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MONACO - ASVEL : AUX PRÉMICES D'UNE RIVALITÉ DURABLE ?

Crédit photo : Sébastien Grasset

Déjà opposés en finale de la Leaders Cup ou du championnat de France depuis le retour dans l'élite de la Roca Team en 2015, l'ASVEL et l'AS Monaco sont appelés à régner sur le basket français pour les années à venir. De quoi créer une rivalité sur le long-terme ? "C'est le nouveau classique du basket français", veut croire Oleksiy Yefimov.

L'idée initiale de la Ligue Nationale de Basket était de servir ce sommet en préambule de la bûche de Noël, le 23 décembre, mais les incompatibilités avec le calendrier EuroLeague sont passées par là. Le même soir, l'ASVEL recevra le Fenerbahçe tandis que l'AS Monaco rentrera à peine d'un déplacement à Berlin. Au lieu d'une affiche de gala pour les fêtes, ce sommet passera donc malheureusement inaperçu, un soir de semaine à 18h, devant les caméras de Sport en France tout de même.

« Deux locomotives » pour tirer le basket français vers le haut ?

Dommage pour la promotion de la Betclic ÉLITE mais ces deux cadors sont appelés à se retrouver à de nombreuses reprises cette saison, potentiellement une dizaine de fois, au cours de rencontres bien plus importantes qu'une simple 13e journée de championnat. Toutefois, cette soirée à Gaston-Médecin aura au moins le mérite d'entretenir les braises nées de l'incroyable buzzer-beater, aussi magnifique que contestable, de William Howard il y a onze jours au même endroit (84-85). « La fin de match a été cruelle mais je dois admettre que c'est pour ce genre d'évènements que les gens aiment le basket », reconnaît Oleksiy Yefimov, le manager général de la Roca Team. « Les matchs peuvent se jouer en moins d'une seconde, c'est ce qui fait la beauté de notre sport. » D'ordinaire discret sur les réseaux sociaux, Léo Westermann s'était également servi de Twitter pour prendre un peu de hauteur sur la situation, à peine trois heures après la flèche empoisonnée du Montbrisonnais. « Il est toujours plus facile de parler à tête reposée », avait-il écrit. « Chacun a sa perception et son jugement sur l'action de fin de match. Ceci étant dit, on a vu deux belles équipes, des joueurs talentueux, de l'énergie, beaucoup de suspense, une petite rivalité qui s'installe. C'est une magnifique vitrine pour le championnat français, et quand on pense que ces deux équipes joueront encore l'une contre l'autre au minimum 3 fois ou 9 fois dans le meilleur des cas... excitant ! »

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Alpha Diallo félicitant William Howard après son tir du milieu de terrain le 26 novembre
(photo : Sébastien Grasset)

Deux tweets reflétant une opinion largement partagée, celle de la satisfaction d'avoir trouvé les deux fleurons du basket français. Après une période anarchique suite à la fin du règne du trio Pau-Orthez - Limoges - Villeurbanne (neuf champions différents entre 2005 et 2014), le championnat de France semble être appelé à être dominé par l'ASVEL et Monaco pour les années à venir. « Ce sont deux locomotives tirant le basket français vers de nouveaux horizons », image Oleksey Yefimov. « Pour la ligue, c'est très important d'avoir deux places fortes, et pas qu'une seule équipe au-dessus du lot. Deux grosses équipes créent une vraie concurrence qui rend ensuite l'ensemble du championnat plus fort. » Le son de cloche est similaire du côté de Lyon-Villeurbanne. « Deux équipes qui se tirent la bourre, c'est très bien », dit Michel Veyronnet, le directeur sportif de l'ASVEL. « Ce sera bénéfique pour le basket français et pour tout le monde si on sait en tirer la quintessence. »

Depuis 2015, avantage ASVEL

À l'image de l'antagonisme entre Pau-Orthez et Limoges à la fin du XXe siècle, cette émulation naissante a tous les ingrédients pour devenir l'un des grands feuilletons du basket tricolore, et même une vraie rivalité. « Il en faut, ça fait partie du piment qu'il peut y avoir dans un championnat », apprécie l'ancien entraîneur de Rouen. Depuis que la Roca Team a retrouvé l'élite en 2015, les deux clubs se sont affrontés à 28 reprises toutes compétitions confondues, pour 16 victoires villeurbannaises et 12 monégasques. Mis à part la finale de la Leaders Cup 2017 (95-91 pour l'ASM), tous les matchs décisifs sont tombés dans l'escarcelle de l'ASVEL : les séries de play-offs en 2016 (3-1) et 2017 (2-1) alors que Monaco avait à chaque fois terminé la saison régulière à la première place, et bien sûr la finale de 2019, remportée dans l'étuve de l'Astroballe au terme d'un cinquième match décisif. Cet étouffant duel s'était d'ailleurs naturellement accompagné de quelques tensions en coulisses, ensuite répercutées à des proportions mineures sur d'autres évènements, comme lors des AG du Comité Directeur de la LNB à l'ère du Covid en 2020/21. « Si je suis persuadé que les joueurs iront toujours jusqu'à la dernière goutte de sang sur le parquet, les deux clubs se respectent et les dirigeants agissent en gentlemen », rectifie Yefimov. « [Plutôt que rivalité], je préférerais utiliser l'expression de "nouveau Classico du basket français". Nous voulons toujours être compétitifs l'un face à l'autre et ça nous rend mutuellement plus forts, ça nous force à nous améliorer tous les jours. »

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Mike James et Élie Okobo, deux stars à la mène pour Monaco et l'ASVEL
(photo : Sébastien Grasset)

Appelés à se disputer les trophées hexagonaux, l'ASVEL et l'AS Monaco ne sont cependant absolument pas dans la même situation, à commencer en Europe où la stabilité villeurbannaise est beaucoup plus enviable. « Ça fait plaisir d'avoir un deuxième club français en EuroLeague », dit T.J. Parker. « Mais eux cherchent vraiment le Top 8 pour pouvoir y rester tandis que c'est différent pour nous grâce à la licence de 10 ans. » De fait, alors que les budgets sont sensiblement similaires (15 millions pour Villeurbanne, 14,1 pour la Roca Team), le club de la Principauté a beaucoup plus investi dans sa masse salariale (6,7 millions, contre 4), afin d'atteindre cet objectif impérieux à court-terme, grâce à l'incroyable passion et au porte-feuille du président Sergey Dyadechko, pilier un peu moins unique de l'ASM depuis l'apport accru de FEDCOM. « Nous n'avons pas les mêmes philosophies, ni les mêmes moyens car il ne faut pas se cacher que Monaco tire dans une catégorie impressionnante cette année », glisse Michel Veyronnet. Un esprit différent qui se retrouve surtout dans la constitution des effectifs : depuis son retour en EuroLeague, l'ASVEL tente de bâtir une French Team tandis que l'ASM s'appuie majoritairement sur des stars étrangères. Il y a deux semaines, lors du road-trip à Tel-Aviv et Istanbul, Zvezdan Mitrovic ne disposait d'aucun joueur français dans son effectif, tant par contrainte (Westermann et Traoré blessés) que par choix (Demahis-Ballou, Ouattara et Boutsiele laissés à la maison). « Les méthodes sont-elles vraiment si différentes ? », objecte Oleksiy Yefimov. « En êtes-vous si certain en prenannt en considération le nombre de joueurs ayant transité par les deux clubs (Adrian Uter, DeMarcus Nelson, Paul Lacombe, Eric Bucker, Norris Cole, Marcos Knight), sans même parler du coach Mitrovic ? Les philosophies sont peut-être dissociables mais nous avons souvent le même jugement. » Ressemblantes ou non, leurs stratégies sportives ont installé l'ASVEL et Monaco aux places n°1 et 2 dans la hiérarchie du basket français. D'un côté, le club le plus titré de l'histoire (20 sacres nationaux). De l'autre, un novice (0 titre) aux dents longues. « Excitant ! », avait tweeté Léo Westermann. C'est le mot !

07 décembre 2021 à 13:28
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