NM1

ITW ROMAN HUGER (TOURS) : "LA PRESSION C'EST QUE CHAQUE MATCH EST UNE FINALE"

Roman Huger Union Tours Basket Metropole
Crédit photo : Olivier Mariage

Actuel deuxième de la poule A de Nationale 1 au bilan avec 14 victoires et 5 défaites, l'UTBM se retrouve à la lutte avec Toulouse pour la montée en Pro B. L'occasion de revenir sur cette belle saison avec Roman Huger, jeune espoir de 23 ans.

Alors que la dernière ligne droite pour la première place de la poule A de Nationale 1 et l'accession en Pro B est lancée, l'Union Tours Basket Métropole possède à ce jour le deuxième meilleur bilan à une victoire de Toulouse (14 victoires pour 5 défaites). Les Tourangeaux n'ont pas été épargné par la crise sanitaire en cette fin de saison. L'occasion de revenir avec Roman Huger (2,00 m, 23 ans, 3,9 points, 1,4 rebond et 0,8 passe décisive pour 3,5 d'évaluation en 9 minutes) sur la belle saison de Tours avant cette course finale pour la montée. 

"Chaque match est une finale"

Vous êtes aujourd'hui l'un des principaux candidats à la montée en Pro B, à la lutte avec Toulouse. Comment gérez-vous cette fin de saison et comment appréhendez-vous les 7 matches qu'il vous reste ?

La pression c'est que chaque match est une finale. Il n'y a pas un match plus important que les autres, tous les matches vont compter. C'est sûr que si on arrive invaincu au match contre Toulouse, là ce sera "la finale". Ils ont une victoire de plus que nous (entretien réalisé avant la défaite de Toulouse contre Angers, ndlr), et le goal average, on sera obligé de gagner et de leur reprendre ce goal average. On ne sait pas dans quel ordre on va jouer les matches à cause de la COVID, mais on est obligé de tous les gagner si on veut être décisionnaire de notre fin de saison.

Votre équipe comporte des joueurs de toutes générations, comment gérez-vous de telles disparités au niveau de l'âge ?

On ne le ressent pas, c'est le basket, c'est une passion commune. On est tous là pour la même chose. Que tu aies 17 ou 40 ans, tout le monde aime le basket, on a forcément des points communs et dans le vestiaire, n'importe qui parle avec n'importe qui. C'est ça qui est bien dans notre équipe : peu importe l'âge des uns et des autres, le groupe vit bien.

Avec la crise sanitaire, le moins que l'on puisse dire, c'est que vous faites face à une saison très particulière. Comment gérez-vous les reports de match réguliers, l'absence de public etc ? Et comment vous a impacté les 2 semaines d'arrêt avant votre sprint final, d'autant plus que le match contre Dax vient d'être lui aussi reporté ?

Ce n'est vraiment pas facile. On ne sait pas quand est-ce qu'on va jouer, contre qui on va jouer. On ne peut pas se mettre en rythme, là ça fait deux semaines qu'on n'a pas joué, on joue un match puis on ne rejoue pas pendant presque deux semaines. C'est très frustrant, surtout qu'on le sait que quelques jours avant le match, voire la veille. L'absence de public est, elle aussi, très difficile parce que dans une fin de match serrée, on n'a pas ce sixième homme qui pousse. Quand on gagne un gros match, on rentre tous chez nous, on ne peut pas la fêter entre nous, c'est très difficile. Mais je me dis qu'on a quand même de la chance de pouvoir continuer de jouer.

Votre équipe marque 81,6 points par match. Comment avez-vous réussi à trouver cette alchimie offensive et collective ?

Je trouve que c'est venu un peu naturellement. On a toujours été plutôt efficace, on a des gros joueurs, des gros talents donc forcément on arrive à s'en sortir. Même quand on fait un mauvais match, on marque quand même beaucoup de points, c'est plus en défense où on s'est cherché pendant un moment, mais maintenant, c'est beaucoup mieux.

"Ce sera surtout un travail mental"

Selon toi, sur quoi devez-vous être bons pour réaliser votre objectif, à savoir monter en Pro B ?

Pour moi, ça va surtout être un travail sur nous même. Les points techniques, on a eu toute la saison pour les travailler, ce sera surtout un travail mental. Il nous arrive d'avoir des gros trous d'air dans les matches et il faut qu'on arrive à ne plus en avoir ou en avoir le moins possible et le moins longtemps possible. Par exemple, on ne fait pas un super match contre les Sables d'Olonne, on arrive à gagner, mais on se doit de plier le match quand on en a l'occasion. 

 

Le groupe tourangeau vit bien (photo : Gérard Heloïse)
Tours, avant le match à Rueil (photo : Olivier Mariage)

 

D'un point de vue personnel, vous en avez fait du chemin depuis vos débuts en Normandie avec les U15 France du Caen Basket Calvados. Des Espoirs à Hyères-Toulon avec même un match en Pro A, à Tours aujourd'hui en NM1, quel regard posez-vous ce parcours pas comme les autres ?

C'est vrai que c'est un peu un parcours atypique. J'ai jamais été vraiment dans les critères que les coachs recherchaient. J'étais grand, un peu pataud, très fin, avec un style de jeu particulier, c'est plutôt sur le tard que j'ai progressé. Je suis très fier de ce parcours, je sais que j'aurais pu mieux faire sur certaines choses, mais je suis très fier. Qui peut dire, qu'en maternelle, j'ai dit que je voulais être basketteur, que tout le monde me regardait avec des grands yeux et que je le suis maintenant (rires).

"Ce dont j'ai envie, c'est d'avoir du temps de jeu en N1"

A seulement 23 ans et des statistiques encourageantes (3,9 points, 1,4 rebonds et 0,8 passe décisive pour 3,5 d'évaluation en 9 minutes), quels sont vos projets pour la suite ?

Ce qui est sûr c'est que je vais rester en France. Déjà avec la COVID, c'est plus sûr et puis, il n'y a pas beaucoup de divisions professionnelles à part la première dans les autres pays donc c'est mieux pour moi de rester en France. Ce dont j'ai envie, c'est d'avoir du temps de jeu en NM1 donc c'est une question à laquelle je dois prendre le temps de réfléchir avec mon agent et mon entourage, voir quelles options s'offrent à moi etc. Mais il est encore trop tôt pour donner une réponse définitive à cette question.

Vous avez même fait quelques sorties intéressantes, notamment contre la JSA Bordeaux où vous avez été élu MVP de la rencontre avec 18 points à 7/10 aux tirs, 3 rebonds et 3 passes décisives pour 21 d'évaluation. Cette performance vous permet-elle de prendre en confiance pour cette fin de saison ?

Déjà, avant le match de Bordeaux, je ne jouais plus beaucoup. C'est un peu le hasard, il y a eu des blessés et autres, donc le coach (Pierre Tavano) m'a relancé, m'a fait confiance, après j'ai mis les tirs, j'ai fait un bon match et c'est vrai que ça remet en confiance. Je n'avais pas joué depuis un moment, je rentre, je fais un bon match donc je suis beaucoup plus en confiance pour aborder cette fin de saison. C'est un grand bol d'air frais. Maintenant, il ne faut pas relâcher les efforts et je vais tout donner pour aider l'équipe à terminer première. 

 

Roman Huger en quête de quelque chose de plus grand avec Tours (photo : Gérard Heloïse)
Roman Huger, à l'échauffement (photo : Olivier Mariage)

Cette saison, vous avez eu la chance de jouer avec des joueurs expérimentés tels que Ahmed Doumbia, JBAM ou en encore Ralph Temgoua. Qu'avez-vous pu apprendre auprès de ces joueurs pendant la saison ?

Avec eux, j'apprends tous les jours à l'entraînement. Cela peut être sur comment jouer un pick and roll, tout. Cela peut être aussi en dehors du terrain, comment bien travailler, bien se nourrir. Ils nous apportent un peu tout ce qu'ils ont vécu, tout ce qu'on leur a transmis à eux, ils nous le transmettent à nous et c'est vrai que c'est un peu comme des mentors. C'est important, parce que quand on parle "d'erreur de jeunesse" dans la vie, dans le basket il y a aussi ça où des fois on peut être un peu trop "foufou" et eux nous apporte plus de sérénité dans l'équipe. C'est un autre avis que l'entraîneur, c'est plus personnel et c'est vraiment intéressant.

Pour finir, Peter Olisemeka vient d'arriver en remplacement de JBAM (suspendu), comment avez-vous pris son arrivée alors qu'il ne reste que quelques matches avant la fin de saison ?

JBAM c'est un personnage, il avait beaucoup de charisme dans l'équipe donc ça nous a tous fait bizarre. Moi en plus, ça fait 4 ans que je joue avec lui (Boulogne-sur-Mer puis Tours) donc oui c'était spécial. Maintenant, l'arrivée de Peter (Olisemeka), on savait de toute façon qu'il y allait avoir un remplaçant vue les ambitions du club. Il est arrivé deux jours avant de jouer contre les Sables d'Olonne et franchement, il s'entraîne avec nous comme s'il était avec nous depuis le début de l'année. Il est vite rentré dans un rôle de jouer pour l'équipe et pas de jouer pour ses stats. Nous mêmes, ça nous a facilité la tâche car il s'est intégré directement dans le collectif. On est très content de son arrivée et c'est certain qu'il sera important dans cette fin de saison.

 

09 avril 2021 à 08:30
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