NM1

16,4 D'ÉVALUATION À 41 ANS ET LEADER AVEC TOULOUSE : FAYÇAL SAHRAOUI REVIENT SUR SON INCROYABLE SAISON

Faycal Sahraoui Toulouse Basket Club
Crédit photo : Adrien MySportsAgency

Auteur d'une magnifique saison et du meilleur bilan de la Poule A de NM1 avec son équipe du Toulouse Basket Club, Fayçal Sahraoui revient sur cette belle saison et sur sa carrière professionelle. 

Alors que la course pour la montée en Pro B bat son plein, le Toulouse Basket Club possède à ce jour le meilleur bilan de la poule A (14 victoires pour 4 défaites). L'équipe de Stéphane Dao entame la dernière ligne droite de la saison et pourrait réaliser un coup fantastique en restant à la première place. C'est l'occasion de faire un point avec le meneur Fayçal Sahraoui (1,88 m, 41 ans), auteur d'une saison fantastique (11,2 points, 7 passes décisives et 4,1 rebonds pour 16,4 d'évaluation).

Vous êtes cinquième de poule A de Nationale 1, mais vous avez le meilleur bilan, avec 14 victoires pour 4 défaites. Vous vous positionnez comme un des principaux candidats à la montée en Pro B, avec Tours. Comment vous gérez la pression de la fin de saison ?

La pression, il n'y en a pas, parce qu'on prend les matches un par un. Au départ, on n'était pas attendu à ce niveau là donc c'est la récompense de tout un travail, de toute une abnégation d'une équipe. On n'a peut être pas le talent des autres équipes mais on joue collectivement, on se fait plaisir sur le terrain et surtout on défend. C'est l'ADN de cette équipe, on ne lâche rien, on est toujours là pour le coéquipier quoiqu'il arrive. On a déjà fait une très belle saison, la cerise sur le gâteau serait de terminer premier et oui pourquoi pas de monter. Mais aujourd'hui, les dirigeants nous mettent aucune pression, le coach, Stéphane (Dao), nous met aucune pression, si ce n'est de prendre match par match et de les gagner les uns après les autres.

« Tout le monde nous parle de montée »

Il vous reste 8 matches, vous n'aviez pas spécialement l'objectif de monter en début de saison, est-ce que ça l'est devenu maintenant que vous avez le meilleur bilan ?

En tant que compétiteur et en tant que joueur, oui on en parle, parce que déjà, tout le monde nous en parle. Les adversaires, on se connait un peu tous dans le milieu et tout le monde nous demande : "Est-ce que vous allez monter ? ". Oui, on aimerait monter, on ne va pas se voiler la face, mais ce n'est pas un objectif, nous l'objectif, depuis le début de saison, Stéphane Dao le répète, c'est le prochain match. On fonctionne comme ça, on travaille sur le match d'après, sans se projeter. Aujourd'hui on a de bons résultats, mais c'est pas devenu un objectif principal du club et de l'équipe.

Avec la crise actuelle, vous faites face à une saison très particulière, comment arrivez -vous à gérer les reports de matches réguliers, l'absence de public, la mise en pause de la saison en novembre et tout ce que cela implique ?

C'est vrai que ce n'est pas facile, parce que tu prépares un match toute la semaine, 24 heures avant on te dit que tu peux pas jouer parce qu'il y a des cas de COVID. C'est le lot de toutes les équipes, on va dire, malheureusement, on s'y est habitué. Ce qui était dur au début, c'est de jouer sans public. Les trois-quatre premiers matches, c'est très très déstabilisant, mais contrairement à d'autres sports et à d'autres niveaux, on a quand même la chance de continuer donc on est quand même conscient et content de la chance qu'on a de pouvoir pratiquer notre sport et notre passion.

« Cette équipe a beaucoup d'envie et de coeur »

Votre équipe est la troisième meilleur à l'évaluation de la Poule A, comment avez-vous réussi à trouver une alchimie collective, dans un groupe qui semble si efficace ?

Avant tout, c'est le travail de Stéphane (Dao), qui a fait un super recrutement. Il a voulu allier l'expérience à la jeunesse. Il ne faut pas oublier qu'on a quatre joueurs nés en 1999, après il y a eu des ajustements avec l'arrivée d'Ibrahima Djambo et de Mike Joseph, suite aux départs d'Anthony January et à la longue blessure de Jonathan Kyungu qui est arrêté trois mois. L'osmose s'est faite suite à la préparation d'une semaine d'intégration dans les Alpes, qui pour moi, est le point de départ de la bonne entente du groupe, parce qu'on a fait un super stage et tout le monde se tire dans le même sens. C'est ça qui est bien dans cette équipe, c'est qu'il n'y pas d'égo. On sait mettre l'égo de côté, pour aller gagner des matches. Une fois, c'est Ibrahima qui va mettre 20 points, une fois c'est Mike, une fois c'est moi, une fois c'est Adrien (Thimon), peu importe, on sait qu'à un moment donné, il y a un joueur qui va nous sortir le match, mais là où on est fort, c'est qu'on défend. Il y a pas besoin de talent pour défendre, il faut juste de l'envie et du coeur et cette équipe, elle a beaucoup d'envie et beaucoup de coeur. C'est pour ça qu'aujourd'hui on en est là.


L'effectif toulousain (photo : Gérard Héloïse)

Actuellement, vous êtes sur une série de 7 victoires consécutives, est-ce que ça vous galvanise dans l'appréhension de cette course finale pour terminer premier ?

Forcément, quand tu gagnes 7 matches d'affilés, ça te donne de la confiance, mais on n'a pas une confiance surdimensionnée parce qu'on n'a pas une équipe non plus, surdimensionnée. On a des jeunes qui découvrent le niveau et qui s'y sont très bien adaptés. On a Victor (Mopsus) qui est en train d'exploser sur la deuxième partie de saison, on a confiance en nous, mais Stéphane (Dao) est le garde-fou de cette sur-confiance et c'est pour ça qu'il dit "on prend match par match". A chaque match, on n'est pas le favori. On le devient par notre bilan, mais quand on est dans le vestiaire, on sait que sur le papier, on est pas plus fort que l'équipe en face. Notre style de jeu et notre équipe, font que, sur le terrain, les armes sont les mêmes voire plus fortes de notre côté.

16,4 d'évaluation de moyenne à 41 ans : « J'aime le basket et je connais bien la N1 »

D'un point de vue personnel, vous réalisez une saison fantastique (11,2 points, 7 passes décisives et 4,1 rebonds pour 16,4 d'évaluation), comment expliquez-vous cette longévité à ce niveau ?

Il s'explique parce que j'aime le basket, je connais bien le niveau, la N1, ça fait longtemps que j'y joue et surtout, je m'entends très bien avec Stéphane qui me fait une confiance aveugle. Il me laisse les clés de l'équipe, mais il y a des efforts aussi à côté. Je fais attention à ce que je mange, je fais beaucoup de musculation, je travaille beaucoup, mais surtout, je le dois aussi à mes coéquipiers qui me font totalement confiance sur le terrain. C'est grâce, à mes coéquipiers, si aujourd'hui je suis le meilleur passeur, parce qu'ils mettent les paniers. Je travaille beaucoup à côté, mais mes coéquipiers me le rendent bien.

Vous avez réalisé la majeure partie de votre carrière en Nationale 1, n'y aurait-il pas eu la possibilité de s'installer à plus haut niveau ? Notamment lors de votre passage à Nantes en Pro B ?

Je pense que si, de toute façon, Antoine Michon, qui était à l'époque le coach de Nantes, m'a fait confiance. J'arrivais de N2 et il m'a donné un rôle en Pro B. Après, ce sont des choix de vie et des opportunités, que je n'ai pas eues à l'époque. J'ai pas eu l'opportunité de m'installer au niveau supérieur, mais je n'ai aucun regrets. Je préfère jouer que d'aller faire un second rôle dans un niveau haut dessus. Je préfère avoir un rôle majeur et un temps de jeu conséquent en N1, que d'aller jouer 10 minutes en Pro B. Ce sont des choix personnels et je regrette aucunement de les avoir fait.

« Continuer le basket un ou deux ans... Pourquoi pas ? »

A Toulouse, vous êtes entourés de beaucoup de jeunes joueurs, comment faites-vous pour leur témoigner de votre expérience ? Vous considérez-vous comme le "papa" de cette équipe ?

Le "papa" oui, ils me demandent beaucoup de choses, moi je les conseille. Il y a des jeunes, tu ne peux rien leur dire, mais là les jeunes qu'on a, ils sont très à l'écoute, ils sont très demandeurs. Je les conseille sur l'hygiène de vie, sur comment gérer sa carrière professionnelle de basketteur, aussi sur le terrain, sur de la lecture de jeu. Comme tu l'as dit je ne suis même pas le papa, je suis leur grand-père comme ils m'appellent, mais je le prends très bien. Ils sont très, très respectueux vis-à-vis de ça. C'est un bon petit groupe.

Pour finir, avec de telles statistiques, il semble que vous ayez encore de belles années devant vous, mais à bientôt 42 ans, comment voyez-vous votre avenir dans le basket ?

Là, c'est la grande question. Je ne suis pas tout seul maintenant, j'ai une femme et deux enfants, donc là c'est un choix de famille, mais aussi d'opportunités professionnelles. Oui moi j'aimerais continuer le basket, parce que je sens que j'en ai encore sous la semelle et que j'en ai envie, mais pas à n'importe quel prix. Il faut que ce soit dans un projet de reconversion par contre, je ne veux pas jouer au basket pour jouer au basket. Je vais avoir 42 ans, j'ai des projets de reconversion en tête qui ne sont pas tout à fait clos, mais je ne sais pas. Je sais que Stéphane (Dao) aimerait me garder, mais dans quelles conditions ? Si on monte en Pro B, est qu'il me garderait ou pas, je suis soumis aussi aux opportunités. Je ne me pose pas la question pour l'instant, j'ai des trucs en tête, mais pour l'instant, il n'y a rien de défini. S'il y a une opportunités de pouvoir continuer le basket encore une année ou deux, pourquoi pas.


A 41 ans, Fayçal Sahraoui mène avec brio l'équipe de Toulouse, première de la poule A de NM1 (photo : Gérard Héloïse)

02 avril 2021 à 14:56
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE

BeBasket

Dites byebye à la publicité et encouragez le travail effectué sur la couverture quotidienne du basket Français !

À partir de 5 € !
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
LUCAS PAGE
Lucas Page
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
albums photos
Aucun album trouvé
Coaching

Nous avons détecté que vous utilisez un adblocker ou bloqueur de publicités

AdBlock

Soutenez-nous en désactivant votre bloqueur de publicités pour continuer à profiter d’une information de qualité.

Nous vous invitons à retirer BeBasket de la liste des sites bloqués et à recharger la page pour poursuivre votre navigation.