectif, certains joueurs se sont distingués pour tirer l’équipe vers le haut. Joël Ayayi - élu meilleur arrière - en scoreur, Karlton Dimanche en créateur et toi dans le combat sous le cercle, la recette de la victoire ?

Oui, ça a été la recette de la victoire car nos coéquipiers voyaient qu'ils pouvaient s'appuyer sur nous à n'importe quel moment. Avec Joël et Karlton, on a plutôt été réguliers sur l'ensemble du tournoi. On a montré l'exemple. Je pense aussi que lorsque les autres joueurs sur le banc nous regardaient jouer, ils se disaient qu'ils devaient apporter la même intensité pour ne pas briser la bonne dynamique. Les adversaires défendaient forts sur nous trois, ils essayaient de nous empêcher d'avoir la balle.

Joël Ayayi sort d’une saison où il n’a pas joué. Est-il arrivé le couteau entre les dents ?

C'est sûr, il avait envie de jouer. Avec Joël, on parle tous les jours et en arrivant, on savait quel rôle on allait avoir et on savait pourquoi on venait en Équipe de France. Ça peut paraître logique mais quand il est arrivé, il avait envie de gagner et à la fin de l'Euro U16, on s'était promis de faire de cette génération, une bonne génération qui gagne aussi. Au final, c'est un premier aboutissement et on a toujours eu cette promesse dans un coin de notre tête pendant la saison.

-itw---mathis-dossou-yovo1533797602.jpegLe nouveau joueur de l'Élan Chalon a souvent été au dessus de la mêlée lors de ce championnat d'Europe comme ici, face au Monténégro en quart de finale (20 points à 8/13, 13 rebonds dont 5 offensifs et 2 contres en 42 minutes. © - FIBA.

Alors qu’on ne t’avait pas encore vu prendre d’importantes responsabilités en sélection nationale, tu as pris beaucoup beaucoup plus d’ampleur cet été. Et  tu as enfilé un costume de leader. Comment l’expliques-tu ?

J'ai beaucoup travaillé au Centre fédéral cette année. J'ai essayé de perfectionner chaque point comme mon leadership comme j'étais le plus vieux donc forcément, je me devais d'être exemplaire et performant sur le terrain. Je me dois par exemple de me battre sur le terrain, de ne jamais rien lâcher quoi qu'il arrive. C'est le comportement le plus exemplaire que l'on puisse avoir, il faut se donner à 100%. Je pense que le travail effectué s'est ressenti sur la compétition.

Au final, tu finis à 18,6 d’évaluation à un championnat d’Europe U18, soit le troisième meilleur total pour un Français dans cette compétition. Est-ce un tournoi référence dans ta jeune carrière ?

Oui, c'est une référence. Je suis content de mon tournoi mais je ne m'arrête pas à cela car je sais que je dois encore beaucoup travailler. J'ai découvert énormément de pistes sur lesquelles je devais travailler pour m'améliorer en attaque et en défense, dans les relations humaines etc. Je dois améliorer ma défense sur pick and roll car c'est un axe-clef du jeu. Au niveau de ma relation avec les autres, j'ai tendance à voir plus le négatif que le positif et ça a tendance parfois à être mal interprété.

Et tu retrouveras un certain Romain Chenaud à l’Élan avec qui tu as vécu une aventure forte, as-tu noué une relation de confiance, de complicité avec lui ?

On a vraiment appris à ce connaître pendant l'Euro. Je l'ai découvert en tant que coach, il m'a découvert en tant que joueur. On a créé une sorte de complicité. Il me faisait confiance que ce soit dans les tâches sur ou en dehors du terrain. Dès qu'il y avait quelque chose qui touchait à l'équipe, il m'en informait et c'était moi qui étais responsable de beaucoup, beaucoup de choses. Il se réfèrait énormément à moi. Je sais que l'année prochaine on va beaucoup et bien travailler ensemble. Je pense qu'il attend beaucoup de moi comme j'attends beaucoup de lui par rapport à mon évolution, c'est un challenge. Je pense qu'il va me fairre confiance car je suis censé être un leader.

 

Tu rejoindras donc l’Élan Chalon, club avec qui tu étais en convention pour y jouer en Espoirs et en Pro à la rentrée après un cursus à l'INSEP. Qu’est-ce-qui t’as motivé dans le projet de l’Élan ?  Auras-tu un rôle de 10e/11e homme à Chalon-sur-Saône ?

Le projet de l'Élan m'a vraiment plu d'autant plus que c'est un très bon club reconnu pour sa formation où de nombreux joueurs sont sortis. Parmi eux, Clint Capela m'a inspiré même si je sais que je n'ai pas le même jeu que lui. Il a énormément progressé à l'Élan. Collectivement, j'ai envie d'aller au Trophée du Futur en Espoirs et de gagner le titre de champion de France parce qu'il faut viser le plus haut possible.

Je veux être performant en Espoirs pour montrer au final que je vais vite me retrouver dans le monde professionnel. Cette saison, j'espère avoir ma chance de jouer en pro, avoir des minutes, car je sais que je suis capable de jouer. Je n'en ai cependant pas encore discuté avec Jean-Denys (Choulet). Le championnat de Nationale 1 m'a aussi beaucoup apporté car il est beaucoup plus corsé que le championnat Espoirs.

-itw---mathis-dossou-yovo1533797864.jpegMathis Dossou-Yovo, le regard fixé vers ses objectifs. © - Gérard Héloïse.

Tu évolues à l'intérieur où tu performes grâce à ta dureté et ton énergie, notamment au rebond. Envisages-tu d'essayer également de t'écarter sur le poste 4 pour ton avenir au haut-niveau ?

Non, je pense que s'il on veut réussir dans le basket, il faut performer et jouer là où on est le meilleur et je pense que je serai plus efficace dans la raquette en tant que joueur mobile, capable de dribbler et de prendre des tirs extérieurs. En poste 4, je serai moins efficace que dans le raquette mais ça ne me dérangerait pas d'y jouer si le coach me le demande.

Je pense que pour l'instant je n'ai que des points faibles c'est-à-dire que je vois une marge de progression sur tout ce que je peux faire. Je ne me dis pas "ça, c'est mon point fort donc je peux me reposer desssus". Dans chaque domaine je peux être efficace mais je les considère pour l'instant comme des points faibles car il me reste beaucoup à faire.

Prochaine étape en Bleus, le Mondial U19...

La qualification pour le Mondial U19 était l'objetif : on avait tous cela en tête. Le premier objectif, c'était la coupe du monde et ensuite la médaille. On a donc rempli les deux objectifs même si on aurait voulu aller un peu plus loin pour avoir une plus belle médaille. Je pense aussi que contre la Serbie, on s'est mis beaucoup de pression car ils étaient les favoris mais c'était un match qu'on aurait pu clairement prendre.

Au moment de conclure l'entretien, Mathis Dossou-Yovo a souhaité rendre hommage à ses coachs à l'INSEP pour le travail accompli.

J'ai beacoup travaillé à l'INSEP avec Jean-Aimé Toupane et Lamine Kébé qui m'ont vraiment épaulé tant humainement qu'en tant que joueur de basket. Je connais Lamine depuis très longtemps, depuis que je suis en U15 à Fleury. J'ai toujours été avec lui que ce soit dans les clubs ou en équipe de France, à part cette année. Jean-Aimé m'a lui aussi beaucoup fait travailler en me poussant toujours vers les détails. Tahar Assed-Liegon m'a aussi beaucoup apporté. Je les remercierai toujours eux et ma famille.

-itw---mathis-dossou-yovo1533798043.jpegMalgré les critiques, la génération 2000 est parvenue à décrocher une première médaille qui en appelle bien d'autres. © - FIBA. 

09 aout 2018 à 19:23
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Plus qu'un simple ballon orange, le basket est inscrit dans mon ADN.
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