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ITW DOMINIQUE JUILLOT (PARTIE 2) : "LE SPORT, CE N’EST PAS QU’UNE MARCHANDISE"

Crédit photo : Sébastien Grasset

L'ancien président de l'Elan Chalon, Dominique Juillot, donne sa vision de la gestion de la crise sanitaire de la LNB mais aussi de ce qui se passe à l'échelle européenne, avec les Coupes d'Europe.

Après avoir évoqué (dans la première partie de notre entretien, à lire en cliquant-ici) les raisons qui l'ont poussées à quitter la présidence de son club de toujours, l'Elan Chalon, avoir dressé un rapide retour historique sur ses 28 années à la tête de l'institution de Saône-et-Loire, Dominique Juillot, membre influent de ces dernières années au Comité Directeur de la Ligue Nationale de Basket (LNB), revient sur les décisions prises par la LNB durant la gestion de la crise sanitaire.

En tant qu’ancien membre du comité directeur de la Ligue, comment percevez-vous l’avenir du basket français après cette année qui a bouleversé les équilibres économiques et politiques des clubs ?

J’ai été vice-président. Je suis à l’origine de l’arrivée d’Alain Béral (président de la LNB), avec lequel on avait un projet. Après, je suis parti parce que le projet ne correspondait plus à mes convictions. On n’a pas mis à profit cette période difficile qui s’est imposée à tous. Ce qui est arrivé cette année, avec les descentes de Boulazac et de Chalon, on pouvait l’éviter. On aurait pu faire une saison plus apaisée, de façon à ce que les clubs ne fassent pas les folies qu’ils ont été sommés de faire. J’avais même imaginé qu’on se serve de cette période pour diminuer le nombre d’étrangers, et mettre à l’étrier plus de jeunes pour évaluer leurs capacités à jouer au plus haut-niveau. Il aurait été possible d’utiliser cette année comme un laboratoire pour avoir des finances en meilleur état, une ligue plus solide. Ce n’est pas ce qui a été fait. Tout le monde dit ''c’est dommage que Chalon..." Certains le disent avec sincérité, mais d’autres c’est moins certain. Si ça avait été Gravelines, Cholet ou un autre, ça aurait tout aussi embêtant.

Que préconisiez-vous ?

Je pense qu’on aurait pu passer à 20 clubs et rectifier dans les deux ou trois ans qui venaient. Aujourd’hui on est à 18, demain à 16, après demain à 14, c’est la pensée unique. Le basket français est d’une grande richesse. Il est équilibré géographiquement, avec des grandes et des petites villes. On ne s’appuie pas assez là-dessus. Plus on va resserrer l’élite, plus on va se couper. On est dans une économie virtuelle. On voit les difficultés de l’EuroLeague. C’est une compétition formidable, mais on a ouvert la boîte de Pandore en permettant à une institution privée de faire le travail régalien que la FIBA aurait dû faire. C’est complètement contraire à la culture sportive européenne, qui est la nôtre depuis toujours. (Jordi) Bertomeu a été écarté de la direction de l’EuroLeague parce qu’il n’était pas assez complaisant avec les plus riches. Les plus riches veulent toujours être plus protégés. Ça se finira mal. Selon moi, le premier doit avoir une récompense, le deuxième une autre, et ainsi de suite. La FIBA a été inconséquente soit par intérêt soit par faiblesse. On aurait pu donner à l’EuroLeague la sous-traitance de la compétition. Lors d’un repas, j’avais dit à (Jordi) Bertomeu que l’instance était plus compétente pour s’occuper de cette compétition. C’est le principe de subsidiarité. Le régalien, il doit rester l’apanage des dirigeants démocratiquement élus.

Ce système de gouvernance du basket européen, avec une EuroLeague réservée aux clubs les plus aisés, ne permet-il plus à des clubs intégrés à des petits territoires, comme le vôtre, de s’exprimer à l’échelle européenne ?

Forcément. Mises à part la BCL ou l’EuroCup, ce sont les clubs qui choisissent la compétition européenne dans laquelle ils veulent être. Ça n’a aucun sens. Le sport, ce n’est pas qu’une marchandise. Bien sûr qu’il y a de l’économie, ce n’est pas qui vais dire le contraire. Il y a des valeurs qui sont différentes. Comment allez-vous attirer des partenaires ou des collectivités s’ils savent qu’on ne pourra pas atteindre le niveau supérieur ? On a besoin des collectivités. Elles sont contentes de nous avoir. C’est un rapport qualité/prix qui est intéressant. Ça fonctionne plutôt bien. Ça n’émeut personne. Les journalistes que vous n’avez jamais fait de papier de fond sur ce sujet, ou il y a longtemps. Au nom de la mutualisation, on est prêts à tout sacrificier. On diminue le nombre d’équipes. La Ligue va devenir la variable d’ajustement des coupes d’Europe.

11 juillet 2021 à 12:30
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