BETCLIC ÉLITE

ITW CHRISTOPHE DENIS : "LA FINALE, CE SERA DIJON-STRASBOURG"

Crédit photo : Luttiau L Equipe

Ancien entraîneur de Paris-Levallois, Rouen et Bourg-Bresse, Christophe Denis (48 ans) sera consultant pour la Chaîne L’Equipe lors du Final Four, qui démarre ce jeudi à Rouen. Malgré l’absence des internationaux français, il s’attend à une '' belle fête '' du basket français. Avec Dijon comme potentiel chasseur de têtes. 

Ce jeudi démarre le Final Four des phases finales de Jeep ELITE. Christophe Denis, coach et consultant pour La chaîne L'Equipe (qui diffuse l'événement), nous donne ses impressions avant cet événement.

Dans ce Final Four, quelle équipe vous semble la mieux taillée pour tirer son épingle du jeu ?

J’ai un gros coup cœur pour Dijon. Je pense que l’équipe reste sur une superbe dynamique. Avec les départs d’Axel Julien, Alexandre Chassang et Laurent Legname, l’équipe aura très envie d’aller chercher quelque chose d’exceptionnel. Ce facteur mental me semble être au moins aussi important que le facteur physique. Dans d’autres sports, notamment extrêmes, on dit souvent que c’est au mental qu’on va chercher la performance. Le physique suit le mental. Pour l’ASVEL, l’impact des absents (Moustapha Fall, Thomas Heurtel, Gershon Yabushele, Charles Kahudi et William Howard) va forcément se faire ressentir. Je ne sais pas à quoi il faut s’attendre pour cette équipe. Mais elle joue avec une cible dans le dos. Pour moi, la finale, ce sera Dijon-Strasbourg.

Les équipes sont très éprouvées après deux moins intenses. Selon vous, le facteur physique sera-t-il le paramètre le plus important ?  

Le paramètre physique est très important. Le contexte, avec le gel du championnat et le rythme infernal auquel les équipes sont confrontés depuis deux mois a obligé les staffs à se casser la tête pour travailler sur l’optimisation des qualités physiques. Petits, vieux, moyens, grands, c’est très compliqué de s’adapter au profil de chacun. Je veux tirer un grand coup de chapeau aux joueurs et aux staffs. J’avais eu l’occasion d’échanger avec Zvezdan Mitrovic, avec qui j’échange beaucoup. Il était très en colère par rapport à ce rythme imposé. A l’époque, Monaco était encore en EuroCup.

Quels seront les joueurs les plus attendus ?

Bonzie Colson, le MVP strasbourgeois. J’ai été surpris de ne voir aucun Dijonnais figurer dans les nominés au titre de meilleur joueur. Ni David Holston ni d’Axel Julien. Je pense que ces joueurs auront à cœur de montrer qu’on a eu tort de ne pas les nommer. Du côté de l’ASVEL, Paul Lacombe aura quelque chose à aller chercher. Il a loupé cinq finales de championnat de France. Après, il y a des jeunes joueurs qui ont mis le nez à la fenêtre. Robin Ducoté à Dijon, Matthew Strazel à Villeurbanne. Cette jeunesse très talentueuse voudra se montrer. Il y a de quoi prendre son pied dans ce Final Four.

Une polémique a éclaté au sujet des internationaux appelés en équipe nationale. Moustapha Fall a exprimé sa colère lundi soir. Ces absences ne risquent-elle pas de peser sur l’équité de la compétition ?

Oui, bien sûr que l’équité est mise à mal. Et peu importe les moyens des clubs, l’ASVEL en ayant plus que les autres. Mais elle avait d’abord comme objectif d’aller gagner le titre de champion de France, et évidemment de bâtir une équipe pour jouer l’EuroLeague. Aujourd’hui, ne pas pouvoir compter sur Fall, Heurtel et Yabushele n’est pas méritée. Moi, j’en suis très triste. J’aurais aimé commenter un match avec ces joueurs-là. Mais je ne suis pas en bonne position pour dire quoi que ce soit.

C’est le basket français qui risque de payer les conséquences. Comment rendre un Final Four attractif quand les meilleurs joueurs français ne sont pas présents ?

Il ne faut pas faire la fine bouche. Je me refuse de critiquer un événement qui pourrait être une fête du basket français. La pire des choses qu’on aurait pu vivre, c’est que ce Final 4 n’ait pas lieu. Alors, c’est moins sexy. Et encore… Il va quand même décerner un titre de champion de France. Il faut penser aux acteurs qui seront présents. Je pense aux spectateurs, qui n’ont pas pu assister à un match cette année. Je pense aussi aux gens qui seront devant leur télé. On leur doit ce Final 4. Quoiqu’il arrive, ça restera du sport du haut niveau. Je lis plein de choses qui ne me plaisent pas sur les réseaux sociaux. Il faut arrêter de pointer du doigt que le côté négatif. Sans être naïf, il faut se réjouir de ce qui va se passer à Rouen.

Victor Wembanyama à l’ASVEL ? ‘’ Ce sera un révélateur ‘’

Cette semaine, Pau-Lacq Orthez est passé sous pavillon américain, est-ce la réponse la plus pertinente pour replacer ce club sur la carte des meilleurs clubs de France ?

Je reste terre à terre par rapport à ça. Je voyais d’un très bon œil le projet de Simon Darnauzan. C’est un ami de très longue date (il est aussi consultant à la Chaîne l’Equipe). J’ai été mis dans les petits papiers. Je voyais très bien qu’il voulait garder une identité béarnaise, avec des gens du cru. Ça ne s’est pas fait dans ce sens-là. Est-ce qu’on pourrait comparer ce que vit l’Elan Béarnais avec ce qu’a vécu le PSG en foot lors de l’arrivée des Qataris, toutes proportions gardées ? Est-ce que l’argent est forcément un gage de réussite ? Oui. J’ai été coach. Quand on a une masse salariale qui vous permet d’aller chercher des joueurs de talent, on a plus de chances de briller. Mais l’argent ne fait pas tout. J’attends de voir. Je pense que le basket français est fait de clubs à petits budgets. Dijon, aujourd’hui, Nanterre à l’époque, qui n’ont pas une grosse masse salariale, mais qui réussissent parce qu’il y a des gens compétents sur le volet sportif et en coulisses.

L’actualité de ces derniers jours, c’est aussi le départ annoncé de Victor Wembanyama à l’ASVEL. N’est-ce pas aller trop vite en besogne ?

Ce sera un révélateur. Je ne pense pas que ce soit une prise de risque. Ça s’inscrit pleinement dans la continuité de ce qu’il a fait une partie de la saison avec Nanterre. Il se challenge. Moi j’adore ce joueur, parce que je trouve qu’il a un côté très sexy. Je pense que T.J. (Parker), Freddy (Fauthoux), l’entourage, et Tony (Parker) seront l’insérer et progressivement l’intégrer dans cet effectif de l'ASVEL. Il aura l'opportunité de briller, que ce soit en championnat de France ou en Euroleague, comme l’a fait Luka Doncic – on ne va pas les comparer – avec le Real Madrid. On ne va pas lui fixer des objectifs très élevés pour ne pas qu’il les atteigne la première année. Victor s’inscrit dans un projet à moyen terme – 2 saisons – avant d’être drafté.

24 juin 2021 à 11:45
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE

BeBasket

Dites byebye à la publicité et encouragez le travail effectué sur la couverture quotidienne du basket Français !

À partir de 5 € !
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
ANTOINE GROTTERIA
Antoine Grotteria
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
albums photos
Aucun album trouvé
Coaching

Nous avons détecté que vous utilisez un adblocker ou bloqueur de publicités

AdBlock

Soutenez-nous en désactivant votre bloqueur de publicités pour continuer à profiter d’une information de qualité.

Nous vous invitons à retirer BeBasket de la liste des sites bloqués et à recharger la page pour poursuivre votre navigation.