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GORAN DRAGIĆ, OÙ EN EST LE MVP DE L'EUROBASKET ?

Crédit photo : Keith Allison

En ce Martin Luther King Day, zoom sur le joueur NBA qui a enchanté l'Europe du basket en septembre dernier : Goran Dragić. L'occasion de se rendre compte que le meneur de Miami n'a rien perdu de la dynamique née de son EuroBasket historique.

Rien n'a changé, ou presque. Quatre mois après le plus grand moment de sa carrière, Goran Dragić (1,91 m, 31 ans) n'a pas vu son statut évoluer de l'autre côté de l'Atlantique. Il reste ce meneur de haut niveau (17,2 points à 44%, 4,2 rebonds et 4,8 passes décisives en 32 minutes), prétendant crédible au All-Star Game mais jamais sélectionné, que personne ne remarque vraiment. Si l'on veut tourner cela de manière positive, on dira que le Slovène du Heat fait partie des joueurs les plus sous-cotés de l'Association.

"J'ai le sentiment que j'aurais mérité d'être sélectionné pour le All-Star Game 2014 lorsque j'ai été choisi dans la troisième meilleure équipe NBA avec Phoenix", confie-t-il au journaliste d'ESPN, Zach Lowe, sur son podcast, le Lowe Post. Mais c'est comme ça. Ce n'est pas ma priorité absolue. Si ça arrive, tant mieux, et si non, je resterais quand même heureux. Bien sûr, si j'y participe, ce sera quelque chose à enlever de ma "bucket list" mais ce n'est pas mon plus grand objectif."

Peu importe au public américain qu'il ait mené la Slovénie, petit pays enclavé de deux millions d'habitants, vers son premier titre de champion d'Europe au nez et à la barbe des géants continentaux, après un parcours parfait (9-0). Peu importe qu'il ait livré un tournoi magnifique (22,6 points à 48%, 4,4 rebonds et 5,1 passes décisives), ponctué par le trophée de MVP de l'EuroBasket. Peu importe que pour son tout dernier match international, il ait marqué 35 points en finale contre le pays de ses origines, la Serbie. Peut-être aurait-il mieux fait de réaliser tout cela au sein du championnat junior lituanien mais peu importe... Depuis son retour en Floride fin septembre, Goran Dragić a retrouvé une forme d'anonymat après avoir été assailli par les micros à Helsinki, Istanbul et Ljubljana pendant trois semaines. De nouveau engagé dans un marathon de 82 matchs, il n'en garde pas moins de multiples souvenirs en tête. Surtout qu'il y a une vraie histoire personnelle derrière ce sacre avec le décès de son grand-père serbe moins d'une semaine avant le premier entre-deux du championnat d'Europe.

"Gagner ce titre pour mon pays était le plus beau moment de ma carrière. Avant l'EuroBasket, j'avais déjà annoncé à la fédération et aux journalistes que c'était mon dernier été en sélection. Je ne pouvais pas imaginer une meilleure façon de terminer ma carrière internationale. [...] Mon grand-père est décédé quelques jours avant notre départ pour l'EuroBasket. J'étais allé le voir plusieurs fois à l'hôpital au cours de l'été. J'ai dit à Igor Kokoskov qu'il fallait que j'aille à l'enterrement. Tout le monde m'a tellement soutenu. Ce n'était pas facile : pour être totalement honnête, je ne savais pas moi-même si j'allais être capable de jouer. J'étais totalement embrouillé dans ma tête. Mais au final, je crois que ça m'a aidé, que cela m'a donné une motivation supplémentaire. Je me disais que je jouais pour lui. Il était Serbe, il vivait en Serbie. Mon père est Serbe aussi, mes cousins vivent également toujours en Serbie. Dès que je joue contre eux, ils m'envoient des SMS pour me dire que j'ai intérêt à rater mon match, à ne pas mettre 20 points. [...] Pendant la finale contre la Serbie, j'ai eu des crampes en seconde mi-temps. Deux fois, Kokoskov m'a fait sorti et je suis retourné sur le terrain, l'assurant que j'en étais capable. Mais je ne pouvais pas, je me mentais à moi-même. J'ai même un coéquipier, Edo Muric, qui s'est mis à masser ma jambe. Je l'ai repoussé mais on voit que mes coéquipiers voulaient que je sois là pour eux. Et au final, c'était un évènement énorme pour nous et notre pays."


17 septembre 2017, jour béni pour Goran Dragić
(photo : FIBA)

Objectif playoffs, et plus si affinités...

Goran Dragić l'a dit à de multiples reprises depuis septembre : il n'y a qu'un titre NBA qui pourrait égaler la joie du sacre européen. "Personne n'attendait la Slovénie donc pourquoi pas Miami ?", se plait-il à répéter. Tradé au Heat en février 2015, l'ancien MIP de NBA a réussi la performance de succéder à Dwyane Wade en tant que leader de l'équipe floridienne.

Après avoir manqué les playoffs à cause d'un tie-break défavorable sur Chicago l'année dernière (un bilan de 41-41 pour les deux équipes, mais 2-1 pour les Bulls dans les confrontations directes), Miami ne veut pas revivre pareille contre-performance cette saison. La franchise de Pat Riley était partie de beaucoup trop loin l'an dernier (11-30 à mi-saison) et sa formidable dynamique printanière n'avait pas suffi pour dépasser les Bulls. Cette fois, c'est beaucoup mieux à l'heure d'entamer la seconde partie de saison (25-17). Quatrième à l'Est, sur les talons de Cleveland, le Heat n'a pas perdu depuis le 29 décembre et reste sur sept victoires consécutives, donx six de moins de huit points. Révélateur d'un certain état d'esprit. Cette série de victoire correspond au regain de forme de Goran Dragić, meilleur joueur de la semaine en NBA fin novembre avant de baisser de pied par la suite. Fatigué en décembre avec seulement 13,8 points de moyenne, le MVP de l'EuroBasket est intenable en ce début d'année 2018 (21,3 points à 46%, 5,3 rebonds et 6,7 passes décisives).

"Il ne faut pas se satisfaire de cette série, il y a encore quarante matchs à jouer", disait-il la nuit dernière après le succès contre Milwaukee (97-79). "Si l'on commence à se contenter de cela, la suite risque de ne pas être très belle à voir. Nous avons développé une chose très importante : le courage, cette certitude que nous pouvons toujours gagner à la fin, même si nous shootons mal. Dans cette équipe, nous aimons tous jouer les uns avec les autres. C'est primordial. Nous sommes un groupe très soudé, comme une famille. On travaille beaucoup. Nous en avons déjà donné la preuve en seconde partie de saison l'année dernière. On a eu un peu de mal au début de saison là mais nous avons trouvé notre rythme. J'espère que l'on va gagner encore beaucoup de matchs. On va essayer de faire de notre mieux, c'est à dire d'aller en playoffs et de faire parler de nous à ce moment-là !"

Car quand il s'agit de gagner les matchs couperets, Goran Dragić a désormais un petit vécu intéressant...

15 janvier 2018 à 15:54
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