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ITW MARGAUX OKOU : "NE FAIRE QUE DES MONTÉES, AURAIT RÉCOMPENSÉ LE TRAVAIL EFFECTUÉ PAR LES CLUBS QUI SE SONT DONNÉS LES MOYENS"

Margaux Okou RBF
Crédit photo : Elodie Sainte

Margaux Okou, joueuse de l'équipe Reims Basket Féminin, revient sur l'arrêt brutal de la saison, alors que le club était en bonne voie pour prétendre à une accession en Ligue Féminine de Basket, mais se projette déjà pour la saison suivante pour repartir sur de bonnes bases, avec les mêmes envies de jouer au haut-niveau.

A la fois joueuse de basketball et membre du bureau directeur du Syndicat National des Basketteurs, Margaux Okou-Zouzouo (1,83 m, 29 ans), a de quoi nourrir quelques regrets après l'arrêt prémaruté de la saison et de la décision de la FFBB de ne faire monter aucun club aux échelons supérieurs. En bonne posture avec le RBF et sur une bonne dynamique, elle nous explique comment elle a vécu cette situation mais aussi sa vision des choses pour la saison prochaine, toujours engagée avec le RBF.

A l’arrêt de la saison, le club de Reims était deuxième du championnat avec le même bila que le leader Aulnoye. Comment as-tu vécu la décision de la FFBB d’arrêter la saison et de ne faire monter personne en LFB, après tant d’efforts et de sacrifices de la part de l’équipe et du staff ?

Nous étions sur une bonne dynamique et l’annonce a été brutale. La décision de la FFBB a été difficile à accepter. Même si on n’avait pas gagné le droit de monter en Ligue féminine, on avait tout de même joué 80% de la saison et réalisé un très beau parcours. Pendant l’attente de la décision de la FFBB, on n’excluait pas la possibilité de monter en LFB, comme l’avait fait d’autres fédérations, en augmentant les poules. Même s’il y avait dû y avoir trois descentes la saison prochaine, on aurait vraiment été fières de jouer en LFB la saison prochaine. Le challenge nous aurait plu. 

Ne faire que des montées, aurait valorisé et récompensé le travail effectué par les équipes, les staffs et les clubs qui se sont donnés les moyens.

Peux-tu nous dire, en tant que membre du comité directeur, quelle est la position du Syndicat National des Basketteur à ce sujet ?

Les joueuses n’ont pas été consultées. Personne ne nous a demandé notre avis, et nous n’avons pas pu émettre d’idées. La crise sanitaire actuelle a d’autant plus faire ressortir le manque de communication et d’échange de la part de la fédération. Il y a vraiment un manque de considération de la Ligue 2 contrairement à la Ligue féminine de Basket. Le basket féminin est déjà peu médiatisé mais cela renforce vraiment ce constat. Les joueurs masculins ont vu leur communiqué relayé dans différents médias, pas celui des joueuses. Je concède que le basket féminin est moins vendeur mais sans médiatisation il ne sera pas plus vendeur.

Lors de vos deux matchs face à Aulnoye, le RBF s’est incliné de quelques points. Qu’est-ce qui, selon toi, joue en faveur d’Aulnoye et leur offre les deux victoires ?

Les deux matchs étaient vraiment différents. Le premier match, qui était notre deuxième match de championnat de la saison, on le joue mal, on respecte peu les consignes, on ne peut s’en vouloir qu’à nous-même. Le deuxième match, à domicile, était un défi jusqu’au bout. On joue au coude à coude avec Aulnoye mais on manque des paniers faciles et on perd trop de ballons. Aulnoye a profité de nos erreurs pour prendre le dessus. Par rapport à la saison dernière, le club a six voire sept joueuses qui jouent ensemble depuis trois saisons, cela crée des systèmes de jeu bien rôdés. Leur intérieure, Shanavia Dowdell, est aussi un atout de taille pour l’équipe. Elle est efficace dans la raquette et très régulière. L’équipe sait très bien jouer avec elle et joue beaucoup sur elle pour marquer des paniers à l’intérieur. Le match à domicile, on aurait dû le gagner, surtout avec un René Tys plein à craquer et qui nous soutenait vraiment beaucoup.

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Crédit photo : Élodie Sainte

Cette année le public rémois était vraiment au rendez-vous à René Tys et même à Calais, comment expliques-tu un tel engouement cette année ? Comment l’équipe a réagi face à un tel soutien ?

Je tiens à remercier tous les supporters pour leur présence aux matchs. Quand je venais à Reims les saisons précédentes, il n’y avait pas cette ambiance. John Patino et Jean-Marc Fosse, en charge de la communication, Philippe Sauret, le président du club et Christine Chevaux, responsable de salle, ont fait un très beau travail et ont réussi à vraiment mobiliser le public pour nous soutenir. Nos victoires ont aussi suscité la curiosité, puis les gens sont revenus d’eux-mêmes nous soutenir. Des étudiants de STAPS et des Pom-pom girls sont aussi venus mettre l’ambiance, c’était génial ! L’équipe en était même devenue exigeante quant à la présence du public aux matchs, les supporters ont très bien su jouer leur rôle de sixième homme/femme sur le terrain.

Je trouve aussi que le club a une belle image dans la ville. Les supporters sont vraiment proches de nous, nous apprécient toutes et c’est réciproque. C’est important pour une équipe de se sentir soutenue.

Peux-tu revenir pour BeBasket sur la fin de match face à Montbrison en phase aller ? Comment expliques-tu une telle remontée collective et la dernière possession qui vous offre la victoire d’un point ? Pour rappel, le RBF était mené tout au long du match et Monbrison avait creusé l'écart en troisième quart-temps. Après une remontée collective en dernier quart-temps, Margaux Okou plante un 3-points à la dernière seconde, au buzzer, et donne la victoire à son équipe d'un tout petit point.

Ce qui définit l’équipe, c’est de ne jamais rien lâcher, et c’est ce que l’on a fait. Sans paniquer, on a cherché des solutions, on a mis en place de nouvelles options pour déjouer Montbrison. L’équipe était à notre portée et on a profité de leurs erreurs pour revenir au score. Tout le monde a répondu présent, avec beaucoup de sérénité. La dernière possession, et le shoot à 3-points que je prends et que je marque, est le fruit d’un travail collectif. On a joué le basket que l’on sait jouer, ça a payé. Ce n’est jamais facile de gagner à Montbrison, qui a une petite salle et avec des supporters bien présents. Toute l’équipe était satisfaite de notre détermination.

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Crédit Photo : Jérôme Le Bris

Penses-tu que ce match a été fédérateur pour le collectif ? Le départ de Monique Oliver à la trêve hivernale a-t-il fragilisé le groupe ?

Oui, ce match a créé quelque chose entre nous. On a passé un cap. On a su rester soudées, toutes ensemble et on s’est donné la preuve que l’on pouvait le faire. Ça permet de gagner en confiance et de créer de vraies relations de jeu.

Le départ de Monique Oliver a été difficile. Elle était très appréciée de tous, positive, souriante et tout le temps de bonne humeur. Elle a su nous apporter tout son impact physique et toute sa sérénité face à Chartres lors des deux lancers francs de la victoire. Il a fallu reprendre tout le travail effectué en pré-saison pour intégrer Artiavia Ford et ce n’est pas facile pour une joueuse d’intégrer un effectif en cours de saison. D’autant qu’Artavia est arrivé au moment où on jouait de grosses équipes. Par la suite, une fois son intégration au jeu bien en place, elle a su nous apporter beaucoup sur le terrain.

Julien Pincemin a conservé quatre joueuses, pour le moment, dont toi, quelle est la ligne directrice du recrutement pour la saison prochaine ? Que penses-tu de cette stabilité de l’effectif ?

Le club voulait prolonger une partie de l’effectif pour garder une base de jeu solide. Ne pas repartir de zéro est un avantage et un gain de temps. Le club souhaite aussi apporter une dimension athlétique supplémentaire au poste 4/5. Cette stabilité me satisfait pleinement. On est bien connectées sur le terrain et on pourra continuer à jouer ensemble comme on sait le faire.

On peut certes les imaginer en observant les résultats cette saison, mais peux-tu nous donner les objectifs du RBF pour la saison prochaine ?

Faire au moins aussi bien, sinon faire mieux. Mais prudence, la dynamique ne sera pas exactement la même, l’objectif premier reste le top 4. Pour y parvenir il faut gagner tous les matchs à la maison et aller prendre un maximum de matchs à l’extérieur. Être en haut du classement permet d’avoir l’avantage du terrain lors des playoffs et c’est quelque chose de primordial et cela apporte un vrai bénéfice. Nous essaierons d’avoir l’équipe la plus compétitive possible afin que nous puissions atteindre nos objectifs. Cependant, il faut toujours rester vigilantes et ne prendre aucun match à la légère. Notre objectif, toutes les autres belles équipes l’ont aussi. Ce sera une saison très disputée mais on compte bien tout faire pour accéder au haut niveau.

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Crédit photo : Élodie Sainte

 

04 mai 2020 à 12:30
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