JEEP ÉLITE

QUELS SCÉNARIOS POSSIBLES POUR LA SUITE DE LA SAISON 2019/20 ?

Chaussures basket 201920 Sébastien Grasset
Crédit photo : Sébastien Grasset

S'il convient d'abord de penser à la santé de nos concitoyens, il n'empêche pas de proposer dès aujourd'hui une réorganisation pour les championnats de France. Afin d'anticiper et surtout de préparer l'avenir, afin de mieux rebondir.

Alors qu'en NBA, des idées de nouvelle programmation pour la suite de la saison 2019/20 sortent chaque jour, c'est pour l'instant le calme plat en Europe et surtout en France. Les instances professionnelles (Ligue Nationale de Basket) et fédérales (la Fédération française de basketball) restent patientes. Avant de prendre une décision prématurée, elles doivent connaître l'évolution des contraintes imposées par le gouvernement afin de faire face à la pandémie mondiale du COVID-19.

Voici une liste de possibilité concernant la suite de la fin de la saison 2019/20 :

En cas d'arrêt immédiat et définitif de la saison

Les mesures prises pour contrer la propagation du virus sont de plus en plus drastiques. Il semble ainsi que la situation ne va pas revenir normale avant des semaines voire des mois. Les championnats ne devraient ainsi pas reprendre après le 31 mars, la fin de la suspension actuelle. Dans ce cas, il serait étonnant que les équipes continuent à s'entraîner normalement, qu'elles conservent tous leurs joueurs en forme, investis et concernés et que les étrangers ne finissent pas par rentrer chez eux, comme c'est le cas en Italie concernant les joueurs américains.

En ligue féminine polonaise, Suisse, Lituanie et Belgique, c'est déjà tranché : il n'y aura pas de fin de saison 2019/20. La FIBA a elle décidé d'annuler la suite de l'exercice en EuroLeague féminine, EuroCup féminine et FIBA Europe Cup. En Espagne, la question est posée par le quotidien sportif As ce lundi. Aux Etats-Unis, la fin de la saison de la G-League devrait d'abord être annoncée, avant de trouver une issue plus réjouissante pour la NBA qui espère ainsi minimiser ses pertes financières.

Avec ou sans champion ?

Si la saison est arrêtée à ce stade, il convient de savoir si une équipe est déclarée championne ou non. En Lituanie et en Belgique, c'est le leader de la saison régulière qui a hérité du titre. Si tel était le cas en France, nous verrions l'AS Monaco être sacrée pour la première fois en Jeep ELITE et l'ADA Blois en Pro B. L'autre possibilité est que la saison soit considérée comme "blanche", soit sans champion. Ce qui serait plus juste à notre goût.

Quelles équipes européennes en 2020/21 ?

Si ne pas déclarer de champion ne poserait pas de problème, il est néanmoins obligatoire de qualifier six clubs en Coupe d'Europe pour la saison à venir. Il existe plusieurs possibilités : choisir les six équipes les mieux classées actuellement, sans compter l'ASVEL (qualifiée automatiquement en EuroLeague). Plusieurs dirigeants ont évoqué le fait de prendre les qualifiés de la saison 2019/20, ce qui paraîtrait moins juste. En effet, Bourg-en-Bresse ou Cholet paraissent plus légitimes que Strasbourg et l'Elan Béarnais pour l'exercice 2020/21. Une autre possibilité est de faire un ranking sur les x (trois ?) dernières années.

Quid des montées et des descentes ?

S'il n'y a pas de champion en Pro B - par exemple -, doit-on faire monter une équipe en Jeep ELITE ? En effet, ne pas être champion pour Monaco ne représenterait pas un crève-coeur. Quel saveur peut bien avoir le neuvième titre consécutif d'Ostende en Belgique, acquis dans ces conditions ? Pour Blois en revanche, le coup de massue serait terrible. Le club a déjà été privé d'une montée, en 2018, pour raisons administratives. Cette fois, Blois n'a pas encore gagné le droit de monter, pas officiellement. En effet, c'est le vainqueur des playoffs 2020 qui était censé accéder à la première division française, pas le leader de la saison régulière. Si aucun club n'est déclaré champion, alors il faudrait que le Comité Directeur de la LNB choisisse de passer au-dessus (ou non) du réglement pour faire monter l'ADA Blois.

Concernant les descentes, qui devaient être du nombre de trois à l'issue de la saison (concernant la Jeep ELITE), il serait injuste de faire un choix avec le classement actuel alors que les trois relégables (Roanne, Gravelines-Dunkerque et Le Portel) avaient encore la possibilité de sauver leur place.

L'idée serait de ne pas ajouter de mauvaise nouvelle aux mauvaises nouvelles : l'arrêt du championnat ne doit pas faire de malheureux. Il ne faut donc pas imposer de descente. Eh oui, cela représenterait une aubaine pour Le Portel et Poitiers, installés depuis de longs mois à leur dernière place.

Des championnats professionnels à 19 ?

Ne pas faire de malheureux voudrait dire : assurer les montées. Il faudrait ainsi réaliser un choix arbitraire. Le plus juste serait de choisir le premier de Pro B pour accéder à la Jeep ELITE et les premiers des deux poules de Nationale 1 masculine (de la première phase) pour accéder à la Pro B. Quant à l'accession en NM1, on prendrait le premier actuel de chaque poule de NM2. Et ainsi de suite dans les divisions inférieures. Dans le basket féminin, ce serait le même scénario.

Cela donnerait pour 2021/21 :

  • 19 équipes en Jeep ELITE (contre 18 aujourd'hui), soit 38 journées de saison régulière, avec trois descentes à son issue, pour une montée, soit une saison 2021/22 avec 17 équipes. Pour cette saison 2021/22, les deux derniers de Jeep ELITE descendraient en Pro B alors que seul le vainqueur des playoffs monterait. On aurait ainsi 16 équipes (le nombre initialement prévu pour 2020/21) en Jeep ELITE en 2022/23.
  • 19 équipes en Pro B (contre 18 aujourd'hui), soit 38 journées de saison régulière, avec deux descentes à son issue, pour une montée (de NM1), ce qui permettrait d'avoir à 20 équipes (comme prévu pour 2020/21) dès la saison 2021/22.
  • 30 équipes en NM1 (contre 28 aujourd'hui), avec deux poules de 15 équipes, pour une première phase de 28 matchs. La formule actuelle (poule A, B et C avant les playoffs) pourrait ensuite être reprise, avec le vainqueur des playoffs comme champion et donc promu en Pro B en 2021/22. Ou alors, le vainqueur de la poule A serait le champion et passerait en Pro B en 2021/22. Quant aux descentes, il faudrait limiter les montées de NM2 à deux (contre quatre aujourd'hui) afin de ne pas faire exploser le nombre d'équipes en NM1 sur les deux prochaines saisons.

Dans le secteur féminin, le même scénario serait suivi :

  • 13 équipes en LFB (contre 12 aujourd'hui), soit 24 journées de saison régulière. Les huit premiers joueraient les playoffs, les cinq suivant les playdowns. Au lieu d'une descente en 2021, il y en aurait deux, contre une seule montée de Ligue 2. Ce qui permettrait de revenir à la normale d'ici deux ans. Le scénario serait identique pour les divisions inférieures.

Quid des calendriers ?

Le scénario présenté ci-dessus ne fait pas exploser les calendriers (deux journées de plus en Jeep ELITE et Pro B), d'autant plus que la saison pourrait démarrer plus tôt exceptionnellement après une fin de saison précédente prématurée. Par ailleurs, l'été 2020 est censé être olympique. Et les Jeux olympiques (s'ils ont bien lieu), contrairement aux Euros ou Coupes du Monde, terminent tôt dans l'été (le dimanche 9 août pour l'édition 2020), ce qui n'empêche pas les saisons clubs de reprendre trop tôt. La saison 2020/21 pourrait ainsi démarrer le vendredi 11 septembre, alors qu'elle débute habituellement fin septembre.

Si les calendriers restent trop lourds, chaque instance devra faire une concession, à tous les niveaux (FIBA, EuroLeague, LNB, FFBB etc.). On pourrait ainsi imaginer que la FIBA déplacerait une fenêtre internationale (alors que l'Euro 2021 pourrait être supprimé, en cas de Jeux olympiques déplacés d'un an), l'EuroLeague limiterait le nombre d'équipe à 16 (au lieu de 18) pour 2020/21 afin de libérer quatre journées, la FFBB pourrait supprimer un ou deux tours de Coupe, voire la Coupe dans son ensemble pour un an, la LNB pourrait ne pas jouer la Leaders Cup etc.

Et si la saison reprenait

En Italie, pays le plus durement touché après la Chine, on envisage clairement de reprendre la saison dès que possible. Si c'était le cas en France, en avril comme prévu, il faudrait rattraper les trois journées reportées. De quoi surcharger les calendriers, même si ce serait encore faisable avec deux ou trois matchs par semaine. Seulement, le plus probable est que la crise sanitaire va se prolonger. Dès lors, il serait impossible de jouer encore neuf journées de championnat ainsi que les playoffs sur le format initialement prévu.

En EuroCup, la Virtus Bologne a proposé de jouer un Top 8 (sous la forme de la Leaders Cup) avec les 8 équipes qualifiées en quart de finale. Un modèle qui pourrait être appliqué avec les huit premiers de l'EuroLeague. Les huit leaders actuels, si la saison reprend tardivement, ou les huit premiers de la saison régulière, si une reprise est possible courant avril et que les matchs sont joués.

Concernant le championnat de France, il faudrait d'abord connaître la date de reprise possible avant de prendre une décision. Mais les playoffs seront sans nul doute raccourcis et, en cas de reprise de la saison régulière, il faudrait jouer des "playdowns" pour les descentes.

Reprise = flou

Bref, envisager de terminer la saison 2019/20, sans doute avec des matchs à huis clos et alors que des joueurs auront certainement définitivement quittés leur club, semble plonger tout le monde dans le flou. Après avoir subi d'importantes pertes financières ainsi que des décisions qui poseront certainement des problèmes d'équité sportive, les clubs parviendront-ils à vite s'organiser pour bien finir le travail ? Cela nous semble difficile. Il paraît dès lors plus censé de mettre rapidement un terme à cet exercice, de trancher sur les saisons à venir et leurs calendriers, et ainsi permettre à tout le monde d'anticiper une reprise qui ne sera elle aussi unique dans l'histoire.

Même scénario pour le monde amateur ?

Ne pas faire descendre d'équipes (sauf les volontaires) mais permettre aux leaders des divisions inférieures de monter va évidemment affaiblir la densité de niveau, quelque soit la division. Pour revenir à la normale, il faudrait quelques années. La FFBB va ainsi devoir revoir sa réforme de la Nationale 3 (moins de poules et donc moins d'équipes), les ligues régionales avec et les comités enfin. C'est pourquoi, il semble nécessaire de mettre tout le monde à l'arrêt rapidement afin de préparer une nouvelle planification.

Prolonger les championnats au-delà d'avril/mai serait néfaste pour l'économie du monde amateur. En effet, la fin de saison permet à de nombreux clubs d'organiser des tournois nécessaires dans leur budget de fonctionnement.

Concernant les rassemblements/tournois de sélection (U12, U13, U14, U15), ils pourraient être décalés au moins d'août, avec les catégories actuelles (U12 = joueurs nés en 2008, U13 = 2007, U14 = 2006, U15 = 2005).

Les jours à venir devraient plonger le pays à l'arrêt. Les instances auront l'occasion de se réunir par visio-conférence, échanger puis trancher. Ces annonces sont attendues afin de donner de la visibilité à tout le monde sur le futur du basketball, professionnel et amateur.

16 mars 2020 à 11:15
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