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ITW DEWARICK SPENCER : "JE VEUX FINIR MA CARRIÈRE À LA MAISON, EN FRANCE"

Dewarick Spencer de dos Roanne Olivier Fusy
Crédit photo : Olivier Fusy

A 36 ans, Dewarick Spencer n'a pas dit son dernier mot. 8 ans après son dernier passage en France, son nom évoque encore beaucoup de souvenirs au public français. Il annonce vouloir revenir dans le championnat.

Son nom rime avec talent. À tel point qu'il est considéré comme l'un des joueurs les plus talentueux vus en France au XXIe siècle. Dewarick Spencer a démarré sa carrière professionnelle à Roanne, en 2005. Sous les ordres de Jean-Denys Choulet, il a mené la Chorale à un titre de champion incroyable en 2007. Revenu en France un an plus tard, sous les couleurs du Mans, il y a passé deux ans mais n'a pas réussi à doubler la mise, perdant en finale 2010 contre le voisin choletais. Depuis, le natif de Mobile (Alabama) a fait le tour du monde, passant de ligues mineures en ligues mineures (Iran, Liban, Chine, Venezuela, Corée du Sud...) où il a enchaîné les cartons et rempli son compte bancaire. À 36 ans, lui qui affirme partout être dans "la meilleure forme de sa vie" affirme vouloir venir boucler la boucle en France, là où tout a commencé. Entretien.

Bonjour Dee, que deviens-tu ? Où es-tu actuellement ? Ça fait un moment que tu n'as pas joué de match officiel.

Je suis à la maison avec ma famille à Memphis (Tennessee) pour le moment, j'essaye de rester dans la meilleure forme possible. J'ai joué mon dernier match officiel le 18 mars.

On a entendu que tu voulais revenir sur les terrains le plus tôt possible. Tu as été proposé à plusieurs équipes en France (Antibes, Cholet). Est-ce une priorité pour toi de revenir en France, honnêtement, ou préfères-tu aller monnayer tes dernières années de contrat dans un championnat plus lucratif ?

Oui, c'est vraiment mon objectif de revenir en France. J'adorerais si je le pouvais. La France a été le début pour moi et sans doute le meilleur basket que j'ai joué de ma carrière. À 36 ans - je sais que c'est vieux pour un basketteur -, je me sens mieux que je ne l'ai jamais été de toute ma carrière. C'est un super sentiment. Je n'ai jamais été un joueur qui va au-dessus du cercle donc mon tir et mes capacités à créer du jeu sont une bénédiction pour moi à cet âge.

Face au tout jeune Solo Diabaté, à l'époque Espoirs à Dijon (photo : Olivier Fusy)

 Ne pas revenir en Europe, pas forcément un meilleur choix
 

Tu écrivais sur les réseaux sociaux que tu étais dans la meilleure forme que tu n'ais jamais été, donc tu le confirmes... Comment ça se fait ?

Oui, très honnêtement, je suis plus en forme que jamais. J'ai simplement travaillé pour cela.

Ces sept dernières années, tu n'as pas joué en Europe. On t'a souvent vu au Liban mais aussi en Corée-du-Sud, aux Philippines, au Venezuela, en Chine... Pourquoi était-ce mieux que de jouer en Chine ?

C'est vrai, je ne suis pas venu en Europe depuis un moment maintenant. Je ne pense pas que ça a été un meilleur choix (que d'aller dans ces championnats non-européens, NDLR) mais l'expérience était et reste grandiose. Pouvoir voyager et jouer au basketball a vraiment été une bénédiction. J'aurais adoré rester en Europe pour y jouer, aussi parce que c'est un niveau très compétitif mais pour différentes raisons mes représentants (agents) ont pensé autrement donc j'ai choisi cette autre option.


Avec Le Mans, il a confirmé mais n'a pas été fait le doublé (photo : Olivier Fusy)

Le message touchant à Pape Badiane

En France, à Roanne comme au Mans, tu as côtoyé du beau monde. Des coachs, Jean-Denys Choulet bien sûr, mais aussi John David Jackson. On se souvient de ton trio avec Marc Salyers et Aaron Harper. Au MSB, tu as été associé à deux meneurs qui font toujours carrière (Zack Wright et Bobby Dixon). On pense aussi au regretté Pape Badiane avec qui tu as joué dans les deux clubs...

Tout d'abord laissez moi envoyer mes prières et donner mes condoléances à la famille et aux amis de Pape Badiane. Il a vraiment été un grand ami pour moi durant mes années en France. Il a été la première personne à m'ouvrir sa maison, à moi et ma famille, quand on est arrivé en France. Il avait joué à l'université quelques années ici aux Etats-Unis et déjà joué quelques années en professionnel donc il m'a beaucoup aidé. Pour moi, il a été la principale pierre de notre équipe championne de France en 2007. On pouvait marquer mais Pape était l'huile qui permettait à la machine de tourner "smooth" (sans accroc). Repose en paix Pape JE T'AIME MON FRERE !!

Jean-Denys (Choulet) a coaché au Liban pour une saison donc j'ai eu la chance de le revoir. Ça a été super sympa de le recroise. (Aaron) Harper a également joué au Liban une autre année avec une autre équipe. C'était fou de voir le coach et deux anciens joueurs de Roanne de l'autre côté du continent dans un autre championnat se rencontrer dans différentes équipes (rires).

Quant à Bobby ! Vraiment, respect à lui pour tout ce qu'il fait en Turquie. J'étais proche de la Turquie donc c'était facile d'y voir ses progrès. On parlait tous les mois quand on était dans le même coin. Zack... Il fait aussi de très bonnes choses. Et je savais qu'il le ferait. Je suis content de les voir continuer à connaître le succès avec ce jeu qu'on appelle basketball. Enfin pour Marc, je n'ai pas vraiment eu de nouvelles cependant je suis sûr qu'il lui arrive de bonnes choses également.

En finale à Bercy en 2007 aux côtés de Pape Badiane, à gauche, et Marc Salyers, au fond à droite
(photo : Olivier Fusy)

 

La suspension en 2010 : "On fait tous des erreurs dans la vie"

 

Après avoir parlé du passé, place au présent et au futur. Soyons honnête, les gens se posent des questions sur ta consommation de cannabis. Tu as notamment été suspendu par la FIBA pour cette raison après la finale de playoffs de Pro A 2010. Jean-Denys Choulet en parlait encore dans une entrevue donnée sur le site Internet de la LNB publiée la semaine passée. Tu n'as pas peur que cette réputation t'empêche de trouver un club français ?

Eh bien, pour répondre à cette question... On fait tous des erreurs dans la vie et j'ai été puni en 2010 pour cette raison. Depuis, j'ai grandi en tant qu'homme et j'essaye de prendre les meilleures décisions pour ma famille et moi. En ce qui confirme le commentaire de Jean-Denys, je ne l'ai pas vu ni lui ai parlé depuis qu'on s'est vu au Liban. Il est facile de dire que vous connaissiez un joueur et sa personnalité mais plus de 10 ans ont passé depuis que je jouais à Roanne.

De ce que je sais, beaucoup de gens partout dans le monde fument du cannabis et c'est même légal dans plusieurs Etats américains et pays, pour des raisons médicales mais plus seulement (rires). Je blague mais sérieusement non, je ne suis pas inquiet pour ça et ce avec n'importe quelle équipe. Je me concentre et travaille sur et en dehors du terrain pour changer ma façon de jouer. Être encore en mesure de jouer à haut-niveau à 36 ans demande de l'endurance et du professionnalisme donc je dois me maintenir pour le meilleur de l'équipe et de l'institution qui me sera permis de représenter. Mon principal intérêt, c'est le basketball.

L'autre problème potentiel, c'est qu'il est dit que tu dois encore payer des impôts en France. Un compatriote, également au C.V. bien rempli, n'a pu être payé sur son passage à Cholet du fait de ce qu'il devait au FISC.

Honnêtement, je pense qu'il me reste des impôts à payer en France. Je n'en suis pas sûr mais si tout se passe bien, je le saurai bientôt. Si j'ai une opportunité en France, je m'occuperai de cela et je finirai ma carrière à la maison, en France.

Outre son expérience en France et un titre de champion d'Ukraine en 2011, Dee Spencer n'a pas réussi à s'imposer sur le circuit européen.
Pourtant, il avait le talent pour (photo : Olivier Fusy)

16 novembre 2018 à 15:19
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QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
GABRIEL PANTEL-JOUVE
Tout ça pour mettre une balle dans un cercle.
Gabriel Pantel-jouve
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