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LAUREN JACKSON ANNONCE LA FIN DE SA CARRIÈRE

Lauren Jackson annonce la fin de sa carrière
Crédit photo : FIBA

Sérieusement touchée par les blessures depuis quelques années, Lauren Jackson a finalement dit stop.

La légende du basket féminin australien a annoncé cette semaine sa retraite sportive après plus de 15 ans au très haut-niveau. C'est tout simplement une des meilleures joueuses de l'histoire qui range aujourd'hui définitivement ses baskets.

Rares sont les joueuses nées hors des Etats-Unis à pouvoir se targuer d'avoir figuré un jour parmi les deux, trois meilleures joueuses du monde. Lauren Jackson (1,96m, 34 ans) fait incontestablement partie de cette catégorie-là. Talent précoce que le monde a pu découvrir au championnat du Monde juniors en 1997 (14,3 points et 9,9 rebonds en moyenne par match) alors qu'elle n'avait que 16 ans, la native d'Albury est rapidement devenue la figure de proue de son sport en Australie. Appelée en équipe nationale U20 dès l'âge de 14 ans (!), et en sélection nationale senior deux ans plus tard, elle fait ses premiers pas sur la grande scène internationale à l'occasion des championnats du monde en Allemagne en 1998. A seulement 17 ans, elle cumule déjà 10,8 points et 3,9 rebonds en moyenne par match, remportant au passage une première médaille internationale (en bronze) qui en appelle beaucoup d'autres.

 

Le prodige du basket australien

Sous sa direction, l'Australie s'affirme comme la deuxième puissance mondiale du basket féminin derrière les Etats-Unis en trustant les podiums lors de chaque compétition mondiale : médaille d'argent aux Jeux Olympiques 2000, 2004 et 2008, médaille de bronze en 2012, mais aussi médaille de bronze au Mondial 2002. Mais c'est en 2006 qu'elle peut enfin accrocher une médaille d'or à son cou au championnat du Monde. La Russie réussit l'exploit d'écarter les Etats-Unis en demi-finale, mais c'est bien l'Australie qui remporte le titre après une finale maîtrisée (91-74). Si Penny Taylor rafle le trophée de MVP de la compétition après une finale dantesque, la meilleure joueuse australienne sur l'ensemble de la compétition est bien Jackson, alors au sommet de son art (21,2 points et 8,9 rebonds en moyenne par match).

Elle s'illustre également aux quatre coins du monde en club. Elle évolue durant la majeure partie de sa carrière aux Canberra Capitals, raflant une multitude de trophées individuels comme collectifs (6 titres de championnes d'Australie et 4 trophées de MVP de la saison). Elle effectue quelques passages en Europe, remportant notamment trois fois l'EuroLeague (2008 et 2009 avec le Spartak Moscou et 2012 avec Valence). Mais c'est en WNBA qu'elle forge une partie de sa légende. Choisie en première position de la Draft 2001 par le Seattle Storm, elle y effectuera l'intégralité de sa carrière en se construisant un palmarès hors du commun : deux titres de champion (2004 et 2010), trois titres de MVP de la saison régulière (2003, 2007 et 2010), un titre de MVP des Finales (2010), trois titres de meilleure marqueuse du championnat, un titre de meilleure rebondeuse, sept sélections au All-Star Game, cinq sélections dans le meilleur cinq de la saison et un titre de meilleur défenseur de l'année (2007). Sa féroce rivalité avec Lisa Leslie symbolise le milieu les années 2000 en WNBA, comme en compétition internationale. N'en jetez plus, la coupe est pleine.

 

Une icône de la WNBA

En plus de tout cela, elle peut s'enorgueillir d'avoir signé les deux meilleures saisons statistiques de l'histoire de la ligue. En 2006, elle enregistre un PER (Player Efficiency Rating, un dérivé de l'évaluation souvent utilisé aux Etats-Unis) moyen de 34,91 par match, avant d'améliorer cette marque en 2007 avec 35,04. Personne n'a encore fait mieux en WNBA ou même dans le basket masculin. A titre de comparaison, le record sur une saison NBA appartient à Wilt Chamberlain (31,82 en 1963), alors que Michael Jordan (31,71 en 1988) n'a fait que l'approcher. Des chiffres assourdissants qui cimentent un peu plus son statut dans les livres d'histoire du basket mondial.

Mais son dernier titre WNBA en 2010 alors qu'elle est toujours au zénith de sa carrière, représente son dernier coup d'éclat sur le plan sportif. Revenue fatiguée de Seattle, elle n'est que l'ombre d'elle-même au Mondial en République tchèque quelques semaines plus tard, où l'Australie ne peut terminer qu'à une décevante 5e place. Elle retrouve un niveau de jeu satisfaisant pour ce qui sera sa dernière campagne olympique en 2012, mais pas au niveau où elle a évolué durant les années 2000. La suite n'est qu'une succession de blessures, d'opérations au genou et d'apparitions sporadiques sur les parquets du championnat australien. Mais la fin de son histoire semble s'approcher à grands pas. Elle qui espérait pouvoir aller jusqu'à Rio pour y clore sa carrière au sommet, a vu sa santé en décider autrement.

 

Une fin de carrière minée par les blessures

"Les docteurs m'ont dit qu'il n'y avait aucune chance que je puisse jouer avec un genou dans cet état. Ca a été un choc d'entendre ça. Au fond de moi, je savais que mon état ne s'améliorerait pas, mais quand le docteur m'a dit ça, je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer. Le basket me manquera beaucoup, il reste l'amour de ma vie" a déclaré la toute jeune retraitée des parquets.

Lauren Jackson laissera une trace indélébile dans le monde du sport australien, elle qui fut notamment porte-drapeau de son pays lors des Jeux de Londres, mais aussi dans celui de notre sport. Intérieure d'1,96m d'une mobilité et d'une vélocité exceptionelles pour son gabarit, capable aussi bien de batailler sous les panneaux comme de dégainer à 3 points avec une facilité déconcertante, elle a plané sur sa discipline pendant de nombreuses années.

"Je crois que Lauren est la joueuse la plus dominante de l'histoire de la WNBA" s'emporte Jenny Boucek, actuelle coach du Storm de Seattle. "Ce fut un honneur d'être témoin de sa grandeur. Chaque jour elle nous impressionnait un peu plus. Nous lui sommes reconnaissant pour l'impact qu'elle a eu sur tout le basket féminin."

A 34 ans, Lauren Jackson n'aura pas eu la sortie qu'elle méritait. Mais sa place au panthéon de notre sport était déjà assurée depuis bien longtemps.

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