ESPOIRS

ITW ARTHUR BRUYAS : "UNE CARRIÈRE CELA SE CONSTRUIT ÉTAPE PAR ÉTAPE"

Arthur Bruyas  Chorale Roanne Basket
Crédit photo : Jules Roche

En vacances forcées depuis le 31 mars dernier, Arthur Bruyas a pris le temps de revenir sur cette saison 2019/20 inachevée mais riche en émotions. Leader offensif des espoirs de la Chorale de Roanne, il évoque également son expérience dans le groupe professionnel et sa relation avec Jean-Denys Choulet.

Auteur d'une belle première saison dans le championnat Espoirs, Arthur Bruyas (1,95 m, 19 ans) n'a cependant pas pu aller au bout de celle-ci. Eloigné des parquets depuis maintenant cinq semaines, il se livre dans les grandes largeurs sur cette situation inédite. Entretien.

Salut Arthur, comment tu t'occupes en cette période de confinement ? 

Comme tout le monde, je suis chez moi et j’essaye de m’occuper comme je peux en cette période compliquée. Je profite de ce moment pour travailler sur moi, sur le développement de mon jeu. Je fais pas mal de musculation et de basket. On a nos séances physiques et j’ai la chance d’avoir un panier dehors donc j’ai pu continuer à shooter et garder mes sensations. Sinon je regarde des films, séries, je joue un peu à la PlayStation, histoire de faire passer le temps.

La décision est tombée assez rapidement pour vous... Le 31 mars on vous annonce que le championnat Espoirs ne reprendra pas. Comment est-ce que tu as vécu cette nouvelle ? 

Quand j’ai appris la nouvelle, bien évidemment j’étais déçu. Déçu de finir la saison de cette façon avec un sentiment d’inachevé. J’aurais aimé aller jusqu’au bout avec mes coéquipiers. J’avais gardé espoir que la saison reprenne mais au vu des événements sanitaires et de la prolongation du confinement, j’avais quand même anticipé cette décision logique tout de même. 

 "Cette saison est vraiment positive car on n’était pas du tout attendu à ce niveau du classement"

Si l'on tire le bilan collectif, cette saison a été une grande réussite pour la Chorale. Avec un bilan de 15 victoires et 10 défaites, vous terminez à la 6e place du championnat Espoirs. Êtes-vous fier de ce que vous avez réalisé ? 

Oui clairement, on est tous très contents et fiers de notre saison même si en temps que compétiteurs on aurait aimé finir plus haut. On a été irréguliers d’un match à l’autre dans nos performances. Mais sinon à part ça, cette saison est vraiment positive car on n’était pas du tout attendu à ce niveau du classement je pense. On découvrait tous ce niveau et pour la plupart nous évoluions en Nationale 3 la saison dernière, donc l’adversité est complètement différente et puis la dose de matchs est nettement supérieure aussi. On est une équipe « jeune » avec aucun dernière année et avec beaucoup de U18 qui nous ont été très précieux. C’est pas évident de faire les allers retours entre espoirs et cadets tout les week-ends pour certains et en plus d’avoir un vrai rôle important dans les deux équipes. Tout le monde a beaucoup progressé cette saison grâce à un bon état d’esprit et de la rigueur toute l’année.

Est-ce que le fait de ne pas pouvoir disputer le Trophée du Futur ou de continuer votre superbe aventure en Coupe de France par exemple te laisse des regrets ? 

Oui extrêmement, on voulait tous aller jusqu’au bout dans les deux compétitions même si la Coupe de France n’était pas un objectif pour nous au départ. Nous étions fiers d’être la dernière équipe espoirs en lice. Bercy n’était pas si loin, même si les matchs qui nous attendaient n’auraient pas été simples. On était tous déterminés à y aller pour gagner ! En ce qui concerne le Trophée du Futur, on est aussi tous déçus même si on n’était pas encore qualifié à 100%. Dans nos têtes, on ne pensait qu’à ça et on voulait aller faire un vrai résultat à Nantes, pas faire de la figuration et rentrer chez nous après un match. Cela aurait conclu notre année en beauté même si elle est déjà très bien. C'est le petit plus qu’il manque à mon goût. 

Cette saison, Jean-Denys Choulet a régulièrement fait appel à toi chez les professionnels. Quelle relation as-tu avec lui ? 

C’est un coach expérimenté avec un beau vécu donc cela force le respect. Il a su nous impliquer à l’entraînement nous les jeunes, nous mettre à l’aise dès le début donc personnellement je jouais libéré. Avec lui c’est dur matin et après-midi tous les jours, il n’y a pas d’entraînement plus « light » que les autres si je puis dire. C’est ce qui est bien, tu es tout le temps à fond, appliqué. Le coach te donne des conseils et te fait entendre aussi quand c’est nul. Il m’a donné ma chance contre Châlons-Reims notamment où il m’a fait rentrer dans un moment chaud et j’ai joué comme si je l’avais fait plein de fois même si c’était la première. On peut dire que c’est une reconnaissance du travail fourni à l’entraînement.

Gaëtan (Meyniel), Ladji (Meité), Ludovic (Martel) et toi avez été très impliqués dans la vie du groupe professionnel cette saison. Une preuve que la formation choralienne se porte bien ? 

Oui c’est vrai qu’on a eu la chance de faire partie du groupe professionnel très souvent pour la plupart. C’est dans la continuité du très bon travail fait par Jordan Bernard (Coach Espoirs) avec nous depuis plusieurs saisons désormais. On s’entraîne régulièrement avec le groupe pro et on a tous déjà fait partie de l’équipe pour les matchs cette saison. Le travail de formation à Roanne est très cohérent. On a tout pour réussir, on s’entraîne individuellement tous les matins, on a un préparateur physique à plein temps donc on peut vraiment travailler de manière encadrée et correcte. On a accès à la salle si on le souhaite toute la journée sur les créneaux sans entraînements, donc oui si tu veux vraiment bosser tu peux, à toi de t’en donner les moyens. Avec Gaëtan et Ludovic on a eu la chance d’aller au camp LNB et pour Ladji il a été très impliqué dans le groupe pro sur la deuxième moitié de saison donc c’est plutôt bon signe. 

"Sans collectif, je pense que chacun n’aurait pas fait la même saison qu’il a fait individuellement."

Individuellement tu as brillé cette saison en portant ton équipe à plusieurs reprises et tu termines deuxième meilleur marqueur du championnat Espoirs avec une moyenne de 17,8 points par match et avec la troisième meilleure évaluation. On peut dire que c'est une très bonne saison ? 

Je suis content de ma saison car j’ai pu apporter dans plusieurs secteurs du jeu à mon équipe. Je participe à la création pour mes coéquipiers et aux rebonds. Je ne suis pas qu’un scoreur. Ici, on a tous besoin des uns et des autres pour s’exprimer. Sans collectif, je pense que chacun n’aurait pas fait la même saison qu’il a fait individuellement. Notre collectif et notre état d’esprit de faire ensemble sont nos armes principales, c’est ce qui fait qu’on a pu finir dans les meilleures équipes du championnat même si nous ne sommes pas les joueurs les plus athlétiques ou talentueux. En parallèle tu as Ludovic et Ladji qui sont les deux premiers à la réussite aux tirs, tu as Gaëtan qui termine meilleur passeur et dans les meilleures évaluations aussi, donc c'est grâce à toute l’équipe que j'ai pu réaliser cette bonne saison individuellement. 

Cette crise va faire énormément de dégâts économiques dans beaucoup de clubs, cela va sûrement permettre à de nombreux jeunes d'avoir plus de temps de jeu et de responsabilités en Jeep Élite. Comment envisages-tu ton avenir la saison prochaine ?

Bien évidemment, c’est sur que cette période affecte tout le monde dans le milieu du basket. Pour être très clair, je ne suis pas un « rêveur » qui ne pense qu’à la Jeep Élite à tout prix et immédiatement. Une carrière cela se construit étape par étape. L’important c’est de jouer, continuer de progresser et la saison prochaine j’aimerais pouvoir m’exprimer au niveau professionnel. Je parle des différentes options avec mon agent et j’aimerais pouvoir construire en lien avec le club un projet qui fasse sens pour toutes les parties. Parmi les options, celle d’un prêt en Pro B est une bonne piste de réflexion, celle de faire partie à plein temps éventuellement des plans du coach au sein de son effectif de Jeep Élite est egalement quelque chose à étudier. Je ne voudrais pas juste m’asseoir sur le banc des pros en Jeep Élite et rejouer en Espoirs. J’aimerais avancer, avoir un rôle, intégrer à plein temps le monde professionnel. On verra ce qu’il en est de la saison prochaine mais c’est sur que de manière générale, la situation actuelle pourrait être bénéfique pour tous les jeunes joueurs que ce soit en Jeep Élite ou en Pro B et même aux étages inférieurs.

20 avril 2020 à 20:45
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