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MATHIAS LESSORT, L'ASCENSION EXPRESSE : 'J'ESPÈRE QUE CE N'EST QUE LE DÉBUT"

Crédit photo : KK Crvena Zvezda

Initialement pas vraiment attendu au tournant, révélé sur le tard avec l'Élan Chalon à la faveur d'un match à 42 d'évaluation contre Monaco, Mathias Lessort est pourtant en train de s'imposer comme un pivot d'avenir en Europe. Si le plus beau est certainement devant lui, coup d'œil dans le rétroviseur avec l'international français.

Il y a trois ans, peu de personnes connaissaient Mathias Lessort, cantonné à six minutes de moyenne en Pro A avec l'Élan Chalon ou à un rôle de douzième homme avec l'équipe de France U20 (derrière Mouhammadou Jaiteh, Guerschon Yabusele, Alexandre Chassang et Jean-Dieudonné Biog). Désormais, l'enfant de Morne-Vert (Martinique) est l'une des figures les plus identifiées du basket tricolore avec une première campagne prometteuse en EuroLeague sous les couleurs de l'Étoile Rouge de Belgrade (8,5 points à 55% et 5,7 rebonds pour 10,7 d'évaluation en 21 minutes), une intégration progressive du groupe France et une sélection à la draft NBA.

Promis à un bel avenir - en témoigne le nom des équipes qui viendraient actuellement se renseigner sur sa situation contractuelle (FC Barcelone, Olympiakos Le Pirée...) -, Mathias Lessort (2,05 m, 22 ans) n'en reste pas moins un jeune joueur, soumis aux pièges de l'inexpérience. Ainsi, sa saison belgradoise a pris un tournant radical quand Alen Omic a rejoint le Red Star fin janvier. Dépossédé de son statut de premier pivot incontestable, l'ancien Chalonnais a peu à peu perdu confiance, puis des minutes, au point de finir au bout du banc avec l'arrivée du nouveau coach, Milenko Topic. Sacré champion de Serbie en mai dernier (4 points à 56% et 3,8 rebonds en KLS), il n'a que très peu participé aux playoffs (sept minutes de moyenne), ne prenant même pas part aux deux derniers matchs de la finale, remportée 3-0 contre le FMP Zeleznik.

Un premier écueil, dans une carrière à la trajectoire exponentielle jusque-là, qui ne reflète pas son véritable niveau. Toujours sous contrat avec l'Étoile Rouge jusqu'en 2020, Mathias Lessort pourrait toutefois décider d'aller voir ailleurs dès cet été, l'absence de l'EuroLeague à Belgrade étant un vrai argument défavorable à la stabilité. En attendant, au beau milieu du mois de mai, quelques heures avant l'ouverture des playoffs contre Vrsac, le Martiniquais nous avait conté son parcours, attablé à un café où il a ses habitudes, à quelques pas de chez lui, dans les environs cossus du centre-ville de Belgrade.

Une jeunesse martiniquaise :
"C'est mon île, c'est ce que je représente"

"La Martinique m'évoque beaucoup de choses. C'est là où je suis né, où j'ai grandi, où j'ai commencé le basket. C'est chez moi, c'est mon île, c'est ce que je représente, ma famille, mes amis, c'est tout pour moi. J'ai commencé le basket à six ans. C'était un peu galère car il n'y a pas beaucoup de clubs en Martinique et mes parents n'avaient pas trop de moyens. Je suivais mes grands frères qui allaient souvent sur les playgrounds, c'est comme ça que je m'y suis mis. Grégory (son grand frère, 251 matchs de Pro B au compteur) est parti en métropole, ça m'a motivé. Il a été un exemple pour moi, surtout quand je le voyais revenir l'été et que je voyais comment il évoluait. Je regardais ses vidéos chez moi. Ça a été une bonne inspiration que d'avoir un grand frère dans le milieu qui nous montre le chemin. Je suis rentré au pôle où je n'ai fait qu'une année à cause de problèmes scolaires mais c'est grâce à mon passage là-bas que j'ai pu être repéré par Chalon. J'avais déjà eu quelques offres auparavant mais je n'étais pas prêt à partir en France et à être loin de chez moi. Je n'étais ni assez mature, ni assez responsable, trop turbulent. J'ai passé une année au pôle Outre-Mer qui m'a fait mûrir et rendu plus prêt à passer cette étape là."

L'apprentissage à l'Élan :
"La formation chalonnaise est exceptionnelle"

"De la Martinique à Chalon-sur-Saône, c'est un choc incroyable, c'est ultra différent. Il fallait être prêt à partir en France, à vivre tout seul. Je ne garde que des bons souvenirs de ma formation à l'Élan. J'ai gagné des titres avec des amis, des gens avec qui je suis encore en contact. La formation chalonnaise a fait ses preuves, elle est reconnue à l'international avec, par exemple, un gars comme Clint (Capela) qui arrive en finale de conférence NBA. C'est surtout avec le temps qu'on se rend compte qu'on avait une grosse équipe Espoirs à l'époque. Sur le moment, on ne sait pas vraiment comment les gens vont évoluer, qui va donner quoi. Mais finalement, avec Clint Capela, Axel Bouteille, Yakuba Ouattara, David Michineau ou moi, c'est quand même une sacrée grosse équipe. On ne réalisait pas vraiment car nous étions jeunes et il y avait trop d'incertitudes. Mais avec le recul, cela permet de se rendre compte à quel point la formation chalonnaise est exceptionnelle. Je garde de bons souvenirs de toutes les personnes rencontrées à Chalon, des gens de l'internat jusqu'aux coachs, en passant par l'organisation.


Le Colisée, théâtre des premiers pas professionnels de Mathias Lessort
(photo : Sébastien Grasset)

C'était vraiment frustrant d'être sur le banc lors de mes premiers pas avec les pros. Même à cet âge-là, j'avais l'impression que je pouvais apporter et donner quelque chose à cette équipe. Je voulais progresser. Forcément, on regarde dans les autres pays : on voit qu'il y a des jeunes qui jouent et nous non. C'est un peu pareil pour tous les jeunes qui arrivent au niveau professionnel. On sait qu'il faut passer par là, qu'il faut faire ses preuves. C'était difficile mais ça fait partie du process, du chemin à suivre. Maintenant, si je suis là, c'est aussi grâce à ça. La saison suivante, il y avait (Devin) Booker devant moi. Jean-Denys (Choulet) a pris du temps à nous associer tous les deux. Cela s'est fait en fin de saison et ça a porté ses fruits. Quand tu vois une équipe avec le MVP du championnat et le meilleur sixième homme derrière lui, ça prouve quelque chose. C'est clair que c'était frustrant mais j'ai beaucoup appris lors de cette saison, notamment de Devin. J'ai appris à être patient aussi, ça m'a aidé pour le futur. J'avais une bonne relation avec Jean-Denys, c'est un bon entraîneur. Après, c'est un coach qui est assez spécial mais si on était amené à se revoir, je pourrais sans problème prendre un café avec lui."

Épanoui à Nanterre :
"Si ça avait été possible, j'y serais certainement resté toute ma carrière"

"Chalon voulait me garder mais je devais faire un choix. Je n'étais pas forcément dans l'optique de quitter l'Élan à tout prix. Certains joueurs ont l'impression de devoir absolument tourner la page pour passer un cap, ce n'était pas mon sentiment. Mais c'était vraiment une saison importante pour moi, la dernière avant la draft et ma dernière en France, du moins je l'espérais. Il fallait prendre la bonne décision, aller vers la meilleure opportunité. J'ai pensé que c'était Nanterre où Pascal (Donnadieu) m'avait garanti une place de titulaire et du temps de jeu. C'est ce qui s'est passé.


Avec Nanterre, Lessort a remporté la FIBA Europe Cup et la Coupe de France
(photo : FIBA)

Nanterre est la meilleure saison que j'ai connue jusque-là. Comme je le dis tout le temps aux gens quand je parle de Paris : si c'était possible de le faire, je serais certainement resté à Nanterre toute ma carrière. J'ai vraiment apprécié l'équipe, l'organisation du club, la vie parisienne. Avec un coach, il y a tout le temps des hauts et des bas mais j'ai eu une très bonne relation avec Pascal. Si ce n'était pas pour l'EuroLeague et mieux pour mon évolution, je serais resté longtemps à Nanterre."

Drafté par les Sixers :
"Pas un accomplissement, juste une étape de passée"

"Il y a eu beaucoup d'émotions. C'était assez frustrant, même si j'ai fini par être drafté (en 50e position). Je m'attendais à être sélectionné plus haut. J'ai eu des offres mais j'ai fait quelques erreurs aussi, peut-être en refusant certaines équipes qui voulaient me drafter en attendant d'autres franchises qui ne sont finalement pas venues. J'attendais plein de choses qui ne sont pas arrivées. Mais en fait, ça va tellement vite qu'on ne peut pas savoir au moment où cela se passe. Il y a ton agent qui t'appelle et qui te dit qu'il y a telle équipe qui te veut mais qui va t'envoyer en Europe et telle autre équipe qui serait intéressée pour te garder. Donc tu ne sais pas vraiment en réalité. C'est vraiment une expérience unique, je ne pense pas que ce soit possible d'avoir autant d'émotions ailleurs en une seule soirée. C'est là que tu te rends compte à quel point la NBA est folle, à quel point cela va vite. J'en suis sorti frustré mais pas déçu, j'en garde malgré tout un bon souvenir.

J'ai toujours dit qu'être drafté n'était pas un accomplissement. Si un jour je signe un contrat NBA, là je considèrerais cela comme un accomplissement. La draft est une façon d'y aller, un rêve que j'avais mais cela ne garantit pas forcément une place en NBA. Il y a des joueurs draftés qui n'ont jamais joué en NBA, et inversement. Si j'avais le choix entre les deux, je n'hésiterais pas... Je ne dis pas que la draft ne sert à rien mais le vrai objectif est la signature d'un contrat NBA. La draft est juste une étape de passée.


Le Martiniquais a été appelé en 50e position en 2017 par les 76ers
(photo : NBA)

C'était vraiment flou avec les Sixers. Surtout que je ne m'attendais vraiment pas à terminer là-bas. Le soir de la draft, on n'a jamais mentionné Philadelphie avec mon agent. On a parlé de six ou sept équipes mais absolument pas des Sixers; Ce n'était vraiment pas une équipe que j'avais dans le viseur. C'était une surprise qu'ils me sélectionnent. C'était un peu flou car ils ont beaucoup de jeunes intérieurs, ils en ont drafté trois autres. Après, ils ont réussi à trader Jahlil Okafor. Mais je ne savais pas trop ce qu'ils voulaient faire, quel était leur objectif. avec moi. Là, c'est un peu plus clair. J'attends de finir la saison puis de voir cet été avec la Summer League ce qu'ils veulent faire avec moi.

C'est surtout mon agent qui a des retours des Sixers sur mes performances. Ils sont aussi venus me voir jouer à Valence mais je n'y prête pas trop attention, j'ai dit à mon agent de ne pas m'en parler afin de rester pleinement concentré sur la saison. J'avais fait la même chose l'année dernière à Nanterre en disant à Pascal de ne pas me prévenir de la présence de scouts. Que les Sixers soient contents ou pas contents, ça ne va rien changer à ma saison. Je n'ai pas envie de me polluer l'esprit avec cela.

Les Sixers ont fait une grosse saison, j'étais vraiment content pour eux. Parti de là où ils sont partis, de leur situation d'il y a trois - quatre ans, se retrouver en demi-finale de conférence, c'est vraiment une bonne chose. Je veux jouer en NBA en tout cas, que ce soit à Philadelphie ou ailleurs. Si c'est les Sixers, j'essayerai d'avoir un rôle et d'apporter ce dont l'équipe a besoin. C'est ce pour quoi je travaille."

Le grand saut à l'Étoile Rouge :
"Je pense m'être fait un nom"

"J'avais quelques options différentes l'été dernier. Il faut déjà savoir que l'Étoile Rouge a racheté le contrat que j'avais préalablement signé avec Bamberg. En Allemagne, je n'étais pas sûr d'être titulaire, pas sûr de jouer tout le temps, contrairement à ce que m'avait promis le coach ici (Dusan Alimpijevic) qui m'avait affirmé que je serais réellement responsabilisé. C'est ce que je voulais pour ma première année en Europe. Je ne voulais pas aller en EuroLeague juste pour dire que j'étais en EuroLeague. Même si j'ai parfois été frustré, j'ai effectivement été titulaire lors de toute la saison d'EuroLeague. La mentalité est vraiment différente ici : je suis le plus jeune joueur de l'équipe, ce qui fait que je devais accepter certaines choses. Ça fait partie du process et du parcours que j'ai à faire afin d'arriver là où je veux arriver.

J'ai très bien démarré la campagne européenne avant d'avoir un gros coup de mou vers janvier - février puis de bien revenir sur les derniers matchs. Mais vraiment, je me sentais bien au début de la saison avec du temps de jeu et des responsabilités. Puis il y a eu la signature d'un nouveau joueur (Alen Omic), le retour en forme de Pero (Antic) sur qui le coach s'est pas mal appuyé. J'ai perdu successivement des minutes, ma confiance et du rendement. Cela dit, je pense que c'est plutôt une année réussie pour une première en Europe. L'EuroLeague est vraiment différent de ce qui se fait en Pro A. L'an dernier, j'ai gagné la FIBA Europe Cup avec Nanterre, j'ai vu que l'EuroLeague n'avait rien à voir. Tous les soirs, je jouais contre les meilleurs joueurs d'Europe, d'anciens NBAers. C'est ce qui se fait de mieux après la NBA, une expérience enrichissante qui permet de beaucoup apprendre. Lors de chaque match, tu fais face à des intérieurs différents, des styles de jeu différents, des coachs différents.

Je crois que j'ai pris une autre dimension cette saison. Avant tout, je pense m'être fait connaître, m'être fait un nom. Maintenant, j'ai encore beaucoup de choses à prouver, notamment montrer de la stabilité sur plusieurs années avant de pouvoir dire que je suis un joueur confirmé EuroLeague. Je pense devoir progresser sur mes finitions, sur mon jeu face et dos au panier. Depuis plusieurs années, j'essaye d'améliorer mon shoot. Quand j'étais vraiment en confiance en début de saison avec des minutes et des responsabilités, j'ai montré que je pouvais être efficace à mi-distance. Après, plus ça allait, moins je shootais à cause de la perte de confiance. Mais si je peux progresser sur mon jeu à l'extérieur de la raquette et mon jeu dos au panier, je suis persuadé que je pourrais franchir un cap. Il y a eu un changement de coach début mai (Milenko Topic nommé pour le championnat serbe, ndlr), qui a entraîné une diminution de mon temps de jeu. Il y a des choses que je ne peux pas dire (il sourit). Beaucoup de choses sont différentes par rapport à la France.


Les dunks de Mathias Lessort ont longtemps électrisé le Pionir
(photo : KK Crvena Zvezda)

L'ambiance est incroyable à Belgrade. Voir ce public était également l'une des raisons de ma venue ici. Je ne suis vraiment pas déçu. J'avais les oreilles qui sifflaient à chaque match d'EuroLeague. Ça nous a beaucoup aidé à gagner certaines rencontres à domicile. Les gens aiment bien le sport en général, le foot et le basket surtout. Il y a un tel engouement que forcément, les gens me reconnaissent dans la rue et me demandent des photos ou des autographes. C'est plaisant de jouer dans une ville où tu sens qu'il y a une vraie passion autour de l'équipe. Les problèmes sont souvent entre les supporters. Il n'y a aucun souci avec les joueurs du Partizan, je n'ai pas arrêté d'être ami avec Bandja Sy par exemple. Ils ne prennent pas trop à parti les joueurs étrangers car ils savent qu'on ne fait pas partie de cette culture. Si tu ne dis rien de mauvais sur le Partizan, les supporters ne vont rien avoir contre toi. J'ai parfois même des fans du Partizan qui sont venus me demander des photos.

Le club est sous tension toute l'année, il y a une pression incroyable toute la saison. On est l'équipe d'EuroLeague, censée tout écraser, surtout qu'on a gagné trois titres l'année dernière et pas loin de faire les playoffs de l'EuroLeague. Il y avait une grosse attente sur cette année. Quand tu perds un match, tu as l'impression que c'est la fin du monde et que tout va mal. En France, tu te dis que c'est juste un match, ici c'est un drame. Surtout qu'on n'a pas réussi à remplir les premiers objectifs du club qui étaient de remporter la Coupe de Serbie (défaite en finale contre le Partizan Belgrade) et la Ligue Adriatique (défaite en finale contre le Buducnost Pogdorica). On pensait tous qu'on était favoris, qu'on allait gagner et au final, on n'a pas réussi... C'est la dure loi du sport, le favori ne gagne pas toujours. Il faudra prendre notre revanche en playoffs (entretien réalisé le jour du match 1 des quarts de finale, ndlr).

C'est clair que ça change beaucoup de jouer contre certaines équipes serbes de bas niveau après avoir affronté des top clubs européens. Se motiver n'est pas vraiment le problème, il faut surtout se concentrer, se dire que ce ne sera pas un match facile, de respecter l'adversaire et de ne pas se mettre à son niveau mais de rester au nôtre. C'est ça qui est difficile. Quand tu joues contre une grosse équipe, tu sais que la motivation et la concentration seront forcément moins là. Contre des plus petites équipes, il y a moins d'envie, moins d'énergie, moins de concentration. Il faut faire abstraction de cela, ne pas regarder qui on affronte et jouer tous les soirs de la même manière.

Le fait qu'il n'y ait pas l'EuroLeague la saison prochaine va entraîner beaucoup de changements pour l'équipe. Après, moi, je ne sais pas trop ce que je vais faire encore. J'ai des options pour partir mais on verra en temps voulu. Je ne sais pas de quoi mon avenir sera fait mais il est certain que l'absence de l'EuroLeague ici sera un facteur déterminant."


Peu de temps de jeu en playoffs pour Mathias Lessort mais le titre de champion de Serbie au palmarès
(photo : KK Crvena Zvezda)

Les premiers pas avec l'équipe de France :
"Faire gagner les Bleus est ce dont on peut rêver de mieux"

"Bien sûr que c'était un grand moment de porter pour la première fois le maillot bleu (une minute en Lituanie le 15 août 2017, ndlr). Être sélectionné en équipe de France est un nouvel objectif qui a été accompli mais ce n'est que le début. Maintenant, comme partout, il faut se faire sa place. Au début, tu ne joues pas trop, etc, on verra comment ça va se passer à l'avenir. Mais c'est clair que ça m'a fait énormément plaisir et que c'était une fierté pour toute ma famille et moi que de porter le maillot de l'équipe de France.

Je suis super content d'être appelé pour les deux matchs de qualification du mois de juin (entretien réalisé trois jours après l'annonce de la liste, ndlr). J'ai suivi les premiers matchs forcément. Les joueurs appelés ont fait un beau parcours jusque-là, j'espère que l'on fera aussi bien qu'eux.

En tant que Français, ce dont on peut rêver de mieux est de jouer pour l'équipe de France, de faire gagner les Bleus. Ça représente beaucoup pour ma famille et moi, pour le parcours que j'ai eu, pour tous les gens qui m'ont aidé, pour les coachs que j'ai eu depuis la Martinique. Aujourd'hui, quand ils me voient en équipe de France, ils sont vraiment fiers."

Grégory, la référence :
"Son parcours a été beaucoup plus difficile"

"Mon frère a toujours été mon exemple, la personne que je regardais. Pour sa façon de jouer mais surtout pour ce qu'il est en tant qu'homme, les valeurs qu'il véhicule, tout ce qu'il m'a apporté durant ma jeunesse. C'est quelque chose qui est irremplaçable. Je considère que son parcours a été beaucoup plus difficile que le mien dans la mesure où il n'a pas été au pôle, où il n'a pas eu la formation et tous les avantages dont j'ai bénéficié. Il a cravaché tout seul pour partir de la Martinique et se faire son rôle en Pro B. J'ai un vrai respect pour la carrière de mon frère (passé par Antibes, Boncourt, Évreux, Golbey-Épinal, Quimper et Vichy-Clermont).


Grégory Lessort, l'antithèse de son jeune frère :
les chemins de traverse avant de devenir un joueur respecté de Pro B
(photo : Vincent Janiaud)

Il a pris du recul. Après six années à Vichy, il a signé en Nationale 2 (avec le Pays des Olonnes Basket). C'est difficile de changer de carrière. Il rejoint un club ambitieux où il y a Guillaume Pons comme entraîneur, l'une des raisons majeures de sa signature. C'est un nouveau challenge pour lui. Il ne voulait pas aller n'importe où pour sa famille. Il avait de meilleures offres, d'autres possibilités mais il a quatre enfants et une femme donc il n'a pas pris la décision que pour lui."

Des playgrounds martiniquais à l'EuroLeague :
"Je ne vois jamais plus loin que la prochaine marche"

"Je ne m'en rends pas vraiment compte car depuis mes années cadets, j'essaye de tout prendre étape par étape. Je ne vois jamais les choses plus loin que la prochaine marche. Quand j'étais en cadet, l'objectif était de devenir titulaire et d'avoir du temps de jeu. Ensuite, c'est d'aller en Espoirs, d'y jouer, d'y devenir dominant, de pouvoir m'entraîner avec les pros, de véritablement intégrer l'effectif professionel, etc... À chaque fois, je ne pensais qu'à franchir la prochaine étape. Je ne me rends pas vraiment compte de mon évolution, juste que j'ai atteint le dernier objectif que je m'étais fixé. Mais oui, quand je repense à mes premières années à Chalon où je ne jouais pas beaucoup et que je me vois maintenant titulaire en EuroLeague, oui, je me rends compte qu'il y a une grande différence mais j'espère que ce n'est que le début. Dans cinq ans, j'espère que je me dirais : "Il y a cinq ans, tu étais à l'Étoile Rouge, et regarde maintenant où tu es..." J'espère qu'il y aura encore une vraie évolution positive."

À Belgrade,

01 juillet 2018 à 12:00
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