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ITW ALIX DUCHET : "JE N’AI JAMAIS ÉTÉ PÉNALISÉE PAR MA TAILLE CAR J’AI TOUJOURS APPORTÉ D’AUTRES CHOSES"

Alix Duchet BLMA 201920 FIBA 2
Crédit photo : FIBA

Après un passage de deux saisons du côté de Lattes-Montpellier, Alix Duchet vient de signer à Bourges. L’occasion pour la meneuse internationale française de se confier sur son parcours et les objectifs qui l’attendent.

Le 16 avril dernier les articles se multipliaient concernant l’arrivée de la jeune meneuse Alix Duchet ( 1,63 m, 22 ans ) à Bourges. Connue pour son intelligence sur les parquets, c’est entre deux séances de rééducation et de renforcements musculaires qu’elle est revenue sur les raisons de son départ et les objectifs qui lui tendent les bras.

Née à Roanne en 1997, le basket a toujours été une évidence pour Alix. Captivée en regardant jouer son frère et sa sœur pratiquer le basket, c’est à ses 7 ans qu’elle commence à jouer dans un petit club à côté de Roanne : Boyer Nandax. A l’aise balle en main dès son enfance, elle s’entraine principalement avec les garçons. Elle reste dans ce club jusqu’en dernière année benjamine avant de s’envoler vers le pôle espoir du Lyonnais, et le club du Coteau pour évoluer en parallèle en minimes France puis en cadettes, avant d’intégrer le Centre Fédéral. C'est sous les couleurs de l'institution fédérale qu'elle commence sérieusement à se démarquer des autres joueuses, puisque sur la saison 2014/15 Alix finit meilleure passeuse du championnat LF2. Une prouesse pour une joueuse de son âge. Observée et courtisée par de nombreux clubs, elle décide de signer son premier contrat professionnel à Arras, avant de continuer son chemin du côté de Nice puis de rejoindre Lattes-Montpellier et dernièrement de poser bagages à Bourges. Au BLMA, la meneuse a su grandir et s’affirmer au meilleur niveau français : « Si je dois décortiquer ces deux saisons à Montpellier, je dirais que la première était exceptionnelle. Je n’avais jamais vécu une saison pareille, que ce soit sur le plan basket ou humain, j’ai vécu quelque chose de très fort, avec notamment deux finales. Sur la deuxième saison, c’était plus compliqué, mais je ne regrette rien. Je pense même qu’on aurait pu montrer un tout autre visage sur la fin de saison. Au BLMA, j’ai clairement passé un cap dans ma carrière. »

« Ce ne sont pas des blessures qui vont m’arrêter »

Un cap franchi, une assurance sur les terrains, c’est tout naturellement qu’Alix décide de se diriger vers Bourges pour engendrer le maximum d’expérience et gravir des échelons à côté de grandes joueuses : « Je n’ai pas hésité à aller à Bourges. Le club m’a proposé un projet qui me correspond, et puis on ne va pas se mentir c’est la meilleure équipe française sur ces dernières années, donc c'est difficile de dire non. »

Toutefois, Alix n’a pas toujours autant brillé dans sa carrière. Elle a dû passer par des moments de doute, lorsque les blessures étaient très présentes, car ce n’est que depuis peu qu’elle arrive à jouer à 100% de sa forme. Mais la native de Roanne, compétitrice dans l’âme, n’a jamais rien lâché, au contraire elle s’est servie de ses moments pour revenir encore plus forte : « En tant que jeune joueuse, se blesser plusieurs fois, et qui plus est au même endroit, tu doutes forcément. Mais je savais vraiment ce que je voulais faire dans le basket donc ce ne sont pas des blessures qui vont m’arrêter. A chaque fois que je me blessais, je n’avais qu’une chose en tête : être sur les terrains donc j’ai toujours rebondi. » Avant d’ajouter : « Après, oui, j’ai eu peur mais jouer avec la peur de se blesser c’est la pire chose, c’est justement dans ces moments-là que tu te blesses. Donc bien sûr que depuis je fais d’avantage attention, je m’entretiens et me renforce musculairement au quotidien pour ne plus revivre ce genre de moment. » Une détermination acquise depuis toute petite, qui lui a permis d’évoluer maintenant au plus haut niveau français.

Un des meilleurs QI basket du championnat français

Ce n’est pas pour rien que depuis un certain moment, la nouvelle meneuse de Bourges commence peu à peu à goûter aux sélections avec l’équipe de France. Son intelligence basket au-dessus de la moyenne frappe de plein fouet le basket français. Connue pour sa gestion et sa création autour du pick and roll, Alix Duchet est une des joueuses les plus spectaculaires de notre championnat. Un style de jeu, qu’elle puise davantage du jeu des garçons que celui des filles : « Je n’ai pas vraiment d’inspiration, mais quand j’étais petite je regardais beaucoup les garçons de la Chorale de Roanne donc j’essayais de faire comme eux. Par exemple, je m’inspirais de Marc-Antoine Pellin pour sa défense et de Dewarick Spencer pour l'attaque. » Une contribution offensive à laquelle vient s’ajouter de plus en plus de grosses séquences défensives : « Je le faisais déjà auparavant, mais avec les blessures j’ai eu du mal pendant un certain temps, vu que la défense c’est surtout sur les appuis que ça se joue. Mais maintenant oui, je suis capable de défendre tout terrain sur pas mal de joueuses. »

Un style de jeu qui inspire beaucoup de jeunes joueuses qui n’arrivent pas à s’imposer dans les centres de formation, à cause notamment de leur déficit de taille : « Pour moi dans le basket il n’y a pas d’âge, pas de taille, donc si tu travailles dur je pense que tu peux franchir toutes les barrières. Moi je n’ai jamais été pénalisée par ma taille ou mon physique, et c’est parce que j’ai toujours su apporter d’autres choses aux équipes dans lesquelles je suis passée. J’ai travaillé sur mes points forts, et j’ai su me servir de ma taille comme un atout. » Le travail, toujours le travail... de quoi lui permettre de rejoindre un club mythique comme celui de Bourges.

Un avenir couronné de trophées ?

Devenu officiel depuis le 16 avril dernier, Alix Duchet s’installe chez l’ogre du basket français : Bourges. Une consécration pour la poste 1, mais qui ne compte pas s’arrêter là puisqu’elle est venue chez les Tangos pour accumuler de l’expérience et faire grandir son palmarès : « Le but à Bourges va être de passer un autre cap dans ma carrière. J’aurai la chance de partager la ligne arrière avec Elin Eldebrink, une meneuse renommée, donc j’espère progresser l’année prochaine. Olivier Lafargue m’a également fait part de son envie de me faire grandir, donc j’ai hâte de travailler avec lui. Vraiment l’objectif c’est de passer un cap et de gagner des titres, tout en s’imposant sur la scène européenne. »

Des objectifs en clubs qui ne manqueront pas de s’ajouter à des sélections avec l’équipe de France féminine. Elle a pu y goûter cette saison, avec notamment un rassemblement à Bourges, mais elle aimerait dès à présent occuper une place plus importante dans l’effectif de Valérie Garnier : « Faire partie de l’équipe de France, c’est une fierté qui n’a pas d’équivalent. Après toutes mes blessures, cela vient récompenser tous mes efforts. Après c’est vrai que j’aimerais faire partie intégrante des 12, mais je ne suis pas frustrée de ma situation en bleu parce qu’il devait y avoir meilleur que moi à ce moment-là, donc je vais travailler dur pour pouvoir m’imposer dans cette équipe. Encore une fois, mon objectif va être de gagner des titres et participer aux plus grands nombres de rassemblement et disputer des compétitions comme les Jeux olympiques. »

Pour ce faire, la meneuse française travaille dur au quotidien et essaye d’améliorer ses points faibles pour pouvoir atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée et ainsi n’avoir aucun regret : « Chaque été, je me pose des objectifs sur mon corps, pour être encore plus prête physiquement, et ensuite je travaille régulièrement sur mon tir. Et pour ça il n’y a pas de secret : j’essaye d’arriver toujours la première à l’entrainement, et de partir 30 minutes ou 1 heure plus tard que tout le monde. Comme ça, je me fixe des objectifs au quotidien. » Dire qu’Alix Duchet a atteint ses objectifs serait mal la connaitre. Créatrice, dotée d’un jeu « flashy » accompagné d’un gros mental, elle n’a pas fini de nous surprendre dans les années à venir.

30 avril 2020 à 19:30
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