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CHARLES KAHUDI : L’ENFANT EST DEVENU HOMME

Charles Kahudi ASVEL 201920 Sébastien Grasset 6
Crédit photo : Sébastien Grasset

Il est l’un des joueurs majeurs de la LNB depuis plusieurs années, 16 pour être précis. Il, c’est Charles Kahudi, l’ailier de l’ASVEL. Il a accepté de revenir sur son parcours, sa carrière, son évolution et ses succès. Entretien.

« C’est vrai que lorsqu’on m’a remis le maillot de la 100e sélection en Équipe de France, je n’en menais pas large au niveau émotionnel. C’était un vrai moment de bonheur et d‘émotion. »  Aujourd’hui encore, lorsque Charles Kahudi (1,99 m, 33 ans) évoque ce fameux 9 septembre 2018 et cette victoire 84-68 face à la Grèce, il reste impressionné. « Quand Jean-Pierre Siutat m’a remis le maillot, vraiment, c’était un honneur. » Dans un mélange de fierté et de nostalgie, il se souvient de tout le travail accompli depuis ses débuts à Beauvais (Oise). Lui qui a également joué au football plus jeune a découvert le basket grâce à l’un de ses amis. « J’ai découvert ce sport à travers mes copains de l’époque. On jouait sur un playground derrière mon école. On s‘échangeait des cassettes de matchs. Et puis, en Picardie, il faut dire que faire un sport de salle était un peu plus facile à cause de la météo », se souvient-il dans un sourire. Charles Kahudi évolue rapidement. Après ses années en tant que benjamin, il intègre les sélections départementales, régionales et le Pôle Espoir à Saint-Quentin (Aisne). Pour évoluer au niveau national, il décide d’évoluer à Longueau (Somme) avec les Minimes Frances durant deux années. « Ensuite, j’ai essayé d’intégrer les Cadets France à Cholet, mais ça n’a pas fonctionné. Peut-être que ce n’était pas le bon moment. Je suis donc revenu à Beauvais pour évoluer en Cadets France Division 2 et en Espoirs Pro B. Cette expérience m’a permis de m’aguerrir physiquement, car j’étais assez menu à l’époque. Et en Espoirs Pro B, on jouait contre des hommes chaque week-end, ça m’a endurci. » Une expérience qui lui permet de retenter sa chance à Cholet où il réussit à intégrer le centre de formation durant 4 ans. C’est d’ailleurs à la Meilleraie, sous les ordres d’Erman Kunter, qu’il lance sa carrière professionnelle en 2004. Une carrière qui va se poursuivre en Pro B, avec Evreux durant deux saisons et à Dijon lors de l’exercice 2008/09. C’est à la fin de la saison à la JDA que tout va s’accélérer pour l’actuel poste 3/4 de l’ASVEL. 

« Je pouvais jouer à 20h et aller au supermarché à 16h »

« Charles ? Je le connaissais, car beaucoup de jeunes joueurs ont fait leur formation à Cholet. Je voyais en lui un véritable potentiel. J’avais vraiment envie de le faire signer car il pouvait progresser rapidement. » Les mots sont signés J.D. Jackson, l’entraîneur qui a fait venir Charles Kahudi au Mans. Le Franco-Canadien se souvient du travail accompli par son ancien joueur pour progresser, encore et toujours. « Je le poussais très souvent. C’était vraiment un rôle ingrat. Mais il a tout de suite accepté. Charles et le MSB, c’est une véritable histoire de réussite. » « Il faut se remettre dans le contexte de l’époque. J’arrive au Mans alors que l’équipe évoluait en EuroLeague l’année précédente. Il y avait un effectif de fou : Zach Wright, Dee Spencer, Marc Salyers, J.P. Batista, Antoine Diot… C’était une véritable opportunité pour apprendre et progresser », explique le natif de Kinshasa (République Démocratique du Congo). Une opportunité qui a été un peu compliquée au début. « Je me souviens que lors du premier entraînement collectif, J.D. nous explique que Maleye Ndoye sera le titulaire indiscutable et indiscuté au poste 3 cette saison. Je me suis dit que ça serait compliqué, mais j’ai bossé tout au long de l’année. » Son ancien coéquipier au MSB (2010/11), Marc-Antoine Pellin, acquiesce. « J’ai connu Charles à une époque où ce n’était pas le Charles d’aujourd’hui. C’était loin d’être le joueur le plus talentueux à son poste. Mais il a toujours bossé plus que les autres sur tous les compartiments du jeu. Il ne faisait pas de bruit, mais il a toujours eu cette volonté de travailler. » Le travail paye. Dès sa première année au Mans, Charles Kahudi tourne à 14 minutes de moyenne pour 4,3 points. « C’est clair que l’année 2010 a été charnière pour moi. Tout s’est très bien imbriqué. Même dans les moments de doutes où je jouais un peu moins, mes anciens coéquipiers et ma femme m’ont toujours poussé. À l’époque, j’avais l’impression de pouvoir donner encore plus. Mais je ne jouais pas autant que je voulais. J’ai continué à faire des un contre un avec les joueurs de l’équipe. J.P. Batista et Thierry Rupert m’ont donné beaucoup de conseils. À l’époque, je pouvais avoir match à 20h et aller au supermarché à 16h, je ne voyais pas le problème. Je pensais que je pouvais aller au match sans faire une petite sieste. C’est impossible. Et tous ces détails sont très importants pour évoluer au plus haut-niveau. » Le plus haut-niveau, le meilleur défenseur de Pro A en 2016 le découvre la même année. Finaliste des playoffs, le MSB échoue en finale face à Cholet 81-65. C’est lors de ces phases finales et plus particulièrement grâce à un duel avec A.D. Vassallo, alors joueur du Paris-Levallois, en quarts de finale des playoffs que l’ailier Français va taper dans l’œil du sélectionneur national, Vincent Collet. « Je n’avais pas trop mal défendu sur A.D. alors qu’il tournait à 17,8 points de moyenne en saison régulière. Quand j’ai été contacté pour aller en Equipe de France, c’était juste dingue », raconte Charles Kahudi.

102 sélections en Equipe de France

Présélectionné pour le Championnat du Monde 2010 en Turquie, Charles Kahudi est coupé juste avant le début de la compétition. « J’étais un peu déçu d’être coupé, mais lors du dernier tournoi de préparation avec les Bleus, à Villeurbanne, j’ai rencontré ma future femme. Et aujourd’hui, on est vraiment très soudés. Elle me conseille sur mes choix en tant qu’ancienne basketteuse. » Charles Kahudi participera ensuite à l’EuroBasket 2011 (médaille d’argent), l’EuroBasket 2013 (médaille d’or), la Coupe du Monde 2014 (médaille de bronze), l’EuroBasket 2015 (médaille de bronze) et les Jeux olympiques de Rio en 2016. « J’ai toujours été impressionné en revêtant le maillot Bleu. Vincent Collet, c’est un professeur. Il fallait pouvoir digérer son schéma basket au début, apprendre de nouvelles choses. Mais c’était mon rôle. Tous ces titres, toutes ces médailles, j’en suis très fier. Je me suis toujours battu pour évoluer au plus haut-niveau. Pouvoir côtoyer des gars comme Tony Parker ou Boris Diaw ça a été des expériences vraiment enrichissantes. Vincent a toujours essayé de faire la meilleure équipe possible collectivement et jamais la somme des meilleures individualités. C’est peut-être pour ça que j’ai pu avoir autant de sélections, car il y a des joueurs meilleurs que moi individuellement », traduit Charles Kahudi. Au total, 102 sélections pour 282 points inscrits sous le maillot Bleu. Sans oublier une troisième place lors du Championnat d’Europe Juniors 2004 en Espagne avec Marc-Antoine Pellin. « Je ne suis pas surpris du tout par son parcours. Il a peut-être un style atypique, mais il a gagné sa place par son profil défensif. C’est une juste récompense pour tout le travail qu’il a accompli », reconnaît l’ancien meneur de la Chorale de Roanne. C’est d’ailleurs à une centaine de kilomètres de Roanne que la carrière de Charles Kahudi va connaître son apogée.

« Le projet de l’ASVEL était vraiment intéressant »

« L’année 2014/15 pour moi est la meilleure d’un point de vue chiffré (12,7 points et 5,5 rebonds en 30 minutes de jeu). Mais au bout de 6 ans au MSB, j’avais un peu l’impression d’être à la fin d’un cycle. Je commençais à avoir fait le tour. J’avais même eu la chance d’évoluer avec mon frère, Henri. » Sous les ordres de J.D. Jackson, Charles Kahudi a pu se développer pour devenir un joueur complet. De 5,2 d’évaluation en 2009-2010, il est passé à 13,6 d’évaluation en 2014/15, tout en étant titularisé 29 fois dans le cinq majeur sur 31 rencontres de saison régulière. « J.D., clairement, m’a toujours fait confiance. Peut-être qu’au début, ça a été compliqué, car il y avait des forts joueurs avec moi. Mais il ne m’a jamais lâché. On a toujours eu une équipe très forte, mais il m’a confié de plus en plus de responsabilités au fil du temps. Je lui dois beaucoup. On a perdu en finale du championnat en 2010 et en 2012, c’est un peu rageant. » Malgré tout, c’est avec une Leaders Cup 2014 sous les bras que le sextuple All-Star débarque à Villeurbanne, sous les ordres d’un certain… J.D. Jackson. « Tony Parker m’a appelé pendant que j’étais en voyage de noce avec mon épouse. Il m’a expliqué le projet de l’ASVEL avec l’ambition de jouer en EuroLeague et la volonté d’être champion rapidement. On a pesé le pour et le contre. Pouvoir être la locomotive du basket français, c’est assez agréable. Le projet de l’ASVEL était vraiment intéressant. Il y a eu deux aspects très positifs également dans le choix de venir à l’ASVEL. Jouer de nouveau pour J.D. qui m’avait fait confiance au Mans a été un élément moteur dans mon choix. Et je revenais jouer là où j’ai rencontré mon épouse. Un joli symbole. » Les résultats sont là vite. Très vite. Dès l’exercice 2015/16, le club villeurbannais est Champion de France. À cause du conflit entre la FIBA et l’Euroleague, l’ASVEL ne découvre pas la plus grande compétition européenne tout de suite. Trois ans plus tard, le club est de nouveau sur le toit du basket français. « Entre l’année 2018/19 et l’année actuelle, je ne sais pas quelle équipe est la meilleure. Sincèrement, j’ai le sentiment que l’année dernière, on était peut-être un peu plus expérimentés avec Miro Bilan, A.J. Slaughter ou encore Mantas Kalnietis. Cette année, sur le papier, l’équipe est aussi forte. Mais peut-être qu’on manque de vécu sur des moments chauds durant les rencontres. » Avant la suspension des championnats en raison de la pandémie de coronavirus, l’ASVEL était deuxième avec le même bilan que Monaco et Dijon (21 victoires et 4 défaites) et 15e en EuroLeague (10 victoires – 18 défaites). Avec des joueurs comme Théo Maledon, Matthew Strazel ou encore Ismaël Bako, Charles Kahudi a dû évoluer dans son comportement, lui qui est capitaine de l’équipe. « En 2016, j’étais co-capitaine avec Trenton Meacham. Maintenant, oui, j’ai dû développer le fait d’être un leader vocal. J’ai dû travailler là-dessus et je dois mettre des mots sur ce que je veux transmettre. » Des mots qui ont été entendus par la direction du club qui l’a prolongé jusqu’en 2022 en juillet 2017. Lors de sa prolongation de contrat, le président et actionnaire majoritaire du club, Tony Parker, avait loué les qualités de son ancien coéquipier. « Il est la pièce maîtresse de notre projet. Il s’engage à fond avec nous en prolongeant son contrat, du jamais vu à l’ASVEL. » Une prolongation actée malgré les propositions étrangères pour le poste 3. « Oui, j’ai reçu des offres de l’étranger. D’un point de vue financier, ça paraissait attractif. Mais j’avais fait une liste des endroits où je pouvais jouer et les offres sportives ne correspondaient pas. Est-ce que le championnat Russe est vraiment stable ? Jouer dans la ligue turque ou en VTB League, est-ce une progression ? Pour moi, l’aspect sportif parlera toujours avant l’aspect financier. » À 33 ans, Charles Kahudi ne pense pas à la retraite. Loin de lui cette idée. « Dans le basket français, il y a une sorte de paradoxe. Jusqu’à 26-27 ans, tu es considéré comme jeune, mais une fois les 30 ans passés, tu es vu comme un vétéran », détaille-t-il dans un sourire. « J’arrêterai le jour où il y a un mec qui me poussera vers la sortie. J’aime le basket, je suis en bonne santé, je veux continuer de jouer. » Une bonne nouvelle pour l’ASVEL qui peut donc compter sur son capitaine et son étique de travail.

« Dans mon jeu, j’essaye d’être un peu plus malin »

Dos, genoux, cheville, tempe. Plutôt frêle dans ses débuts en tant que meneur de jeu ou arrière, le corps de Charles Kahudi s’est développé au fil des saisons pour devenir l’une de ses principales qualités. « J’ai pu commencer à prendre de la masse quand j’ai arrêté de grandir, vers 17 ans. Avant, j’étais sec, mais je n’avais pas beaucoup de volume. A Cholet, on avait la salle quand on voulait, mais on faisait surtout des concours de dunks entre nous. De 93 kg à Evreux, j’en fait aujourd’hui 105. Dans une saison, tu ne t’arrêtes jamais. Tu n’es jamais à 100% sur tout une année, c’est impossible. Mais avec l’âge, j’ai essayé d’être moins agressif offensivement, de travailler mon tir extérieur par exemple. » J.D. Jackson, son ancien mentor, peut en témoigner. « Humainement, Charles a toujours été quelqu’un de posé, de réfléchi et d‘intelligent. Par contre, dans son jeu, on voit la caricature de lui avec beaucoup d’impact physique. Mais c’est un joueur qui a une science et une intelligence de jeu très développées. Il a enrichi son offre technique. » Celui qui tourne en 2019/20 à 7,9 points par match à 53,1% de réussite aux tirs, 3,1 rebonds, 1,4 passe décisive et 0,8 balle perdue pour 9,5 d’évaluation en 16 matchs joués de Jeep Élite a fait évoluer son jeu. « Avant, il y a quelques années, je tapais tous les écrans. Je voulais absolument passer au-dessus à chaque fois. Sauf qu’en faisant ça, tu prends des taquets tout le temps. J’essayais de passer ma jambe par-dessus le poseur d’écran, mais c’est très compliqué et très usant. Avec le recul et l’âge, dans mon jeu, j’essaye d’être un peu plus malin. J’essaye de m’économiser beaucoup plus, de ne pas tenter des coast to coast à longueur de temps ou de faire du marquage individuel tout terrain pendant 40 minutes. Toute façon, avec les blessures que j’ai eues, c’était soit je changeais mon jeu, soit je progressais en QI Basket. J’ai décidé de faire un peu les deux », résume celui qui voulait être chirurgien étant petit. Quitte à faire oublier son surnom de l’Homme ? « Non, je ne pense pas. Je me souviens que c’est Ali Traoré qui me l’avait donné lors de la préparation au Championnat du Monde en 2010. Il tenait un blog. Et il faut savoir que mes deux premiers paniers en Équipe de France, c’est deux gros dunks. A Pau, contre la Tunisie (77-44), j’étais parti ligne de fond et j’avais mis un gros dunk avec un appel deux pieds et une finition deux mains. Et le deuxième panier, dans le même match, Nando De Colo me fait la passe sur une touche. Elle est un peu trop en avant et instinctivement, je m’étais retourné pour attraper le ballon et le claquer dans le cercle. Et à partir de là, Ali avait écrit sur son blog que j’étais un adulte, un véritable homme », se remémore Charles.

Un futur entrepreneur ?

Ailier référencé et acteur majeur du basket français, Charles Kahudi ne se voit pas uniquement comme un joueur à vocation défensive. « Avant, j’étais peut-être un peu frustré que les gens me voient que d’un seul côté du terrain. » En 14 saisons de Jeep ÉLITE, l’ailier français tourne à 8,5 points de moyenne par match. « Mais ça, c’était avant. Ensuite, je me suis dit que le meilleur moyen d’avoir plus d’opportunités en attaque était de montrer à mes partenaires que je pouvais être efficace offensivement. Il fallait que je les rassure. J’ai bossé tous les étés avec des entraîneurs spécifiques. Et à la reprise, je voulais montrer que les gars pouvaient me passer le ballon en attaque. Je défends, oui. Mais je peux aussi attaquer. Toute façon, la défense, ça reste de l’engagement et de la volonté. Oui, c’est fatiguant. Tout le monde veut mettre des points, mais personne ne veut faire les tâches ingrates. Je pense qu’aujourd’hui, je peux faire les deux. » « Je me souviens que lors du premier titre de l’ASVEL, en 2016, Charles m’avait vraiment impressionné. Il était partout et il jouait tous les postes, de 2 à 4, avec une grande facilité », témoigne Marc-Antoine Pellin. Cette polyvalence, Charles Kahudi veut continuer de la travailler pour les prochaines saisons. Ça commence dès maintenant, en période de confinement. « Je fais des exercices de musculations avec des élastiques, des poids ou du vélo d’appartement. Depuis le début du confinement, j’ai perdu 3kg. Je me sens plus explosif et je suis à 100%. » Dans ses journées bien remplies, Charles Kahudi n’oublie pas de prendre du temps pour son après-carrière. « Je travaille sur le programme en ligne de l’EM Lyon pour avoir un diplôme en Masters et Management. Le monde de l’entreprenariat me plaît. » Et qui oserait contester les ordres de l’Homme ?

En complément voici la vidéo de "Grandir Avec" qui revient sur son parcours :

16 avril 2020 à 18:32
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