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ITW THÉO MALEDON À J-6 DE LA DRAFT NBA : "CA VA ÊTRE UN TRÈS BEAU MOMENT"

Crédit photo : Guillaume Poumarede

Théo Maledon est de retour en France après quatre mois d'entraînement outre-Atlantique. Le jeune meneur est dans la dernière ligne droite avant la Draft NBA.

Après plus de quatre mois passés à Atlanta, où il s'est entraîné au quotidien pour préparer son arrivée en NBA, Théo Maledon (19 ans) est revenu en France mardi matin. C'est avec sa famille depuis un loft parisien que le Normand va suivre la Draft dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 novembre.

Si vous ne le verrez pas serrer la main du commissaire de la NBA Adam Silver, ce n'est pas parce qu'il ne sera pas appelé. Non, l'ancien joueur de l'ASVEL fait partie des 35 joueurs fortement pressentis par la NBA pour être choisi au premier tour (c'est à dire les 30 premiers appelés). Au moment où son nom sera annoncé depuis les studios d'ESPN, à Bristol dans le Connecticut, il sera filmé par une équipe de production missionnée par la NBA en train de mettre l'une des nombreuses casquettes posées devant lui. Le début officiel de son parcours NBA, qu'il prépare depuis un long moment.

Son potentiel mais surtout ses belles performances depuis les catégories jeunes ont très tôt attirées les regards de la grande ligue nord-américaine. A six jours de l'événement, le champion de France 2019 est attendu entre la 18e et la 25e position de la Draft. Plusieurs franchises multiplient les approches à son égard, comme Brooklyn (19e choix), Utah (23e) et Toronto (29e). Sans pour autant qu'il ne sache où il va tomber.

En pleine préparation de l'événement mais toujours avec son grand calme, nous l'avons interrogé ce jeudi soir. Il nous dévoile son riche programme estival.

"Début mars, la saison 2019-20 s’est arrêtée prématurément à cause de la COVID-19. Quel a été ton programme pour rester en forme et continuer à te développer durant ce confinement ?
Niveau basket, j'avais un panier chez moi. Je n'ai jamais été sans un ballon, sans tirer. Quand le déconfinement a commencé, j'ai repris les entraînements individuels avec Joseph Gomis (ancien meneur international, aujourd'hui assistant à l'ASVEL, en charge du développement individuel) à l'Académie, on a aussi fait quelques pick-ups games.

Une fois le confinement terminé, où t’es-tu entraîné ?
Je suis allé à Atlanta en juillet, où j'avais été les deux derniers étés pendant une semaine. J'y suis resté tout l'été cette fois, jusqu'à avant-hier (mardi).

Face à des joueurs NBA : "Je me suis senti de mieux en mieux"

Sur quoi as-tu mis l’accent dans ton travail ?
En France, j'ai travaillé sur mon physique, pour prendre du poids et en même temps être plus athlétique, avoir un premier pas plus rapide, sauter plus haut... J'ai pris cinq kilos (il en pesait 86 juste lors de sa dernière pesée). Je me sentais déjà en progrès physiquement. A Atlanta, j'ai continué à travailler sur mon physique. J'ai fait des tests pour comparer avec les étés précédents. Des tests que j'ai effectués quand je suis arrivé et quand je suis reparti. A chaque fois, il y a toujours eu des améliorations partout. Donc on a fait un très bon boulot avec le préparateur physique.

Sur le plan basket, en France j'ai commencé à m'habituer à la ligne NBA (à 3-points, à 7,23 m contre 6,75 m en FIBA). Je commence à me sentir à l'aise pour prendre des tirs en sortie d'écran, après dribbles, en catch and shoot... Et puis, j'ai pu faire des pick-up games (des oppositions) aussi et m'adapter au style de jeu différent. J'avais toujours les sessions individuelles, j'ai aussi progressé sur les tirs près du panier, les dribbles, passes, pour créer mon tir. J'ai pu mettre tout ça en application sur les pick-up games que l'on faisait et continuer à m'améliorer défensivement durant les matchs.

Contre qui as-tu joué lors de ces pick-ups games ?
Il y avait d'autres candidats à la Draft (comme l'Israélien Deni Avdija, représenté par le même agent américain, Doug Neustadt) des joueurs de G-League, deux/trois joueurs NBA et des joueurs pros qui jouent en Europe. 

Comment tu t'es senti face à ces autres candidats à la Draft et joueurs NBA ?
Au fil du temps, je me suis senti de mieux en mieux. J'étais plus à l'aise de jour en jour. J'étais bien.

Lors du combine, tu as été « mesuré » avec 2,8% de taux de masse graisseuse, soit le taux le plus bas de tous les candidats à la Draft 2020. As-tu suivi un régime pour être aussi sec ?
J'ai été en relation avec un nutritionniste au début du confinement pour la prise de poids. Après j'ai juste fait mon travail, j'ai fait de la muscu... Ce n'était pas dans le but de perdre de la masse graisseuse.

Tu as également pu t’entretenir avec une dizaine de franchises NBA. Comment cela s’est passé ?
J'ai fait des entretiens à partir de début juin. Au final, j'en ai eu 13 ou 14. J'en ai encore deux à faire dans la semaine. Le but est de mieux connaître le joueur. On parle basket, hors basket, quelques situations que j'ai connues sur l'année écoulée. A chaque fois, ça s'est bien passé. En sortant des entretiens, quand mon agent a eu la franchise, ils parlaient de ma maturité. Mais cela reste un peu flou sur ce qui en ressort. Après, j'ai eu des workouts (essais) aussi.

Tu t'es déplacé pour les réaliser ?
Oui, je suis allé sur place ou ils sont venus à Atlanta, on a pu faire des workouts à un contre zéro et on se posait pour parler.

Combien en as-tu fait ? Tu as choisi les franchises ?
J'ai fait cinq workouts. Non, on ne les a pas choisis. Certaines franchises acceptaient de se déplacer, d'autres non à cause de la COVID-19. Du coup j'ai aussi fait un workout filmé que j'ai pu envoyer aux franchises qui ne pouvaient venir.

"Il y a beaucoup d'incertitudes sur beaucoup de positions"

Sur des workouts NBA de pré-Draft, les joueurs ont pour habitude de se croiser et pour certains de s’affronter. Vu que tu jouais en Europe, tu n’as pas vraiment pu jouer face à la plupart des autres candidats jusqu'ici. Cela n’est pas frustrant de ne pas savoir si tu es meilleur qu’untel ou qu’untel ?
Si bien sûr que c'était un peu frustrant. Le fait que la saison ait été arrêtée, même si elle a été arrêtée pour tout le monde, c'est sûr que faire un peu d'opposition aurait été bien. Faire un workout à un contre zéro, c'est différent. Même si tu mets la vitesse de match, que tu mets de l'intensité, ça reste quand même différent quand il y a des défenseurs en face.

Les projections de la Draft sont légions, est-ce que tu les suis avec attention ?
Pas vraiment, parce que comme il y a eu peu d'événements pour se montrer, à part des workouts, j'ai l'impression que ce sont des prédictions dans le flou. Tout le monde dit qu'il y a beaucoup d'incertitudes sur beaucoup de positions.

Pour toi est-ce important d’être drafté le plus haut possible ou tu vises une franchise dans laquelle tu pourras te développer prioritairement, quitte à être plus bas ?
C'est un mix des deux. Mais je ne peux rien y faire. Je n'ai aucune influence maintenant sur qui va me sélectionner. Ça va être après, quand j'aurai la chance de me montrer sur le terrain, que je vais faire mes preuves.

La Draft va se dérouler en visio-conférence, là-aussi n’est ce pas frustrant de ne pas pouvoir monter sur scène et de serrer la main d’Adam Silver ? Sans doute as-tu imaginé/rêvé ce moment ?
Oui bien sûr. Quand tu rêves de ça, tu t'imagines dans la salle, marcher, serrer la main, mettre la casquette... Bien sûr qu'il y a un peu de regrets mais je pense quand même que ça va être un très beau moment et qu'on va profiter au maximum aussi. Ça reste quelque chose de très bien.

"Être avec Rudy Gobert, ça ne pourrait que m'aider"

As-tu connaissance du programme qui t'attend dès que tu seras drafté ? Tu vas de suite aller sur place avant le camp de présaison qui démarre dans deux semaines ?
Je pense que ça va s'enchaîner très rapidement. Les franchises vont vouloir qu'on soit sur place très rapidement vu que le training-camp commence le 1er décembre, pour s'installer notamment.

Outre les joueurs automatiquement éligibles comme Killian Tillie et Abdoulaye Ndoye, un autre Français a maintenu son nom et sera normalement drafté au premier tour, comme toi. C’est Killian Hayes, qui est de la même génération (2001). Êtes-vous en contact ? Vous vous êtes vous croisé aux Etats-Unis ?
On est en contact, on ne s'est pas croisé mais on a parlé plusieurs fois. Il m'a expliqué comment ça se passait de son côté.

ESPN te classe actuellement 23e, ce qui te ferait aller à Utah, où il y a Rudy Gobert. Ce serait bien pour toi de trouver un mentor comme lui dans la franchise où tu vas aller ?
C'est sûr qu'avoir autour de toi quelqu'un qui a déjà vécu cette adaptation, qui est l'un des meilleurs défenseurs de la ligue, All-Star... Qui est bien placé quoi, ça ne pourrait que m'aider.

Pour ton installation sur place, tu as prévu d'être accompagné ?
Je pense que je serai avec ma sœur qui était déjà aux Etats-Unis (Lena Maledon, qui vient de finir son cursus NCAA à Sourthern Arkansas, NDLR).

D'ici la Draft mercredi prochain, tu vas pouvoir souffler ?
Je n'ai pas arrêté sur ma préparation à Atlanta, je n'ai pas pris de repos. Là je prends mon temps pour me remettre du jet-lag mais je vais sûrement retourner à Lyon pour continuer à m'entraîner." 

 

 

12 novembre 2020 à 21:19
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