JEEP ÉLITE

ITW YOHAN ROSSO : "LES PORTES DE LA NBA S'OUVRIRONT AUX ARBITRES DANS QUELQUES ANNÉES"

Yohan Rosso arbitre NBA
Crédit photo : Yohan Rosso

Yohan Rosso revient sur son incroyable été.

Vu sur l'Euro féminin en juin, les Summer League NBA en juillet, la Coupe du Monde U19 féminine dans la foulée, l'EuroBasket U16 féminin début août, Yohan Rosso a clôturé son été international par l'EuroBasket masculin en septembre. Il revient sur son été chargé et nous donne son point de vue sur l'évolution de l'artibrage.

Entre le 31 août et le 17 septembre, vous étiez à l’EuroBasket masculin 2017. D’abord, en Roumanie pour le premier tour avec Nicolas Maestre, puis à Istanbul où vous avez officié jusqu’en demi-finale. Cela a été une réussite non ?

Oui cet EuroBasket est une belle réussite et avant tout pour le basketball français et surtout pour la fédération française de basketball (FFBB) pour l’investissement qu’elle met dans le corps arbitral. La présence de deux arbitres tricolores sur la compétition dont un représentant qui va jusqu’en demi-finale est aussi un gage de qualité de l’arbitrage français. De mémoire, il me semble que seulement deux autres ont été plus loin dans la compétition : Pascal Dorizon (ancien arbitre international et membre depuis la saison dernière du Conseil d’Administration de Cholet Basket) et Yvan Mainini (ancien arbitre international, ex-président de la FFBB et de la FIBA) qui ont officié lors des finales de championnat d'Europe. Donc c'est plutôt un beau parcours et une réussite sportive.

Malgré tout, certains observateurs et acteurs comme Sacha Djordjevic n’ont pas adhéré à la philosophie de l’arbitrage sur la compétition prétextant que les arbitres présents ne soient pas tous habitués à siffler un tel niveau avec cette pression des grands rendez-vous. Quel regard portez-vous sur ces avis ?

Pour moi, les sorties médiatiques de Sacha Djordjevic étaient plus une stratégie pour mettre la pression sur les personnes et préparer les matchs d’après. Il a eu une attitude très contestataire et discutait beaucoup sur toutes les décisions alors que les choix n’étaient pas forcément mauvais. De sa part, c’est plus une stratégie plutôt qu’autre chose. Arbitrer est une activité qui sera toujours contestée, peu importe qui est derrière le sifflet. Il faut prendre des décisions rapidement et parfois on se trompe, au même titre que les joueurs lorsqu'ils perdent un ballon. Néanmoins, pour les cadres arbitres de cet EuroBasket, le côté arbitrage a été une réussite puisque les matchs ont été jusqu’au bout sans erreur majeure et tout s’est bien passé. De mon point de vue, le niveau d’arbitrage n’a pas été moins bon que sur les sessions précédentes.

La présence des 10 extra-européens (Porto-Rico, Brésil, Japon, Argentine, Australie, Philippines) est liée à la volonté future de la FIBA d’ouvrir tous les championnats : Coupe d’Amérique, Coupe d’Asie et les Coupes d’Europe. Il y a un contingent d’arbitres hors continent qui vient arbitrer et aider sur ces compétitions là. C’était déjà le cas dans le passé mais avec un volume très restreint et notamment sur les jeunes où il n’y avait qu’un arbitre qui venait. La situation (les arbitres d’Euroleague ne peuvent pas arbitrer en FIBA, ndlr) a accéléré le processus.

itw-yohan-rosso----les-portes-de-la-nba-s-ouvriont-aux-arbitres-dans-quelques-annees-1506766248.jpegYohan Rosso a réussi la belle performance d'être choisi pour officier sur les phases finales et a même été jusqu'en demi-finale (photo : Yohan Rosso)

Vous sortez d’un fol été avec pas moins de quatre compétitons FIBA arbitrées... un été riche et fort en émotions non ?

C’était un été riche car en plus des compétitions citées, j’ai eu la chance de participer à la Summer League de Las Vegas qui fut riche en enseignements. Chacune de ces compétitions m’ont permis de travailler et d’en sortir grandi. A chaque fois, j'essaye d’améliorer mon arbitrage et d’ajouter des cordes à mon arc. Cet été ne fut pas reposant mais très enrichissant pour ma carrière d’arbitre.

Justement cette Summer League NBA, quand on y a mis un pied, on a forcément envie d’y retourner non ?

On a très envie d’y retourner même ! C’est un rêve d’enfant - entre guillemets - de participer à ce genre de compétition. Je l’ai touché du bout des doigts, la porte n’est pas encore ouverte mais des échanges se créent grâce à la Summer League. On était huit hors-américains à pouvoir y participer. Joseph Bissang et Eddie Viator ont pu y participer lors des éditions précédentes. C’était intéressant d’y prendre part et de voir leur mode de fonctionnement puisque même si pendant le jeu les principes d’arbitrage restent les mêmes, ils ont une mécanique (les déplacements des officiels, ndlr) lorsque le jeu s’arrête qui est différente. Notamment sur l’annonce des fautes et le replacement après les décisions (en France, qu’ils soient à deux ou à trois, ils doivent permuter après une faute sifflée, ndlr).

Qu’est-ce qui manque pour qu’un arbitre français officie en NBA ?

Je pense qu’il manque du temps, mais ça viendra. C’est comme avec les joueurs, il n’y avait aucun étranger dans la grande ligue et petit à petit, ils ont réussi à s’y faire une place. Ils ont su montrer aux Américains qu’il y a de bons joueurs hors de leur frontière et qu’il y a la possibilité de travailler avec eux. Avec le temps, ces portes là s’ouvriront mais je pense que ma carrière sera finie quand celles-ci seront accessibles.

Quels ont été vos retours sur vos performances ? Positifs ?

Tout à fait, sur chaque compétition les retours étaient positifs et personnellement, j’avais pour objectif d’être professionnel sur tous mes matchs parce que même si on se dit que des U16 féminins, c’est moins glorifiant que des U20 masculins, on doit leur montrer du respect et leur fournir le meilleur arbitrage possible. Je pense que ce championnat U16 a été un moment important et un moyen pour travailler, de progresser dans l'approche mentale des rencontres.

itw-yohan-rosso----les-portes-de-la-nba-s-ouvriont-aux-arbitres-dans-quelques-annees-1506766389.jpegArbitre référencé dans l'Hexagone, le Parisien est en phase de devenir l'un des arbitres les plus référencés en FIBA avec seulement deux ans de vécu à l'international. Sur toutes ces compétitions, il s'est hissé au moins jusqu'en demi-finale (photo : FIBA)

Si vous deviez ne retenir qu’un seul moment de votre campagne internationale, lequel serait-il ?

Je retiendrai de mon été, la finale Espagne - Slovénie à l’EuroBasket masculin 2017 qui était une finale avant l’heure entre deux équipes qui auraient pu s’affronter lors du dernier match du tournoi, pour la médaille d’or. Sur le moment, on ne prend pas la pleine mesure de la chose (la Slovénie de Goran Dragic et Luka Doncic a renversé en demi-finale Pau Gasol et l’Espagne, ndlr) parce qu’on est en train de vivre le moment, de juger les actions les unes après les autres. C’est plutôt à la fin de la rencontre qu’on réalise qui on a arbitré et l'importance du match.

Comment réussissez-vous à allier vie d’arbitre, vie professionnelle et vie personnelle ?

Actuellement, c’est l’une des choses dans la vie d’un arbitre international les plus dures. Ce n’est pas forcément d’arbitrer sur le terrain le plus compliqué mais c’est le fait de pouvoir lier l’aspect professionnel et la vie familiale - j’ai la chance d’avoir ma fiancée qui est également arbitre (Christina Manoli, arbitre de Haut-Niveau franco-suédoise qui fait partie de la deuxième promotion de “On the Road to FIBA”) et une famille passionnée de basketball qui me pousse à continuer et des amis qui comprennent. C’est important pour l’équilibre. Concernant ma situation professionnelle, j’ai la chance d’être dans l’Éducation Nationale, d’avoir les deux mois de vacances pour les compétitions d'été. Mais dans la saison, ce n’est pas simple de combiner les deux activités professionnelles. Avec le soutien des inspecteurs avec qui j'ai travaillé et mon Directeur Académique, je réussis à combiner les deux. C’est une course, c’est épuisant mais quand aime, on ne compte pas. 

À Mouilleron-le-Captif, 

Photo de Une : Cet été, Yohan Rosso est devenu le troisième Français à fouler les parquets NBA, le temps d'une Summer League.

02 octobre 2017 à 18:30
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