BETCLIC ÉLITE

ITW ANTOINE EÏTO : "MON RÔLE, CE SERA D’ÊTRE LE CIMENT DE L’ÉQUIPE"

Crédit photo : Léo Morillon

A l’issue d’une saison tourmentée, l’ancien meneur emblématique du Mans Sarthe Basket s’est engagé trois ans avec Chalon-sur-Saône. L’épisode finale d’une séquence de sept ans avec le club manceau, et le début d’un nouveau projet avec l’Elan. Malgré la relégation du club en Pro B, il est déterminé à faire remonter le club en Betclic Elite.

Après un passage de sept ans au Mans Sarthe Basket, Antoine Eïto (1,88 m, 33 ans) va évoluer à Chalon-sur-Saône à partir de la saison prochaine. Son cinquième club professionnel (Villeurbanne, Vichy, Le Mans, Orléans) en quinze ans de carrière. '' Déçu et un peu choqué '' du sort réservé par le club manceau - qui ne souhaitait plus le conserver -, il rejoint un club en pleine restructuration sportive et organisationnelle, après la relégation en Pro B. Tourneboulé par l'annonce du départ de Dominique Juillot, président depuis 1993, l'Elan Chalonnais a opéré une mue sportive de grande envergure. Les arrivées conjointes de Leo De Rycke (directeur sportif) et Sebastian Machowski (entraîneur) ont marqué la fin de saison. En quête d'un meneur d'expérience, capable de guider des jeunes joueurs, ils se sont rapidemen tournés vers Antoine Eïto. S'il reconnaît avoir hésité à rejoindre un club relégué en Pro B, le natif de Barbezieux a finalement été séduit par le projet proposé par les dirigeants bourguignons. 

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Antoine Eïto sous les couleurs du Mans (photo: Jacques Cormarèche)

Entre vos activités au Syndicat National de Basket, le Covid, le Tournoi Qualificatif Olympique, le départ du Mans et votre signature à Chalon-sur-Saône, vous avez connu une fin de saison très agitée. Avez-vous eu le temps de vous reposer ?

Oui, j’ai pris une semaine après le dernier match de championnat, parce que j’avais le dos qui sifflait. On avait beaucoup de blessés. Pour que je puisse jouer, il aurait fallu qu’on me tire dessus. La mission était accomplie avec le MSB en atteignant les playoffs. Là, je reviens d’un stage en Martinique dans lequel figuraient 10 sportifs de haut niveau. Il y avait Steeve Savidan (football), Emilie Andéol, championne olympique du judo, Anne-Laure Florentin (karaté), Yannick Bazin (volley) ou encore Amélie Goudjo qui a 101 sélections avec l’équipe de France de hand. On est intervenus auprès des jeunes Martiniquais pour promouvoir le sport de haut niveau. Je suis rentré avant-hier (30 juin). Ce n’était pas du repos total.

Emotionnellement, comment vous êtes-vous remis du TQO ?

Pendant deux jours, j’avais la tête dans le sac. Derrière, il y avait le 5x5. Il fallait qualifier le MSB en playoffs. C’était mon objectif personnel parce que j’ai toujours fini top 8 au Mans. Il fallait se remobiliser. C’est notre job.

Qu’est-ce qui vous a poussé à privilégier Chalon par rapport à d’autres clubs ?

L’envie de travailler avec moi. Le nouveau directeur sportif, Leo de Rycke, avait vu que l’équipe avait des soucis de leadership. Il manquait à l’équipe un joueur emblématique qui tirait les gars. Chalon a dit ok en voyant ma fin de saison. Le MSB a fait le choix de ne pas me conserver (pour la saison 2021-2022) le 10 avril. Un mois avant la fin de saison, il y avait déjà des discussions. Le projet m’a plu. Même si je me suis posé la question quand j’ai appris qu’ils descendaient en Pro B. C’est le gros bémol. On a tous envie d’avoir une évolution de carrière. Je n’ai quasiment joué qu’en Pro A. Mais ça reste un gros club. C’est la septième masse salariale de Betclic Elite. Ils ont eu un accident. Maintenant, il faut remonter.

Pour moi, c’était très important de s’inscrire dans un projet. Je n’ai jamais fait moins de trois ans dans un club. J’ai 33 ans, une femme et trois enfants. Je n’allais pas attendre indéfiniment que les clubs de Pro A se bougent. Pour certains, le timing n’était pas bon. C’est le cas de Pau. Pour d’autres, c’était un problème d’argent. A Gravelines, le manager général pensait que je ne vaux pas l’argent qu’on veut mettre sur moi. Il préfère prendre un Américain. Moi, je n’ai pas envie de me brader.

 ‘’Je ne suis pas du genre à m’engager dans quelque chose si je ne suis pas à 400%.’’

Sebastian Machowski (Allemand, 49 ans) est le nouvel entraîneur de l’Elan. Quel premier contact avec-vous eu avec lui ?

Il parle un peu français. Il est intéressant. On a la même vision du projet. Il faut ajouter Leo (De Rycke) qui en est la pierre angulaire. Je n’aurais pas signé à Chalon si je n’avais pas eu les réponses à mes questions. Je ne suis pas du genre à m’engager dans quelque chose si je ne suis pas à 400%.

Aurez-vous de plus grandes responsabilités offensives qu’au Mans ?

Je ne suis pas un joueur de statistiques. Cette année, en 23 minutes, je fais 8 points et 5 rebonds. Mais en défense, je me défonce. Si je fais plus de stats, tant mieux, mais c’est loin d’être ma priorité. Être joueur majeur en Pro A ne te garantit pas de ‘’surdominer ‘’ la Pro B. Ce serait ridicule et irrespectueux de penser de la sorte. Mon rôle, ce sera d’être le ciment de l’équipe. Il y aura Mike (Gelabale) aussi dans ce cas-là. Cette année, j’ai été très frustré individuellement. C’est en fin de saison que j’ai pu m’exprimer. J’ai été bon à partir du moment où on m’a confié plus de responsabilités. J’espère que ça va se passer pareil.

Il y a trois semaines, vous avez effectué votre dernier match à Antarès. Comment avez-vous vécu ce moment ?

Il y a eu deux phases. Celle de l’hommage et celle l’annonce du départ. Je l’ai mal vécue. Tout le monde le sait. Je l’ai dit et redit. J’ai été triste, déçu et un peu choqué. La déception passée, j’avais un objectif pour moi et mon histoire avec le club, c’était de finir correctement. Sur l’hommage en lui-même, j’ai été triste parce qu’on était limité à 1 000 personnes. J’ai remercié les fans, le président, qui était ému, les gens du bureau, les partenaires, les bénévoles, qui m’ont offert des choses extraordinaires. J’étais très content et très honoré. Mais c’était bizarre parce que ce n’était pas une fin de carrière ou une décision voulue de ma part.

Quels sont vos meilleurs souvenirs au MSB ?

Le titre de champion de France en 2018. C’était incroyable. Le fait d’avoir été constamment en playoffs. La victoire en Leaders Cup (2014). Mine de rien, il y a aussi cette fin de saison. On a joué à 5 ou à 6. Les gens ne se rendent pas compte à quel point c’est un exploit d’avoir chopé la 7e place. C’est incroyable. Les bons souvenirs, c’est J.D. Jackson, Alex Ménard, l’année avec Bartoche (Eric Bartéchecky). Il y a aussi Dounia Issa. J’ai eu la chance de l’avoir en coéquipier, assistant-coach et entraîneur. C’est quelqu’un que j’apprécie même si je n’ai plus de nouvelles de lui. Au-delà des titres, je suis fier d’avoir été capitaine et deux fois All-star.

‘’Il y a des gens qui gagnent un SMIC en galérant. Moi, je me sens privilégié‘’

Vous avez une maison près du Mans. Quand allez-vous revenir ? L’histoire avec le MSB est-elle réellement close ?

Je reviendrai sur le Mans, c’est certain. Avec le MSB, c’est autre chose. Je ne vois pas comment je peux revenir au club sachant que j’ai été mis dehors. Mais j’ai de nombreuses attaches à la ville. J’ai mes amis mon réseau, mon boucher, mon boulanger… C’est ma ville d’adoption. J’ai des amis au golf, des parcours de golf, des voisins adorables. Ils s’occuperont de la maison quand on ne sera pas là. Deux de mes trois enfants sont Manceaux.

A 33 ans, il est possible d’envisager une reconversion professionnelle. Jusqu’à quel âge estimez-vous avoir l’énergie pour être basketteur professionnel ?

Tant que je peux me regarder dans un miroir, être bon sur un terrain, me sentir bien physiquement et mentalement, il n’y a pas de limites. Louis Campbell (ex-Strasbourg) a joué jusqu’à pas d’âge (40 ans). Fayçal Sahraoui (41 ans) a été meilleur passeur de N1 avec Toulouse. J’aime trop le basket. Au bout d’une semaine, je n’en pouvais plus. C’est pour ça que je fais du 3x3.

A côté du basket, je fais des choses. Mais, je n’aime pas en parler. Ça porte malheur. Trop anticiper, ça veut dire ne pas penser au terrain. J’ai envie de profiter. Quand on est sportif de haut niveau, on ne rend pas compte de la chance qu’on a. Tu vis bien, tu gagnes bien ta vie. Il y a des gens qui travaillent dans des usines, qui font des 6-13h, 13-20h. Il y a des gens qui gagnent un SMIC en galérant. Il n’y a pas de sous-métier. Je me sens privilégié.

06 juillet 2021 à 12:30
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