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ITW ARNAUD GUPPILLOTTE : "LA GÉNÉRATION 2002 EST PLUTÔT FORTE ET ATYPIQUE"

Crédit photo : FIBA

Le sélectionneur de l’Équipe de France féminine des U19, Arnaud Guppillotte, dresse un premier bilan des stages de préparation au Mondial, qui se déroulera du 7 au 15 août à Debrecen (Hongrie). Il estime que la génération 2002 possède moins de talents offensifs que celle de 2001 composée de Fauthoux et Rupert, mais compense par son "homogénéité".  

Réunie en stage à Temple-sur-Lot (Lot-et-Garonne), l'Équipe de France féminine des U19 poursuit sa préparation pour le Mondial, qui se déroulera en Hongrie du 7 au 15 août. Après un premier rassemblement début juin à Mulhouse, le sélectionneur des Bleuettes Arnaud Guppilliotte entend profiter de ces séquences pour parfaire les systèmes de jeu et créer du liant collectif entre les joueuses. Privées de compétition pendant deux étés en raison du Covid, les internationales de la génération 2002 s'avancent sans grande certitude. Les leaders offensifs de cette équipe, Séréna Kessler et Aminata Gueye, sérieusement blessées cette saison, n'auront pas retrouvé l'entièreté de leurs moyens physiques. Reste que l'équipe demeure "atypique" aux dires de l'ancien entraîneur des U17 féminine, double médaillé mondial. Moins talentueuses que la génération des Marine Fauthoux et Iliana Rupert, les U19 devront s'appuyer sur leur "homogénéité" pour espérer glaner une deuxième breloque au Mondial, après celle de 2013. 

Vous avez réalisé un premier stage du 7 au 11 juin à Mulhouse, avant d’enchaîner sur un stage du 9 au 20 juillet à Temple-sur-Lot. Que vous apportent-ils ?

« Le premier stage s’est déroulé avec 20 joueuses. On a fait une première revue d’effectif. Cela n’a pas été simple en raison du Covid. On avait uniquement de la visibilité sur les joueuses qui jouent dans des équipes professionnelles (LFB, LF2). Pour les autres, c’était plus compliqué. Les baisses de budgets et les raccourcissements des créneaux de stage ont affecté notre manière de choisir les joueuses. On a sélectionné un groupe restreint. A l’issue de ce stage, je choisirai les 12 qui joueront le Mondial. »

Avez-vous déjà les douze en tête ?

« J’ai une idée du groupe qui se dessine au fur et à mesure. Il y a 6 à 7 joueuses cadres qui sont incontournables et ont déjà de l’expérience internationale. Ensuite, on essaie de trouver des complémentarités et des joueuses en forme. Les blessures impactent nos choix. Si une joueuse n’est pas rétablie, on en prendra une autre. »

C’est le cas de Séréna Kessler (Tarbes), qui s’est rompu les ligaments croisés en novembre 2020. Comment va-t-elle ?

« Elle va très bien. On a fait du un contre un aujourd’hui (14 juillet). Si tout va bien, on organisera du deux contre deux demain. Elle travaille avec un kinésithérapeute, elle fait de la réathlétisation et du travail individuel. Malgré cela, elle ne devrait pas jouer en collectif avant la fin du stage. »

L'Équipe de France masculine U19 n’avait disputé que 5 entraînements collectifs au complet. Vous disposez de plusieurs créneaux pour travailler avec l’ensemble du groupe. Avez-vous prévu de disputer des matchs d’entraînement contre d’autres joueuses ?

« On a fait le stage de Mulhouse avec les U18, qui préparent les Challengers. Trois scrimmages ont eu lieu. C’est une très belle génération. A Temple-sur-Lot, on va de nouveau les jouer à trois reprises. Lors de notre prochain rassemblement, à Voiron, on affrontera des joueuses de moins de 24 ans non sollicitées par les équipes de France sénior, U20 et 3x3. Il n’y aura pas de tournoi international pour se préparer. »

Vous vous êtes occupés de la génération 2001, composée de Marine Fauthoux et Iliana Rupert, entre autres. Comment jugez-vous les générations 2002 et 2003 ?

« La génération 2001 est une belle anomalie. Il y avait l’alignement des étoiles. Celles qui brillent fort : Fauthoux, Rupert, Wadoux et Chery. Derrières, ce sont des joueuses très calibrées, comme Ewodo, Pardon. Il y avait un groupe avec un niveau intrinsèque très élevé. Le groupe 2002 est différent. Le niveau moyen est plus homogène. La génération est plutôt forte et atypique. Il n’y a pas de Marine Johanès, Marine Fauthoux ou Iliana Rupert. Même si Séréna Kessler ou Aminata Gueye s’en rapprochent. Pour l’instant, il y a des incertitudes autour d’elles. Elles ne seront peut être qu’à 70 % de leur potentialité, avec des temps de jeu réduits. Il nous manque des joueuses capables de trouver des solutions quand ça va mal. C’est assez excitant de remettre tout le monde d’équerre après quasiment une saison et demi pendant laquelle les filles n’ont pas pu jouer ensemble. Les temps de jeu étaient très disparates. Certaines ont joué quatre minutes en LFB, d’autres davantage en LF2 et certaines quasiment pas en NF1 et NF2. »

« Nos talents offensifs ne sont pas des grands défenseures »

Les équipes de France, séniors et jeunes, s’appuient invariablement sur la défense. Il a été possible de l’observer avec les U19 masculins il y a une semaine. Pour vous, les principes de jeu seront les mêmes ?

« Mon mot d’ordre sera l’adaptabilité. A l’intérieur, il y aura évidemment les valeurs défensives. C’est notre identité de basket. Mais il va falloir qu’on force l’adversaire à s’adapter à notre jeu, et inversement. On a des joueuses atypiques. Louise Bussière n’a pas le même impact défensif que certaines mais elle a beaucoup de potentiel en attaque. Elle sera l’une des meilleures joueuses de sa génération et de l’équipe. Contrairement aux U19 masculins, qui étaient estampillés stoppeurs élite, nos talents offensifs ne sont pas des grands défenseures. Il faudra équilibrer l’équipe. Par moment, on sera capable de défendre fort, mais à d’autres il faudra être malin, comme la Russie ou la Serbie par exemple. Nos meneuses, Pauline Astier et Leïla Lacan, ne sont pas des bêtes défensives. On n’a pas de Matthew Strazel ou Rudy Demahis Ballou, qui sont capables d’exercer une pression tout-terrain. »

Que peut ambitionner la France dans ce Mondial ?  

« Il y a toujours des surprises. En Egypte, il peut survenir une génération spontanée de qualité, comme au Sénégal, au Mali ou en Angola. On sait qu’il y a des équipes sur lesquelles on possède une marge de manœuvre importante. Avec les U17, génération 2001, on était dans une poule avec le Japon, la Colombie et la Biélorussie. On savait qu’il était possible de faire reposer les cadres. Cette année, le bracket de la compétition est très dur. Si on est 1er de la poule, on évite les Etats-Unis en quarts de finale. Pour cela, il faut battre le Brésil et l’Espagne, deux belles équipes. Si ce n’est pas le cas, on croise avec des équipes solides en 1/8 de finale, soit la République Tchèques, le Canada ou le Japon. Ce sont trois belles générations. Les trois premiers matchs de poule seront des finales, puisqu’il faut être leader de la poule. Si on est capable de jouer intelligemment et trouver une belle alchimie, rien n’est impossible. »

Quels seront vos principaux concurrents ?

« Les Etats-Unis vont présenter une équipe forte. Il n’y a pas de problèmes de draft comme avec les garçons. L’Italie a une génération dorée, avec un six majeur très doué. C’est le style de jeu qu’on apprécie. Pour les autres nations, c’est difficile car on n’a pas de visibilité sur les championnats continentaux. Les images sont datées de deux ans. Mais traditionnellement, l’Australie sera présente. L’Espagne est toujours talentueuse. Le Japon propose un basket atypique, pénible à jouer pour notre équipe. Attention au Canada, qui bosse bien chez les filles depuis quelques années. Il y aura trois poules très fortes et une plus faible. Ça rend la compétition illisible. »

16 juillet 2021 à 12:30
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