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DE LA LORRAINE À CHICAGO, DÉCOUVREZ L’ITINÉRAIRE DE YANNIS MENDY

Yannis Mendy RMU men's basketball
Crédit photo : RMU men's basketball

Retour sur le parcours de Yannis Mendy, de ses débuts en Lorraine jusqu'aux portes de la March Madness.

Sans la crise sanitaire liée au coronavirus qui secoue actuellement toute la planète, Yannis Mendy (2,03 m, 24 ans le 4 avril) aurait pris part à la très prisée March Madness 2020 avec son université, Robert Morris University (RMU). Si aujourd’hui il évolue dans une « Mid Major » outre-Atlantique, son parcours dans l’Hexagone l’a fait passer par Gries-Offerhoffen, l'Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez ou encore Le Havre, l’endroit où certaines rencontres l’ont poussé vers les Etats-Unis.

Difficile, quand toute votre famille est liée de près ou de loin au basket d’échapper à la contagion. Si cette discipline devenait logiquement, et rapidement, le domaine dans lequel le jeune Yannis s’illustrait de la meilleure des manières, ses premiers pas de sportifs se posaient sur un tatami avec un succès quelque peu mitigé : « Au judo, ta catégorie est définie par ton poids. Etant déjà grand pour mon âge, je me retrouvais face à des garçons de 4 ou 5 ans de plus que moi. Résultat, je me faisais jeter dans tous les sens et j’ai fini par ne plus vouloir en faire ».

Il était dès lors (déjà) temps de changer de cap. La première formation à l’accueillir fut le petit club de Phalsbourg, en Moselle, à 7 ans. Malgré son jeune âge, son physique et son talent rendaient cette première structure rapidement trop petite pour Yannis qui rejoignait quelques années plus tard le club phare du Nord-Alsace, le BC Gries-Oberhoffen. Les dernières années d’insouciance où il pouvait évoluer avec des amis d’enfance et devant ses proches, avant de rejoindre l'Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez puis l’INSEP. Un parcours typique jusque-là, que nous confirme également l’intéressé : « Au moment d’intégrer l’INSEP en 2010 quand j’avais 15-16 ans, étudier et jouer aux Etats-Unis était encore très loin dans mon esprit ». Malgré tout, Yannis reste proche de certaines personnes rencontrées à cette époque, comme la famille d'Arthur, tragiquement décédé et avec qui il entretenait une très fort amitié  : « J'ai gardé contact avec la famille Roth que j'ai rencontré pendant mes années à Phalsbourg. Arthur était comme un frère pour moi. Donc à chaque fois que je rentre en Alsace, je passe un peu de temps avec ses parents Véronique et Fabien, ses frères Nicolas et Maxime ou encore Charlotte, sa sœur ».

Faisant partie des meilleurs joueurs de sa génération, il partageait son année à l’INSEP avec des joueurs tels que Stéphane Gombauld, Corentine Carne ou encore Lucas Dussoulier. Néanmoins, sa formation au sein de l’actuel Pôle France ne durait qu’une seule année, avant de retourner à Pau pour sa dernière année cadets, qu’il terminait auréolé d’une coupe de France et d’un titre de champion national. Malgré cela, son aventure dans le Béarn prenait fin et Yannis rejoignait le STB Le Havre pour parfaire sa formation chez les Espoirs normands.

La rencontre avec Ricardo Greer

Alors en Pro A, Le Havre est emmené par l’ancien MVP du championnat français, Ricardo Greer. Si rien ne prédestinait alors de voir les deux joueurs se rapprocher, l’aîné de la fratrie Greer prenait le jeune Mosellan sous son aile : « Ma rencontre avec Ricardo Greer a été décisive, c'est clair. Au Havre, il m'a pris sous son aile et m'a beaucoup aidé. Quand j'ai dû faire un choix pour mon université, il a été là pour me conseiller. Lui, Sébastien Sako et ma famille sont les personnes qui m'ont le plus aidé quand tout allait mal pour moi et je leur en serais éternellement redevable pour cela ».

Car la seconde année avec les Espoirs du STB ne se passait pas comme prévu et ceci précipitait, en quelque sorte, son départ vers les Etats-Unis : « Ma seconde année n’a pas été une expérience très positive. L’opportunité de partir s’est alors présentée, je l’ai perçu comme une évidence pour moi. Après quelques jours de réflexion, j’étais dans l’avion pour le Missouri ».

En 2016, Yannis franchissait le grand pas vers le centre des Etats-Unis mais évoluait durant ses deux premières années, encore bien loin des paillettes de la NCAA et de ses meilleures universités : « J’ai reçu une offre de bourse de Missouri State University (MSU) à West Plains. C’est un Junior College et je voyais à travers ce choix la possibilité d’attirer l’œil des meilleures universités du pays ».

Pourtant, dans son esprit, Yannis garde un souvenir mitigé de ses premiers mois à l’étranger : « Pour être honnête, quand je suis parti je m'attendais à une grande université comme on les voit à la télé, mais la réalité était bien différente. C'était tout l'inverse. Une université de 2 000 étudiants dans l'un des coins les plus perdus des Etats-Unis. Je suis parti de chez moi à 13 ans pour jouer à Pau et je n'avais pas ressenti le moindre problème, mais ma première nuit là-bas, je m'en souviendrai toute ma vie. Pour la toute première fois je voulais rentrer chez moi et j'étais plein de doutes ».

Une situation qui ne durait toutefois pas : dès sa seconde saison, il remportait le championnat de sa région (23 minutes de jeu, 8,5 points et 4,6 rebonds de moyenne), ce qui attirait tout naturellement plusieurs recruteurs lors des rencontres disputées par son équipe : « J'ai vraiment vu le côté business de la NCAA à ce moment-là. Je devais jouer sachant qu'il y avait des recruteurs de Washington State ou Montana State dans les tribunes. C'était vraiment différent de tout ce que j'ai pu vivre dans ma carrière ».

L’heure des choix

La fin de la saison universitaire 2018 marquait également l’heure d’un nouveau choix pour Yannis, celui de sa future université. Prendre la direction d’une « High Major » sans y trouver réellement de temps de jeu ou d’une « Mid Major » avec des responsabilités plus conséquentes : « J'ai opté pour l'université de Robert Morris (RMU). Mon coach est probablement la personne la plus intelligente, d’un point de vue basket, que j'ai pu rencontrer. Tout comme le reste du coaching staff qui est du niveau de Duke, avec des ancien joueurs NBA. Être entouré de la sorte te donne encore plus envie de te lever tous les jours et de tout donner. Tout cela a clairement fait pencher la balance ».

Au sein de la Northeast Conference, Yannis et ses coéquipiers profitent d’une organisation qui s’assure que ses meilleurs représentants ne manquent de rien. Déplacements en avions privés la majeure partie du temps, emploi du temps aménagé pour assurer lors des deux séances d’entraînement quotidiennes (en plus d’une séance de musculation), le tout avec deux à trois rencontres par semaine. Un vrai traitement de professionnel en quelque sorte. Pour le jeune intérieur, la mentalité américaine a également fini par le séduire : « Ici, tu n’es pas jugé par ton apparence ou l’endroit d'où tu viens. Si tu travailles dur, tu as ce que tu veux. En France, en tous cas de mon expérience, c'était beaucoup basé sur "qui est ce que tu connais" et ton nom de famille. Si tu es dans le viseur de quelqu'un en France, il peut te salir pour longtemps. Aux Etats-Unis, ils te donneront toujours ta chance si tu travailles dur ». 

En parallèle de certains matchs disputés devant des salles pleines de plus de 20 000 personnes, comme à Louisville, Yannis poursuit également ses études : « Après mes deux ans passés à Missouri State, j'ai décroché un "Associate degree in Art", ce qui est l'équivalent d'un D.U.T. en France. A l'Université de Robert Morris, j'ai décidé d'étudier la psychologie. Je devrais recevoir mon "Bachelor Degree" en mai ce qui est l'équivalent d'une licence en France ». Les études en premier lieu, malgré une fin de saison qui aurait dû marquer le point d’orgue de sa jeune carrière : la March Madness.

Une déception pour lui ? « Bien sûr c'est une déception, en plus d'être l'une des plus grosses plateformes d'exposition pour jeunes joueurs souhaitant lancer leur carrière c'est surtout une expérience inoubliable. Malgré tout, je relativise cette situation. Sportivement, nous avons pu disputer la finale de conférence chez nous, devant nos fans et c’est un moment qui restera gravé. D’autres universités comme Duke ou Kentucky, par exemple, n’ont pas eu cette chance », avant d’ajouter concernant l’annulation pure et dure du tournoi final : « Repousser toute la March Madness aurait été trop compliqué. Toutes les écoles sont fermées et il aurait fallu faire revenir tout le monde. C'est techniquement impossible, sans oublier que le niveau de la March Madness après deux semaines sans entraînements n'aurait pas été grandiose ».

Désormais, il est temps d’envisager la suite, et un éventuel retour en Europe : « J'ai toujours eu l'envie de revenir jouer en Europe. Je peux dire ce que je veux, ce n'est pas facile d'être loin de sa famille pendant 4 ans.  Ce qui est certain, c’est que je compte bien continuer à jouer après cette dernière année a RMU mais pour l'instant je me concentre sur mes études et je m'assure de recevoir mon diplôme en fin d'année. A l'heure où j'écris, plusieurs agents sont entrés en contact avec moi mais je n'ai pas encore pris ma décision. La suite je ne m'en préoccupe pas vraiment, je sais simplement que je me donnerai à fond, quelle que soit ma destination ».

L’heure d’un nouveau choix, encore.

31 mars 2020 à 09:49
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