JEEP ÉLITE

ITW ISAÏA CORDINIER : "TOUT CE PROCESSUS M’AMÈNE À CE NIVEAU-LÀ"

Isaïa Cordinier Antibes 201819
Crédit photo : Sébastien Grasset

Isaia Cordinier marche sur l'eau depuis deux mois. Il est l'arme numéro 1 d'Antibes dans cette fin de saison. Un beau rebond après une saison blanche.

"C’est frustrant car on ne gagne pas. Je suis là pour gagner, pour aider mon équipe à se maintenir. Pas pour briller seulement." C'est après la courte défaite à Pau le 23 avril que nous avons retrouvé Isaïa Cordinier. Le jeune arrière, âgé de 22 ans seulement, sortait d'un nouveau gros match (27 points à 10/15 aux tirs, 3 rebonds et 4 passes décisives). Mais son équipe d'Antibes venait de perdre d'un point (73-72). Deux semaines plus tard, leur lutte pour le maintien allait prendre fin avec une nouvelle défaite d'un point, à Boulazac cette fois (85-84).

Lors de cette saison difficile (6 victoires et 26 défaites après 32 journées), l'Azuréen revit. Après une saison blanche en 2017/18 (injections de PRP puis opération du genou en janvier pour soigner une tendinite très handicapante), le natif de Créteil est revenu sur les parquets en octobre. Au fur et à mesure de la saison, il a retrouvé le rythme de compétition et surtout son niveau.

Sur les 11 derniers matchs, le 44e choix de la Draft NBA 2016 a explosé. Il tourne à 15,5 points à 53,3% de réussite aux tirs (dont 40,5% à 3-points), 5,5 rebonds, 2,5 passes décisives et 4,2 fautes provoquées pour 17,9 d'évaluation en 32 minutes. Des performances qui attirent les convoitises. Au jeudi 9 mai, plus de la moitié des clubs de Jeep ELITE ont manifesté leur intérêt pour le jeune arrière. Mais lui, qui a tant travaillé pour revenir de ses blessures, a un objectif en tête : rejoindre la NBA. Les Brooklyn Nets, une franchise bien organisée très européanisée, sont désormais détenteurs de ses droits. Ils suivent ses performances et ont envoyé un préparateur physique à plusieurs reprises durant la saison. A l'issue de la saison avec Antibes, il devrait aller sur place continuer à s'entraîner. Avant de normalement participer aux Summer League NBA. L'objectif est de convaincre la franchise new yorkaise de lui offrir un des fameux "two-way contracts" afin de mettre un pied, par ce biais, dans la grande ligue nord-américaine.

En attendant, retour au présent avec sa belle fin de saison à Antibes...

Depuis début mars, vous êtes très production en match. Êtes revenu à votre meilleur niveau ?

Je pense être revenu encore plus fort. Tout ce que j’ai fait depuis un an a pour but de revenir à un niveau élevé. Et je ne veux pas m’arrêter là, au contraire. Je n’ai que 22 ans, j’ai beaucoup de travail, beaucoup de choses à améliorer. J’ai toujours gardé la confiance. A partir du moment où j’ai voulu me faire opérer, je savais que ça serait compliqué, mais je n’ai jamais perdu confiance en moi. C’est tout ce processus qui m’amène à ce niveau-là aujourd’hui.   

Avez-vous douté à un moment donné lors de votre rééducation, entre la Côte d'Azur et Berck ? 

Non, car cela a toujours été très clair dans ma tête. J’ai toujours eu un objectif en tête. J’ai toujours su qu’avec le travail je pourrais atteindre ses objectifs. Même quand j’ai repris et que j’ai eu un peu de mal, je savais qu’il fallait pas que je m’affole. Après un an sans jouer, il n’a rien de plus normal que d’avoir besoin de temps. J’aime prendre des exemples. Attention je ne me compare pas à eux, mais Gordon Hayward ou Paul George après de grave blessure et un an off (sans jouer), ils ont aussi eu du mal à revenir à leur meilleur niveau. Il faut du temps, il faut travailler. C’est ce que je fais, je suis en confiance car je donne tout pour être performant. 

Le fait de revenir à Antibes, dans un environnement que vous connaissez, a sans doute aidé à votre rédemption ?  

Oui, revenir dans à Antibes dans un endroit confortable était aussi l’un de mes objectifs. Après j’ai repris après 5 matchs, on était à 0-5 donc il y avait la pression, c’est certain. Moi personnellement, j’ai essayé de faire le moins d’erreurs possibles. Ce n'est pas facile. Quand tu as besoin de gagner et que tu n’y arrives pas, alors la pression est présente. Toujours garder la tête haute. Jouer le maintien, il y a une pression énorme. Tu as pas envie de laisser tomber le club en Pro B. Le club a lutté pour revenir dans l’élite. C’est terrible une descente. A titre personnel, tu n'as pas envie de faire partie d’une équipe qui a connu la descente. Tu as la pression, ça forge. Tu es constamment en train de regarder vers le bas, les autres résultats. Mais c’est comme ça, cela va me servir, c’est certain. 

En 2016, vous êtes drafté en 44e position aux Hawks. Deux ans plus tard, êtes-vous déçu de ne pas avoir été sélectionné au 1er tour, qui donne un contrat garanti ? 

Je savais que j’avais une chance d’être appelé en fin de 1er tour. Mon objectif était d'être retenu en fin de 1er tour donc un peu de déception. Mais Atlanta je savais que c’était une franchise qui me suivait. Bon depuis, il y a eu du changement. Le coach n’est plus là, le GM non plus. Mais à l’époque je savais qu'Atlanta me suivait vraiment. Après la déception laisse place à la joie. Entendre son nom ça reste quand même fort. Très fort même. C’est vraiment cool, c’était un rêve. 

Un ami lui annonce son trade à Brooklyn

Ce jour-là, Timothé Luwawu-Cabarot votre copain de formation à Antibes, est aussi drafté. Une belle récompense pour votre club de formation. 

Tim est devenu mon meilleur ami. J'ai été tellement heureux de vivre ça avec lui. On a joué tous les deux, gagné tous les deux, dominé tous les deux, dans la même équipe. Et là on se retrouve ensemble à la Draft. C’était un rêve. 

 Comment avez-vous appris l’échange de vos droits entre Atlanta et Brooklyn ? 

Je me suis réveillé et j’avais un message de l’un de mes meilleurs potes pour me dire que mes droits appartenaient désormais à Brooklyn. C’est comme ça que je l’ai appris. Après j’ai regardé Twitter etc. Je savais qu’avec le changement de direction, je ne rentrais plus dans les plans des Hawks. Mais j'ai eu cette chance de pouvoir être pris par les Nets, qui restent une très bonne équipe. Je ne sais pas s’ils comptent sur moi, mais je sais qu’ils se montrent intéressés, investis. Ils m’observent et pourquoi pas avoir la chance de les rejoindre un jour. 

Pensez-vous déjà à la saison prochaine ?

[Au moment de l'interview, il a surtout parlé de maintien, qui n'est plus d'actualité] Puis après je vais aller à la Summer League. Je ne veux pas voir plus loin pour le moment. C’est une chose que je contrôlerais en temps voulu. Pour le moment, je ne pense qu’au maintien. Le reste ne peut venir que si je suis performant. 

09 mai 2019 à 19:20
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