JEEP ÉLITE

DE JONG, GADOU, BARTECHEKY : QUE DISENT-ILS DE LA SITUATION DU CLUB À LA VEILLE DU MATCH ELAN BÉARNAIS - ROANNE ?

Crédit photo : Jacques Cormarèche

En crise, l'Elan Béarnais a évincé Laurent Vila et rappelé Eric Bartecheky avant la venue de Roanne, un match qui s'annonce électrique. 

Le jeudi est le jour réservé au point presse du côté du Palais des Sports de Pau. Habituellement, peu de médias se présentent devant la « table » mise en place dans le couloir afin de respecter les mesures Covid. Mais cette fois, il y avait plus de monde qu’à l’accoutumée. Depuis plusieurs jours, la maison paloise brûle. Giflé par deux fois, par Orléans puis par Bourg-en-Bresse, l’Élan Béarnais est en crise et c’est peut-être la plus grave crise de son existence. Avant-dernier, Pau veut éviter la troiisème descente de ses 15 dernières années.

C’est un capitaine marqué par les résultats (dix défaites de suite) et par les dernières heures qui s'est présenté devant les médias. Nicolas De Jong a rapidement émis le souhait de ne parler que du terrain et du match de samedi face à Roanne. Une première finale pour une équipe qui n’a plus célébré la victoire depuis 5 mois et le fameux départ de Shannon Evans. 

"Je n’ai pas de commentaires à faire par rapport aux derniers événements. On connaît la situation, aujourd’hui il y a un nouveau coach c’est comme ça et on doit penser au match de samedi. C’est la première finale, il en restera certes après mais, quand tu es avant-dernier et que tu joues l’équipe devant toi au classement alors tu te dois de ne penser qu’à la gagne", estime le capitaine béarnais."

Nicolas De Jong : "On doit s'en sortir"

Ce sont des moments compliqués que sont en train de vivre les joueurs. Le possible rachat du club par les investisseurs américains a sans doute fait plus de mal que de bien à cette équipe. Mais De Jong ne se cherche pas d’excuse. Il faut gagner. Il ne veut que le club descende en Pro B et c'est pour cette raison qu’il espère que chacun donnera son maximum.

"Je ne vis pas une saison amusante. Personne ne prend du plaisir. Perdre n'est jamais bon, surtout dans cette situation. Mais il y a un job à faire, il faut sauver la maison. Il faut réaliser que nous sommes dos au mur. On a déjà changé des joueurs, puis le coach. On doit s’en sortir. Il n’y aura pas de nouveaux joueurs. On doit trouver des solutions le plus rapidement possible. Chacun doit jouer avec son honneur et sa fierté. Si c’est que 15 minutes, alors ce sera 15 minutes. Il faut donner le maximum pendant 40 minutes. Tout donner pour enfin aller chercher une victoire. "

Nicolas De Jong sur le parquet d'Ekinox mardi (photo : Jacques Cormarèche)

Ce rôle de capitaine, Didier Gadou le connaît. Lui l’emblématique numéro 10 du club n’a jamais connu pareille période en tant que joueur. A son époque, l’Élan gagnait et dominait le championnat. Malheureusement, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Il a toujours rêvé de voir son club de cœur être capable de lutter pour aller chercher un 10e titre de champion. Une 10e étoile comme il aime le répéter. Mais avant de penser au paradis, il faut éviter l’enfer. Et une descente serait terrible pour un club qui depuis quelques semaines rêve de se faire reprendre par des investisseurs. Il y a quelques jours, dans les colonnes de la République des Pyrénées, il était indiqué que Didier Gadou et Didier Rey n’étaient plus maîtres des décisions. En personne, Didier Gadou a voulu rétablir quelques vérités concernant l'avenir du club.

"C’est une vaste blague. Nous sommes responsables juridiquement et nous dirigeons le club chaque minute, chaque seconde, le reste c’est du bla-bla. D’ailleurs ça perturbe beaucoup le club et ça le met à mal. Ça joue, mais tout y joue. La méforme d’un joueur, le départ d’un joueur, des prises de paroles autour du club par des gens qui ont d’autres missions au sein de la société. C’est juste détestable. Toutes les décisions sont prises en interne, y compris le changement d'entraîneur."

Didier Gadou : "Nous sommes contents de retrouver Eric Bartecheky"

En 2015, Didier Gadou était allé chercher Eric Bartecheky du côté du Havre. Pendant 2 ans, les deux hommes ont réussi à s’entendre et à mener le club béarnais dans le top 8 du championnat. Malheureusement, l’histoire s’est achevée en eau de boudin, le technicien champenois choissant de répondre à l'appel du Mans Sarthe Basket. Aujourd’hui, il espère que le coach champion de France avec le MSB un an après son départ de Pau, saura trouver les mots pour aider Pau-Lacq-Orthez à retrouver les chemins du succès.

"2021 sans victoire, 5 mois sans victoire. Nous avons laissé partir Shannon Evans, je pense qu’il faut faire le deuil de tout ça. Et une façon de faire c’était de changer de discours et de management. Pourquoi ? Parce que plus on perd et plus on voit les défauts chez chaque joueur. Il ne saute pas, il ne comprend pas, il ne donne pas la balle vite... Il faut reprendre en main de ces joueurs-là, dans un pragmatisme tel que le définit Éric Bartecheky pour porter l’objectif du club vers la victoire. La prise en main sera différente, pour retrouver quelque chose que l’on ne trouve pas depuis plusieurs mois. J’ai une bonne relation avec Éric. C’est moi qui suis allé le chercher. Quand il a fallu le prolonger, il y a eu une surenchère comme il y a pu en avoir sur certains de nos joueurs. D’ailleurs quand il a été champion de France, je lui ai envoyé un SMS pour le féliciter et il s’en souvient. Aujourd’hui il est libre, nous en avons un besoin. Nous sommes contents de le retrouver même si on perd une personne de qualité comme Laurent Vila."

Après la 10e défaite consécutive à Bourg, Laurent Vila a donc été écarté de ses fonctions. Mais Didier Gadou souhaite que le coach catalan reste près du club et occupe une fonction dans le staff. C’est pour cette raison, que les dirigeants palois lui ont fait une offre. 

"Nous lui avons proposé de rester dans le staff technique. On connaît l’homme et l’analyste que peut être Laurent et je me suis dit que si nous étions en mesure d’élargir le staff technique que nous dû limiter l’an dernier pour des raisons financières avec le départ de Bryan George à l’ASVEL alors cela peut être un plus pour l’équipe et de la plus-value au staff car on va enchaîner les matchs. Laurent réfléchit par rapport à ça, je pense qu’il a apprécié. Il peut contribuer d’une façon à une autre au travail technique sur le staff par exemple sur le scouting. Où je suis content c’est qu’il a pu échanger avec Eric et Eric lui a ouvert une porte. Pour l’instant il n'y a pas de rupture (de contrat), c’est lui qui va décider. Nous lui montrons de l’attachement que nous n’avons jamais cessé d’avoir", conclut le directeur exécutif de l'EBPLO.

Après Didier Gadou, c’est donc le nouveau chef de meute qui s’est présenté face aux journalistes. Attendu comme le messie, Eric Bartecheky a avoué avoir réfléchi quand l’offre est tombée sur la table. Résident dans le Béarn, il a toujours gardé le club dans son cœur. Aujourd’hui, pour la première fois de sa vie, il va prendre en cours de saison une équipe. Un nouveau défi dans sa vie de coach. 

 Eric Bartecheky : "Je dois de nouveau prouver"

"En 8 ans de carrière, c’est la première fois que je prends une équipe en cours de saison. C’est un nouveau défi mais je suis prêt. C’est l'Élan... Sans faire injure aux autres clubs, l'Élan est le club qui m’a le plus plu. Il y a eu des bonnes histoires et des moins bonnes. Mais dans l’ensemble, l’histoire du club, les gens, le Palais, la région et on peut mettre énormément de choses en plus. En 2017 quand je suis parti, je pense que c’était une question de timing. Je voulais avoir de la sécurité et malheureusement cela ne s’est pas fait. Avec du recul, les deux parties ont des torts et de mon côté je n'ai peut-être pas fait tout ce qu’il fallait pour obtenir tout ce que je voulais. Derrière, j’ai eu une possibilité et je ne peux pas la regretter car j’ai été champion. Je me voyais rester ici parce tout se passait bien. Mais c’est comme ça, là je suis de retour."

Considéré comme l’un des meilleurs coachs français après son titre au Mans en 2018, Eric Bartecheky sort d’une expérience compliquée à Gravelines-Dunkerque. Dans un club qu'il connaît bien, il va pouvoir faire exercer sa passion avec néanmoins un peu de pression…

"Depuis mercredi, ma vie a de nouveau changé. Moi j’ai toujours la pression. A Gravelines, ça ne s’est pas très bien passé. J’ai eu un break et j’ai tout à refaire. Même si j’ai eu des résultats, je dois de nouveau prouver. Je bosse comme un fou pour ne pas avoir de regrets. Je n’ai jamais perdu cette flamme. Quand tu recommences à regarder les vidéos, les matches que tu reviens aux entraînements, alors tout revient vite." 

Partout où il est passé, il a toujours pu compter sur un axe 1-5 performant. Les meneurs D.J. Cooper, Juice Thompson, Justin Cobbs ont brillé dans le système Bartecheky. Aujourd’hui, c’est Tony Wroten qui est censé être l'un des meneurs de jeu palois. Arrivé dans le Béarn hors de forme, il est l’un des sujets tabous du club palois. La mission maintien du club passe par la capacité qu’aura le coach palois à redonner vie à l’ancien joyau des Sixers. 

"Pour moi l’objectif est là. C’est un joueur en qui j’ai envie de croire et de faire confiance. Je veux le lancer, le responsabiliser. C’est mon souhait, c’est le discours que je lui tenu hier (mercredi). Comment va-t-il se comporter ? Il faut prendre en compte son état physique. Mais ma volonté est là. Est-ce qu’il va être capable d’y être ? Est-ce qu’il a la volonté d’y arriver ? Est-ce que tout va se passer comme ça ? Je ne sais pas mais j’ai envie d’y croire. Si samedi il est opérationnel de suite et qu’il est dans le bon ton alors il jouera, s’il ne peut pas le faire longtemps pas grave, on le sortira puis on le remettra. Mais à condition qu’il soit dans la bonne attitude, qu’il ne perde pas de ballons et qu’il gère bien l’équipe. Mais si ce n’est pas le cas alors on le sortira et on verra peu importe la situation, c’est compliqué pour lui et il faudra prendre des décisions. Mais pas envie d’y penser. J’ai envie d’être positif."

pau1616150369.jpeg
Tony Wroten va-t-il parvenir à aider l'Elan Béarnais ? (photo : Jacques Cormarèche)

Rendez-vous samedi soir pour voir si l’électrochoc tant attendu aura bien lieu.

À Pau,

 

 

19 mars 2021 à 13:28
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE

BeBasket

Dites byebye à la publicité et encouragez le travail effectué sur la couverture quotidienne du basket Français !

À partir de 5 € !
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
ANTHONY OTTOU
Bercé par les Chicago Bulls... de Dennis Rodman, mes journées seraient si tristes sans ce fichu ballon orange.
Anthony Ottou
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
albums photos
Aucun album trouvé
Coaching

Nous avons détecté que vous utilisez un adblocker ou bloqueur de publicités

AdBlock

Soutenez-nous en désactivant votre bloqueur de publicités pour continuer à profiter d’une information de qualité.

Nous vous invitons à retirer BeBasket de la liste des sites bloqués et à recharger la page pour poursuivre votre navigation.