ESPOIRS

ITW BRYAN COUDRAY : "JE VEUX SURTOUT CONTINUER À TRAVAILLER COMME UN MALADE"

Bryan Coudray Camp LNB 2020 GPJ
Crédit photo : GPJ

Après une deuxième saison chez les Espoirs du BCM Gravelines-Dunkerque, Bryan Coudray fait un bilan de sa jeune carrière et se confie sur ce qui l’attend.

Entre deux séances de musculation et de cardio, c’est plus d’un an plus tard que Bryan Coudray (1,88 m, 19 ans) nous accorde à nouvel un entretien pour faire le point sur son évolution et évoquer son futur proche.

Bryan est né dans une famille qui vit pour le basket, avec son grand-père Michel, sa maman Anne-Laure, son oncle Laurent (président du Pays de Fougères) et bien sûr son père Hervé connu pour ses prouesses avec Mondeville en LFB puis avec le Caen basket Calvados de 2013 à 2018, avant de s’envoler du côté du STB Le Havre. C’est donc naturellement que Bryan a commencé le basket dans un petit club tout près de Caen : le Douvres Basket. Il y est resté jusqu’en minime première année (U14), avant de continuer son chemin à Caen, où il a effectué ses classes jeunes jusqu’en dernière année cadet (U18). Dès sa deuxième année cadet (U17), Bryan s’est entrainé avec l'équipe professionnelle évoluant en Nationale 1 et a joué des matchs avec la réserve en NM3. Une expérience qui a permis de le faire progresser : « S’entrainer avec une Nationale 1 puis une Pro B parce que le club est monté, c’était une expérience super enrichissante pour moi. S’entrainer avec des pros à mon âge c’était une vraie chance, j’ai pu connaitre le vrai basket avec un jeu beaucoup plus physique et intense. Donc j’ai progressé sur ma dureté et sur mon QI basket parce qu’il fallait que je m’adapte et que je trouve des solutions différentes sur le terrain. »

A l’issue de quatre années et de bons résultats dans le Calvados, puisque la dernière année le combo guard a fini meilleur marqueur du championnat U18 au niveau national, il a souhaité vivre une aventure outre-Atlantique. Cependant, n'ayant pas eu les offres universitaires espérées, Bryan est resté en France en rejoignant les espoirs de Levallois : « A la fin de ma dernière année cadet, j’avais l’objectif de partir au Etats-Unis pour continuer ma formation mais les universités que je voulais ne se sont pas présentées donc je suis revenu en France. Il y avait plusieurs clubs qui m’ont appelé, mais Levallois est un des clubs qui m’a contacté directement avec un projet intéressant, donc avec les conseils de ma famille j’ai préféré aller là-bas. Je ne voulais surtout pas rester à Caen, il fallait que je sorte de ma zone de confort. » Après une première saison espoir qu’il estime « satisfaisante » (7,4 points, 3,4 rebonds et 2,4 passes décisives pour 5,6 d’évaluation en 23 minutes par match), le Normand a décidé de quitter le club car les opportunités avec le groupe professionnel n’étaient pas assez présentes : « J’ai décidé de partir car le club ne me proposait pas de participer aux entrainements avec les professionnels, donc ce n’était pas intéressant pour ma progression. » A la recherche d’un autre club qui lui permettra de côtoyer le monde professionnel, Bryan signe au dernier moment avec Gravelines-Dunkerque : « Au début j’avais le projet de signer avec un autre club  mais avec qui je ne jouerai plus en espoir, et au dernier des moments il y a le BCM qui m’a contacté pour que je vienne chez eux. J’ai accepté parce que je voulais encore m’investir dans le championnat espoir. »

La confirmation dans le championnat espoir

Souvent dans l’interrogation au sujet de son déficit de taille dans son profil de "combo-guard", Bryan a su pour autant compenser et confirmer cette saison avec les espoirs du BCM puisque malgré des débuts compliqués pour l’équipe, il tournait à 11 points, 2,7 passes décisives et 3 rebonds en 24 minutes par match : « On a eu du mal collectivement au début parce que beaucoup d’espoirs allaient aider l’effectif professionnel qui comptait beaucoup de blessés dans ses rangs, donc nous on avait du mal à avoir de l’alchimie entre nous. Mais à partir de décembre c’était bien mieux, et moi cela se ressentait sur mes performances individuelles. C’est dommage que la saison se termine comme ça parce qu’on était en train de remonter au classement petit à petit. » Avant d’ajouter : « Sur le plan personnel j’ai progressé physiquement et aussi sur mon shoot à 3-points puisque je suis passé de 17% l’année dernière à 30% cette année, donc sur ça oui je suis content, mais vu que je suis quelqu’un de dur avec moi-même, je pense que j’aurais pu faire encore mieux. »

De belles performances qui lui ont permis de participer à l’édition 2020 du camp LNB, qui regroupait cette année les trente meilleurs joueurs de la catégorie espoir. Une opportunité de se montrer pour l’arrière : « Déjà je trouve que le concept de réunir les meilleurs espoirs est super parce que du coup les entraîneurs viennent nous regarder avec intérêt. C’est donc une chance de se montrer, et de pourquoi pas créer des contacts avec certains clubs. » Bryan, lui, à l’issue du camp a pu être approché par des clubs dont il taira le nom car les choses sont encore très floues : « Il y a eu des contacts, on devait se reparler une fois la saison finie, mais avec la crise du covid-19 tout est flou pour eux au niveau du budget donc depuis je n’ai pas eu de nouvelle. »

Un pied dans le monde professionnel

Une des raisons de sa venue dans le club nordiste était son implication quotidienne dans le groupe professionnel. Chose qui s’est vue avérée puisque le poste 1/2 a pu s’entrainer régulièrement avec les pros, et ainsi connaitre l’exigence du haut-niveau. Toutefois, Bryant a dû se contenter de quelques minutes en fin de match, mais c’était suffisant pour celui qui n’en demandait pas autant : « Je ne peux pas dire que je suis déçu de mon temps de jeu car déjà je ne pensais pas que j’allais m’entrainer autant avec le groupe professionnel. Mais ce qui était encore plus inattendu c’était le fait qu’à l’entrainement j’ai des responsabilités. C’est la conséquence des nombreuses blessures dans l’effectif pro, mais moi ça m’a énormément fait progresser. » avant d’ajouter : « Et puis j’ai eu la chance qu’Éric Bartecheky et Serge Crevecoeur me lancent en match avec les pros. Certes je n’ai eu que des petites minutes en fin de match, mais je ne pouvais pas demander plus. »

Une intégration qui fût rapide et de la meilleure des façons puisque Bryan s’est très bien entendu avec les joueurs de l’équipe, et plus précisément avec un certain Juice Thompson : « Tous les mecs ont été supers avec moi, ils ont été beaucoup dans la discussion. Les anciens comme Jean-Michel Mipoka ou encore Alain Koffi m’ont vraiment guidé, mais après la personne avec qui je me suis le mieux entendu c’est Juice. Parce même si lui c’est un pur meneur et moi plus un poste 2 il m’a appris beaucoup de chose. On discutait beaucoup et d’ailleurs on est encore en contact, c’est un super gars. » Avec une adaptation réussie, c’est avec une certaine logique que le joueur de 19 ans souhaiterait pourquoi pas intégrer un groupe professionnel dès l’année prochaine.

 L’année prochaine : l’envol ?

Après avoir plus que confirmé dans les divisions jeunes, il semblerait normal que le jeune Cfaennais ait envie de découvrir le monde professionnel. La question est de savoir si l’envol est prévu pour l’année prochaine ou s’il attendra : « J’ai beaucoup discuté avec mon coach au BCM, Sébastien Devos, et il pense qu’il serait préférable pour moi d’aller jouer en sénior l’année prochaine. Donc ça fait depuis quelques semaines qu’on réfléchit avec mon père dessus. Moi je serais intéressé à continuer ma carrière dans un championnat intermédiaire comme la NM1 voire la Pro B. Après pour l’instant je cherche plus vers un club en NM1, comme ça j’aurais surement plus de responsabilités. » Toutefois, Bryan ne manque pas de rappeler qu’il est encore sous contrat avec Gravelines-Dunkerque, et qu’une saison avec les espoirs du BCM est tout à fait envisageable : « Il me reste encore une année au BCM, donc je ne ferme pas du tout la porte à une dernière année espoir. Pour l’instant comme de nombreux joueurs je suis dans le flou, et j’étudie donc les éventuelles possibilités. »

Et lorsqu’on demande à Bryan si un retour à la maison, à Caen en NM1 serait possible, il nous répond avec de la joie dans sa voix : « Revenir à Caen ? (rires) Bien sûr que c’est possible, c’est mon club de cœur et j’aime tout à Caen. Donc oui, je ne serais pas contre un retour. »

« Dans 5 ans ? pas d’objectif mais c’est surtout de ne pas brûler les étapes »

Comme d’autres joueurs de son âge, il est compliqué de se projeter pour Bryan, mais si une chose est sûre c’est qu’il ne veut pas aller trop vite. Au début de sa carrière, il ne veut pas aller chercher trop haut mais plutôt un niveau qui lui correspond, avant pourquoi pas de gravir les échelons : « Je ne peux pas te dire où je me vois plus tard étant donné que je ne sais déjà pas pour l’année prochaine (rires). Je veux surtout continuer à travailler comme un malade, et être meilleur que je ne le suis actuellement, pour pouvoir jouer dans un niveau qui me correspond. Dans 5 ans ? Je n'ai pas d’objectif mais c’est surtout de ne pas brûler les étapes. Parce que moi je ne suis pas le genre de joueur sur lequel les gens misent une pièce pour que je joue en Jeep ELITE dans les années à venir. Ça ne me dérange pas du tout, au contraire je m’en sers pour revenir plus fort et travailler encore plus. »

Pour ça, je crois que vous l’avez compris, Bryan, acharné de travail, continuera à travailler dans le but d'améliorer ses points forts et gommer ses points faibles. Pour lui, les résultats viendront une fois le travail accompli, une mentalité pas toujours présente chez les jeunes joueurs : « Je ne veux pas commencer à rêver de telles ou telles choses, je préfère d’abord travailler. Pendant ce confinement, je fais des choses que je n’ai pas le temps de faire d’habitude. Je bosse sur mon physique en réalisant deux séances de cardio et deux séances de musculation par jour. Et au milieu de tout ça, je shoote avec mon père, pour travailler encore mon pourcentage à longue distance. » Une maturité déconcertante pour Bryan Coudray, qui du haut de ses 19 ans, semble avoir compris la recette d’un joueur de haut-niveau. Entre le dernier entretien accordé à BeBasket, et celui-ci, une chose semble rester intacte : sa détermination.

05 mai 2020 à 20:30
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE

BeBasket

Dites byebye à la publicité et encouragez le travail effectué sur la couverture quotidienne du basket Français !

À partir de 5 € !
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
LOUIS ANDURAND-CAVASSE
Louis ANDURAND-CAVASSE
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
Coaching

Nous avons détecté que vous utilisez un adblocker ou bloqueur de publicités

AdBlock

Soutenez-nous en désactivant votre bloqueur de publicités pour continuer à profiter d’une information de qualité.

Nous vous invitons à retirer BeBasket de la liste des sites bloqués et à recharger la page pour poursuivre votre navigation.