EUROCUP

ITW DEE BOST, AUX PORTES DE L'HISTOIRE AVEC MONACO : "J'AI TROP ÉCHOUÉ ALORS QUE J'AI INVESTI TELLEMENT DE TEMPS ET D'ÉNERGIE POUR CE CLUB"

Crédit photo : Sébastien Grasset

Seulement vainqueur de la Leaders Cup 2017 au cours de ses quatre saisons en Principauté, Dee Bost veut enfin remporter un trophée majeur avec l'AS Monaco Basket. À ce titre, la finale de l'EuroCup constitue une magnifique opportunité. Lundi, à 24 heure de l'entre-deux contre l'UNICS Kazan, le capitaine de la Roca Team s'est confié à notre micro.

Au fil des années, il s'est imposé comme la figure n°1 de l'AS Monaco, le joueur symbole. Arrivé sur le Rocher en 2016 après des expériences variées au Monténégro, en D-League, au Venezuela, en Turquie et en Pologne, DeMarquis Bost incarne désormais une Roca Team dont il porte le brassard de capitaine.

Revenu au bercail début 2019 après des incartades à Strasbourg et en EuroLeague (Zalgiris Kaunas, BC Khimki Region Moscou), il a montré toute son émotion sur les réseaux sociaux il y a deux semaines après l'officialisation de la qualification pour l'EuroLeague. « Par où est-ce que je commence ? J'ai passé tellement d'années ici à essayer d'accomplir quelque chose et je l'ai enfin fait. Aider l'équipe, la ville, le club que j'aime à rejoindre l'EuroLeague est un rêve qui devient réalité », écrivait-il sur Instagram.

C'est que le All-Star de Jeep ÉLITE a connu beaucoup trop de déceptions avec la Roca Team pour ne pas apprécier à sa juste valeur cette promotion dans le grand monde. Quatre ans après, il reste encore marqué au fer rouge par la défaite en quart de finale des playoffs 2017 contre l'ASVEL où l'ASM, alors première du championnat, avait cédé après un Match 3 à Gaston-Médecin où l'international bulgare avait explosé en vol (7 points à 2/12). Une étiquette dont il a mis longtemps à se débarasser... S'il a toujours ensuite mis un point d'honneur à ne plus jamais disparaître en playoffs, il n'a pas encore réussi à gagner. Et si la bascule était pour cette semaine ? Toutes ces péripéties seraient définitivement derrière lui avec le trophée d'EuroCup entre les mains vendredi ou dimanche soir...

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Les confidences du capitaine Bost à l'approche des hostilités
(photo : Sébastien Grasset)

Dee, comment vous sentez-vous à 24 heures de cet immense rendez-vous contre Kazan ?

Bien, forcément ! On s'apprête à disputer une finale, on ne peut que se sentir bien. C'est normal aussi d'éprouver un peu de nervosité vu l'importance du match mais il n'y a rien d'autre à faire que jouer.

Est-ce que vous vous souvenez de la réception de Francfort en BCL en octobre 2016 ?

Bien sûr ! Monaco débutait en Coupe d'Europe.

C'était effectivement le premier match continental de la nouvelle ère monégasque. Presque cinq ans après, mesurez-vous le chemin parcouru ?

Ah oui, je peux vous dire que tout a complètement changé depuis. Nous sommes maintenant à un tout autre niveau. Moi aussi, j'ai beaucoup évolué, à la fois en tant qu'homme et en tant que basketteur. Plus rien ne ressemble à cette époque.

« Lors de l'été 2019, figurez-vous que j'aurais pu aller à Kazan »

Cette qualification pour l'EuroLeague, cette finale d'EuroCup, c'est une réussite pour tout le monde à Monaco. Mais est-ce encore plus spécial pour vous, étant donné votre longévité ici ?

C'est extrêmement spécial pour moi en effet. Cela fait si longtemps que je suis là. J'ai trop échoué alors que j'ai investi tellement de temps et d'énergie pour ce club. Je n'ai pas accompli ce que je voulais, je n'ai encore rien gagné, j'ai connu beaucoup d'échecs. Certes, il y a la Leaders Cup mais ce n'est pas un trophée majeur. J'ai l'impression d'avoir beaucoup échoué jusqu'ici mais c'est énorme d'avoir pu aider Monaco à atteindre l'EuroLeague. C'est parfait pour moi. Après, on ne va pas se contenter de ça. Nous pouvons être fiers de cette qualification mais on ne veut pas s'arrêter là.

En quoi ce club est-il si particulier pour vous ?

Lors de ma première saison, en 2016-2017, nous étions la meilleure équipe du championnat de France. Mais nous avons été sortis dès le premier tour des playoffs par l'ASVEL et quand je me souviens de mon niveau de jeu... (il s'arrête) Je n'en parle pas beaucoup mais c'était l'un des plus grands échecs de toute ma carrière. Cette première année avec la Roca Team m'a servi de tremplin pour inscrire mon nom dans le circuit européen. J'ai connu des expériences assez mitigées ensuite en EuroLeague avec le Zalgiris Kaunas et le BC Khimki Region Moscou. Je me sens bien ici. Quand je suis revenu à Monaco en provenance de Khimki, c'était vraiment mon choix. J'aurais pu me contenter de prendre mon salaire sans jouer mais je voulais montrer que je pouvais toujours jouer à un haut-niveau. La saison s'est plutôt bien terminée, malgré la défaite en finale contre l'ASVEL. Pendant l'été, figurez-vous que j'aurais pu aller à l'UNICS Kazan (il sourit). On était sur une toute autre dimension financière mais je m'étais déjà engagé oralement avec Monaco. Or, je suis un homme de parole.

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20 septembre 2016 : en 1/16e de finale de la Coupe de France à Bourg-en-Bresse,
Dee Bost dispute son premier match officiel avec l'AS Monaco
(photo : Vincent Janiaud)

Même quatre ans après, vous semblez encore profondément marqué par cette série contre Villeurbanne...

Bien sûr, cette série reste dans mon esprit mais je n'en parle jamais. Trois ans plus tard, quand nous sommes allés en finale contre l'ASVEL, ce n'était toujours pas suffisant pour moi car nous avons perdu. Mais maintenant que j'ai aidé à placer Monaco sur la carte du basket européen, c'est mieux. Une équipe d'EuroLeague à Monaco, ça semble bizarre pour tout le monde mais j'ai contribué à cela et c'est quelque chose d'immense pour moi. Ça dépasse le cadre du sport. C'est un accomplissement incroyable. J'ai joué malgré tellement de blessures que nous n'avons jamais dévoilé par exemple... Maintenant, je vois que cela valait le coup et que tous ces sacrifices ont payé.

Depuis vos premiers pas en France, on a l'impression que votre jeu a considérablement évolué, se tournant davantage vers un style européen alors que ça pouvait partir dans tous les sens au début. Est-ce votre point de vue aussi ?

Lors de ma première saison à Monaco, j'étais encore un peu jeune et j'avais l'impression que le seul moyen de prouver ma valeur était de marquer. Puis j'ai progressivement compris qu'on ne mesurait pas la qualité d'un joueur par sa moyenne de points. Même en étant maladroit, même en n'étant pas un gros marqueur, vous pouvez quand même être un leader, vous pouvez quand même mener votre équipe vers la victoire. Par exemple, c'est ce que je pense avoir fait lors des précédentes séries contre Podgorica et Gran Canaria. Je pense que je dispute actuellement l'une des meilleures saisons de ma carrière.

« L'EuroLeague à Monaco :
c'est immense pour moi, ça dépasse le cadre du sport »

Vous avez connu trois des plus grands coachs vus en France ces derniers temps : Zvezdan Mitrovic, Vincent Collet et Sasa Obradovic. À quel point ont-ils compté dans votre transformation ?

Ils m'ont tous aidé, m'ont tous apporté des choses différentes, m'ont permis de changer ma vision et mon approche. Je leur suis reconnaissant à tous les trois, peu importe que nous ayons été sur la même longueur d'onde ou pas à l'époque. Je les respecte tous et nous gardons le contact.

Y-a-t-il une relation de confiance maintenant avec Zvezdan Mitrovic ?

Oui. Bien sûr, il y a des choses qui se sont passées entre nous avant mais rien de trop sérieux. J'ai gagné en maturité, lui aussi m'a dit que nous étions maintenant plus âgés. Ce n'était jamais rien de personnel, que des différends liés au basket où j'étais beaucoup plus jeune et fou. C'est différent dorénavant.

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Dee Bost et Zvezdan Mitrovic, les incompréhensions du passé semblent oubliées
(photo : Sébastien Grasset)

Quelle est votre opinion sur l'équipe de Kazan ?

C'est une équipe très dure, extrêmement aggressive, qui nous ressemble beaucoup. Ils sont bâtis de la même façon que nous. Il y a beaucoup de talents chez eux, ça va être très dur demain. On ne sait jamais à quoi on peut s'attendre sur un terrain mais on avait besoin d'une opposition comme ça. On fait du basket pour disputer ce genre de matchs.

Leur pivot Jordan Morgan manque à l'appel, n'est-ce pas une occasion rêvée pour appuyer à l'intérieur avec notamment Mathias Lessort ?

Oui mais ils ont John Brown qui est vraiment leur facteur X. Personne ne fait trop attention à lui mais c'est un élément clé de leur dispositif. Il faudra simplement que l'on joue notre jeu et que l'on augmente notre niveau d'agressivité.

Personnellement, vous allez aussi avoir beaucoup de travail défensif pour stopper tous les forts joueurs offensifs de leur ligne arrière : les Isaiah Canaan et Jamar Smith, bien aidés par Jordan Theodore et Nate Wolters...

Ah oui, ça va être dur. Mais on a de quoi les embêter quand même. Nous avons plusieurs armes différentes et des options assez variées, surtout défensivement, avec Rudy (Demahis-Ballou), qui est excellent dans ce domaine à 19 ans, et Abdoulaye Ndoye, une référénce défensive à son poste en EuroCup.

« La meilleure équipe de Monaco était sûrement celle de l'an dernier »

Est-ce la semaine la plus importante de votre carrière ?

Bien sûr... C'est forcément la plus grande, au vu du niveau de compétition. J'ai déjà gagné un championnat mais c'était en Pologne, on savait à peu près dès le début que nous allions gagner. Là, c'est une dimension totalement différente quand on voit la qualité de l'effectif de l'UNICS...

Vous l'avez déjà dit, vous avez remporté des trophées secondaires comme la Leaders Cup avec Monaco mais perdu beaucoup de matchs importants, des finales (EuroChallenge 2015 avec Trabzonspor, Jeep ÉLITE 2019), le Final Four de BCL en 2017, des séries inattendues en playoffs avec Monaco ou la SIG... Avez-vous la conviction qu'il est l'heure de changer ce scénario maintenant ?

N'oubliez pas que j'ai aussi gagné une Coupe de France avec Strasbourg (il rit) ! Je pense évidemment à cela, en effet, mais je ne veux pas me mettre trop de pression. Par contre, c'est dans un coin de mon esprit, je me dis qu'il est temps que je gagne quelque chose. Je ne veux pas dire que j'en ai besoin pour prouver quelque chose mais je veux gagner. Ça me motive ! J'ai toujours faim, je continue à rester après les entraînements, je continue à travailler, je continue à faire les mêmes choses qu'avant.

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Même s'il a joué ailleurs, notamment à Strasbourg, Dee Bost semble désormais être l'homme d'un club
(photo : Sébastien Grasset)

Est-ce la meilleure équipe de Monaco avec qui vous ayez joué ?

Vous savez quoi ? C'est une question marrante car je pense que non... La meilleure équipe était probablement celle de l'année dernière. Il y avait plus de talent individuel. Mais cette saison, je pense que nous avons une meilleure alchimie, c'est une équipe de guerriers. Mais j'aime ce groupe, regardez tout ce que nous avons accompli déjà avec seulement neuf joueurs. Et on a un bon coach ! Notre staff technique est dur mais il nous prépare parfaitement au quotidien.

Vous êtes en fin de contrat cet été avec la Roca Team. J'imagine que vous avez envie de prolonger votre séjour en Principauté ?

Bien sûr, je crois que ce serait la juste logique des choses. Mais ce n'est pas à moi de prendre cette décision tout seul.

« Montrer que Monaco peut être compétitif au plus haut niveau européen »

Vous n'avez jamais connu une expérience concluante en EuroLeague jusque-là : pouvoir montrer que vous pouvez tirer votre épingle du jeu à ce niveau, c'est quelque chose qui vous tient à cœur ?

Oui, je veux prouver ma valeur en EuroLeague, mais surtout dans un endroit où je me sens à l'aise. Je ne veux pas aller quelque part au hasard et me retrouver dans un système qui ne me convient pas. Si je peux rester, je ne m'en priverais pas, tout le monde le sait. Après, il ne faut pas en faire une question trop personnelle : je veux surtout montrer que Monaco peut être compétitif au plus haut niveau européen.

Mais d'abord, l'UNICS...

Voilà ! C'est la cible de la semaine. C'est une grosse équipe, ils nous ressemblent beaucoup, on ne sait pas si ce sera une bonne chose ou non. Comme le coach l'a dit, tout va tourner autour de l'intensité, il faudra qu'on soit au dessus d'eux là-dessus. Je ne crois pas que nous ayons déjà rencontré une équipe qui déploie autant d'énergie cette saison.

À Monaco,

 

27 avril 2021 à 07:00
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