À L'ÉTRANGER

L'AVENTURE AMÉRICAINE DE CARLA BRÉMAUD, PLUS JEUNE JOUEUSE À ÊTRE ENTRÉE EN LFB

Carla Brémaud
Crédit photo : WGBlueSox

A 14 ans, elle entrait en jeu en LFB. Aujourd'hui, elle vient d'être sacrée championne de son état aux Etats-Unis et s'apprête à démarrer son cursus universitaire à Wichita State. Entretien avec Carla Brémaud.

Entretien réalisé par Maria Guramare,

Au milieu du flux d’actualités sur la March Madness, nous avons pris un pas de recul pour discuter avec une Française qui vient de terminer avec succès sa première saison aux États-Unis. Elle joue pour sa part au lycée, en se préparant à rejoindre l’année prochaine le championnat universitaire et peut-être la March Madness. Il s’agit de Carla Brémaud (18 ans, 1,78 m). Si ce nom vous est familier c’est peut-être pour le record de précocité qu’elle a établi en France lorsqu’en 2014, elle est entrée en jeu en Ligue Féminine de Basket (LFB) pour Angers à seulement 14 ans, 11 mois et 27 jours. Celle qui a également connu l’équipe de France jeunes en participant au championnat d’Europe U16 en 2015 (6e) vient de remporter le 24 février dernier le titre de champion de l'Etat et prépare désormais son entrée en NCAA Division I à Wichita State, dès cet été. Elle y rejoindra une de ses compatriotes, Alyssia Faye, actuellement Freshman dans l’université qui a terminé cette année 6ème de la American Athletic Conference (AAC), la conférence où évolue la fameuse université d'UConn, classée première au niveau national et favorite pour le titre de champion NCAA qu’elle a déjà remporté 11 fois. Carla Brémaud a été cette saison le leader de l’équipe de son lycée, la Wichita State Life Preparatory Academy, qui a traversé les playoffs de conférence avec une relative facilité, puisqu’elle a battu Destiny 75-40 en demi-finale, puis Providence en finale sur le score de 58-42. Le collectif évolue dans un championnat U18 sur 4 ans, au sein de la Heartland Christian Athletic Association (HCAA), qui est une conférence réunissant des équipes de 10 sports différents, venant de trois états du centre des Etats-Unis : l’Arkansas, le Kansas et l’Oklahoma. Nous avons donc discuté avec l’ancienne Angevine, revenant sur son parcours, la trace qu’elle a laissée en France et qu’elle compte renforcer à l’issue de son cursus américain mais aussi et bien sûr de son adaptation, sa première saison aux Etats-Unis et ses objectifs. Rencontre.

 

Pour commencer Carla, peux-tu nous parler de ton parcours dans le basketball ?

J’ai débuté le basketball à l’âge de 8 ans dans le club de Pomjeannais à La Pommeraye où j’ai évolué durant 3 années. Ensuite, j’ai intégré le club de Cholet Basket pour ma deuxième année benjamine. Entre temps, je faisais partie des joueuses sélectionnées en département pour l’équipe du Maine et Loire. J’ai ensuite intégré le Pôle espoirs des Pays de la Loire à Nantes et de nouveau changé de club. Je suis rentrée à l’UFAB49 (Union Féminine Angers Basket) pour mes débuts en minimes (U15). Pendant ces deux années minimes, les résultats ont été plutôt bons : avec la sélection des Pays de la Loire dont je faisais partie, nous avons été vice-championnes de France du TIL national. Avec mon collège et l’équipe du Pôle, nous avons été vice-championnes de France UNSS. Et avec mon équipe, l'UFAB, nous avons fini 3e du final four poule B durant ma première année et pour ma deuxième année 3e du final four poule A à Salon-de-Provence. Cette 3e place est l'un de mes meilleurs souvenirs. Nous avions passé un superbe week-end, l’équipe était très performante, le staff génial et ma famille nous avait suivi sur l’épreuve. Je jouais également avec mes deux meilleures amies. Ce fut un magnifique moment de partage sportif et extra-sportif. A la suite de cela, j’ai intégré le centre de formation de l’UFAB. Durant ma première année j’ai fait ma première apparition en LFB (ndlr : en décembre 2014 contre Lattes-Montpellier, établissant ainsi son fameux record de précocité) et l’été d’après j’ai participé au championnat d’Europe U16 avec l’équipe de France (Ndlr : lors de cette compétition, elle a disputé 3 matchs sur lesquels elle a tourné à 3,3 points, 1,7 rebond et 0,7 passe décisive en 12 minutes de moyenne). Cela fait également partie de mes meilleurs souvenirs, car porter le maillot bleu est sincèrement une réelle fierté. Et devant sa famille c’est encore mieux que ce que nous pouvons imaginer. Durant mon cursus de centre de formation, j’évoluais entre l’équipe cadette France et celle espoir (en nationale 2), avec quelques entraînements et sélections avec l’équipe professionnelle (ndlr : Angers évoluait en LFB jusqu’à ce qu’elle soit reléguée en LF2 au terme de la saison 2016/17). J’ai joué quelques minutes en EuroCup avec l’équipe professionnelle, une très, très bonne expérience. Nous avons été, avec l’équipe cadette, championnes de France U18 poule B sur la saison 2015/16 ; et 4e du final four u18 poule A sur ma dernière année de centre de formation (saison 2016/17).

Et donc la suite, tu es passée de l’autre côté de l’Atlantique où tu joues au lycée depuis le début de l’année scolaire. Pourquoi les Etats-Unis ? Quelles ont été les raisons qui t’ont emmenée à faire ce choix ?

Ma première raison était de vouloir avoir les meilleures dispositions pour allier les études et ma passion, le basket. Mon souhait était de pouvoir également maîtriser l’anglais. Être plongée dans le pays du basket, suivre des cours en anglais, cela répondait exactement à mes attentes. Ils ont les meilleures infrastructures pour jouer à haut niveau et étudier pour obtenir un diplôme en même temps.

Comment vis-tu ta première année là-bas, comment se passe ton adaptation ?

Pour mon adaptation, ça a commencé en Californie l’été dernier chez Tariq Abdul-Wahad (Ndlr : ancien joueur français ayant évolué en NBA, il coache désormais une équipe de lycée en Californie) lors de tournois et Fabrice Séné (Ndlr : assistant coach français à Riverside) m’a beaucoup aidé. Mais au début ça a été compliqué car c’était la première fois que je me trouvais dans un lieu où je ne connaissais personne et en plus de ça je ne maitrisais pas très bien la langue. L’école m’a permis de me retrouver avec des personnes dans la même situation que la mienne. J’ai aujourd’hui un tas d’amis de nationalités différentes, nous échangeons sur nos propres cultures, c’est très riche.

Quelles sont les plus grandes difficultés que tu aies rencontrées aux Etats-Unis jusqu’ici ?

Ma plus grosse difficulté fut au niveau de mon anglais. J’avais l’impression que tout le monde parlait chinois et c’était le cas de le dire avec les différentes nationalités que l’on retrouve dans mon école. Egalement leur culture sur la restauration. Mes petits frères adoreraient vivre aux Etats-Unis pour cela. Aujourd’hui, je fais beaucoup plus attention, je me prépare très souvent mes propres repas, plus équilibrés.

Tu viens d'être sacrée championne de ton état... Peux-tu nous raconter ta saison ?

Ma saison s’est plutôt bien déroulée, car j’étais la leader dans le scoring avec entre 25 et 35 points par match. J’étais souvent attendue, du coup les adversaires étaient souvent en trappe sur moi, ce qui m’obligeait à aller plus vite et développer certains mouvements. Le fait d’être championne de l'Etat a été une récompense compte tenu de la saison qu’on a eue et l’effectif que l’on avait. La saison a été assez dure avec la série de défaites que l’on a eues, mais après, ça nous a plutôt aidées pour le titre final. Mais pour ma part, je suis plutôt satisfaite et je viens d’apprendre que je vais jouer le All-Star Game de la conférence.

Comment considères-tu le niveau en HCAA par rapport aux championnats que tu as connu en France ?

Je dirais que sur certains matchs, c’est équivalant aux U18 France. La différence est qu’on ne trouve pas beaucoup d’équipes avec un 5 majeur et un banc de très bon niveau, comme nous pouvons en avoir dans les équipes U18 de centre de formation. Mais il y a beaucoup d’équipes avec de très fortes joueuses, et beaucoup plus d’individualités.

Sens-tu déjà une évolution pour toi en tant que joueuse après cette année à l’étranger presque terminée ?

Je sens qu’au niveau des responsabilités, j’ai eu une évolution et ça m’a aidé surtout à essayer d’être plus constante dans le scoring.

Tu parlais de ta volonté de réussir des études et de tes difficultés en anglais... As-tu bien réussi le versant scolaire de cette première année aux Etats-Unis ?

Je suis en 12th grade, l’équivalent d’une terminale. Je trouve que je m’en suis bien sortie pour gérer le sportif et le scolaire en même temps. Le planning de cours est très bien fait, nous avons suffisamment de temps pour pratiquer notre sport et bien réviser. Même si dans un premier temps, je me suis plutôt concentrée sur le scolaire, pour maitriser au plus vite la langue et par la suite, je me suis remis à niveau physiquement. J’étais très bien pour les phases finales.

Comment envisages-tu ton futur à proche et moyen terme aux Etats-Unis ? Est-ce que ton projet est d’intégrer une université en NCAA ?

Si je suis actuellement aux Etats-Unis, c’est pour améliorer mon anglais pour intégrer une université et jouer en NCAA. En novembre dernier je me suis engagée avec l’université de Wichita State qui joue en 1ère division NCAA. Leurs installations sportives sont exceptionnelles. Les coaches sont venues me rencontrer, nous avons longuement échangé et j’ai senti qu’elles me donnaient toute leur confiance. Ça m’a énormément plu, et j’ai hâte de jouer pour cette université.

Par la suite, prévois-tu de revenir dans le championnat français ?

Oui j’aimerais revenir dans le championnat français ou un autre championnat européen après mes 4 ans à l’université, mais tout cela est encore loin, mon projet ne fait que commencer.

En parlant de la France, reparlons de ton entrée en LFB à un très jeune âge. Quel regard portes-tu sur ce record maintenant ? De quelle manière penses-tu que ça t’a aidé à en arriver là où tu en es aujourd’hui, à te former en tant que joueuse ?

C’est une certaine fierté. David Girandière m’a fait un beau cadeau en m’intégrant dans l’équipe professionnelle et en me faisant rentrer sur le parquet. Mais je travaillais dur à l’entrainement et me donnais à fond durant les matchs. Il m’a prouvé que j’en avais le mérite. Ça a été une très belle expérience, j’aime le jeu, la compétition, c’est ce qui me plait. C’était très chouette. Ça m’a montré également qu’il y avait encore beaucoup de travail à réaliser pour accéder au plus au haut niveau. Les exigences sont importantes à ce niveau. Je suis ici pour continuer à me former, à progresser, à découvrir de nouveaux jeux. Je veux être plus forte physiquement et mentalement. Je compte beaucoup sur ma prochaine saison en NCAA. Je m’y prépare. J'ai l'objectif de faire de bonnes saisons en NCAA pour atteindre mon meilleur niveau et devenir professionnelle par la suite.

28 mars 2018 à 16:15
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