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ITW SAMUEL EYANGO DINGO, DU CHAMPIONNAT RÉGIONAL AU MONDIAL : L'HISTOIRE D'UNE BELLE ASCENSION

Samuel EyangoDingo France U17 Bourges 2018 GPJ
Crédit photo : GPJ

Le jeune pivot de Nanterre, Samuel Eyango-Dingo, a gravi les échelons un-à-un. Lui qui jouait encore il y a quelques années en région, a vécu fin juin, un moment exceptionnel que même dans ses rêves les plus fous il n'avait pas imaginé : disputer une finale d'un Mondial U17 contre Team USA. Tout sourire, il est revenu sur son parcours et son futur.

Absolument rien ne prédestinait Samuel Eyango-Dingo (2,05 m, 17 ans) a joué un Mondial U17 et a remporté une médaille d'argent avec l'Équipe de France U17 l'été dernier en Argentine. Rien puisqu'il n'a pas fait aucune année en Pôle Espoirs, traditionnel passage pour les jeunes pépites avant d'entrer dans un centre de formation. Après avoir fait ses premiers pas de basketteurs dans des clubs d'Île-de-France de second rang, le jeune intérieur a rejoint l'institution nanterrienne en équipe U15 région. Pas par la grande porte mais aujourd'hui, il évolue avec l'équipe U18 et également en Espoirs depuis l'exercice 2017/18. Une nouvelle opportunité s'est récemment offerte à lui : participer aux entraînements avec l'équipe professionnelle de Pascal Donnadieu. "Il a un parcours assez atypique" rappelle Michaël Bur, l'un de ses coachs francilliens.

De U15 région à la Jeep ÉLITE : son ascension à Nanterre 92

"J’ai commencé en benjamin deuxième année à Sucy-Endy dans le Val-de-Marne, relate-t-il. Ensuite j’ai poursuivi à l’Union Élite (en Seine-Saint-Denis, ndlr). Avant d'atterrir à Nanterre, j’étais toujours en Île-de-France. Ça fait quatre ans que je suis au club." S'il fait partie aujourd'hui des cadres du groupe U18 France, ses débuts à Nanterre furent difficile. "Je n’ai fait aucun Pôle et après je suis arrivé à Nanterre, en minime région et non en minime France".  Passer de deux/trois entraînements par semaine à des séances quotidiennes nécessite forcément un temps d'adaptation.

"Au début, c’était assez compliqué car j’arrivais dans une structure professionnelle avec une atmosphère particulière. C’est ça aussi que j’ai bien aimé dans ce club : il est accueillant et convivial et même les nouveaux sont bien accueillis."

itw-samuel-eyango-dingo--du-championnat-regional-au-mondial---l-histoire-d-une-belle-ascension1536497736.jpeg Samuel Eyango-Dingo sera l'un des joueurs essentiels cette saison avec les U18 France © - JF Starck / Cholet Mondial Basketball.

Son coach, Michaël Bur, ne peut que constater sa prise d'autonomie dans la vie de tous les jours. "Il a beaucoup mûri depuis deux ans et maintenant il est prêt à vivre son adulescence". Vu en Espoirs en fin de saison passée, le natif de Longjumeau devrait faire partie intégralement de l'effectif U21 francilien pour cet exercice 2018/19. Cerise sur le gâteau, il a eu le privilège de s'entraîner avec l'équipe fanion du club.

"Il a un très, très gros temps de jeu qui l’attend en Espoirs et en cadets, nous a confirmé son entraîneur. Il va être sur les deux équipes. On mise beaucoup sur lui. Il a fait la reprise avec l’équipe professionnelle, Pascal Donnadieu a beaucoup aimé ce qu’il a vu. C’est très positif."

2017/18, la saison de l'explosition

"La saison dernière a été belle dans d’un point de vue individuel et collectif car on fait un Final Four U18 pour la deuxième année consécutive. Ça a été rarement fait à part Cholet qui a remporté son deuxième titre cette année-là. On finit troisième, ce n’est peut-être pas la médaille qu’on voulait mais on a quand même profité de cette médaille."

Individuellement, Samuel Eyango-Dingo a réussi à s'imposer en U18 France et ce grâce à son omniprésence défensive. S'il veut accéder un jour au haut-niveau, il doit néanmoins continuer de développer sa palette offensive (5,56 points en U18 France lors de la saison 2017/18). Très convaincant en U18, il a même participé à neuf rencontres en U21 (pour 3 d'évaluation).

itw-samuel-eyango-dingo--du-championnat-regional-au-mondial---l-histoire-d-une-belle-ascension1536498057.jpegSes bonnes prestations avec Nanterre 92 lui ont donné l'opportunité de se frotter aux colosses étasuniens lors du Mondial U17 cet été. © - FIBA.

Lorsque nous lui avons demandé de se décrire en tant que joueur, il n'a pas su quoi répondre. Son entraîneur a alors pris la parole : 

"Il est tellement humble… Samuel est le prototype du poste 5 moderne : il court très vite, il a de grosses qualités athlétiques et comme vous avez pu le voir sur le match, il est capable de remonter très vite et dunker. Il fait 2,05 m et il court comme un lapin. Il a de très bonnes mains, il a aussi un tir extérieur. Ses défauts, ce sont la concentration - comme il a commencé le basket un peu tard, il en a besoin de beaucoup - et la lecture du jeu - voir le basket et comprendre d’où viennent les aides. L’an dernier, c’était l’année de l’explosion pour Samuel car il a été pris en équipe de France U17 suite à ses belles prestations en U18".

Sélectionné avec l'Équipe de France pour le Mondial U17 ? "Je n'en revenais pas"

Championne d'Europe U16 en titre, la génération 2001 a participé cet été au championnat du Monde U17 en Argentine. Une compétition conclue par une médaille d'argent face à l'orge étasunien en finale. Parmi les douze joueurs sélectionnés, un nouveau visage y figurait, celui de Samuel Eyango-Dingo. Et il n'y a pas fait de la figuration (4,3 points à 52,4% de réussite aux tirs et  3,7 rebonds pour 5,5 d'évaluation en 11 minutes de jeu).

"Quand j’ai fait mon premier stage de prépa à Bourges, je n’en revenais pas, nous a-t-il affirmé les étoiles dans les yeux. J’étais un petit peu le rookie d’autant plus que c’était - entre guillemets - le groupe des champions d’Europe. Je suis arrivé par la petite porte comme le petit jeune de Nanterre qui débarque au stage de Bourges mais j’ai quand même été bien intégré. J’ai su prendre mes marques et me faire ma place petit-à-petit."

Des premières expériences avec le maillot bleu (Mondial U17 et 3x3) à l'issue desquelles il est sorti grandi, comme nous l'a confié son coach.

"Samuel, il m’appelait et me disait : “Coach, j’ai incroyable ce qu’il m’arrive”. Il ne réalisait pas. Il ne change pas et il a vraiment une très, très grande humilité et aujourd’hui, ça déteint sur ses coéquipiers puisqu’il est le capitaine de l’équipe. Il nous parle de son expérience. Il m’envoyait des messages tout le temps, ça me touchait Il m’envoyait également des photos de poteaux, trottoirs… Je lui demandais comment c’était l’Argentine mais comme il ne sait pas très bien cadré…" "C’est vrai, ce n’est peut-être pas ma qualité première" confirme le principal intéressé en rigolant.  "Il s’est révélé, il a passé un super été, poursuit Michaël Bur. Il a aussi fait le 3x3 : ils se sont qualifiés pour l'Euro en Hongrie mais il n’a pas pu aller car il avait de petit problème au genou et on avait peur qu’il se blesse. On ne lui a pas demandé son avis mais il a compris car il y a une grosse saison qui l’attend."

Prendre les étapes les unes après les autres, comme il l'a toujours fait

Si les événements se sont vite enchaînés ces derniers mois pour le jeune intérieur de Nanterre 92, il sait néanmoins garder les pieds sur terre, conscient de la charge de travail qui l'attend pour atteindre le monde professionnel.

"Pour l’instant, je n’y pense pas trop car comme l’a dit le coach, il y a une grosse saison qui m’attend. On verra les choses petit-à-petit et si je dois faire une autre prépa avec les pros."

Même refrain pour son coach qui donne la priorité aux études.

"Là, il a le bac. L’école va reprendre (entretien réalisé le week-end avant la reprise des cours, ndlr) donc il va pouvoir moins s’entraîner avec les pros. On a toujours un œil dessus. La priorité, c’est qu’il ait le bac. On prend étape par étape et comme il le dit, on prend au jour le jour. Il ne se met pas de pression, c’est ça qui est bien."

Lors du dernier week-end estival où nous l'avons rencontré lui et son coach à l'occasion du tournoi cadets nation du pays de Montaigu, Samuel Eyango-Dingo et ses coéquipiers se sont hissés sur la troisième marche du podium pour la troisième fois consécutive. "C’est ma troisième année sur ce tournoi et je n’en garderai que du positif, que des bons souvenirs. C’est ce genre de tournoi que j’apprécie vraiment" a-t-il conclu.

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Samuel Eyango-Dingo à l'écoute des consignes de Michaël Bur lors du tournoi cadets nation de Montaigu. © - Valérie Bossis.


À Saint-Hilaire-de-Loulay.

24 septembre 2018 à 15:20
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