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LE LONG APPRENTISSAGE DE TOM DIGBEU AU FC BARCELONE

Tom Digbeu équipe de France U17 2018 GPJ
Crédit photo : GPJ

Parmi les nombreux prospects de la génération 2001, il y a Tom Digbeu. Ce poste 1/2, fils d'Alain Digbeu, continue son développement en Espagne, là où il a grandi, tout en restant connecté au basketball français. Découverte.

Il fait partie de l'une des académies sportives les plus prestigieuses au monde. Celle du FC Barcelone, dont sortent régulièrement de nouvelles légendes. Chaque jour, Tom Digbeu y croise les vedettes de demain de nombreuses disciplines, en particulier celles du football et du handball. Lui joue au basketball après s'être essayé à plusieurs sports dans sa jeunesse, en Espagne. Car il a attendu ses 12 ans pour commencer le basketball, la pratique sportive qui a rendu sa famille paternelle célèbre (son père Alain et sa tante, Jennifer).

"Avant (mes 12 ans), ça ne m'intéressait pas. J'ai fait du foot, du tennis de la natation", avoue-t-il sans auncun mal. Mais le basket restait présent à la maison. Et il a fini par tomber dedans. "Je regardais plein de matchs. Ça m'est venu comme ça." À 12 ans, il a pris ainsi sa première licence à Alicante, en Espagne. Finalement, il est revenu en France et a de suite intégré le Pôle Espoirs du Lyonnais, en U14, tout en jouant en U15 Elite à l'ASVEL. Après un an à Lyon, sa mère a décidé de revenir à Alicante. Il a continué le basketball là-bas avant d'intégrer le FC Barcelone en 2015.

Avec l'équipe réserve du Barça depuis cette saison

C'est en 2016 qu'il a commencé à faire parler de lui. Car en Espagne, les équipes jouent un championnat régional jusqu'en mai avant que les vainqueurs de chaque province ne se retrouvent pour un tournoi national. L'occasion de découvrir les prospects, notamment grâce à des retransmissions quasi-systématiques sur Internet (grâce notamment à Basket Cantera). Sa finale nationale contre le Real Madrid a en effet "buzzé" avec plusieurs actions d'éclat révélant ses qualités athlétiques.

Désormais, Tom Dibgeu, né en 2001, joue en U18 mais également avec l'équipe réserve sénior du FC Barcelone. "Mon équipe c'est l'équipe junior (U18), de mon âge, après il y a le Barça B qui évolue en 2e division (LEB Oro). L'an passé j'ai fait deux matchs avec le Barça B. Il y a beaucoup de vétérans qui comprennent le jeu, ça m'aide pour jouer dans ma catégorie." Au FCB, le programme est différent de ce qui peut se faire dans les pôles Espoirs français ou aux Etats-Unis. "On a entraînement le matin puis on a cours de 15h à 20h. On s'entraîne encore puis on dort."

Du poste 2 au poste 1

Au niveau basket, Tom Digbeu est actuellement entrain de faire la bascule pour passer du poste 2 au poste 1. Un projet mis en place dès son arrivée au Barça qui n'est pas encore arrivé à terme. Fort sur le jeu en pénétration, il est de plus en plus à l'aise en sortie de pick & roll où son amplitude, ses prédispositions naturelles et sa fluidité dans les mouvements s'expriment à merveille. "Baskettement parlant", il doit avant tout travailler sur son tir, pour être "plus constant" dans ce domaine.

Surtout, Digbeu doit progresser physiquement. En début d'année, il a fait le choix de répondre favorablement à la convocation de l'équipe de France U17, lui qui détient également le passeport espagnol depuis peu. "Je me sentais Français, mes proches me disaient que la France était une bonne option", argumente-t-il simplement, même si cela entraîne des "chambrages constants" avec ses coéquipiers de Barcelone, dont certains font partie des sélections espagnoles. Après un premier stage à Bourges, il a finalement quitté le groupe début juin à moins d'un mois de la Coupe du Monde U17. Physiquement, il ne semblait pas encore prêt aux dires du staff des Bleuets. Encore frêle, avec les genoux rentrants, Digbeu est loin d'être arrivé à maturité physique malgré l'heure de musculation quotidienne avant sa séance d'entraînement collectif. "Physiquement, je ne suis pas du tout arrivé à maturité", affirme-t-il.

Le faux-jumeau de Malcolm Cazalon

Déjà, à son arrivée au Pôle du Lyonnais, à 13 ans, c'est ce qu'avait constaté Marc Berjoan, responsable du Pôle et coach des U15 Elite de l'ASVEL à l'époque. "Il n'avait pas du tout grandi, se souvient celui qui est désormais assistant de Julien Espinosa à Antibes. Il était frêle et gringalet." Son profil physique rappelle exacement celui de Malcolm Cazalon, poste 2 de 1,96 m né en 2001. Les deux sont gauchers et fils d'anciens basketteurs aux qualités physiques exceptionnelles, Laurent Cazalon et Alain Digbeu. Et s'ils sautent déjà haut et se déplacent vite, ils doivent désormais s'épaissir physiquement pour pouvoir s'exprimer au niveau adulte. Hasard ou non, ils se connaissent parfaitement pour être entrés au Pôle en même temps, en 2014. Là-bas, ils sont devenus très proches. "Avec Malcolm, c'était marrant de les voir ensemble, ils se ressemblaient vraiment. Ils s'entendaient comme larrons en foire. Les compliments comme les réprimandes, ça allait souvent de paire, se rappelle Marc Berjoan. Ce sont de bons garçons", reconnaît-t-il, même si pour lui Tom Digbeu était sans doute trop jeune pour vivre dans un internat. "Il avait encore besoin de son cocon familial, il semble avoir trouvé de la stabilité en Espagne".

Un habitué des camps d'exposition

L'amitié entre Malcolm Cazalon et Tom Digbeu reste très vivace. Les deux larrons parlent de leur rêve, jouer en NBA, régulièrement par messages. Et parfois, ils se retrouvent. En équipe de France donc, mais aussi sur tous les événements réunissant les meilleurs prospects européens, même si Cazalon a déclaré forfait pour le Jordan Brand Classic 2017 et a laissé sa place au Basketball Without Borders Camp à Belgrade en août. Des événements où Tom Digbeu devient incontournable. "C'est une bonne manière de s'exposer et ça s'est toujours bien passé", se contente de commenter Tom Digbeu. Son projet, complètement tourné vers la NBA, l'a également rapproché de Killian Hayes, un autre poste 2 réorienté pour le très haut-niveau sur le poste 1 au profil similaire (fils d'ancien pro, 1,95 m). Avec lui comme Malcolm, il envisage d'aller chercher l'or à l'Euro U18 à l'été 2019. S'il est retenu dans la sélection finale cette fois, où la concurrence est exceptionnelle à l'arrière avec également Théo Malédon, Matthieu Gauzin et d'autres encore (Timothé Crusol, Anthony Da Silva, Louis Marnette, Victor Barbitch, Hugo Besson, Lorenzo Thirouard etc.). Il assure en tout cas vouloir travailler pour, même si cette échéance reste encore lointaine.

Quant au fait de revenir en France, où plusieurs joueurs de sa génération sont déjà devenus professionnels, il n'y a pas songé. Tom Digbeu dit se concentrer sur son travail au quotidien afin de réaliser ses rêves qui semblent plutôt de simples objectifs dans son cas. Le tremplin entre l'équipe B et l'équipe A du Barça est désormais rare. Il n'hésitera pas à quitter la célèbre institution pour se lancer chez les pros le moment venu. "Où tu vas en équipe première, ou tu pars", répète-t-il. Sachant que la barre est très haute pour arriver au sein de l'équipe pro qui compte deux meneurs internationalement renommés cette saison, Kevin Pangos et Thomas Heurtel. Le basketball espagnole reste pour lui plus propice à son développement parce que "c'est plus difficile qu'en France car c'est plus exigeant". Et s'il se dit "confiant pour aller en NBA", il pourra toujours demander conseil à son père, scout aux Atlanta Hawks avec qui il échange régulièrement malgré l'éloignement, là-aussi (Alain Digbeu vit à Istanbul). Le chemin reste cependant long pour ce "late bloomer" dont l'explosion n'est pas pour tout de suite.

24 octobre 2018 à 08:30
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Tout ça pour mettre une balle dans un cercle.
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