JEEP ÉLITE

[INTERVIEW] PAUL LACOMBE DE RETOUR AUX SOURCES À L'ASVEL : "C'EST UN RÊVE DE GOSSE QUI SE RÉALISE"

Paul Lacombe Sebg photos
Crédit photo : Sébastien Grasset

De retour à la maison, Paul Lacombe est revenu sur son retour et ses ambitions à l'ASVEL, ses trois belles années à Monaco ainsi que son avenir en équipe de France. Entretien.

Signataire d’un contrat de quatre ans avec Lyon-Villeurbanne, Paul Lacombe s’apprête à rejouer pour son club formateur. À bientôt 30 ans, l’enfant de l’Astroballe espère (enfin) décrocher un titre de champion de France qui le fuit tant depuis son dernier sacre en 2009. “J’ai toujours dit que je finirai par le gagner, j’en suis convaincu à 10 000%. Et si ça peut être à l’ASVEL, les émotions seraient décuplées.” Le natif de Vénissieux retourne dans le Rhône avec beaucoup d’ambitions tant en Jeep ÉLITE qu’en EuroLeague où il souhaite “ faire au moins aussi bien et essayer de faire mieux”. En route vers l’Astroballe ce vendredi après-midi après quelques jours passés chez ses parents, l’ancien joueur de la SIG et de l’ASM se livre. Entretien.

Son parcours :

  • 2008/13 : Lyon-Villeurbanne
  • 2013/17 : Strasbourg
  • 2017/20 : Monaco
  • 2020/24 : Lyon-Villeurbanne

itw-paul-lacombe1590771789.jpegDe retour dans son club formateur, Paul Lacombe arborera de nouveau les couleurs de l'ASVEL à la rentrée (Photo : Sébastien Léger) 

Son retour à l’ASVEL : "C'est un rêve de gosse qui est en train de se réaliser"

Paul, vous venez de parapher un contrat de 4 ans (2+2) avec l’ASVEL, pourquoi ce choix ?

Honnêtement, en partant de Monaco, le meilleur choix à faire sportivement, c’était de revenir à l’ASVEL car il n’y a pas grand chose de mieux que l’EuroLeague. Dans le Rhône, je veux continuer de progresser au sein de l’une des meilleures équipes françaises et essayer de gagner un peu ce qui me manque tant (le titre de champion de France, ndlr). J’espère que je ne vais pas leur porter malchance. J’ai vécu trois belles années à Monaco mais il me fallait personnellement du changement.

Vous êtes Lyonnais, c’est à l’Astroballe que tout a commencé pour vous, ce retour aux sources était-il important ?

L’ASVEL, c’est mon club formateur. Je suis de Lyon et quand j’étais petit, le club qui me faisait rêver, c’était celui-là. Je me suis toujours vu jouer à l’ASVEL. Et ce rêve de gosse est en train de se réaliser, plus que la première fois où je suis passé professionnel à l’ASVEL.

Vous avez connu les meilleurs clubs du championnat de France dans votre carrière (Strasbourg, Monaco), vous avez l'an passé voulu partir à l'étranger. Mais plus maintenant ?

Cette année, partir à l’étranger n’était même pas une option. J’ai eu une énorme désillusion l’été dernier, je voulais absolument partir à l'étranger. J’ai eu une très belle proposition de Monaco financièrement (un contrat de quatre ans, ndlr) et peut-être que j’aurais déjà pu mettre un pied à l’ASVEL l’année dernière je ne sais pas, car j’avais tout refusé directement pour aller à l’étranger. Mais ça ne s’est pas fait. Cela a été une énorme déception et désillusion donc ce n’est plus un objectif, mais ça reste une idée lointaine.

En étant l'enfant de l'Astroballe, pensez-vous avoir plus de pression que les autres ?

De toute façon, l’ASVEL est un grand club avec pas mal d’ambitions donc forcément, il y a de la pression. Est-ce que j’en aurais plus qu’ailleurs ? Pas forcément. L’avantage d’être dans une grosse équipe comme l’ASVEL, c’est que tout ne repose pas que sur un joueur. L’équipe déjà constituée est vraiment belle, j’imagine que les futures recrues le seront tout autant. Il n’y a pas vraiment de pression supplémentaire.

Polyvalent, vous êtes capable de jouer sur les postes 1, 2, 3. Quel sera votre rôle à l’ASVEL ?

Je serai un poste 3 capable de jouer meneur (point foward). C’est dans ce rôle-là que j’ai été le plus performant dans ma carrière depuis que je suis professionnel.

Le club vient de se séparer de votre ancien entraîneur Zvezdan Mitrovic. N’avez-vous pas peur que cette décision génère une période de troubles sur les prochains mois au niveau sportif, d’autant plus que ce choix est critiqué par les supporters ?

Non, pas forcément car l’ASVEL est un grand club avec de grands joueurs. Chacun aura des responsabilités et les assumera donc chacun devra faire abstraction de ce qu’il se passe à l’extérieur. Quoi qu’il arrive, on aura confiance dans l'institution et dans les nouveaux coachs. On ira de l’avant.

(Par rapport à la fin de contrat avortée entre Zvezdan Mitrovic et l’ASVEL). Ça fait partie de la carrière de sportif et même d’entraîneur. On peut être coupé pour x ou y raison sans forcément comprendre et il peut se passer des choses qui échappent à pas mal de monde.

Ses trois saisons en Principauté : "Monaco a été un vrai tremplin dans ma carrière"

Vous avez passé trois belles années à l’AS Monaco ponctuées notamment par une Leaders Cup en 2018 et surtout deux finales perdues ces deux dernières saisons. Qu’en retiendrez-vous ?

Ces trois années ont été riches sur beaucoup d’aspects. Je n’en garde que du positif même si on n’a pas réussi à décrocher un titre (battus en finale contre le MSB en 2018 et l’ASVEL en 2019, ndlr).

Quand on va à Monaco, il y a énormément d'a priori et de préjugés sur cette ville. J’ai découvert des gens fantastiques à l’opposé de ce à quoi je m’attendais. Ça a été une merveilleuse rencontre humaine avant tout. Beaucoup de personnes disaient de mauvaises choses sur le Président (Sergei Dyadechko) et le GM (Oleksiy Yefimov). J’ai vraiment vécu trois riches années.

J’en ressors grandi sportivement et humainement. Je me suis marié, j’ai eu un 2e enfant. Pas mal de choses se sont passées ces trois dernières années donc j’ai grandi à tout point de vue. Je ne peux que remercier le club de m’avoir fait confiance et j’espère leur avoir bien rendu.

Monaco a été un vrai tremplin dans ma carrière. J’en suis content car j’ai pu continuer de progresser et d’apprendre des choses et j’espère pouvoir encore le faire à l’ASVEL. J’aimerais pouvoir apprendre le plus de choses le plus longtemps possible.

itw-paul-lacombe1590772100.jpegL'AS Monaco, un club important dans la progression de Paul Lacombe (photo : Sébastien Grasset)

La finale perdue contre le MSB en 2018 au terme d'un match 5 haletant, un regret ?

C’est la plus grosse désillusion de ces trois années car l’année dernière contre l’ASVEL, c’était exceptionnel d’aller en finale et d'arracher un match 5.

Concernant la finale contre le MSB, j’en veux à beaucoup de gens. C’était l’un des matchs où j’ai joué mon meilleur basket car j’avais beaucoup plus à perdre que les autres. Il y avait pas de mal de gens qui m’ont abandonné sur ce match là. Est-ce que certains avaient trop de pression ? Je ne sais pas. On était tellement fort cette année, on a tellement dominé de partout et on n’est que finaliste alors que ce trophée nous tendait les bras. Ok la Leaders Cup, c’est cool mais bon...

Cette saison, vous étiez bien positionné tant en championnat (1er ex-aequo avec l’ASVEL et Dijon) qu’en EuroCup, vous êtes forcément frustré de l’arrêt de la saison...

En championnat, on n’était pas en pôle position et il peut se passer tellement de choses en playoffs mais d’être arrivé là où on est arrivé en EuroCup, c’était déjà tellement dur par rapport à ça, il y a énormément de regrets. Mais compte tenu des conditions sanitaires, le meilleur choix était effectivement d’arrêter la saison. J’ose imaginer à quel point financièrement et économiquement, cela a été dur de prendre cette décision mais c'est le choix le plus judicieux.

J’espère que je vais encore jouer quelques saisons, en championnat de France. Mais concernant l’EuroCup, il y a beaucoup de regrets car ce qu’on a fait n’était pas facile. C’est dommage.

L’équipe de France : "Les JO de Tokyo sont un objectif sans en être un"

C'est aussi à Monaco que vous êtes devenu international français...

Sportivement, ça m’a permis de devenir international et de jouer une Coupe du Monde. Porter le maillot de l’équipe de France A était un objectif très lointain quand j’ai commencé ma carrière. Cela a plus été un rêve qu’autre chose surtout quand tu vois le potentiel grandissant de l’équipe au fur et à mesure des années. J’ai réussi à y mettre un pied et à choper une médaille à la Coupe du Monde… Pour n’importe quelle raison, si tout devait s’arrêter demain, je serai fier de ce que j’ai fait.

itw-paul-lacombe1590772360.jpeg  Véritable guerrier, Paul Lacombe a décroché une médaille de bronze avec l'équipe de France l'été dernier à la Coupe du Monde (photo : FIBA)

Après avoir décroché une belle médaille de bronze à la dernière Coupe du Monde, diriez-vous qu’une participation aux Jeux olympiques de Tokyo 2021 est un objectif ?

Forcément, en allant à l’ASVEL et en s'exposant au meilleur niveau, je mets les meilleures chances de mon côté. Mais c’est un objectif sans en être un. Je suis assez honnête envers moi-même et envers les joueurs susceptibles d’y aller. L’équipe est tellement forte que je peux être un vrai complément à un groupe. C’est ce que j’ai très bien fait l’année dernière. Ce serait peut-être trop arrogant envers moi-même de dire que je mérite ma place et si je ne l’ai pas ce serait un échec. Le niveau est tellement fort.

Ses ambitions avec l’ASVEL : "En championnat, on veut le titre, c’est clair et net"

Avec l'ASVEL, quels seront vos objectifs ?

En championnat, on veut le titre, c’est clair et net. Et avec le nombre de matchs que l’on va avoir, c’est compliqué de voir plus loin que le titre. J’imagine que la Coupe de France et la Leaders Cup ne seront peut-être pas de vrais objectifs avec notre rythme élevé.

Il faudra également essayer de progresser en EuroLeague. Je n’ai pas fait partie de cette aventure-là mais j’ai regardé un maximum de matchs et ce qu’ils ont fait, c’est déjà super alors qu’au début, tout le monde pensait qu’ils allaient se rétamer. On veut faire au moins aussi bien et essayer de faire mieux mais ce ne sera pas facile car c’est le plus haut niveau européen.

Et individuellement, enfin décrocher un titre de champion de France qui vous manque tant depuis votre dernier sacre en 2009...

C’est peut-être mon seul moyen de finir par en gagner un. J’ai toujours dit que je finirai par le gagner, j’en suis convaincu à 10 000%. Et quand je le gagnerai, ça va valoir tous les autres titres de tout le monde. Et si ça peut être à l’ASVEL, les émotions seraient décuplées. Gagner à l’ASVEL impliquerait également ma famille et mes amis donc ça serait encore plus beau. J’ai vraiment hâte que la saison reprenne...   

itw-paul-lacombe1590772518.jpegPaul Lacombe revient à l'ASVEL avec des ambitions (photo : Sébastien Léger) 

29 mai 2020 à 20:07
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE

BeBasket

Dites byebye à la publicité et encouragez le travail effectué sur la couverture quotidienne du basket Français !

À partir de 5 € !
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
THÉO QUINTARD
Plus qu'un simple ballon orange, le basket est inscrit dans mon ADN.
Théo Quintard
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
Coaching

Nous avons détecté que vous utilisez un adblocker ou bloqueur de publicités

AdBlock

Soutenez-nous en désactivant votre bloqueur de publicités pour continuer à profiter d’une information de qualité.

Nous vous invitons à retirer BeBasket de la liste des sites bloqués et à recharger la page pour poursuivre votre navigation.