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ITW MEHDY MARY : "LE TRAINING CAMP D'UTAH ? C'EST EXCEPTIONNEL À VOIR DE L’INTÉRIEUR"

Mehdy Mary
Crédit photo : GPJ

Mehdy Mary rentre tout juste de Salt Lake City où il a pris part au camp de présaison du Jazz d'Utah.

Entraîneur des Espoirs de l'ASVEL puis du Limoges CSP, Mehdy Mary a décidé de se tourner vers les équipes professionnelles pour la suite de sa carrière de technicien. Sans club pour le moment, celui qui a remporté la médaille de bronze à l'EuroBasket U18 masculin cet été (il était assistant de Frédéric Crapez) a décidé de parfaire sa formation en voyageant. Cet été, il a ainsi coaché lors du minicamp du Jazz d'Utah en juin avant de retrouver la franchise pour le camp de présaison. Il nous conte son expérience.

Mehdy, tu rentres des États-Unis. Tu as participé au training camp du Jazz d'Utah. Qu'as-tu fait sur place ?

J’ai passé 2 semaines avec les Jazz soit la totalité du training camp et vu 4 matchs de préparation. J’ai été pleinement intégré à leur training camp en ayant accès à tous les entraînements et aux matchs. J’observais les entraînements et j’échangeais avec certains membres du staff car ils sont nombreux : 7 assistants coaches et 3 "player development" sans compter les personnes en charge de la vidéo qui sont sur le terrain pour les entraînements. J’ai pu échanger avec Rudy (Gobert) sur place et mesurer l’importance qu’il a dans la franchise.  Le 4e match de pré-saison des Jazz avait lieu à Portland. Cela m’a donc permis de voir un entraînement des Blazers et discuter avec Terry Stotts (qui parle un français impeccable, après avoir joué en France dans les années 80).

 

"Donovan Mitchell s’implique d'une manière impressionnante"



Et justement, qu'est ce que tu as pu observer en terme d'organisation sportive ?

Le training camp est assez exceptionnel à voir de l’intérieur : le centre d’entraînement, le niveau des joueurs, la qualité des entraînements... Donovan Mitchell s’implique pendant et après les entraînements d’une manière assez impressionnante !

J’ai compris que les équipes NBA s’entrainent sur un long créneau quotidien plutôt que 2 comme on peut le voir plus fréquemment en Europe. Les joueurs sont en pleine forme physique dès la reprise du training camp, c’est une obligation pour eux et il y a un match après 5 jours d’entraînement.

L’entraînement collectif est une partie de l’entraînement, pas la totalité. Tout est planifié, y compris le travail travail individuel avant et après les entraînements. Le contenu est assez simple mais il est mis en place tous les jours : faire progresser les individus est un moyen de rendre le collectif plus fort.

Au niveau sportif, qu'est ce qui était différent de ce que tu as l'habitude d'observer en Europe ?

Quin Snyder, le coach des Jazz, est quelqu’un de brillant et il a été à bonne école ! Il a joué à Duke, coaché à Missouri, assistant d'Ettore Messina au CSKA Moscou puis dans le staff d’équipes NBA dont San Antonio. Le jeu des Jazz est très proche de ce que l’on peut voir en Europe avec une volonté de traverser vite le terrain pour mettre des paniers en contre-attaque. Dès que le jeu est sur le demi-terrain, c’est très fin et précis avec un jeu de passe valorisé à tous les entraînements pour ouvrir des tirs près du cercle ou à 3-points. Le ballon bouge beaucoup et les joueurs aussi, surtout sans la balle. Des joueurs comme Joe Ingles ou Ricky Rubio sont prépondérants dans ce style de jeu, la volonté de jouer juste, de trouver le joueur seul est évidente.

Cet été tu as déjà participé à un camp avec le Jazz. D'où viennent ces contacts ? Pourquoi sont-ils amenés à inviter des coachs comme toi ?

Les Jazz m’ont invité au minicamp en juin via leur scout européen et le Directeur des Opérations Basket. J’avais eu des échanges avec eux aux sujets des joueurs que j’ai eu par le passé comme Amine Noua à l’ASVEL. J’étais surpris et fier de cette invitation. C’est un rassemblement de 32 joueurs qui sont à la recherche d’un contrat NBA. Des joueurs NBA confirmés comme Lavoy Allen (ex Strasbourg et surtout 410 matchs NBA, NDLR) ou Trey Lewis qui a fini la saison passée à Bourg-en-Bresse. On était donc un staff de 6 entraîneurs dirigés par Mike Wells, assistant de Quin Snyder. J’avais la responsabilité d’une équipe pour les entrainements et matchs. Cela permet aux Jazz d’évaluer ces joueurs, Royce O’Neale a été détecté lors d’un mini-camp précédent.

Est-ce que pour un coach comme toi, il serait envisageable d'intégrer à plein temps un staff comme celui du Jazz, via leur franchise en G-League peut-être ?

La NBA regarde beaucoup l’Europe, surtout des franchises comme les Jazz, Raptors... Être dans le coaching staff d’un minicamp puis observer un training camp NBA est déjà quelque chose d’exceptionnel. Envisager d’intégrer un staff est peut-être possible à moyen / long terme mais j’ai d’autres objectifs en France avant cela.

 

"J'ai désormais envie d'entraîner des pros"

 

Parlons-en d'ailleurs. Après avoir coaché les Espoirs du Limoges CSP pendant 2 saisons, tu as quitté le club avec comme ambition de passer dans le monde professionnel adulte. Où en es-tu de tes recherches ?

Après mes années à l’ASVEL, aller à Limoges était très instructif. Cumuler l’expérience dans ces deux institutions du basket français rend plus fort. On voit ce qui se passe sur le terrain au quotidien, en coulisse, la pression liée au résultat de l’équipe professionnelle et les effets sur les uns et les autres. J’ai eu l’opportunité de voir des entraîneurs pros au quotidien : Pierre Vincent, Nordine Ghrib, J.D. Jackson, Dulé Vujosevic et Kyle Milling.

Le CSP m’avait proposé de prolonger mon contrat à Limoges mais j’ai désormais envie d’entraîner des pros. J’ai informé le club en janvier en sachant qu’il y avait peu de mouvements prévus pendant l’été. Je préfère patienter un projet intéressant que rester à un endroit par confort.

Si tu ne trouves pas de club de suite, que vas-tu faire dans les semaines / mois à venir ?

J’ai prévu d’aller à Valence voir Jaume Ponsarnau. Observer les meilleurs me semble être indispensable pour toujours devenir plus fort. Le recrutement est un élément clé avec les joueurs étrangers et les joueurs formés localement (JFL). De ce côté, j’ai travaillé à l’ASVEL et Limoges avec beaucoup de jeunes qui sont devenus professionnels (Amine Noua, Charles Galliou, Digué Diawara, Arthur Rozenfeld, Lucas Hergott, Stephane Gombauld, Tim Eboh...). Je vais donc aller voir un maximum de matchs pour suivre leur évolution, évaluer l’ensemble des JFL, des étrangers et ainsi alimenter ma base de données de joueurs. Je vais donc passer du temps à regarder des matchs, les découper pour observer le contenu tactique ainsi que sur la base de données pour optimiser le recrutement. En parallèle, les contacts pris aux Etats-Unis permettent d'avoir des informations fiables sur les joueurs américains qui peuvent être des bons choix pour le championnat français.

22 octobre 2018 à 10:08
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