JEEP ÉLITE

ITW MACIEJ LAMPE : "LA JEEP ÉLITE A LE POTENTIEL POUR DEVENIR L'UN DES MEILLEURS CHAMPIONNATS D'EUROPE"

Maciej Lampe CSP Limoges
Crédit photo : Jacques Cormarèche

Fraîchement arrivé au Limoges CSP en remplacement médical de Jerry Boutsiele, l'intérieur polonais Maciej Lampe a fait ses débuts en Jeep ELITE face à l'ASVEL, le mardi 13 avril. L'occasion pour le nouveau limougeaud de se confier sur ses impressions sur le championnat français, revient sur sa carrière et sa situation actuelle. 

Avec 21 saisons professionnelles à son actif, Maciej Lampe n'a plus rien à prouver. Il a cependant choisi un nouveau challenge en venant au Limoges CSP en tant que remplaçant médical de Jerry Boutsiele. Auteur d'une magnifique carrière, le Polono-Suédois (il est né à Lodz mais a grandi à Stockholm) revient sur ses meilleurs souvenirs, ses projets et livre ses impressions sur la Jeep ELITE.

Maciej, vous avez eu une carrière bien remplie, vous avez joué au plus haut niveau (NBA, Euroleague). Pourquoi avoir choisi de venir au CSP Limoges ? 

J'ai joué en Chine les 4 ou 5 dernières années et avec la pandémie du COVID, c'était devenu plus compliqué d'y retourner. J'ai donc décidé de rester en Europe, j'ai joué un petit peu en Pologne, j'ai pensé que c'était une bonne idée pour moi d'y revenir et me montrer. Puis après ça, Limoges m'a contacté et j'ai toujours entendu du bien à propos de l'organisation, de l'histoire du club, donc pour moi, il n'y avait pas à réfléchir. J'ai toujours voulu jouer pour une bonne organisation avec une belle histoire, je n'avais jamais joué en France, donc j'ai pris le poste et je suis content d'être là.

« Je considère vraiment la France comme une option pour la saison prochaine »

Vous avez joué 3 matches avec Limoges, contre l'ASVEL, Bourg et Strasbourg, de quoi vous faire une première idée de ce qu'est la Jeep ÉLITE. Que pensez-vous du championnat à ce stade ? 

Je pense que c'est une ligue très athlétique, avec beaucoup de bons athlètes. Je n'ai joué que 3 matches donc c'est difficile pour moi donner une véritable réponse à cette question. Comme je l'ai dit, c'est une ligue athlétique avec pleins de joueurs athlétiques et de bons joueurs, mais je vais devoir jouer un peu plus longtemps ici pour pouvoir en dire plus à ce propos. J'aime beaucoup cette ligue. 

Avant de jouer ces 3 matches, comment voyiez-vous la Jeep ELITE ? 

Avant, ça n'a jamais été dans mes plans de jouer ici. J'ai eu la chance de joueur en Russie, en Espagne, les salaires sont un peu plus élevés dans ces ligues, tout le monde le sait. Mais maintenant que j'arrive à la fin de ma carrière, je considère vraiment la France comme une option pour la saison prochaine. J'aime beaucoup la France, les gens, la culture, la nourriture, etc. Donc, je pense que la Jeep ÉLITE a beaucoup de potentiel pour se développer et devenir meilleure, année après année. Je suis venu, je me suis rapidement préparé physiquement, le staff médical et toute l'organisation de Limoges sont de très haut niveau. Les médecins comprennent que la santé des joueurs est une priorité et je pense qu'avec les capacités physiques des joueurs, qu'ils soient si athlétiques, c'est le signe que la France a un gros avantage pour être une ligue agréable à regarder pour les fans. 

La Jeep ELITE n'a pas énormément de crédit dans le monde du basket, alors que l'équipe nationale en a. Grâce aux résultats sur la scène européenne de l'ASVEL, qui s'est installée en EuroLeague, Monaco, qui est en finale de l'EuroCup, ou encore Strasbourg, qualifié pour le Final 8 de Ligue des Champions, pensez-vous que cela va changer avec tout ça ? 

Oui, je pense que ça va continuer à se développer. La Jeep ELITE, comme je l'ai dit, a toujours été une ligue très athlétique, donc peut-être que le manque de crédit vient des petits détails. Les autres ligues en Europe sont plus concentrées sur les détails, sur comment ils veulent jouer, en France, c'est un peu plus ouvert. Les joueurs sont plus concentrés sur leurs aptitudes physiques que le QI basket peut être, sur certains points. Mais je suis certain que ça va continuer à se développer parce que, de plus en plus de bons coaches viennent en France et cela va continuer, ils vont pouvoir mieux comprendre comment jumeler ces deux styles de jeu. Je sens que le Jeep ELITE a beaucoup de potentiel pour grandir et devenir une des meilleurs championnats en Europe dans les années à venir. De plus en plus de joueur internationaux viennent jouer en France et je trouve que c'est un championnat qui sied aux Américains. Les Américains qui viennent en France se sentent bien ici et les joueurs français vont bien avec eux, c'est un bon "match". La prochaine étape pour les joueurs français, c'est de mieux comprendre les détails du coaching, les petites choses etc. 

« J'espère avoir l'opportunité de me battre pour un autre titre, ici, en France »


Avec la sélection polonaise (photo : FIBA)

Pendant votre carrière, vous avez joué beaucoup de matches, pouvez-vous me citer certains de vos meilleurs souvenirs sur un terrain ? 

Oh, c'est difficile, il y en a beaucoup. Si je reviens en arrière, ce serait déjà la première fois que j'ai joué en EuroLeague, j'avais 16 ans, avec le Real Madrid, c'était énorme. Commencer tout le processus pour aller en NBA, puis quand j'ai joué pour les Phoenix Suns, j'ai enfin eu des minutes, j'ai joué, j'ai marqué 17 points sur un match NBA, c'était fou. Après ça, je dirais qu'aller en Russie et gagner le championnat en finale contre le CSKA Moscou, c'était un grand moment pour nous au BC Khimki de battre le rival. Ensuite, je dirais que gagner l'EuroCup avec l'UNICS Kazan (en 2011) - en plus ils sont en finale cette année, 10 ans plus tard, contre Monaco - c'était quelque chose, être élu MVP du championnat russe cette année là, c'était énorme aussi. Même avec Baskonia en Espagne, on a fait le Top 8 de l'EuroLeague, c'était fou, dans une saison très difficile, on a eu de beaux succès en EuroLeague cette année là, on a perdu contre le CSKA 3 à 1 donc on n'a pas pu accéder au Final Four, mais c'était une très bonne saison. Après ça, gagner le championnat d'Espagne avec Barcelone, contre le Real Madrid, où j'ai commencé, c'était un très beau moment pour moi. Pour finir, j'ai aussi eu beaucoup de bons matches en Chine, lors de ma première saison avec Shenzhen, on a eu le meilleur bilan de l'histoire du club en allant jusqu'en demi-finales, c'était cool. Jouer pour Jilin était sympa aussi, on a fait les playoffs, alors que l'équipe était dans le fond du classement avant que Dominique Jones et moi on arrive, et on les a emmené en playoffs. Vous voyez, il y en a beaucoup (rires). J'espère avoir l'opportunité de me battre pour un autre titre, ici en France. 

Le basket polonais n'est pas un très gros marché sur la scène européenne. Quel est votre opinion à son sujet ? 

Le basket polonais a vraiment besoin d'aide, à mon avis. Ils sortent d'une sensationnelle Coupe du Monde 2019, avec une huitième place. En tant que joueur polonais, je suis très content de ce résultat. Mais si je suis réaliste, je ne peux que reconnaître le fait que les meilleurs joueurs européens n'aient pas fait les matches de qualification, c'était une étrange situation et même si je suis très content de cette huitième place, je ne pense pas que nous sommes vraiment la huitième meilleure équipe du monde. Je pense que le problème en Pologne, c'est que beaucoup de gens ne connaissent pas trop le sport. Le sport et les ligues sont, pour la plupart, dirigés par des politiciens et c'est quelque chose qui n'est pas très bon. Je pense qu'il devrait y avoir beaucoup plus d'anciens joueurs impliqués dans les ligues, des arbitres etc. Le basket polonais a du potentiel, c'est presque comme si on devait attendre la prochaine génération. De mon point de vue, il y a beaucoup trop de mauvaises habitudes, c'est beaucoup de mauvais basket, pour être honnête. Quand tu regardes les matches et la ligue, le niveau n'est pas incroyable. C'est quelque chose que le ligue polonaise va devoir traverser et va devoir grandir grâce à cela. J'espère que ce sera le plus rapidement possible et j'espère que l'intérêt suscité par le succès de l'équipe nationale va donner envie aux gens de regarder le basket en Pologne et que le télévision diffusera de plus en plus de matches, mais je sens qu'il faudra plus de qualité dans le jeu pour que cela arrive. C'est quelque chose sur laquelle la ligue et les équipes vont devoir travailler à l'avenir.

Vous avez dit récemment que vous vouliez retourner en Chine à la fin de votre contrat avec Limoges, qu'est-ce qui vous attire dans le championnat chinois ? 

J'y ai joué ces dernières années, je m'y sentais vraiment bien, mais si je dois être honnête, c'est aussi pour l'argent (rires). On peut se faire beaucoup plus d'argent en Chine qu'en Europe, surtout pour quelqu'un comme moi, qui a toute une carrière derrière lui. C'est quelque chose que je me dois de considérer maintenant. Mais j'aime vraiment jouer en Chine, la ligue est structurée différemment, ils essayent de faire plus comme la NBA, c'est un style de jeu différent, tu as beaucoup plus le ballon en main, donc tu peux jouer un peu plus pour toi même. Certains joueurs scorent 40/50 points par match et c'est quelque chose de normal là-bas. Les attaques sont essentiellement basées sur les étrangers et tant qu'on joue et qu'on prend du plaisir, c'est vraiment un bon endroit où vivre. De plus, la Chine a toujours voulu développer le basket au sein du pays, ils travaillent dessus tout le temps. Je pense que d'avoir organisé la Coupe du Monde 2019, était un gros défi pour eux, à cause des règles FIBA. Le jeu européen est très différent du jeu en Chine. Les matches sont plus court, c'est plus intense en CBA, les matches sont moins focalisés sur les détails. Eh oui, je pense que la Chine va continuer de développer sa culture basket. Plus ils joueront à l'international, plus ils verront comment c'est fait - pas seulement aux Etats-Unis - et mieux ce sera pour eux. Ils doivent s'adapter aux règles FIBA.

« Mettre en place un endroit où les jeunes Polonais pourront s'entraîner »

A 36 ans, vous montrez encore de belles choses sur le terrain, pensez-vous rester au plus haut niveau encore longtemps ? 

Eh bien, j'espère en tout cas. J'aimerais encore jouer 2 ou 3 ans de plus, tant que mon corps peut le supporter en fait. Heureusement, je peux encore le faire. Je veux continuer à jouer, je ne veux pas encore prendre ma retraite. Je pense avoir encore beaucoup d'amour pour le jeu et quand je ne joue pas, ça me manque énormément. Je fais ça depuis que j'ai 15 ans, c'est ma 21e saison professionnelle, donc c'est difficile de prendre ça à quelqu'un qui fait ça régulièrement depuis 21 ans. Ce n'est pas facile pour moi, de penser à faire autre chose de ma vie, j'ai vraiment apprécié ma carrière, j'aime le basket et je sais déjà que je continuerai d'être impliqué dans le basket quand je ne serais plus joueur. Mes diplômes d'entraîneur sont prêts donc c'est quelque chose sur laquelle je peux me replier si je le veux. J'ai d'autres plans aussi concernant le développement du basket en Pologne, c'est quelque chose qui me tient à coeur parce que je pense que c'est quelque chose dont le basket polonais a besoin. Une place où les jeunes joueurs peuvent venir et s'entraîner individuellement, faire des Summer Leagues et même d'autres types de tournoi, 3x3 ou des choses comme ça. Le problème en Pologne, c'est qu'il y a du talent, en cadets ou juniors, nous sommes plutôt bons, mais après que les jeunes aient atteint 14 ou 15 ans, ils n'ont nul part où jouer en Pologne. Donc soit t'es assez bon pour partir et jouer en Espagne, Italie, Allemagne ou n'importe où ailleurs, ou t'es pas assez bon pour jouer dans la première ligue polonaise, ce qui est un gros manque de respect aux joueurs polonais, parce qu'ils ont besoin d'un endroit où jouer après leur 15 ans. Il doit y avoir un lieu pour eux, pour qu'ils continuent à se développer. Il y a un énorme trou dans le système en Pologne, où quand tu arrives à un âge de 14/15 ans, tu ne sais pas vraiment où aller. Tu peux jouer en deuxième division, mais elle est vraiment très mauvaise, la première division, tu n'es pas assez bon parce qu'on doit signer des Américains, il faut des résultats et gnagnagna (rires). Je pense qu'il devrait y avoir une équipe en première division en Pologne où il y a tous les meilleurs jeunes, un peu comme le Pôle France, et les entraîner, les guider vers les sommets. Donc avoir mon propre gymnase en Pologne pour mener cela à bien me tient beaucoup à coeur et c'est sûr que je vais le mettre en place après que la pandémie du COVID-19 se sera un peu calmée. 

Vous avez eu quelques problèmes de blessures au mollet, est-ce que c'est toujours quelque chose qui vous embête ou êtes vous à 100% ? Serait-ce un frein dans votre fin de carrière ? 

Je suis un joueur mobile, je cours beaucoup et je pèse 120 kilos, mais c'est quelque chose qui peut arriver à tout le monde. C'est quelque chose sur laquelle j'ai travaillé, je me suis renforcé. De toute façon, tu te dois de travailler dessus, tu ne peux pas tromper le monde. Quand tu arrives à un certain âge, tu dois dédier plus de temps à ton corps, tu dois faire beaucoup plus que quand tu as 25 ans. C'est quelque chose que j'ai connu, que j'ai appris et si tu veux continuer de jouer à haut niveau, tu dois juste faire plus attention, bien traiter les blessures, bien manger etc. Toutes les petites choses comptent. Je vais continuer d'être le plus professionnel que je peux et j'espère que je n'aurais plus de problèmes, je n'en ai eu aucun quand je suis venu en France, j'espère continuer comme ça. 

Si vous comptez 21 années de carrière, c'est parce que vous durez, mais aussi parce que vous êtes passé professionnel très jeune. Comment expliquez-vous une ascension aussi rapide ? 

Ma famille et moi avons bougé en Suède quand j'avais 5 ans, donc j'ai grandi en Suède, un pays où il y a beaucoup plus de hockey et de football que de basketball. Pendant la guerre de Yougoslavie, beaucoup d'immigrés sont venus en Suède et ont habité mon quartier, donc on a commencé à jouer de plus en plus au basket. J'ai toujours voulu faire du sport pour vivre et je disais toujours à mes parents "si une équipe m'appelle en dehors du pays, j'y vais". Au début, ils rigolaient un peu à ce sujet, mais j'ai eu beaucoup de succès quand je jouais en Suède, mon équipe a tout gagné en Scandinavie, on a gagné le championnat de Scandinavie et presque tout ce qu'on pouvait, on avait une très grosse équipe. Il y avait un autre grand joueur, mon meilleur ami de l'époque Damir Markota, qui a lui aussi commencé à 15 ans, a joué en NBA, pour l'équipe nationale de Croatie, donc on a toujours su ce qu'on voulait faire après. On a décidé de mettre tout ce qu'on avait là-dedans et après un tournoi avec l'équipe cadets de Pologne, le Real Madrid m'a appelé et c'est comme ça que tout a commencé.

Toute votre carrière, vous avez joué devant des publics différents, mais cette saison, c'est une première à huis clos. Comment le vivez-vous ? Alors que Limoges est réputé pour son ambiance très chaude. 

Oh vous savez, ça me manque, ça me manque beaucoup ! Au début, quand on a appris qu'on pouvait continuer à jouer, mon état d'esprit c'était : "Eh, cool, on se doit d'être content de pouvoir jouer", et c'est évidemment le cas. Je suis content de pouvoir travailler, gagner un salaire, jouer au basket, une chance que beaucoup de personnes n'ont pas en ce moment. Je ne dirais pas que c'est difficile, parce que pleins d'autres choses sont plus dures que ça, mais les fans me manquent énormément. C'est quelque chose (de jouer à huis clos), qui va changer, je l'espère bientôt, pour qu'on puisse avoir des fans dans les tribunes, parce que c'est vraiment un genre de relation, en tant que joueur, avec les fans, c'est un feeling que tu as quand tu joues et je pense que nous tous, dans le monde du sport, cela nous manque. Surtout quand tu as joué longtemps et que tu as été habitué à voir des tribunes pleines, c'est motivant. Par exemple, jouer contre Strasbourg, à la maison devant la salle pleine, ça aurait pu changer beaucoup de choses. Les fans font partie du club pour lequel on joue et quand tu joues pour une organisation comme Limoges, ou toute organisation avec une superbe fan-base, c'est quelque chose qui manque énormément, qui est très triste et que tous les joueurs meurent d'envie de revoir. Même pour les enfants, ils ne peuvent pas aller aux entraînements, ça craint, c'est quelque chose dont beaucoup d'enfants ont besoin pour s'épanouir, donc j'espère que de plus en plus de gens se feront vacciner et qu'on puisse retourner à la vie normale le plus tôt possible. Avant la fin de ma carrière j'espère (rires).

25 avril 2021 à 14:30
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE

BeBasket

Dites byebye à la publicité et encouragez le travail effectué sur la couverture quotidienne du basket Français !

À partir de 5 € !
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
LUCAS PAGE
Lucas Page
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
albums photos
Aucun album trouvé
Coaching
Aucun conseil trouvé

Nous avons détecté que vous utilisez un adblocker ou bloqueur de publicités

AdBlock

Soutenez-nous en désactivant votre bloqueur de publicités pour continuer à profiter d’une information de qualité.

Nous vous invitons à retirer BeBasket de la liste des sites bloqués et à recharger la page pour poursuivre votre navigation.