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SACHA GIFFA : LE KID S’ÉCLATE À LEVALLOIS

Sacha Giffa ParisLevallois
Crédit photo : Sébastien Grasset

20 ans de carrière. Le parcours  de Sacha Giffa a été long et rempli de succès. L’époque des Cardiac Kids, la saison actuelle du Paris-Levallois : l’ancien intérieur, véritable compétiteur, se livre avec sincérité et humilité. Entretien.

« C’était un choix de la raison, mais aussi un choix du cœur. » En janvier 2016, lorsque Sacha Giffa (2,02 m) est contacté par le président du Paris-Levallois et Jacques Monclar pour devenir assistant de l’équipe première, l’ex-international n’a pas hésité longtemps. « Tony Parker, via l'ASVEL, m’avait contacté. Tony est un ami, donc forcément, j’ai réfléchi. Ce que fait Tony à l’ASVEL, c’est super pour le basket français. On a besoin de locomotives en LNB. Mais je suis un Parisien, c’était normal que je revienne dans le club de mes débuts. » Les débuts, Sacha s’en souvient parfaitement. « Je suis de la génération 1990, avec les Jeux de Barcelone en 1992. J’ai grandi en regardant les rencontres de Magic Johnson et Michael Jordan. » Né à Moscou, d’un père togolais et d’une mère camerounaise, le médaillé de bronze au Championnat d’Europe 2005 à Belgrade, commence le basket à Sarcelles (Val-d’Oise). « J’étais jeune, j’allais voir jouer l’équipe première. Et c’est là que j’ai fait la rencontre du papa de Lens et de Jordan Aboudou. Je n’avais pas le niveau, j’allais les voir jouer pour le plaisir. Je voyais le basket comme un loisir. » Grand et costaud, Sacha se fait pourtant repérer assez rapidement. « On n’avait pas de consoles de jeu à l’époque, on était souvent dehors avec les amis et c’est vraiment avec le travail que j’ai commencé à faire de belles prestations. »  Après plusieurs essais à Évreux, Cholet et Levallois, The Shaker choisit de rejoindre le club francilien. « C’était le meilleur plan au Paris-Levallois. Il y avait un coach américain avec Ron Stewart et également Sylvain Lautié. » C’est ainsi que l’homme aux 52 sélections en Équipe de France met les pieds dans le monde professionnel pour la première fois en 1995.

« On passait nos vacances ensemble avec les Cardiac Kids »

1995 – 1999 : une époque connue par tous les amateurs de basket français. C’est à ce moment-là, à Levallois, que les Cardiac Kids voient le jour. « C’était des années parfaites. On était entre potes. On faisait tout ensemble. Des cadets au monde professionnel, on a tout vécu. » Avec en point d’orgue ce titre de champion de Pro B 1998 avec Levallois. Vincent Masingue, Steeve Essart, Wilfried Aka, Brice Bisseni, Mansour Thiam : ce sont eux qui ont écrit l’histoire de cette bande de copains. « Les Cardiac Kids sont dans mon ADN. Il y avait une telle intensité aux entraînements. Les coachs criaient. C’était la guerre. On avait l’impression de faire tout le temps des missions commandos. Mais c’était tellement plaisant. J’étais fan de ce fonctionnement. Les entraînements pouvaient durer deux heures, mais c’était toujours la folie. En match, on n’était pas les plus doués, mais physiquement, athlétiquement, dans l’intensité, on répondait plus que présent. » Lors de la dernière saison à Levallois, Sacha tourne à 10,8 points et 5,2 rebonds en 33 rencontres. Des statistiques dans la lignée de ces 527 matchs de saison régulière et 50 matchs de playoffs !

« Avec les Cardiac Kids, on était tout le temps ensemble. On était à la recherche de reconnaissance et on passait toujours nos vacances ensembles. On n’était pas très bien payés, mais on voulait prouver à tout le monde qu’on pouvait exister, car on était considérés comme des gamins. » Des gamins, des enfants, dans un monde d’adultes. Forcément, certaines bêtises étaient prévisibles. « On avait regardé Taxi avec les potes et Vincent Masingue a embouti la voiture de Hubert Register », explique Sacha Giffa en souriant.

« Je suis très content de ma carrière »

Connu pour ses qualités athlétiques et physiques dans ses premières années, Sacha Giffa est devenu un joueur plus complet au fil des années. Habitué à secouer les cercles, le finaliste de la Coupe Saporta en 2001 avec l’Élan Chalon s’est créé un tir au fur et à mesure de ses aventures. Passé également par l’ASVEL, Ionikos (Grèce), Lugo (Espagne), Pau-Orthez, Strasbourg, Fos-sur-Mer, le CCRB et Denain, le finaliste des playoffs d'accession à la Pro A en 2015 n’était pourtant pas destiné à une carrière aussi remplie. Jugé trop frustre ou trop petit, il a dû travailler encore plus pour évoluer dans la cour des grands. « J’en ai encore sous le capot. Je suis content de ma carrière. Je n’étais pas attendu comme un joueur référence, surtout à cause de ma position un peu compliquée sur les postes 3, 4 ou 5. Oui, j’ai douté, mais j’ai travaillé plus que les autres. Je n’étais pas le plus talentueux, mais mentalement, j’étais très fort. Quand j’ai joué en EuroLeague, j’ai tenu des mecs de 2,15 m et ça, c’est gratifiant, ça fait plaisir. » Au final, en huit saisons de Pro A, il a tourné à 8,3 d’évaluation en moyenne à 42,9% aux tirs en 211 matchs. En carrière,  il a capté 2 295 rebonds ! Ce sens du rebond et de l’intensité, il l’enseigne désormais chez le cinquième de Pro A (15 victoires – 9 défaites).

Un retour à la maison

Calme et déterminé selon ses propres termes, Sacha Giffa « a été très honoré de signer au P.L. Retrouver ce club, cette équipe, c’était comme un retour à la maison. C’était légitime que je revienne aussi. » Adjoint de Frédéric Fauthoux, il est en charge de la défense, de la vidéo, du scouting et également du perfectionnement individuel. Un rôle qui lui plaît énormément. « Je fais mon job, j’apprends, je suis encore un coach rookie. » De là à devenir entraîneur numéro 1 ? « Franchement, je n’y pense pas du tout, j’ai juste envie de continuer à prendre du plaisir. » Comme toute l’équipe du Paris-Levallois. Formation encaissant le moins de points en Pro A par match (70,2), les Franciliens laissent leur adversaire à 41% de réussite aux tirs. « On a une équipe jeune. Pour exister, il faut défendre. L’attaque ne va pas nous amener des titres, mais la défense peut nous amener plus loin. On a faim, donc on travaille vraiment dur, mais toujours dans la bonne ambiance. » Une ambiance pas forcément mise avec les musiques de Rémi Lesca, qui, selon l’ancien Cardiac Kids, écoute les chansons « les plus nulles. » Pas grave, Sacha Giffa peut compter sur sa relation avec l’ancien joueur de l’Élan Béarnais pour exister dans la réussite du club levalloisien. « Fred et moi, on a goûté au terrain. On comprend les joueurs. On essaye de leur amener beaucoup de positif et le travail qu’ils effectuent est intéressant. Vincent Poirier, Louis Labeyrie, Landing Sané, Cyrille Eliezer-Vanerot deviennent de plus en plus rentables sur leur temps de jeu. » L’équipe du Paris-Levallois est l’une des formations qui utilise le plus de joueurs français. Forcément, la comparaison avec les Cardiac Kids de Levallois est facile. « Bien sûr, il y a des similitudes. Beaucoup de joueurs ont été formés au club. Il y a moins d’argent cette saison. On essaye d’être efficace avec un budget restreint. »

« Un fils de » qui se fait un nom

Depuis mai 2016, le conseil de Paris, via la mairie de Paris, a voté l’arrêt de sa subvention au club. La formation parisienne a le 14e budget de Pro A cette saison. « On n’a pas un objectif précis au club. On essaye juste de progresser jour après jour. On a fait des paris et pour l’instant, ça paye. » Nicolas Batum était pressenti pour investir au PL. Finalement, l’affaire ne se fera pas. « C’est triste, forcément, je suis un peu déçu. Mais ça va payer un jour ou l’autre. Paris est un club avec de multiples opportunités. Nous, on essaye juste de se concentrer sur le terrain. » Un terrain que Sacha occupe également lors de l'été. L'ancien intérieur organise un camp, baptisé "True workout", où les  « Espoirs et les jeunes professionnels peuvent venir travailler. On fait de la boxe, on va à la piscine, on bosse les fondamentaux, le tir et on met en place des sessions de 1vs1. C'est important pour les jeunes de s'entretenir l'été et de combiner différentes activités physiques pour le cardio. » Peut-être que son fils, actuellement en U15 au Champagne Châlons-Reims Basket fera partie un jour de ce camp d'été. « C’est un petit meneur. Il a du potentiel, mais je connais beaucoup de joueurs avec du potentiel qui n’ont jamais percé. Son avantage, c’est qu’il a grandi avec le ballon depuis son plus jeune âge. Le CCRB lui a fait une proposition pour intégrer les cadets. On va voir. Il pourrait également venir au Paris-Levallois, c’est une possibilité qu’on envisage. »

Pour devenir un futur Cardiac Kid ?

Sur le banc du Paris-Levallois pendant un match à Hyères (photo : Sébastien Grasset)

30 mars 2017 à 15:23
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