JEEP ÉLITE

L'AUTRE PROJET POUR L'ELAN BÉARNAIS : LES FRÈRES DARNAUZAN S'EXPLIQUENT

Crédit photo : DR

Alors que des investisseurs américains se sont clairement positionnés pour racheter l’Elan Béarnais, un autre projet prend de l’ampleur. Méné par les deux frères Darnauzan, ce projet a aussi pour but de ramener le club palois vers les sommets.  

Le 21 janvier dernier, la Mairie de Pau, actionnaire largement majoritaire dans la Société d'économie mixte (SEM) détenant l'Elan Béarnais, annonçait par l’intermédiaire de son maire François Bayrou un possible rachat du club par des investisseurs américains. Depuis, bon nombre d’observateurs, amoureux du club et fan de basket, spéculent autour de ce projet, alors que plusieurs membres du CounterPoint Sports Group (CSG) sont attendus à Pau la semaine prochaine. Mais à l’heure on vous parle, rien n'est encore acté. 

Aujourd’hui, le club est en grande souffrance et se rapproche de la ProB. En coulisses, ce n'est pas la joie avec la démission de Didier Rey, l’éviction de l'entraîneur Laurent Vila et l’épisode « Tony Wroten », mais surtout sur le terrain où les résultats sont catastrophiques avec une seule victoire en 6 mois. Lors de la présentation des investisseurs américains, l’avocat du club et aujourd’hui président de l’Élan Béarnais, David Bonnemason-Carrère, avait laissé entendre qu’un autre projet avait été présenté aux hommes forts de la mairie de Pau, mais qu’ils privilégient pour l’instant la piste menant à Rick Pitino & co. 

Pourtant, depuis neuf mois les frères Darnauzan (Simon et Thomas), accompagnés de Jérôme Thion (50 sélections en équipe de France de rugby), discutent avec la Mairie de Pau. Ils savent très bien que leur projet passe après celui rêvé par François Bayrou, même s'ils détiennent des arguments solides. Passés par le centre de formation de l'Elan Béarnais, les trois hommes veulent ramener le club de cœur et ils y sont très attachés. Depuis l’enfance, ils sont bercés par les ambiances de la Moutète puis du Palais des Sports. 

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Les deux frères Darnauzan avec le plus grand président de l'histoire de l'Élan, Pierre Seillant

Le point de départ du projet 

 « Nous sommes dans une situation où depuis le départ, il y a une exclusivité signée avec le groupe américain, nous a expliqués Simon Darnauzan. Nous sommes en contact avec David Bonnemason-Carrère et François Bayrou qui nous tiennent informés de l'évolution du projet des Américains. Lors de notre premier contact, nous avons échangé sur la situation financière compliquée du club et que Monsieur le Maire cherchait une solution. Ça a fait un petit bout de chemin dans notre tête et il était inconcevable d'imaginer l'éventuelle disparition du club. Rapidement, avec Thomas nous avons sollicité Jérôme Thion qui, comme nous, souhaite le meilleur pour ce club. Dans un premier temps, il était important de comprendre comment le club en était arrivé à cette situation afin de pouvoir trouver des solutions sportives et bien évidements financiers. ». 

« L'exclusivité accordée aux Américains par la Mairie a fortement freiné l'élaboration de notre projet, notamment dans la réalisation d'un audit interne par exemple. Est-ce que la Mairie a changé d'avis ? Je pense qu’il est toujours bien d’avoir deux plans. Jusqu'à présent, nous étions sollicités pour échanger sur le projet, mais aujourd’hui, nous avons avancé sur l'actionnariat, notre dossier est maintenant plus solide. »

Un projet local

 « Nous avons grandi avec l'Elan Béarnais. J’aime ce club. Les voix de Pierre Seillant, Michel Gomez, Claude Bergeaud ou Fred Sarre ont guidé ma jeunesse. Rien que d’en parler, j’en ai la chair de poule. Aujourd’hui, nous avons envie de rendre la pareille. Ce que nous souhaitons plus que tout, c’est que l'Elan retrouve toutes les valeurs qui en ont fait un club si prestigieux. »

 «  Les Américains ont une force financière supérieure, donc aux yeux de la Mairie ils sont crédibles, avoue Thomas Darnauzan. Nous ne savons pas si le fait d’avoir joué à Pau, de connaître le club et la région, nous rend plus crédibles, mais nous connaissons ce club, son environnement, son histoire, parce que nous sommes de purs produits Béarnais. Nous connaissons le basket français, la Jeep ELITE comme la Pro B pour y avoir évolué. Nous sommes maintenant des chefs d’entreprises, j’ai déjà eu une expérience de manager dans un club (aux JSA Bordeaux, ndlr), donc ce vécu est une force pour nous aujourd'hui. Ce qui est certain c’est que nous avons de l’énergie et des convictions pour que Pau redevienne une identité forte dans le paysage du basket français. »

D'autres noms aux côtés des Darnauzan 

« Je ne me permettrais pas de juger ce qu’il s’est passé avant dans la gestion du club. C'est visiblement la fin d'un cycle et donc l'opportunité de repartir de l'avant, en restructurant le club, en essayant de le pérenniser dans la durée. Il nous semble essentiel de consolider les fondations et les structures afin de ne pas être uniquement dépendant du sportif. Grâce au soutien d'un premier actionnaire, nous souhaitons mener des projets réalisables sur le long terme. Dans le cas où nous reprenons le club, nous avons déjà pensé à l’organigramme avec des hommes compétents et expérimentés. On ne peut pas dévoiler leur identité car ce n’est pas encore d’actualité mais ce qui est certain, c’est que nous serons totalement impliqués. Si par malheur le club devait descendre en Pro B, est-ce que les Américains seraient encore là ? Nous avons lu dans L'Équipe en février qu'une relégation en Pro B les détournerait probablement d'un rachat. De notre côté, ça ne changerait rien. Notre volonté est d'insuffler une nouvelle dynamique pour le club. »

Un des axes du projet : former pour s'identifier

« Notre objectif est de fédérer autour d'un projet commun afin de retrouver la splendeur de l'Elan Béarnais. En échangeant avec nos connaissances Paloises et celles du basket français, nous avons tiré un constat général : aujourd’hui, il y a une perte d’identité. Elle s’est d’abord fait ressentir par le jeu puis en interne avec une certaine lassitude. Je pense qu'il faut expliquer à cette nouvelle génération pourquoi l’Élan Béarnais était au top du basket français et comment il y est parvenu. Il est primordial de recréer le lien avec le territoire local, Pau doit redevenir le club phare du grand Sud-Ouest. Nous souhaitons rétablir le lien avec tous les clubs de la région pour intégrer des jeunes joueurs capables d'évoluer dans l'équipe professionnelle. Ces joueurs qui doivent retrouver la fierté de porter le maillot Vert et Blanc, permettront ainsi au public de s'identifier davantage. Le choix des cadres techniques aura un rôle déterminant dans la formation des joueurs. Refaire de l'Elan un garant de l'ADN béarnais grâce à une identité de jeu bien définie. Les axes de développement autour du partenariat et de l'innovation dans le marketing et la communication, sont également importants dans le projet. »

Le soutien des anciens

« Nous sommes très proches de Boris Diaw, il connaît le projet et il était important pour nous qu'il en soit un des Ambassadeurs, sachant qu'il reste à ce jour, toujours actionnaire du club. Boris fait partie des joueurs qui ont marqué l'histoire du club comme beaucoup d'autres. Sans le travail immense de Pierre Seillant, la folie de Freddy Hufnagel ou la classe d'Alain Larrouquis, l’Élan ne serait pas l’Élan aujourd'hui. Moi je rêve de voir Freddy raconter l’Élan des années 80-90 à nos jeunes joueurs, il faut que la passion se transmette et ça il n’y a que ceux qui l'ont vécu qui peuvent le faire. Il faut se rappeler quand Gidza Muresan est venu au palais des sports donner le coup d’envoi d’un match, toute la salle était debout. Tous ces joueurs ont ce pouvoir de transmission, nous devons rassembler pour préserver ce patrimoine. »

Des modèles de réussite

« Des clubs comme Bourg, Dijon, Strasbourg ou l'ASVEL sont des exemples à suivre. Ils ont su rester dans l'élite en se structurant pour devenir aujourd’hui les meilleures équipes de notre championnat. Ils se sont développés avec le temps, investis sur des joueurs français et ont structuré une politique commerciale solide autour des partenaires. Ce sont des sources d'inspiration mais tout ne peut pas être transposable à Pau. Nous avons souvent Tony Parker (coéquipier de Simon Darnauzan lors de l'EuroBasket U18 en 1998) au téléphone qui prend du temps pour nous donner de précieux conseils, Tony est un modèle de réussite. »

 Redonner vie au Palais des Sports

« L’Elan béarnais a la chance de pouvoir jouer dans l’une des plus belles salles de France. C’est un superbe outil, qui n’a pas perdu de sa splendeur. Il faut donner envie aux gens de revenir dans les tribunes, afin de leur faire vivre une expérience inédite autour d'une soirée basket, recréer les ambiances bouillantes d'antan.

Aujourd'hui, nous espérons de tout cœur que les joueurs et le staff trouveront l'énergie et la volonté pour se maintenir et que l'Elan Béarnais puisse rester en Jeep Elite. »

08 avril 2021 à 07:30
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