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UN PIERRE PELOS RECORD "ÉCRASE" L'AS MONACO

Crédit photo : Sébastien Grasset

Après ses victoires contre Strasbourg et Dijon depuis le début de semaine, la JL Bourg a terminé son enchaînement de cols hors catégorie par un nouveau succès marquant à Monaco (94-86), précieux dans l'optique du Top 4. Les coéquipiers d'un exceptionnel Pierre Pelos ont parfaitement su exploiter les actuelles faiblesses de la Roca Team.

Les yeux dans le vague, Mathias Lessort soupire. « Il y a un joueur qui nous a écrasés. » Pierre Pelos ? « Pas besoin de dire qui c'est, tout le monde est au courant », ajoute-t-il, les yeux remplis de désarroi, en écho à la bêtise de notre question. Car oui, Danilo Andjusic a certes marqué 25 points, Hugo Benitez a certes délivré 10 passes décisives mais il était évident que l'international français ne pouvait parler que d'un seul homme : Pierre Pelos, qui a massacré à lui tout seul l'équipe monégasque. Sans Zachery Peacock, rentré à Miami pour un deuil familial, ni Alen Omic, mis au repos pour soigner un dos récalcitrant, le Gersois était attendu au tournant, seul élément potentiellement dominant d'une raquette bressane dépeuplée. « Il savait qu'on dépendait beaucoup de lui aujourd'hui alors qu'il est un peu plus relâché quand il a Zack et Alen à côté de lui », confirme Savo Vucevic. Et, deux jours après l'officialisation de sa prolongation de contrat, PP a largement justifié sa revalorisation salariale en gratifiant la salle Gaston-Médecin d'un véritable festival. De quoi lui valoir deux applaudissements fugaces de Zvezdan Mitrovic après son dernier panier en fade-away sur Branden Frazier. « Pelos a sorti un très grand match », évacue l'entraîneur monégasque, pas forcément d'humeur à s'étendre sur la performance d'un adversaire que les siens n'ont pas eu la lucidicité de cibler défensivement, alors qu'il était embêté par les fautes.

Du caractère pour Pelos, une punition pour Gray

Surtout que le technicien monténégrin n'a jamais su trouver les solutions pour ralentir l'ancien Fosséen, qui aura dicté le tempo de son équipe tout au long de l'après-midi. Une première mi-temps majuscule (18 points à 7/8 et 6 rebonds pour 26 d'évaluation), profitant aussi de l'opération portes-ouvertes de Monaco, afin de placer la Jeu sur des bons rails. Ensuite, une sortie énergique des vestiaires pour plier le match (54-71, 27e minute), pensait-on alors. Et puis, un petit passage à vide... Deux lancers-francs ratés, deux tirs qui ressortent : des petits échecs successifs symbolisant les difficultés éphémères de la JL, soudainement incapable de trouver la clé face à l'intensité monégasque retrouvée. Plus de cinq minutes sans le moindre panier dans le jeu, à subir la révolte, aussi désordonnée que volontaire, des locaux, pour aboutir à une égalité parfaite à l'entame du money-time : 78-78, et un momentum clairement en faveur des Roca Boys. Et enfin, le réveil. Un dunk avec la faute pour abréger la disette, et Savo Vucevic qui décide de jouer tous les ballons sur lui. Trois paniers plus tard, circulez, un voile pudique avait été jeté sur le suspense (82-92, 39e minute). « La consigne était de jouer sur lui dans le money-time », explique son coach. « Cela fait quelques années que je sais que je n'ai rien à lui apprendre au niveau technique mais il lui faut du caractère et de la concentration. Aujourd'hui, il a répondu de la meilleure des manières en faisant ce que je veux de lui. Il a été dur dans les moments difficiles. C'est ça le caractère et c'est comme ça qu'on devient un grand joueur. » Cet après-midi, au Louis II, il en avait tous les apparats : l'attitude et les statistiques (31 points à 11/16, 10 rebonds, 4 passes décisives, 2 interceptions et 7 fautes provoquées pour 35 d'évaluation en 33 minutes). « C'est l'anniversaire de ma mère aujourd'hui et elle m'avait demandé une grosse performance », rigole le n°13 burgien, soulignant aussi le travail de ses coéquipiers qui ont su « [le] mettre dans de bonnes conditions tout le match, en [lui] donnant les ballons au bon moment, au bon endroit et dans le bon rythme. »

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Le sourire de Pelos, le dépit de Lessort : image symbole de la rencontre
(photo : Sébastien Grasset)

Au-delà de la démonstration de Pierre Pelos, ce match vient conclure une semaine diamétralement opposée pour les deux équipes. En perdition à Cholet il y a huit jours, la JL Bourg vient d'enchaîner un surprenant 3/3 face à des adversaires de gros calibre : Strasbourg (81-73), Dijon (89-84) et Monaco (94-86). « On a retrouvé notre collectif et on aimerait bien être dans le Top 4 », avoue Savo Vucevic. En revanche, la Roca Team vit une fin de saison régulière aussi douloureuse que son début de printemps fut enchanté. Plus de défense, plus de motivation, plus d'exécution, plus rien... « Ce n'est pas l'équipe que vous avez vu depuis le début de saison », regrette Zvezdan Mitrovic, avant de nuancer : « Mais c'est très difficile de parler basket en ce moment. Vous imaginez la difficulté de disputer 17 rencontres en 50 jours ? Je ne peux pas en vouloir à mes joueurs, ils n'ont plus rien dans le moteur. »  Une indulgence à géométrie variable, puisque Rob Gray a été cloué sur le banc tout au long de la seconde période, puni d'une premier passage « catastrophique » aux yeux de son coach. « Pas de défense, pas d'effort, les gars à sa place après la pause ont fait beaucoup mieux que lui ». Et l'on ne s'épanchera pas trop non plus sur les performances d'Abdoulaye Ndoye, qui avait réservé le meilleur pour le match aller avec son game-winner à Ékinox le 25 mai, ou de Damien Inglis, qui a traversé de manière fantômatique ses trois minutes passées sur le parquet.

« Mon équipe a disparu après l'annonce de la LNB »

Un troisième revers de rang pour une série qui commence à faire tâche sur le papier, surtout pour un champion d'Europe. Mais justement, après avoir vécu de telles émotions, la décompression est légitime, surtout depuis l'annonce de l'organisation d'une phase finale à la fin du mois de juin. Avant la confirmation de la tenue des playoffs, la Roca Team pouvait toujours se souder et partir en mission commando pour préserver sa première place. Depuis, quel intérêt de se battre pour terminer leader ? Sur des matchs secs au Kindarena, sachant que l'avantage du terrain en quart de finale est déjà assuré, quelle sera la différence entre terminer premier, deuxième, troisième ou quatrième ? « Après la décision de la ligue, mon équipe a disparu », poursuit Zvezdan Mitrovic. « Nous étions à l'hôtel à Reims et quelque chose s'est cassé dans le groupe après avoir lu cela. » Compliqué aussi de rester concentré sur la Jeep ÉLITE dans un tel contexte, où tous les éléments du décor rappellent le triomphe de Kazan. Jusqu'à l'animation du troisième quart-temps, avec "We Are The Champions" de Queen à fond dans les enceintes de Gaston-Médecin, et une grande bâche symbolisant la victoire en EuroCup agitée au centre du parquet. Alors oui, la saison de la Roca Team est déjà réussie, les prochaines rencontres n'y changeront rien dans l'immédiat mais il sera encore possible de la rendre absolument légendaire dans trois semaines à Rouen. Et d'ici là, gagner ou perdre ne change peut-être pas grand chose mais il reste tout de même une question d'honneur. « Maintenant, on a une étiquette dans le dos, on est l'équipe que tout le monde veut battre », remarque Mathias Lessort. « Là, tout ce qu'on fait, c'est passer pour des clowns. » L'ivresse du Tatarstan ne sera jamais oubliée, mais qu'elle semble lointaine désormais...

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25 points pour Danilo Andjusic, qui déborde ici (trop) facilement Rob Gray
(photo : Sébastien Grasset)

À Monaco,

06 juin 2021 à 21:41
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