JEEP ÉLITE

ITW AMARA SY : "DONNER UNE CHANCE AUX JEUNES DE RÉALISER LEURS RÊVES"

Crédit photo : Sébastien Grasset

Il est aujourd'hui le patron de cette Jeep ÉLITE. Quand Amara Sy parle, tout le monde l'écoute. Capitaine d'une équipe de Monaco revancharde, l'Amiral s'est confié lors du Média Day LNB. Son équipe débute la compétition aujourd'hui mais lui, devra attendre un peu car il s'est de nouveau blessé au poignet.

II est le visage du championnat. A 37 ans, Amara Sy attaque sa 15e saison en première division française. Egalement patron du Syndicat des joueurs et président du club de Cergy-Pontoise, dont l'équipe fanion vise la montée en Nationale 1, Amara Sy peut être qualifié de "boss" du championnat. Même s'il va manquer le premier ce dimanche contre l'ASVEL à cause d'une blessure au poignet, il semble encore prêt à lutter pour le titre. Entretien.

Comment se sent le "boss" de la Jeep ELITE à quelques jours du début de la saison ? 

Je ne suis pas le boss (rires). Non je me sens bien physiquement, on a eu une présaison assez compliquée, du fait qu’il a fallu s’adapter à un nouveau coach, des blessés, des joueurs qui ont dû partir avec les fenêtres internationales, mais on va pas se plaindre c’est le lot de plusieurs équipes dans cette Jeep ÉLITE. Nous avons perdu beaucoup de matchs dans cette préparation, mais le plus important reste le championnat. On va se mettre en mode compétition et tenter de gagner dimanche dans le choc face à l’ASVEL. 

L’an dernier, Monaco a remporté la Leaders Cup, mais vous vous êtes inclinés en finale de la Ligue des Champions et en finale des playoffs. Est-ce compliqué de se relever ? 

Tu y penses et tu es énervé pendant 4 jours, mais après tu es obligé de passer à autre chose. Quand tu es basketteur et compétiteur, tu es obligé de te relever rapidement. C’est comme dans la vie, si tu connais la défaite alors fait en sorte de tout faire pour gagner quand tu en auras de nouveau l’occasion. On ne peut pas s’arrêter sur un échec. On dit souvent : "reculer pour mieux sauter". Cela te permet d’avoir une motivation supplémentaire pour essayer de faire mieux que la saison dernière. Depuis que Monaco est revenu en Pro A, chaque année nous avons réussi à passer un cap. On doit garder ça en tête. Si c’est encore le cas cette année, cela voudra dire que nous avons remporté plusieurs trophées cette saison. L’an dernier sur 4 compétitions, on a disputé 3 finales. En Coupe de France, nous avons dû faire jouer les Espoirs, donc peut être qu'on aurait pu même en disputer 4. On perd de 2 points en finale sur un match 5 face au MSB, certes c’est frustrant mais on a soif de revanche. 

Quelle a été la déception la plus grande ? Perdre en finale du championnat ou en finale de la Coupe d’Europe ? 

Ca reste la Jeep ÉLITE. Même si en Ligue des Champions, nous étions favoris, nous avons quand même joué à l’extérieur, dans une ambiance phénoménale devant 20 000 personnes (à Athènes, NDLR). Ce n’est pas pareil. En championnat, on part gagner au Mans lors du match 4 et donc on a juste à terminer le travail à la maison, mais on perd sur la dernière possession. C’est cette défaite la plus frustrante. 

Après votre défaite face en Ligue des Champions, on a cru comprendre que vous avez pris la parole pour remotiver les troupes et dire que la saison n’était pas terminée.

Non, j’ai pris la parole comme le coach ou comme le président. Les jours d'après ont été compliqués, on perd à la maison contre Pau en championnat car nous avons la tête encore à la Ligue des Champions. Mais comme je l’ai dit tout à l’heure, après un échec il faut se relever. Sinon cela ne sert à rien de faire du sport. On a tous eu malheureusement des échecs dans la vie, le principal est de savoir ce que l’on fait après ces échecs. Soit on se bat et on avance ou alors on se lamente sur notre sort et on doute. Alors il est vrai que les matchs suivants ont été plus compliqués. Mais en playoffs on a su se remobiliser malgré un 1er match très dur face à Pau et surtout par la faute d'un Elie Okobo (44 points lors du match 1). Puis face à Limoges, il y a eu cette polémique autour de l’arbitrage mais dans l’ensemble on réalise de bons playoffs. Sauf en finale vue que l’on ne gagne pas. Nous n'avons pas été très réguliers, je pense que si Monaco avait joué de façon constante alors on aurait remporté cette série. Mais bon c’est fait, cela reste des hypothèses. La vérité c’est sur le terrain, et c’est Le Mans qui est le champion.   

itw-d-amara-sy--donner-une-chance-aux-jeunes-de-realiser-leurs-reves-1537698819.jpegAmara Sy entamera sa quatrième saisons sous les couleurs monégasques. © - Sébastien Grasset.

Nous sommes à Paris et donc pas loin de Cergy-Pontoise, votre ville. Vous êtes aussi le président du club qui évolue en Nationale 2. Est-ce que Amary Sy le président est heureux ? 

Je me sens bien, on a commencé le championnat de la meilleure des manières avec 2 victoires. L’objectif est de monter, c’est toujours bien de commencer le championnat avec des certitudes. Le groupe est sein, l’ambiance est bonne et le coach est motivé. Il a une très bonne philosophie, tout se passe bien dans le meilleur des mondes. Maintenant on doit continuer ainsi, le plus important ce n’est pas de se croire invincible, au contraire nous devons garder les pieds sur terre afin de réaliser nos objectifs.  

Vous gérez très bien le club à distance. Être originaire de Cergy et respecté dans sa ville aide forcément ? 

Oui, forcément. Je pense que c’est pour ça que les dirigeants m’ont contacté. Je viens de là-bas, j’ai grandi à Cergy, je représente la ville et ses habitants du mieux que je peux depuis plusieurs années maintenant. Personnellement, j’ai toujours voulu aider ma ville et mon club. Mais pas que. J’ai envie d’aider le basket africain, donner une chance aux jeunes de réaliser leurs rêves. Je pense être un exemple pour les jeunes à Cergy, j’essaie en tout cas de leur montrer l’exemple et de les aider. Ils savent qu’ils peuvent compter sur moi. Il y a un engouement derrière le club, le nombre de licenciés ne cesse d’augmenter. Les gens sont avec moi, ils me donnent beaucoup de force, ils me suivent énormément depuis le début. Pour la première fois, on a refusé des jeunes, ce qui montre que le club grandit même si c’est triste pour les jeunes qui ne peuvent pas jouer au basket. Mais ça veut dire que le basket redevient une place forte du côté de Cergy. 

Vous incarnez la sagesse. Est-ce que cela vient de votre éducation ?  

Attention, cela peut aller très vite aussi (rires). Je ne me laisse pas faire et c’est pour ça que les gens me respectent. Si tu veux me marcher dessus alors tu vas me trouver et ça va partir en sucette et tu verras que je ne suis plus du tout le même Amara. Moi je parle et je respecte tout le monde. Tu peux me voir parler avec Charles Kahudi ou Sekou Doumbouya de la même façon. Je rigole avec tout le monde. Être moi-même est l’une de mes priorités dans ma vie. Jamais je ne changerais. 

itw-d-amara-sy--donner-une-chance-aux-jeunes-de-realiser-leurs-reves-1537698716.jpegBasketteur et papa à plein temps, Amara est un homme comblé. © - FIBA.

Quelle est la différence être Amara Sy le basketteur et Amara Sy le père de famille ? 

C’est compliqué, car j’aurais aimé passer plus de temps avec mes enfants. Mais heureusement que ma femme est là. Elle s’en occupe parfaitement. Moi mes enfants, ils ne sont pas contents quand je pars en déplacement. Quand je suis à Monaco, j’essaie de passer le plus de temps avec eux. Après attention, parfois ils sont contents de ne pas me voir à la maison car je suis quand même plus sévère que ma femme. Comme dans la vraie vie, je suis gentil mais il ne faut pas dépasser une certaine limite. Mais je pense être juste, j’essaie de les récompenser quand ils le méritent et les sanctionner quand il faut le faire. Alors parfois cela fait mal au cœur, mais ce n’est pas parce que je les punis qu’ils ne vont plus m’aimer, sinon mes parents je ne les aimerais plus c’est sûr (rires). Non au contraire, ils savent que c’est pour leur bien, que je serai toujours là pour eux. C’est important de bien éduquer ses enfants, surtout dans le monde où on vit aujourd’hui, je sais que ça peut vite vaciller. Je ne suis pas le père exemplaire, j’essaie de m’améliorer au quotidien pour les rendre le plus heureux possible. 

Est-ce plus compliqué d’être un bon père de famille ou de gagner des titres ? 

Des bons pères ? Je ne sais pas si j’en connais. Par exemple, il y a des choses que je vais mieux faire que certains de mes coéquipiers et vice versa. Je n'essaie pas de copier les gens au contraire. Je veux aider mes enfants à affronter la vie de la meilleure des façons, tout simplement.  

 

À Paris, 

23 septembre 2018 à 15:20
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