JEEP ÉLITE

ITW ASSANE NDOYE : "JE M’ATTENDAIS À MIEUX CETTE SAISON"

Assane Ndoye Elan Chalon 201819
Crédit photo : Sébastien Grasset

Après une première grosse saison chez les professionnels avec Blois, le retour d’Assane Ndoye à l’Elan Chalon ne s’est pas passé comme prévu. En manque de temps de jeu cette année, il s’est confié sur son parcours tout en évoquant sa motivation pour la suite de sa carrière.

Après un exil réussi en Pro B avec Blois, Assane Ndoye avait l’objectif de s’imposer dans l’effectif de l'Elan Chalon, le club qui l'a accueilli en centre de formation. Pour autant, son retour a été ponctué par quelques imprévus. Entre deux exercices de remises en forme pour renforcer son genou, Assane est revenu sur sa jeune carrière.

Sur les terrains LNB, Assane Ndoye (2,00 m, 23 ans) se distingue par son énergie. Passionné de basket depuis tout petit, c’est à ses cinq ans qu’il commence à jouer, après avoir pris l’exemple de son grand frère. A Chelles en Seine-et-Marne (77), Assane est très vite surclassé avant t’atterrir à Marne-la-Vallée, club phare du département. Il y a joué de benjamin à minimes France. Non sélectionné au pôle espoir d'Île-de-France, il intègre finalement celui de Reims : « Au moment de faire les tests pour intégrer le pôle espoir d’Ile de France j’étais blessé, et étant donné qu’ils ont un partenariat avec celui de Reims ils m’ont donné une deuxième chance. »

Déjà remarqué pour ses performances en club et avec le pôle espoir, Assane est fortement courtisé à l’issue de ses années minimes : « Il y avait plusieurs clubs qui étaient intéressés comme Cholet, Chalon, le Mans ou encore l’ASVEL. » Mais parmi eux, deux clubs vont se détacher des autres : « Ma mère ne voulait pas que je fasse des tests dans tous les centres de formation, car il y en avait deux qu’elle préférait. Pour mes parents, le projet scolaire était primordial. A Chalon et au Mans, le projet tenait en compte la scolarité, donc ils étaient rassurés. » La suite vous la connaissez sans doute : Assane rejoint le centre de formation de l’Elan Chalon. Comme de nombreux jeunes qui commencent à côtoyer l’univers du haut niveau, l’adaptation a été compliquée pour le natif de Nogent-sur-Marne : « Au début c’était dur car quand tu as 15 ans et que tu joues contre Yakuba Ouattara tu vois la différence. Mais j’ai toujours aimé jouer contre plus grand et plus fort que moi donc j’ai pu m’aguerrir. » Alors que tout se passe au mieux dans le club de Saône-et-Loire Assane va subir le premier revers de sa carrière. En passe de participer au championnat d’Europe, un souci de dernière minute le contraint à renoncer à l’été avec les bleus : « J’ai fait la préparation avec eux, mais une dizaine de jours avant de partir les médecins ont trouvé un problème cardiaque. A ce moment-là j’ai eu très peur pour la suite de ma carrière, car même si j’étais toujours en cours je voulais absolument être basketteur professionnel. J’ai fait des tests et il s’est avéré que c’était bénin et que je pouvais continuer à jouer. »

Plus de peur que de mal pour le joueur français, qui après du repos et quelques consultations rassurantes retrouve vite les parquets. Cette petite frayeur a permis à Assane de se rendre compte à quel point il voulait pratiquer le basket et en faire son métier. Encore plus motivé il commence petit à petit à intégrer l’équipe professionnelle en tant que douzième homme et s’entraine quotidiennement avec eux. Dès ce moment-là le poste 3 avait déjà compris que pour passer un cap il faudrait qu’il aille faire ses gammes dans les niveaux inférieurs : « Il fallait que je passe un cap et c’était la Pro B, mais le club ne voulait pas me prêter à ce moment-là, il voulait me garder encore. » Et l’histoire se répète, après avoir signé son premier contrat professionnel en 2016, son temps de jeu est encore très faible, mais cette fois-ci la solution d’un prêt va se concrétiser : « Arrivé à la mi-saison je fais le bilan et je vois que je ne joue toujours pas. Alors ok on avait une superbe équipe et le club a fini champion de France 2017 mais moi je ne jouais pas. En étant jeune, je pense que j’avais besoin de temps de jeu. J’avais besoin d’un nouveau défi en Pro B.  A Blois il manquait un joueur dans l’effectif, c’était donc le bon moment pour moi. » Dans le Loir-et-Cher, l’ailier y restera une saison et demie. Une période pendant laquelle il a notamment eu l’occasion de montrer l’étendue de son potentiel.

« J’ai pu prouver que j’étais un bon joueur dans une bonne équipe. »

Venu dans l’objectif de s’émanciper, Assane connaitra un exil plus que réussi car entre son temps de jeu régulier, de bonnes performances et un titre de champion de France de Pro B la deuxième saison, le bilan est plus que positif. Toutefois, en arrivant le déclic ne s’est pas fait instantanément. En arrivant dans un club qui venait de monter l’année précédente en Pro B, il connaît un tout autre décor de ce qu’il avait pu côtoyer à Chalon : « Quand j’arrive à Blois j’ai directement compris que ce n’était pas la même structure et la même organisation. Pour tout ce qui est kiné, médecin ou autres tu dois te déplacer toi-même alors qu’à Chalon j’avais tout à disposition. En arrivant je suis redescendu d’un étage. J’ai une anecdote par rapport à ça : C’était le jour de mon premier entraînement, j’arrive comme toujours une heure en avance et quand j’arrive à la salle il n’y avait personne. J’ai attendu 30 minutes pour que quelqu’un ouvre les portes de la salle. Et tout ça m’a permis de me débrouiller davantage tout seul, de grandir et murir. Après, en dehors de ça j’ai été super bien accueilli par tout le monde et franchement à Blois il y a beaucoup de gens bien. »

Une maturité qui s’est ressentie sur les terrains, puisqu’après une première moitié de saison à prendre ses marques, Assane devient un joueur majeur de l’effectif de Mickael Hay : « Quand je suis arrivé en cours de saison la première année, au début j’ai pris mes marques j’étais dans le rôle du petit jeune. Mais à la fin de l’année je me suis dit que je devais vraiment prouver que j’avais la capacité de jouer en Pro A, donc pour cela il fallait que je sois performant en Pro B et que je fasse une saison complète. J’ai fait savoir mes ambitions au coach, il était d’accord avec moi mais m’a dit que si je voulais être sur le terrain il allait falloir le mériter. Je me suis entrainé tout l’été, et je suis revenu la saison d’après avec les crocs. Cette saison c’était surement la meilleure saison que j’ai vécue, car mise à part mes bonnes performances il y avait une superbe entente dans l’équipe, on faisait que rigoler mais quand il s’agissait de jouer… ça se clashait sur le terrain, on jouait dur. Puis honnêtement être champion alors que tous les journaux nous annonçaient dans les deux derniers avant le début de saison, c’était magique. » Outre les bons résultats de l’équipe, le Seine-et-Marnais a lui aussi su tirer les choses à son avantage en devenant un des leaders de l’équipe à tout juste 21 ans : « J’ai pu prouver que j’étais un bon joueur dans une bonne équipe. Être champion de France en étant membre majeur de l’équipe à seulement à 21 ans, c’était énorme. Je ne voulais plus qu’on parle de moi en tant que jeune mais plutôt comme un joueur à part entière d’une équipe. » Défi réussi puisqu’après cette superbe saison, Assane est rappelé par son club formateur pour y intégrer l’équipe professionnelle.

Un retour mitigé

Après avoir prouvé de quoi il était capable dans l’antichambre de la Jeep ELITE, Assane avait l’objectif de s’imposer dans cette équipe chalonnaise. Toutefois, à l’image de cette saison, son retour a été plus que mitigé. Entre manque de temps de jeu et manque de confiance de son ancien entraîneur, l’ailier français avait du mal à reproduire les mêmes performances qu’à Blois. Avec une moyenne de 9 minutes pour 2,3 points et 1,8 rebond par match, Assane est forcément déçu : « Je m’attendais à mieux cette saison, car en soi ma moyenne de temps de jeu est faussée. Sur le début de saison je ne jouais pas du tout avec Philippe Hervé, alors qu’avec Julien Espinosa je commençais à avoir plus de responsabilités. Je ne critique pas Philippe mais avec Julien je me sentais beaucoup mieux. Donc je suis d’autant plus déçu que la saison s’arrête comme ça. J’étais en train de commencer à jouer davantage, ça vient me couper un peu. »

Néanmoins, Assane essaye de voir le bon côté des choses et se dit qu’il est mieux parti pour s’imposer l’année prochaine. En confiance avec Julien Espinosa, il semblerait que la saison 2020/21 soit tout à faire différente pour lui : « Je me dis que l’année prochaine sera surement mieux avec Julien en tant que coach. Je me sens bien avec lui. Il a une approche totalement différente, avec lui je ne suis pas le jeune, au contraire je suis un joueur qui doit confirmer… ça me plait. Il m’a clairement expliqué que si j’étais bon il me le dirait mais si je ne le suis pas il ne se gênera pas non plus. En gros, il ne m’a rien promis mais il m’a dit que si je le méritais je serais sur le terrain. Je pense que ça va être un peu comme à Blois… je vais revenir avec les crocs. » Une entente et une complicité retrouvée avec un coach : « Pendant ces deux mois de confinement on s’est appelé 5/6 fois mais on ne parle pas que de basket. On discute beaucoup de nos familles, de la rééducation de mon genou et de tout le reste. Je pense que le fait qu’il soit jeune (36 ans) ça aide à avoir une bonne relation. »

Vous l’avez compris déterminé à retrouver des sensations sur le terrain, Assane connaît déjà les étapes pour y arriver. Cela devra passer par des choses simples avant de redevenir un apport offensif comme il a pu l’être avec Blois : « Comme d’habitude je compte jouer avec beaucoup d’énergie. Il faut que j’apporte dans un premier temps un travail de l’ombre à l’équipe, c’est-à-dire me concentrer sur les choses simples comme la pose d’écran, et les grosses défenses, ainsi par la suite j’aurais plus de minutes de temps de jeu et j’aurais des points faciles en attaque. » Encore jeune il préfère prendre les choses étape par étape, pour autant il se laisse la possibilité de rêver à d’autres objectifs à court terme : « Si tu me demandes l’étranger, je te dis pourquoi pas… ça me branche, mais avant il faut que je domine en France et ça va passer par devenir un joueur majeur en Jeep ELITE. Je pense que d’abord il faut que j’ai 25 minutes et que je joue dans une équipe performante avant de penser à l’étranger » Une lucidité déconcertante pour son jeune âge qui laisse entrevoir de belles réussites pour l’avenir. Rendez-vous l’année prochaine pour savoir s'il parviendra à passer un cap.

15 mai 2020 à 18:30
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