INTERVIEWS

ITW ÉLODIE NAIGRE : "MA SEULE LIMITE SERA CELLE QUE JE DÉCIDERAI DE METTRE"

Élodie Naigre
Crédit photo : Alain MevelLBB

Elle est l’une des clés du début de saison de Landerneau et permet à son club d’avoir un bilan positif après 5 journées de championnat, avec 3 victoires et 2 défaites. Elle ? Élodie Naigre. Pour nous, elle revient sur son bon début de saison et sur son parcours. 

On dit souvent que « l’échec n'est qu'une étape nécessaire à la construction d’un savoir-faire ». Et Élodie Naigre (1,83 m, 25 ans) l’a bien compris. Du côté de Landerneau, elle compile pour le moment cette saison 16 points, 6 rebonds et 2 passes décisives pour 14 d’évaluation en moyenne sur 5 matchs joués. Elle a tout simplement doublé ses statistiques pour cette saison 2020-2021, alors qu’elle sortait de sa meilleure saison lors de l’exercice précédent. Pourtant, tout n’a pas toujours été simple pour la Française au parcours atypique. La double championne de France de Ligue 2 (un titre avec La Roche-Vendée, un titre avec Landerneau) s’est livrée sur ses performances actuelles. 

"Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus confiance en moi.  Je sens aussi plus de confiance de la part de mes partenaires et tout cela m’aide à être plus performante."

Elodie, tu réalises un début de saison remarquable avec Landerneau. Tu as notamment doublé ton nombre de points marqués par match (de 8,3 à 16). Comment l'expliques-tu ?
Je pense que cela s’explique par plusieurs facteurs. Tout d’abord j’ai effectué une très bonne préparation cet été en Guadeloupe avec le Gwada Training Performance et Lesly Bengaber. 
Ensuite, sur le début de saison, j’ai aussi changé de rôle du fait de l’absence de Bridget Carleton (elle était en WNBA, à Minesota, NDLR). Son absence m’a donné l’opportunité de montrer que je pouvais être une joueuse à responsabilités. Il y a mes partenaires sans qui je ne pourrais pas être aussi performante et je ne cache pas que jouer avec Virginie Bremont c’est quand même un régal pour recevoir des caviars ! 

Après 5 matchs cette saison, tu tires à 46% à 3-points contre 22% la saison passée. C'est un point sur lequel tu as beaucoup travaillé ?
Je suis quelqu’un qui passe naturellement beaucoup de temps à la salle. En ce qui concerne mon adresse nous avons juste corrigé quelques points avec l’assistant Wani Muganguzi, avec qui je fais beaucoup de travail individuel. Et j’y travaille encore ! Ensuite je pense qu’il y a aussi la confiance en soi. Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus confiance en moi.  Je sens aussi plus de confiance de la part de mes partenaires et tout cela m’aide à être plus performante.

C'est ta quatrième saison à Landerneau. Tu y as commencé en LF2. Chaque année, tu progresses. C'est le contexte parfait pour toi ? Quelle est ta relation avec Stéphane Leïte ?
Ma progression au sein du Landerneau Bretagne Basket est à l’image de ma jeune carrière. Je prends le temps pour franchir et accomplir comme il se doit les échelons. C’est pour ça que j’ai commencé à Ifs en NF1, qu’après mon titre avec La Roche-Vendée en Ligue 2, je suis restée dans cette division. Je suis arrivée en Ligue Féminine sur la pointe des pieds mais à force de travailler je progresse. Ma relation avec Stéphane Leïte est très bonne. Elle n’a rien de particulier mais il sait de quoi je suis capable et il me permet de m’exprimer au mieux. Il sait qu’il peut compter sur moi

Tu as eu une période compliquée à Nantes où Emmanuel Coeuret, le coach de l’équipe professionnelle à l’époque (actuel coach de Paris Basketball en NM3) t’a écarté du groupe. Comment l’as-tu vécu ? Tu as même pensé à mettre le basket de côté pour retourner en Guadeloupe, mais Ifs est venu te chercher.
Au début, je l’ai mal vécu, forcément. Mais avec du recul je sais que cette expérience m’a fait redescendre sur terre et m’a permis de voir les choses autrement. Mais ce passage de ma vie est un bien lointain souvenir, j’ai su me concentrer à nouveau sur ma priorité première et ce grâce à Vincent Dumestre (ex-coach de Ifs), c’est lui qui a eu les bons mots au bon moment.
J’ai eu la chance d’avoir ce projet de 3 ans se présenter à moi. Le club de Ifs m’a fait confiance et m’a permis de gravir des étapes dans ma vie. J’ai fait de merveilleuses rencontres là-bas et c’est un club que je porterais à jamais dans mon cœur. 

L'équipe de France est réunie avec un groupe élargi et beaucoup de nouvelles têtes cette semaine à l'INSEP. Aux vues de tes performances actuelles, c'est quelque chose à laquelle tu penses ?
Représenter sons pay c’est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. On y pense toujours dans un coin de notre tête. À ce jour, je suis concentrée sur mes performances en club, j’essaie d’être la plus performante et la plus régulière possible. Quand j’aurai le sentiment d’avoir coché ces deux cases j’aurai encore franchi une étape dans ma progression et alors, peut-être qu’à ce moment-là, je pourrais penser à l’équipe de France.

Tu es poste 4 de formation. Une poste 4 de 1,83 m, est-ce que tu penses que c'est une limite pour atteindre la prochaine étape, le très haut-niveau, et que tu bascules petit à petit dans l'aile ?
Je ne pense pas que ma taille soit une limite. Aujourd’hui en LFB je fais face à des postes 4 de très haut niveau et ma taille n’est pas un souci défensivement ou offensivement. Je pense que ma seule limite sera celle que je déciderai de mettre, et pour le moment je n’en ai pas. Je continue à aller à la salle pour être la meilleure possible.

Dernier sujet, je sais que tu coaches en parallèle. En pré-nationale c'est ça ? Tu as passé le DE non ? 
Je n’ai pas passé le DE mais j’espère le faire la saison prochaine.  J’ai coaché la pré-nationale féminine d’un club voisin pendant deux saisons, je suis aujourd’hui sur l’équipe R2 masculine de Landerneau. 

Est-ce que c'est un plus pour ta carrière de joueuse, qui t'apprend à mieux connaître et comprendre le jeu notamment ?
Entrainer ça change forcément l’approche que j’ai. Je comprends mieux mes entraineurs et leur travail mais je comprends aussi mieux le jeu, c’est indéniable !

Tu as des coachs qui t'inspires particulièrement ? Tu comptes devenir coach à temps plein après ta carrière de joueuse ?
Je n’ai pas forcément d’inspirations. Mais si je suis amenée à être coach plus tard c’est vrai que je vais continuer quoiqu’il arrive à véhiculer cette façon de penser qu’on m’a inculqué, le TRD : Travail, Rigueur et Discipline !

 elodie-naigre----ma-seule-limite-sera-celle-que-je-deciderais-de-mettre-1605003618.jpeg

Crédit photo : Didier APPERE

par @
14 novembre 2020 à 12:10
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE

BeBasket

Dites byebye à la publicité et encouragez le travail effectué sur la couverture quotidienne du basket Français !

À partir de 5 € !
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
LUCAS DIQUÉLOU
Lucas Diquélou
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
Coaching
Aucun conseil trouvé

Nous avons détecté que vous utilisez un adblocker ou bloqueur de publicités

AdBlock

Soutenez-nous en désactivant votre bloqueur de publicités pour continuer à profiter d’une information de qualité.

Nous vous invitons à retirer BeBasket de la liste des sites bloqués et à recharger la page pour poursuivre votre navigation.