EUROLEAGUE

"LE BASKET FRANÇAIS A-T-IL UNE CHANCE D’EXISTER EN EUROLEAGUE ?" SE DEMANDE BASKET LE MAG

Basket le Mag 24 EuroLeague
Crédit photo : EuroLeague

Dans moins d'un an, un club français jouera en EuroLeague. Mais que sera-t-il capable d'y faire ?

En 2016/17, les clubs d’EuroLeague auraient cumulé une dette de 200 M€. En 2017-18, le champion d’Europe, le Real Madrid, a perdu près de 30 M€, et le finaliste, le Fenerbahçe, accusait des retards de paiement des salaires. En Grèce, aucune transparence économique. Un fair-play financier est-il possible ? Comment le basket français peut lutter ? Basket Le Mag a posé ces questions à Didier Primault, économiste du sport, directeur général du Centre de droit et d’économie du sport de Limoges. Extraits.

Le fair-play financier dans le basket européen : souhaitable ? Faisable ?

« L’Euroleague se pose des questions là-dessus au moins depuis la crise économique et financière de 2008. Jordi Bertomeu (patron de l’Euroleague) a très vite compris qu’il était implanté majoritairement dans des pays touchés de plein fouet : à l’époque, Grèce, Italie, Espagne. (…) J’ai été sollicité en 2013 pour participer à une réunion avec une grande partie des clubs de l’Euroleague pour parler des outils de régulation. Certains étaient complètement favorables à aller dans cette direction, d’autres complètements réticents. Le directeur général du CSKA Moscou a dit : «J’entends ce que vous dites, ça me paraît pertinent, mais je ne suis pas capable d’expliquer à mon président qu’il ne pourra pas, demain, dépenser l’argent qu’il veut pour le club. Ça lui fait plaisir, il pense qu’il contribue au développement du basket, ce qui n’est pas faux. Vous n’allez pas lui expliquer qu’il n’a désormais le droit de ne mettre que 2 quand il met 8 aujourd’hui.» Donc ces outils de régulation sont souhaitables, oui, mais pas forcément pour tout le monde. Dès lors, faisable ? La faisabilité relève d’un minimum de consensus. »

Dans ce contexte, que pourrait espérer l’ASVEL, si elle dispute l’Euroleague la saison prochaine avec 10 M€ de budget ?

« Si la question est de savoir si un club peut être compétitif au niveau du Final Four, éventuellement du titre, ça paraît très compliqué, face à des budgets multipliés par trois, quatre. Les armadas restent infiniment plus fortes qu'un club français même avec de bons moyens au regard de l’économie du basket en France. Ça paraît une course de longue haleine. Le basket français peut avoir raison sur la durée s’il y a tout à coup cette exigence d’avoir un vrai modèle économique. Ce jour-là, il redeviendra compétitif. C’est l’un des basket qui a le plus de spectateurs dans ses salles si on compte tout le championnat, il a de vrais partenaires, un contrat TV, une économie qui est générée. Mais tant qu’il n’y aura pas cet assainissement, exister en Euroleague, peut-être, mais avoir de vraies ambitions paraît compliqué. Il faut espérer que nos clubs puissent jouer leur chance en Euroleague mais ne pas mettre toute la stratégie sur le succès de ces clubs, parce qu’on ne combat pas avec les mêmes armes et qu’on n’a quasiment aucune chance de combattre aujourd’hui un CSKA Moscou. Il ne faut pas chercher absolument à être compétitif dans cette économie délirante. » 

Retrouvez l’intégralité de cet interview dans le numéro 24 de Basket le Mag, actuellement disponible.

 

02 novembre 2018 à 10:27
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