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ITW LÉO WESTERMANN, L'HEURE DU RETOUR A SONNÉ

Léo Westermann CSKA Moscou 201718 EuroLeague 2
Crédit photo : EuroLeague

De nouveau apte à reprendre l'entraînement avec contact, l'international français Léo Westermann a répondu à nos questions.

Après une belle saison 2016/17 au Zalgiris Kaunas en Lituanie, Léo Westermann (1,97 m, 26 ans) a signé au sein du prestigieux CSKA Moscou à l'été 2017. Mais la saison de l'Alsacien ne s'est pas passée comme prévue. Victime d'une grosse béquille en novembre 2017, il a fait une hémoragie interne qui l'a arrêté pendant deux mois. Puis, il a du être opéré d'une hernie discale peu avant le Final Four de l'EuroLeague qu'il a donc manqué. S'entraînant du côté de Villeurbanne dans les locaux de son ancien club, l'ASVEL, l'international français est désormais prêt à reprendre l'entraînement normalement et donc retrouver un club.

Bonjour Léo, où en es-tu après ton opération de la fin de saison 2017/18 ?

Dans une semaine (entretien réalisé le mercredi 12, NDLR), je peux reprendre le basket position. Je me sens bien, je suis en pleine réathlétisation. Je travaille avec un préparateur physique, Martin Ngaloro. En même temps, je m'entraîne avec l'ASVEL sur tout ce qui est sans contact bien sûr. Je suis beaucoup avec Joseph Gomis et T.J. Parker. Je m'entraîne deux fois par jour avec eux. Avec une grande gentillesse, ils m'ont accepté et m'aident dans cette rééducation. J'en suis là en ce moment, j'essaye de mettre en forme en reprenant tout doucement un rythme de basketteur.

Quelle était la raison de cette hernie discale ?

C'est la continuité de ma première blessure. En me blessant à la jambe gauche, j'ai vraiment perdu beaucoup de muscle. J'ai repris en compensant. J'ai compensé pendant trois à quatre mois mon déficit musculaire. Eh bien sûr ça a tapé sur le dos. C'était une hernie discale où le nerf était bien comprimé. C'est pour ça que j'ai dû me faire opérer. Parce que le nerf était inhibé, j'ai perdu beaucoup de muscle sur mon autre jambe.

Tu t'es fait opérer sur Moscou ?

Je me suis fait opérer à Munich par le docteur Stone et diagnostiqué par le docteur Müller-Wohlfahrt, deux docteurs très connus qui ont travaillé avec Kobe Bryant, Usain Bolt, etc.

Quel est ton programme depuis ?

Je suis venu à Lyon, j'ai eu Thomas Chamu en kiné pendant deux/trois semaines à Lyon qui s'est occupé de moi. Maintenant ça fait trois semaines que je travaille avec mon préparateur physique Martin Ngaloro, que ce soit en salle de muscu ou sur le terrain. Tout se déroule plutôt bien.

Martin Ngaloro est également joueur du côté de Prissé-Mâcon, en Nationale 2. Comment est-il devenu ton préparateur physique ?

J'ai commencé à travailler depuis deux ans avec un ostéopathe, Etienne Bulidon (qui travaille également avec Antoine Diot, Andrew Albicy, Paul Lacombe). Il venait à Moscou tous les mois et demi environ pour m’ausculter avec Nando (De Colo) aussi. Il a beaucoup de contact sur Lyon dont Martin, que j'ai appris à connaître. Il travaillait déjà avec Andrew Albicy, Nicolas Lang.

A quelques jours de ta reprise, tu as les mêmes sensations qu'avant ta blessure ?

Presque. Ca prend du temps. En tout cas, je suis assez fort maintenant pour être assez "safe" (en sécurité) sur le terrain et apporter à une équipe. Mais après autant de mois sans jouer, bien sûr il faudra reprendre le rythme. C'est ce qui est le plus dur.

 

"Je voulais d'abord me concentrer sur moi et mon corps"

 

Le temps de trouver un club, as-tu prévu de prendre part aux entraînements collectifs de l'ASVEL ?

Je n'ai pas encore prévu au-delà du 15 (samedi). Entre le 15 et le 20, c'est justement ma date butoir de ma reprise de contact. Là ça fait 10 jours que je suis sur Lyon, je vais prendre trois/quatre jours de repos, rentrer voir ma famille et derrière je vais voir ce que je vais faire. Si aucun club ne se manifeste jusqu'ici, je vais très certainement demander de m'entraîner avec eux.

Quelle est ta stratégie, avec tes agents, pour retrouver un club ?

De suite après mon départ de Moscou, mon agent a regardé à droite à gauche. Mais tout le monde a besoin de savoir si je peux à nouveau jouer, si je peux faire du jeu avec mon contact avant de faire quoi que ce soit. Ils ne connaissaient pas vraiment la nature de ma blessure donc les clubs étaient un peu frileux. Justement, jusqu'à maintenant, il y a rien eu de nouveau car les clubs comme moi, on voulait s'assurer que je me sente bien. J'ai vécu une année galère avec beaucoup de blessures, je n'ai quasiment pas joué un match de l'année à 100%. Je voulais d'abord vraiment me concentrer sur moi et mon corps.

Tu espères ou vises quel type de club ?

Je voudrais d'abord en premier lieu un club d'EuroLeague, mais pas dans n’importe quelle situation non plus, c'est sûr que j'ai envie de m'établir dans un club d'EuroLeague ou un très bon d'EuroCup. Après on verra ce qui est possible, ce qui est réalisable. Je ne ferme la porte à personne, que ce soit de l'EuroLeague, EuroCup ou du championnat de France. Tout dépendra du projet et de comment je sentirai la chose.

"Je ne ferme aucune porte"

Et pourquoi pas une pige, pour un club qui cherche un meneur momentanément, ce qui te permettrait de montrer aux clubs que tu es de nouveau sur pied ?

Oui, comme je dis je ne forme aucune porte. Je ne sais pas trop à quoi m'attendre. C'est la première fois que je suis dans cette situation. Je prendrai toutes les offres au sérieux, voir ce que je peux faire et envie de faire.

Plus tôt dans ta carrière, tu as connu deux grosses blessures, avec deux ruptures des ligaments croisés du genou. Comment traverses-tu cette nouvelle épreuve ?

C'est difficile, très difficile du fait de l'histoire. Effectivement j'ai eu pas mal de blessures et là c'était une blessure de malchance on va dire. Une béquille qui se transforme en hémorragie interne, c'est vraiment rarissime. C'est frustrant mais je ne lâche pas l'affaire, j'ai toujours envie de jouer au basket, de m'amuser donc ça passe par là. Il faut que je sois en forme, à 100%. C'est dur, surtout que ça coûte ma place dans une des meilleures équipes d'Europe. Mais c'est la vie, il faut continuer à voir de l'avant.

Il te restait une saison optionnelle avec le CSKA. Ils n'ont pas fait le choix d'activer la clause pour te conserver. Comment la fin de votre collaboration s'est passée ?

Ils m'ont demandé fin juin de repousser la date butoir car ils n'étaient vraiment pas sûrs. Ils m'aimaient beaucoup, que ce soit le président ou le coach. Ils m'ont demandé de repousser pour voir de leur côté. Bien sûr j'ai accepté sachant qu'il n'y avait rien d'autre à faire. La date butoir était le 20 juillet et le 20 juillet ils m'ont expliqué qu'ils avaient trouvé un autre joueur. Ils m'ont dit que les docteurs ne voulaient pas prendre de risques. Je ne sais pas qui croire, quoi croire et le fait est que je ne suis plus là-bas. Je n'en veux à personne parce que peut-être dans leur situation j'aurais fait pareil. Me connaissant, je sais que je reviendrai à 100%, ce n'est même pas une question. Mais que d'autres en doutent, je peux comprendre même si c'est extrêmement frustrant.

"Je suis allé à Kaunas"

Pendant cette période de rééducation, n'en profites-tu pas pour travailler sur des aspects particuliers de ton jeu, comme le tir ? Oui regardes-tu beaucoup de vidéos pour continuer à faire progresser ton QI basket ?

Oui toujours, je regarde énormément de matchs. J'aime ça donc oui bien sûr. Après c'était un peu bizarre parce que pendant deux mois je devais vraiment rien faire, j'étais beaucoup avec ma famille, ça permet aussi d'être énormément avec ma fille et ma femme. Là ça fait plus d'un mois et demi que je suis en réathlétisation. C'est beaucoup de travail tous les jours mais je n'ai pas pu vraiment travailler sur des aspects (particuliers) à part me renforcer musculairement et retrouver un rythme de basketteur.

En quittant le CSKA Moscou, n'as-tu pas eu des contacts avec le Zalgiris Kaunas, ton ancien club ?

Bien sûr il y a eu deux/trois "trucs" avec Kaunas. Sans rien cacher, je suis allé là-bas pour voir plutôt avec leur neurologue, leur médecin etc. si mon opération s'était bien passée. Tous les résultats étaient extrêmement satisfaisants. Après la date butoir du 20 juillet a fait que le Zalgiris avait déjà constitué une équipe. Il leur manque un joueur mais ça serait plutôt un profil totalement différent du mien. Je comprends aussi que c'est compliqué pour la balance de l'équipe. Il y a beaucoup d'autres clubs, d'autres situations dans lesquelles je serais content d'aller aussi.

C'est la première fois de ta carrière que tu démarres une saison sans club. Es-tu confiant concernant la suite de la saison ?

C'est très très bizarre. C'est la force des choses. Bien sûr que c'est compliqué de voir tous les gars en présaison, commencer à jouer, à faire des matchs et moi être sur la touche. Ce n'est pas une situation facile à gérer. Mais il y en a plein qui le font, on le voit dans le basketball français ou même ailleurs. On a l'impression que ce genre de situations arrivent de plus en plus fréquemment, pas forcément par rapport aux blessures mais par rapport aux choix stratégiques des clubs. Je prends mon mal en patience, je travaille de mon côté et j'attends les offres.

"Accompagner un club français en EuroLeague serait très intéressant"

Tu t'entraînes avec l'ASVEL, le club est censé intégrer l'EuroLeague en 2019. Que penses-tu de son évolution, toi qui y a joué entre 2010 et 2012 ?

C'est super pour le basketball français. C'est l'équipe (française) la plus apte à entrer en EuroLeague et surtout à s'y pérenniser, grâce à un système économique. Par rapport au cahier des charges de l'EuroLeague, sans aucun doute l'ASVEL est le club en France qui y a le plus sa place. Après tout ce qui est extérieur au terrain et tout ce qu'il y a sur le terrain, c'est une grande différence. Bien sûr l'ASVEL fait d'énormes efforts pour être compétitif en dehors du terrain. Tony (Parker) donne beaucoup de sa personne. Ils vont aussi dans la bonne direction sur le terrain avec une équipe très compétitive, un nouveau coach performant. Il faudra se mettre au niveau à tous les étages.

Le club a attiré des joueurs labellisés EuroLeague comme Mantas Kalnietis. Mais ils ont fait également revenir des joueurs français d'impact, comme Livio Jean-Charles, ou ont tenté de le faire avec Moustapha Fall. T'engager avec eux qui veulent s'implanter en EuroLeague, ça ne t'intéresserait pas ?

Là on parle de l'ASVEL. Aujourd'hui, ils ont un effectif complet avec des jeunes de talent derrière avec Théo Malédon et Sofiane Briki. A la mène, ils ont du beau monde avec Mantas Kalnietis et DeMarcus Nelson. Mais comme je l'ai dit, je suis ouvert à toutes offres, à tout projet. C'est sûr qu'accompagner un club français dont on sait qu'il va être en EuroLeague pour quelques années c'est très très intéressant. J'adore l'ASVEL, je supporte l'ASVEL mais pour le moment ça s'arrête là.

Même si ce n'est peut-être pas le bon en sortie de blessure, le fait d'être libre à ce moment là, tu ne t'es pas dit que c'était l'occasion de tenter une nouvelle expérience, comme prendre part à un training camp NBA ?

La NBA, ça me fait chier un peu tout ce qui est training camp, Summer League. Ce n'est pas que j'ai passé l'âge de tout ça, mais croire ou rêver que je vais jouer des matchs en NBA, ce n'est pas du tout ça qui m'intéresse maintenant. Bien sûr que si j'ai un contrat garanti, ça reste le Graal. Mais là faire un training camp, m'arracher contre des mecs... Surtout avec mon style de jeu, mes capacités athlétiques différentes des joueurs là-bas, je pense que ça ne serait pas du tout une bonne solution pour moi.

"Je sors d'une blessure,
tous les clubs ne vont pas m'accueillir à bras ouverts"

Tu as déjà quelques saisons d'EuroLeague derrière toi. Qui est le favori pour cette nouvelle saison selon toi ?

Je pense que ça reste les mêmes, les trois gros : le Real Madrid, le CSKA Moscou et le Fenerbahçe. Derrière, le FC Barcelone ou l'Olympiakos peuvent jouer le titre. Si on prend les effectifs, les dernières années, globalement, je pense que Madrid, CSKA et Fenerbahçe sont au-dessus.

Tu as évolué en France, Serbie, Lituanie et VTB League. Ne comptes-tu pas privilégier un nouveau championnat, comme l'Espagne ?

L'Espagne, l'Allemagne, Israël... Bien sûr j'apporte beaucoup d'importance à la Coupe d'Europe, forcément l'EuroLeague, c'est ce qui me fait kiffer et j'ai envie de faire quelque chose qui me fasse kiffer. Le championnat vient après on va dire. Mais ce n'est pas ça qui m'intéresse en premier lieu.

Par ailleurs, tu as évolué dans des clubs mythiques avec une grosse ambiance (Partizan Belgrade, Limoges CSP, Zalgiris Kaunas). Tu te verrais dans un club fortuné sans public comme l'Anadolu Efes Istanbul ?

Aujourd'hui, il ne faut pas être trop difficile non plus. Je sors d'une blessure, tous les clubs ne vont pas m'accueillir à bras ouverts. Bien sûr que si tu fais une énorme saison derrière tu as le choix du roi. Mais il faut savoir être humble et prendre les opportunités qui viennent. L'Anadolu ou une équipe comme Darassafaka, s'ils mettent beaucoup d'argent sur la table, je pense que c'est pareil pour tout le monde. Il ne faut pas se le cacher, ça compte pour beaucoup aussi. Par rapport à ma situation, je suis plutôt humble, à la recherche d'un contrat, d'un projet... Je n'en demande pas trop !

Pour conclure, tu te dis prêt à intégrer une équipe dès maintenant à temps plein ?

Oui je suis en capacité de jouer, de signer un contrat. Bien sûr, les clubs sont au courant que ça va prendre du temps pour être dans la meilleure des formes. Mais j'ai une chance, c'est que généralement dans tous les championnats, c'est à la fin que ça se joue. Il faut être en forme pour la nouvelle année.

17 septembre 2018 à 15:17
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