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« ON AURAIT PU TOUT QUITTER MAIS ON SE DÉFONCE » : LE LONG COMBAT DU BC ORCHIES POUR SAUVER SA PLACE

BC Orchies
Crédit photo : Creed pics

Chaque été sur la corde sensible et pas certain de pouvoir s'engager en Nationale 1 en raison de problèmes financiers passés, le BC Orchies semble retrouver un second souffle cette saison. Sur le terrain, le début de saison est idéal avec une victoire en Coupe de France et trois en championnat en autant de matchs.

Année après année, on se demande si le BC Orchies passera l’été. Année après année, les dirigeants sentent arriver le vent du boulet. Année après année, c’est le signe d’un été où il faudra (encore) cravacher. La faute à des lourds déficits budgétaires passés. Puis à la rentrée, le BCO est bien là. Sur la ligne de départ de la Nationale 1. « Il y a plusieurs années, après le passage en Pro, on eu un gros déficit. Et en un an, on ne peut pas récupérer un déficit qui égal presque un budget annuel. On a donc mis trois ans et comme chaque année, on arrivait avec un budget déficitaire, la FFBB émettait des réserves, explique Frédéric Szymczak, le président depuis 2016. Mais on est sûrs de nous car on a des éléments qu’on donne tardivement avec des votes en conseil municipal, communautaire… On va alors au dernier recours. Cette année, ça devrait aller beaucoup mieux. On a un budget serré, on réduit la masse salariale depuis trois ans. On devrait pouvoir se qualifier à la fin de l’année. » Le BCO s’avance avec un budget de 950 000€.

« Les joueurs se font déjà appeler les guerriers. Ils sont surprenants »

Plus sereins, les Orchésiens le sont aussi sur le terrain. Après une victoire en Coupe de France du côté de Charleville-Mézières (64-89), puis trois en championnat, à Recy Saint-Martin (61-68), face à Boulogne (91-83) et à Kaysersberg (76-96), le bilan est parfait. Ils reçoivent de nouveau Charleville-Mézières ce samedi soir pour la quatrième journée de championnat. « Le pari était de faire une équipe qui ressemble aux dirigeants et aux supporters avec des joueurs qui aiment leurs maillots. On a vraiment bien trouvé. On n’a pas d’américain mais un jamaïcain et un lituanien, des gars qui bossent. Les joueurs se font déjà appeler les guerriers. Ils sont surprenants », poursuit Frédéric Szymczak. Les dirigeants ont appris du passé et ne veulent pas reproduire les mêmes erreurs. Ce début de saison leur donne raison. « Quand on est monté de N1 en Pro B, on avait un gros gros effectif et on a voulu brûler les étapes. Une fois en Pro B, la dernière année a été difficile et on voulu recoller les morceaux avec des joueurs qui n’avaient pas l’esprit maillot. Ça n’a pas collé et ça nous a mis dans l’embarras. C’était difficile de vivre ces moments-là. »

Même si le chemin est encore long, la route semble la bonne pour redonner une belle place au BC Orchies. Mardi 25 septembre, pour le premier match de la saison face à Boulogne, 3 500 personnes garnissaient la Davo Pévèle Arena. Ce qui n’était plus arrivé depuis de très nombreuses années dès le début de saison. « C’est exceptionnel. Quand on est dirigeant, on se bat pour rendre heureux les supporters et j’ai vu des bénévoles émus car ils ont retrouvé cette ambiance, cette volonté de défendre nos couleurs. On veut que la Pévèle Arena soit un lieu d’attraction du week-end.  J’ai connu le basket avec les filles d’Orchies, j’ai vu des salles pleines. On a été champion d’Europe, c’était Valenciennes-Orchies à l’époque. Et voir des salles se vider par la suite et des joueurs sans esprit, ça fait mal. Cette année, on va retrouver un public, se faire plaisir et faire plaisir. Vu de l‘extérieur, on pourrait penser qu’on donne une mauvaise image. On aurait aussi pu tout quitter et arrêter le basket. Mais on se défonce. On veut qu’Orchies redevienne une terre de basket. On est sûrs de nous. Les commentaires, on laisse… C’est fatigant de faire un été sans prendre de vacances pour se défendre auprès de la fédé. C’est une récompense d’avoir des joueurs comme ça. »

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Ancien assistant, le nordiste Jimmy Ploegaerts a pris la tête de l'équipe. ©Creed Pics

Sur le terrain, les bleu et blanc pourraient d’ailleurs récupérer dès ce samedi Maxime Djo Ebala et Kevin Neto, pas encore qualifiés par la fédération en raison de l’aspect financier. Le meneur Arnaud Kerckhof a aussi été victime d’une entorse et devrait bientôt revenir. À la tête de cet effectif, un local : Jimmy Ploegaerts. Après dix ans chez les filles de Saint-Amand, comme coach des cadets, responsable du centre de formation, assistant puis coach en Ligue Féminine, il a débarqué en 2013 à Orchies. D’abord pour rejouer en prénationale et coacher les U18 France puis pour devenir l’assistant de Fabrice Courcier. Il a été propulsé sur le devant de la scène cet été. « La transition s’est faite naturellement car la première personne qui a proposé que je reprenne est Fabrice lui-même avec un projet le concernant pour s’orienter vers un poste de manager, explique-t-il. Dommage pour lui et le club, ça n’a pas pu se concrétiser. Je le regrette car j’ai fait trois belles saisons avec lui mais cela montre qu’il avait confiance en moi. »

« Retourner jouer les playoffs »

L’environnement, le club, son histoire, il connaissait. La seule difficulté, peut-être, a été de construire une équipe tout en étant dans le flou concernant l’engagement en Nationale 1. « On a anticipé. Je n’étais pas pour attendre fin août l’engagement complet pour constituer une équipe. Là encore, ce sont les qualités humaines des joueurs qui ont joué : ils nous ont fait confiance, ont été patients et ont eu raison car l’engagement a été approuvé. Mais si on n’avait pas eu ces difficultés là, je n’aurais pas eu envie de constituer une autre équipe. Je n’ai pas fait de choix par défaut. Ces joueurs avaient envie d’être là et nous aussi. »

Maintenant, le BCO ne s’exclut pas de rêver. L’objectif, à court terme, « est de retourner jouer les playoffs, dévoilent unanimement coach et président. Puis retrouver la LNB à moyen terme. On a des ambitions fortes et une salle unique dans la région. » Le président Frédéric Szymczak ose même la comparaison : « Avant, le territoire d’Orchies était connu pour la chicorée et le basket. La chicorée n’est plus vraiment. Au basket de revenir ! »

06 octobre 2018 à 11:40
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Je ne vais jamais au-delà de la ligne à 3 points, on m'a dit que ça valait moins de points.
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